Contemporaine Contemporaine
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Contemporaine

À propos

Le texte Contemporaine, entrepris lors d'une résidence d'écriture en 2013 autour de l'ancienne gare de déportation de Bobigny en 2013, et finalisé en 2018, traite de ce que l'auteure appelle les « lieux Janus », ces lieux où l'horreur et la beauté se sont côtoyées dans le même temps. Aujourd'hui encore, ces lieux sont comme irradiés par un traumatisme majeur survenu dans notre passé.
Ces lieux qu'Annie Zadek a investis (non sans risque) pour nourrir ce texte ont une très grande importance. Voici ce qu'elle en dit :
« La Maison des Enfants d'Izieu fut pour moi le lieu augural de ce sentiment d'insurmontable aporie entre la douceur des paysages du Bugey, la grâce émanant de ces photographies d'enfants, la tendresse des lettres adressées à leurs parents, et leur destin lamentable. Son écho ne cessera de se répercuter lors de mes déambulations dans l'ancienne gare de déportation de Bobigny, à la Cité de la Muette, au mémorial de la Shoah de Drancy, à Auschwitz-Birkenau, l'autre face de la lumineuse Cracovie - encore imprégnée de la présence de Tadeusz Kantor -, à Terezin, le « camp des Artistes » ! Si près, si loin du Prague de Kafka. » Traversés par les figures de divers créateurs - dont la cinéaste Marceline Loridan-Ivens - ces lieux sont questionnés ici pour ce qu'ils nous disent sur la possibilité de la transmission, de la résilience, et peut-être même surtout de l'art et de la littérature, dans notre temporalité de l'Après-Auschwitz.
Contemporaine est ainsi le lieu d'une réflexion sur nos rapports aux images. Celles que traversent les textes des romans-photo, des écrans de cinéma sous-titrés et des plateaux de théâtre surtitrés ; celles aussi du continent en dérive des productions vernaculaires, modestes, que sont les images orphelines, les albums de famille et les « légendes » qui quelquefois les accompagnent.
Contemporaine a surtout pour ambition d'interroger, une fois encore, le doute émis par Adorno sur la poésie d'après Auschwitz (Dialectique négative, 1978) :
« Je suis prêt à concéder que, tout comme j'ai dit que, après Auschwitz, on ne pouvait plus écrire de poèmes - formule par laquelle je voulais indiquer que la culture ressuscitée me semblait creuse -, on doit dire par ailleurs qu'il faut écrire des poèmes, au sens où Hegel explique, dans l'Esthétique, que, aussi longtemps qu'il existe une conscience de la souffrance parmi les hommes, il doit aussi exister de l'art comme forme objective de cette conscience ».
Et si c'était la poésie d'avant Auschwitz qui était « barbare » après Auschwitz ? Et si la poésie contemporaine était celle de l'Après-Auschwitz ?



Categories : Littérature générale > Poésie > Contemporaine

  • EAN

    9782354281441

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    56 Pages

  • Longueur

    15.1 cm

  • Largeur

    10.8 cm

  • Épaisseur

    0.6 cm

  • Poids

    56 g

  • Distributeur

    Interforum

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Annie Zadek

Annie Zadek est née à Lyon où elle a suivi les cours d'esthétique du philosophe Henri Maldiney dans le but exclusif de devenir écrivain. Si, pour elle, le livre - le texte - est primordial, il n'en est pas moins la source de métamorphoses multiples tout aussi nécessaires : mises en scène théâtrales ; radiophoniques ; sérigraphies ; installations ; lectures publiques expérimentales conçues seule ou avec des plasticiens.
Cette conviction - d'un processus créatif commun aux différentes formes artistiques - fonde une écriture dévolue à l'investigation de ces entre-deux de l'être où rien n'est exclusif de rien, où l'on est à la fois vieux et jeune, homme et femme et vivant et mort, tout et rien, tout et son contraire.
Ni roman, ni théâtre, ni poésie, mais tout cela à la fois plus le reste...

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