Le timbre égyptien
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Le timbre égyptien (préface Ralph Dutli ; postface Clarence Brown)

Traduction GEORGES LIMBOUR  - Langue d'origine : RUSSE

Résumé

Seule oeuvre de fiction écrite par Ossip Mandelstam, Le Timbre égyptien répond à une réflexion que l'écrivain a menée en 1922 sur « la fin du roman ». Ce texte est pour lui une sorte de démonstration de ce que devrait être une prose contemporaine, reflet du monde dans lequel il est désormais plongé. C'est le récit d'une journée dans la vie de Parnok, double ironique de Mandelstam, un de ces « petits hommes » d'une faiblesse héroïque, si fréquents dans la tradition russe depuis Gogol et Dostoïevski. Parnok déambule dans les rues de Saint-Pétersbourg à la recherche de sa « queue-de-morue » qui a mystérieusement abouti entre les mains d'un personnage officiel, le capitaine Krzyzanowski. Nous sommes au cours de « l'été Kerenski », en 1917, entre deux révolutions. Et déjà la ville tant aimée a pris des allures de cauchemar. Le temps est sorti de ses gonds. Par héroïsme, Parnok tente de sauver du lynchage un autre « petit homme », sans succès. Le récit se perd ensuite dans des divagations qui reflètent l'état d'esprit du personnage. Mais l'âpreté de ce monde où le froid et la peur envahissent tout, ne rend que plus fulgurants les éclats de lumière. Parnok, ce « prince zélé de la malchance », conserve jusqu'au bout le goût du Sud, de la musique. La parole semble pouvoir renaître. Lui-même est comparé à « un pépin de citron jeté dans une crevasse du granit pétersbourgeois ». La traduction publiée ici avait paru en France en 1930, deux ans seulement après la publication en langue originale en URSS, dans la revue Commerce. Nous reprenons ici l'édition parue au Bruit du temps en 2009, avec tout son appareil critique, en l'augmentant de quelques variantes inédites en français, traduites par Jean-Claude Schneider.

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  • EAN 9782358730846
  • Disponibilité Disponible
  • Nombre de pages 120 Pages
  • Longueur 18 cm
  • Largeur 11 cm

Série : Non précisée

Rayon(s) : Littérature générale > Poésie

Ossip Mandelstam

Le poète russe Ossip Mandelstam (1891-1938), fils d'un commerçant juif, est un insoumis. Son premier recueil de poésies, La Pierre, rencontre un vif succès dès sa parution en 1913. Il cofonde l'école « acméiste » qui, entre autres, considère que le mot est constitutif de la forme. Il s'oppose en cela aux symbolistes français et russes. Quand la révolution éclate, il entre au ministère de la Culture et collabore avec Lounatcharsky. Or, quand la terreur stalinienne se répand, il devient un perpétuel exilé. En 1934, il publie un poème satirique sur Staline. L'intervention de Boukharine et de Pasternak le sauve alors de la déportation. Mais, en 1937, il est de nouveau arrêté et meurt l'année suivante dans un camp près de Vladivostok. Pasternak lui a envié sa liberté quand d'autres sont restés marqués par son âme d'enfant et ses célèbres fous rires.

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