Les guérillères
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Les guérillères

À propos

Publié cinq ans après L'Opoponax, Les Guérillères, second livre de Monique Wittig, vient à son heure pour souligner et fortifier notre conviction. Le talent de cet écrivain le porte, j'allais écrire, pour notre plaisir et notre profonde satisfaction, à faire du récit le lieu naturel de la contestation du langage, non pas contestation abrupte et maladroite, mais contestation habile par le biais d'une opération beaucoup plus subtile et toujours séduisante. Il semble, en effet, que mots et phrases soient deux fois présents dans le texte : d'abord comme les mots et les phrases de l'usage traditionnel, ensuite comme éléments actifs de l'autodestruction. La métamorphose est très frappante dans ce nouveau livre. Convaincante aussi, tant est sensible le renouveau des images, et leur force. Notons pour commencer, que les Guérillères (ce curieux féminin de « guérilleros ») ne sont ni les cousines, ni les lointaines descendantes des Amazones auxquelles Hérodote prêta le nom scythe d'Oiorpata, ou tueuses d'hommes. La destruction de l'homme n'est pas l'enjeu du combat que les guérillères ont décidé de mener jusqu'à son therme. Ce qu'elles combattent, c'est l'oppression, ou plutôt sa cause, le langage, celui qu'elles ont reçu des hommes, lesquels les ont, par ce moyen, d'abord nommées, puis soumises et réduites à la merci des mots. Ce qu'elles veulent promouvoir, c'est un monde nouveau où elles retrouveront l'expression de l'indépendance originelle. André Dalmas, La Quinzaine littéraire (novembre 1969). Mon but a été de faire que le elles arrive comme un choc pour le lecteur, comme une surprise ; Puisqu'elles tient tout le récit il doit s'en suivre une sorte de désorientation. Le lecteur entre dans un livre et se trouve confronté avec un elles qui n'est pas familier, pas ordinaire et qui est nouveau et héroïque. En tout cas, c'est ce qui m'a guidée et l'espoir que ce elles pourrait situer le lecteur dans un espace au-delà des catégories de sexe pour la durée du livre. C'est peut-être ici que réside l'utopie. Monique Wittig, «Quelques remarques sur Les Guérillères», L'Esprit créateur (hiver 1994).

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Categories : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782707345707

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    208 Pages

  • Longueur

    18 cm

  • Largeur

    11 cm

  • Épaisseur

    1 cm

  • Poids

    156 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Poche

Infos supplémentaires : Broché  

Monique Wittig

Née en France en 1935, romancière et théoricienne, Monique Wittig est une des figures historiques du féminisme en France. Son engagement politique et critique dans les actions fondatrices du MLF est inséparable de son ?uvre littéraire et théorique. Elle y mène une critique matérialiste de la catégorie de sexe et, plus radicalement encore de son corollaire, l'hétérosexualité comme régime politique. Ses essais (traduits et réunis dès les années 80 aux USA) ont eu une influence majeure sur le développement international (et en particulier Américain) des études de genres et des études Queer.ÿSon ?uvre littéraire (romans, théâtre) est aussi singulière que puissante. En 1964, son premier roman, L'Opoponax, est publié par les Editions de Minuit : il suscite l'enthousiasme et l'admiration de Marguerite Duras, de Claude Simon, de Nathalie Sarraute et reçoit le Prix Médicis. Suivront Les Guérillères, Le Corps lesbien, Virgile, non: 3 romans, successivement épique, lyrique et satirique où par la grâce d'une langue superbe, le roman découvre des espaces où désirs, corps, personnages, pronoms réinventent l'histoire et la vie par delà les catégories, normes, traditions, régimes qui les asservissent. ÿEn 1976, année de parution chez Grasset du Brouillon pour un dictionnaire des amantes, Monique Wittig quitte Paris pour les Etats-Unis, où elle enseigne dans de nombreuses universités, jusqu'à sa mort en 2003.

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