L' objet de beauté
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À propos

Une certaine critique d'art, si répandue qu'elle est devenue vox populi, nous a habitué depuis fort longtemps, notamment depuis l'avènement de l'art "contemporain" , à considérer que l'art est véhicule ou "expression" de bien des choses - du moi, des sentiments, des idées politiques, climatiques, morales -, dont semblent exclues les idées spécifiquement artistiques. Ainsi, ce que le spectateur d'une oeuvre d'art est invité à "comprendre" n'est pas l'oeuvre mais ce qu'elle est réputée signifier (exprimer), sens qui ne se voit ni ne s'entend paradoxalement pas, que l'oeuvre "cache" ou dissimule.
Conscient de cette dérive, Jankélévitch avait affirmé lors d'un interview que personne n'aime la musique pour ce qu'elle est ; il semblerait qu'il faille étendre cette vérité à un terrain plus ample : presque personne n'aime l'art pour ce qu'il est. Que signifie aimer l'art pour ce qu'il est ? Telle est la question qui oriente ce travail. Il s'agit, dans la mesure du possible, de penser l'art en tant qu'art, et l'artiste en tant qu'artiste, autrement dit en tant que créateur d'idées artistiques provoquant des émotions esthétiques.
Aimer l'art pour ce qu'il est, c'est trouver le sens de l'oeuvre dans l'oeuvre même, se confondant avec sa beauté. L'oeuvre d'art, lorsqu'elle est conçue pour être jugée comme telle, s'adresse avant tout à une sensibilité esthétique ; c'est alors qu'on peut l'appeler "objet de beauté" .



Rayons : Sciences humaines & sociales > Philosophie > Philosophie contemporaine

  • EAN

    9782350881843

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    226 Pages

  • Longueur

    22.5 cm

  • Largeur

    16.2 cm

  • Épaisseur

    1.7 cm

  • Poids

    444 g

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Santiago Espinosa

Santiago Espinosa, né en 1978 à Mexico,
est docteur et professeur en philosophie.
Son mémoire de master (publié chez
L'Harmattan en 2007) porte sur la
philosophie de la musique chez
Schopenhauer : L'ouïe de Schopenhauer.
Musique et réalité). Inspiré par la
philosophie de Clément Rosset, il écrit
une thèse sur la musique où il défend,
dans un premier temps, l'idée que la
musique n'exprime qu'elle-même, c'està-
dire des rapports musicaux suscitant des
émotions proprement musicales. Il tire de
cette analyse la conclusion que la musique
et « le réel » - ou ce qui existe - ont
ceci en commun qu'ils ne sont que ce
qu'ils sont, qu'ils n'ont aucune espèce de
signification (ils sont « tautologiques »),
et que l'affirmation inconditionnelle de
leur insignifiance essentielle est,
paradoxalement, source de joie de vivre
(au sens nietzschéen, « tragique »). Cette
première partie a été publiée chez Encre
Marine en 2013 - L'inexpressif musical
- et a été vivement saluée par la presse.

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