À propos

Ce court roman, écrit en 1976 par le prix Nobel de littérature, brosse le portrait magistral de trois types de "bourreaux" : le cynique, le tortionnaire et le suiveur.
Après la chute d'une obscure dictature, les hommes de main de l'ancien pouvoir sont assignés en justice. L'un d'eux, Antonio Martens, pour être en paix avec lui-même, confie un manuscrit à son avocat commis d'office : il s'agit du dossier Salinas, le cas tragique d'un père et de son fils broyés par le système. Policier ordinaire, Antonio Martens a été intégré à l'armée dès la mise en place de la dictature, ce qui représente pour lui une promotion considérable. Il y rencontre Diaz, son supérieur aussi charismatique que louche, et l'acolyte de celui-ci, le sadique Rodriguez. Tout commence par des filatures apparemment anodines, et quantité de citoyens irréprochables sont fichés. C'est alors que Rodriguez commande un instrument de torture qu'il compte bien utiliser. Martens se contente de fermer les yeux. Tandis que l'on recherche les rebelles à travers tout le pays, il affronte ses scrupules, trop faibles pour une véritable remise en cause, trop forts pour l'insouciance pure et simple. L'une des victimes du trio est un certain Enrique Salinas, fils d'un riche commerçant juif, qui se retrouve dans le milieu des opposants au régime un peu par désoeuvrement, un peu par bravade, mais aussi pour protester contre son père - un protégé du régime dont les affaires prospèrent. Alors que de nombreux jeunes opposants disparaissent dans les prisons secrètes de l'Etat ou succombent aux commandos d'exécution, le père d'Enrique, pour soustraire son fils à ses mauvaises fréquentations, prétend qu'il a lui-même rejoint secrètement une conspiration préparant des actions importantes, et qu'il a besoin de son aide. Il lui fixe des rendez-vous clandestins fictifs, lui confie des messages farfelus à transmettre, etc. Enrique s'exécute et ne fréquente plus les milieux terroristes. Les hommes de la police cependant, l'ayant déjà repéré, croient voir leurs soupçons justifiés. Ils finissent par arrêter le jeune homme, ainsi que son père.
Malgré leur innocence évidente, père et fils sont soumis à la torture. Sans aucun résultat. Pour ne pas perdre la face, les services secrets les jugent et les fusillent.
C'est donc ici un "bourreau" qui tente d'accéder à une rédemption par l'écriture, à l'instar des victimes dans d'autres oeuvres de Kertész.
Par certains traits, en particulier le lieu de l'action, les nombreux dialogues et l'écriture classique rendant la lecture aisée, ce texte se distingue de l'ensemble de l'oeuvre de Kertész. Il devrait intéresser un lectorat très large, d'autant qu'il n'a rien perdu de son actualité...



Categories : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782742759095

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    117 Pages

  • Longueur

    19 cm

  • Largeur

    10 cm

  • Épaisseur

    1 cm

  • Poids

    105 g

  • Distributeur

    Union Distribution

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Imre Kertész

Prix Nobel de littérature en 2002, Imre Kertész est né le 9 novembre 1929 dans une famille juive et modeste de Budapest. Déporté à l'âge de quinze ans à Auschwitz, il est ensuite transféré à Buchenwald puis au camp de travail de Zeitz. Son expérience des camps de concentration le marque profondément et imprègne toute son ½uvre. Il déclare lui-même : “Quand je pense à un nouveau roman, je pense toujours à Auschwitz”. Libéré en 1945, il retourne en Hongrie où il découvre que toute sa famille a été exterminée. Il exerce le métier de journaliste pour le quotidien Világossá, mais est licencié en 1951, lorsque le journal devient l'organe du parti communiste. Il se consacre alors à la littérature, après la lecture, marquante, de L'Etranger de Camus, et traduit des auteurs de langue allemande tels que Hofmannsthal, Freud, Canetti, Nietzsche et Wittgenstein.
Etre sans destin (Actes Sud, 1998 ; Babel n° 973) est son premier roman. Paru en 1975 dans l'indifférence générale, cet ouvrage est un “roman de formation à l'envers”, de forme autobiographique, dans lequel un adolescent raconte son existence dans les camps de concentration sur un ton détaché.
Ecrivain de l'ombre pendant quarante ans, Kertész gagne sa vie en écrivant des comédies musicales et des pièces de boulevard et en faisant des traductions. Il reçoit le prix Nobel en 2002.
Refusant tout nationalisme, il se décrit lui-même comme un juif européen et vit avec sa femme entre Berlin et Budapest.
En France, son ½uvre est publiée par Actes Sud.

empty