La circulation des connaissances est un facteur majeur de l'évolution des sciences depuis leur origine. Elle apparaît comme intrinsèque à la pratique scientifique. À la faveur de la mondialisation des échanges, l'internationalisation de la recherche est devenue un enjeu des politiques scientifiques de la plupart des pays du monde contemporain, au point que la qualification d'« international » en arrive à constituer un critère de l'excellence académique, que l'on prétend aujourd'hui mesurer à l'aune de grandes bases bibliographiques mondiales. En réaction, des voix se sont élevées ces dernières années contre le réductionnisme d'évaluations purement quantitatives de l'internationalité, insuffisantes pour apprécier le phénomène dans sa complexité. Si la critique vaut pour l'ensemble des sciences, la complexité des dynamiques qui sous-tendent l'internationalisation scientifique concerne tout particulièrement les disciplines des sciences humaines et sociales.
À partir de travaux abordant l'internationalisation des SHS sous divers angles de recherche (socio-historique, géographique, politique, philosophique, bibliométrique, etc.), cet ouvrage propose des analyses approfondies pour mieux donner à comprendre le phénomène. Son ambition est d'éclairer ce qui se joue dans la tension entre dimension nationale - ou locale - et perspective internationale, s'agissant des sciences humaines et sociales, afin que soit possible une appréciation réellement scientifique de l'internationalisation de ces sciences.
Introduction
I. L'internationalisation au prisme des sciences sociales
1 La science, une pratique alimentée par les échanges : émergence de la science moderne
2 L'internationalisation, dynamiques complexes : le cas des sciences humaines et sociales
3 L'internationalisation comme réductionnisme
II. Les initiatives françaises
1 Les institutions
2 Les outils de coopération
3 Les mesures d'incitation du MESR et de l'ANR
III. Pour une appréciation scientifique de l'internationalisation. Propositions pour des indicateurs
1 La mobilité des chercheurs et leurs réseaux
2 La question de la production scientifique
3 La recherche sur projet
4 Les partenariats institutionnels
Conclusion
IV. Entretien avec Olivier Bouin
Annexes
Bibliographie