Le retrait de la tradition suite au désastre démesuré

Traduction OMAR BERRADA  - Langue d'origine : ANGLAIS

À propos

Après des décennies de guerres, de destructions, d'occupations, le monde arabe apparaît comme un monde en ruines.
Mais comme le montre Jalal Toufic, il y a des ruines qui résistent aux reconstructions, les ruines immatérielles qui résultent de " désastres démesurés ". Pour l'auteur, cette notion renvoie au premier chef aux nombreuses années de guerre qui ont ravagé le Liban, mais elle désigne plus généralement les atrocités du XXe siècle, le génocide rwandais, ou encore la Shoah. Si l'artiste a effectivement pour tâche de dire le désastre démesuré et de le présenter à la communauté, il ne peut être le porte-parole des morts : il lui faut au contraire ressusciter le " non-mort ", et amener la communauté à prendre conscience de son objet perdu.
Contrairement aux apparences, il n'y a dans ce geste nulle trace de nostalgie, nul désir de retour à une origine ou à une tradition authentique, la tradition s'est retirée pour de bon. L'artiste se situe ainsi dans un espace ontologiquement indéfini, le mince interstice séparant la mort de la vie. La célèbre phrase d'Hiroshima, mon amour revient sans cesse comme un leitmotiv : " Tu n'as rien vu à Hiroshima.
" Moyen de poser le problème du témoignage, et d'interroger la représentabilité du désastre démesuré, qui marque, par définition, une coupure radicale, et détruit tout rapport avec le passé. A travers une analyse essentiellement fondée sur la photographie et le cinéma (mais qui convoque également la théologie), Jalal Toufic nous offre une réflexion rare sur les pouvoirs de l'art et sur sa fonction politique, faisant écho à des auteurs comme Maurice Blanchot, Jacques Derrida, ou Georges Didi-Huberman.



Categories : Sciences humaines & sociales > Philosophie > Philosophie généralités > Essais / Réflexions / Ecrits sur la philosophie

  • EAN

    9782350960449

  • Disponibilité

    Manque sans date

  • Nombre de pages

    128 Pages

  • Longueur

    18.5 cm

  • Largeur

    11.8 cm

  • Épaisseur

    0.8 cm

  • Poids

    142 g

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Jalal Toufic

Jalal Toufic (né en 1962, vit et travaille à Istanbul) est un écrivain, un penseur et un artiste libanais d'origine irakienne et palestinienne. Il est l'auteur de Distracted (1991 ; 2e édition, 2003), (Vampires): An Uneasy Essay on the Undead in Film (1993 ; 2e édition, 2003), Over-Sensitivity (1996), Forthcoming (2000), Undying Love, or Love Dies (2002), Two or Three Things I'm Dying to Tell You (2005), et ‘Âshûrâ': This Blood Spilled in My Veins (2005).
Ses vidéos et ses installations ont été présentées dans plusieurs manifestations artistiques internationales : Artists Space à New York, Witte de With à Rotterdam, Fundació Antoni Tàpies à Barcelone, Fridericianum à Cassel, Musée National d'Art Contemporain à Athènes, 16e International Documentary Film festival Amsterdam (IDFA) dans le cadre du programme « Focus Jalal Toufic ».
Il a co-dirigé le numéro spécial de Discourse Gilles Deleuze: A Reason to Believe in this World, et dirigé les numéros spéciaux de Discourse Middle Eastern Films Before Thy Gaze Returns to Thee et Mortals to Death, de même que Review of Photographic Memory (Fondation Arabe pour l'image, 2004).
Il a enseigné à l'université de Californie à Berkeley, California Institute of the Arts, USC, et à Amsterdam, DasArts et Rijksakademie. Il enseigne actuellement à la Kadir Has University d'Istanbul.

empty