La société des victimes (IMPRESSION A LA DEMANDE)

À propos

Que resterait-il de l'actualité s'il n'y avait plus de victimes ? Il suffit de jeter un coup d'oeil à la télévision pour s'en rendre compte : du journal télévisé aux émissions de divertissement, la souffrance fascine et occupe le devant de la scène. Pourtant, on aurait tort de réduire cette omniprésence à une simple mode médiatique. Car c'est le signe d'une évolution profonde de nos sociétés démocratiques : autrefois, les victimes avaient honte de leur condition, aujourd'hui la reconnaissance de ce statut est devenue un enjeu, donnant naissance à une nouvelle catégorie sociale. Autour des victimes, un consensus compassionnel s'est mis en place, par lequel les médias, les politiques, les ONG et certains intellectuels apportent à une opinion publique consentante son lot quotidien de souffrances. C'est cette alliance objective qui façonne notre « société des victimes ». Pourquoi un monde qui n'a jamais semblé aussi inégalitaire, individualiste et cruel se soucie-t-il autant des victimes ? C'est ce paradoxe que propose d'explorer cet ouvrage incisif. Au sein du consensus compassionnel, la charité aspire à remplacer la solidarité, l'exception se substitue à la règle, l'émotion prend le pas sur la raison et l'instrumentalisation de la souffrance se traduit de multiples manières : des enjeux politiques biaisés et pervertis, une justice kidnappée par la victime, une rivalité mimétique incessante entre les communautés... La cause de la victime en est venue à servir l'injustice. Et le victimisme menace désormais l'humanisme.

Sommaire

Introduction - I. La révolution des victimes - Victimes : une nouvelle catégorie sociale - Naissance de la victimologie - Refus de la souffrance et sensibilité démocratique - Tous victimes, même les bêtes - La sacralisation par la souffrance - La victime apocryphe - La naissance de la victime privée - Mai 68 : le printemps des victimes - L'agonie du tiers-mondisme - Le Biafra et la naissance de l'humanitaire moderne - Le génocide et le retour du refoulé - Concurrence des victimes et psychologisation -La lutte pour la reconnaissance des victimes - Lutte collective et construction individuelle - Les souffrances psychiques, extension du domaine de la victime - Dignité de l'homme et interdiction du bizutage - L'épidémie de harcèlement moral - Toutes victimes ? - Banalité du mal ou banalisation de la souffrance ? - La société du spectacle de la victime - La télévision de l'intime, règne de la victime - Un temps de cerveau très disponible pour les victimes - Les mécanismes de l'indifférence médiatique - L'effet CNN - La télévision du malheur - II. Le consensus compassionnel - Le triomphe du fait divers compassionnel - La diffusion du fait divers - Le fait divers comme horizon - Informations dramatiques et dramatisation de l'information - La victime représentative d'elle-même - Cruelle compassion : la pitié agressive - La pédophilie ou l'absolu du fait divers compassionnel - Pitié agressive et lynchage compassionnel - Naissance de l'intellectuel compassionnel - L'intellectuel : un métier au service de la victime - Les nouveaux philosophes et la fabrique de l'intellectuel compassionnel - Une pensée binaire, en faveur d'un État minimal - Pierre Bourdieu, dominé par la compassion - Misère du monde ou sociologie de la compassion - Les ONG à l'assaut de la victime - Genèse du kouchnérisme - La bonté, gage de confiance - Le business de la compassion - Le poids des maux, le choc de la communication - Hiérarchiser les souffrances, au risque de l'injustice - Impératif moral ou dilemme moral - Politique de la compassion - La compassion comme martingale politique - Disparition de Lady Di et épiphanie compassionnelle - Duels compassionnels à la tête des États-Unis - Jacques Chirac : une présidence compassionnelle - Pourquoi tant de compassion ? - III. Les victimes contre la société - Les victimes entre terreur et pitié - Terroriser avec le terrorisme - Revaloriser la terreur - Nouveau catastrophisme et vieux évangiles - Passion pour la victime et adieu à la raison - Et si la compassion était mauvaise en soi ? - Le victimisme n'est pas un humanisme - La charité contre la solidarité - L'ambivalence envers les victimes - Les victimes contre la justice - Le « victimisme » ou la victoire des victimes contre la société - Entre la société et la victime, il faut choisir - Conclusion - Suggestions bibliographiques.

Categories : Sciences humaines & sociales > Sciences sociales / Société > Thèmes et questions de société

  • Authors

    Guillaume Erner

  • Publisher

    La Decouverte

  • Publication date

    12/10/2006

  • Collection

    Cahiers Libres

  • EAN

    9782707147660

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    224 Pages

  • Longueur

    22.1 cm

  • Largeur

    13.7 cm

  • Épaisseur

    2 cm

  • Poids

    280 g

  • Distributeur

    Interforum

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

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