À propos

En 2011, d'impressionnants soulèvements populaires contre les dictatures ont bouleversé le monde arabe. À la joie et à l'espoir ont souvent répondu la terreur et la violence des régimes autocratiques. Une décennie après ces « printemps arabes », quel regard peut-on porter sur eux comme sur ces répressions ? C'est une réponse originale à cette question qu'Hamit Bozarslan apporte dans ce livre, où il mobilise de façon très accessible les résultats de longues années d'enquêtes sur les sociétés de la région.
Il rend compte d'abord des origines des dynamiques émancipatrices surgies en 2011. Mais aussi de la radicalisation des processus destructeurs en oeuvre au Moyen-Orient depuis des décennies, de la transhumance djihadiste aux luttes hégémoniques des grands acteurs régionaux (Arabie saoudite, Iran et Turquie). Et il montre que si la passion de l'égalité, de la liberté et de la dignité s'est exprimée avec force dès 2011, avant d'être renouvelée en Algérie, au Soudan, en Irak et au Liban, les risques d'une restauration autoritaire, ainsi que d'une transformation de certains États arabes en forces miliciennes, ont très tôt été présents. Ainsi, en Syrie, mais aussi en Libye et au Yémen, le Léviathan autoritaire a cédé la place à Béhémoth, dont l'ultime dessein est de détruire la société. Dans cette dynamique du pire, l'aveuglement et le cynisme des démocraties occidentales n'a pu que favoriser l'émergence des « monstres » dans le monde arabe.



Sommaire

Introduction. Une spirale de fragmentation sociale accélérée.
Observer le Moyen-Orient, 2011-2021.
Conjurer la « malédiction arabe » ?
Un détour par les années 1920 et 1930.
Banalité, singularité et irréductibilité de la violence.
Les États et la guerre pour l'hégémonie.
Les bifurcations spectaculaires de la politique turque.
La marginalisation de la question palestinienne et du monde arabe.
L'importance de prendre en compte le temps long.
La difficulté de penser le politique dans le monde arabe et au Moyen-Orient.

1. 2011 : réflexions sur les configurations révolutionnaires égyptienne et tunisienne.
Acteurs volontaires et contraints de la révolution.
Pourquoi la Tunisie et l'Égypte ?
Sortie de la fatigue sociale ?
Incertitudes et hypothèques sur l'avenir.

2. 2012 : bilan révolutionnaire, entre espoir et pragmatisme.
Révolutions démocratiques, révolutions conservatrices.
L'effet domino dans le monde arabe.
Temps court de la révolution, temps long de la crise.

3. 2012 : « La rue décide de tout, mais elle n'a pas investi le palais ».
Des configurations étatiques très différentes.
Au Maroc et en Algérie, la contestation encore contrôlée.
Une nouvelle vague de démocratisation ?
L'avenir imprévisible des révolutions.

4. 2013 : nouvel état de violence.
Territoires de conflits en 2013.
Tunisie et Égypte : double légitimité, double blocage.
La question de l'islam.

5. 2014 : noires subjectivités.
La crise du système westphalien au Moyen-Orient et la production de chaos.
Égypte : de très nombreuses interrogations.
La démocratie face au « facteur violence ».

6. 2014 : des tentatives révolutionnaires à l'heure des fragmentations sociales.
Le défi démocratique des révolutions arabes.
Face à l'effondrement, la résistance comme stratégie de survie.
Contestations turques, question kurde.

7. 2015 : de la désintégration des États à l'effondrement des sociétés.
De l'usage de la violence et du pouvoir.
Entre déracinement et militarisation.
La violence et le « religieux radicalisé ».

8. 2015-2016 : cynisme et misère de la raison géopolitique.
La revanche de la Russie de Vladimir Poutine.
La nouvelle donne kurde et le régime Erdogan.
Radicalismes et transhumances confessionnels Fin du XXe siècle au Moyen-Orient ?

9. 2017 : stabilisation autoritaire et incertitude démocratique.
Des conflits ancrés dans la durée.
La Turquie et l'Iran dans des logiques belliqueuses.
Politiques américaines et avenir du djihadisme.
À l'horizon 2020.

10. 2018 : le temps des monstres.
La Libye et le Yémen : deux sociétés fracturées.
La diplomatie milicienne iranienne.
La stratégie d'expansion turque.
Iran, Russie, Turquie : les antidémocraties du XXIe siècle.

11. 2019 : une guerre de quarante ans ?
Algérie et Soudan : un « épisode II » des révolutions arabes ?
Terrains de guerre.
Des guerres depuis 1979.

12. 2020 : une mort qui règne, sans rien accomplir.
Algérie, Irak et Liban : des contestations confinées.
Régner en maître sur un monde de ruines.
La question iranienne, le renouveau djihadiste.

13. Le tournant de la décennie 2020 ou le temps suspendu du Moyen-Orient.
Une Covid-19 brise-révolution.
Libye, Syrie, Yémen : terres de la stasis.
Ankara, Téhéran, Abou Dhabi/Riyad : les limites de la démesure.
2011 : une décennie après.
En guise de conclusion.
Des contestations révolutionnaires à la stasis.
Le Moyen-Orient à l'horizon des années 2030.
La responsabilité des sociétés, la responsabilité des démocraties.

Chronologie 2010-2021.

Termes et concepts d'origine étrangère.

Notes.

Index.

Categories : Sciences humaines & sociales > Sciences politiques & Politique > Politique internationale > Géopolitique / Géostratégie

  • EAN

    9782348064906

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    254 Pages

  • Longueur

    20.5 cm

  • Largeur

    14 cm

  • Épaisseur

    2 cm

  • Poids

    310 g

  • Distributeur

    Interforum

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Hamit Bozarslan

Docteur en histoire et en science politique, Hamit Bozarslan est directeur d'études à l'EHESS. Il est notamment l'auteur de Conflit kurde (Autrement, 2009), Une histoire de la violence au Moyen-Orient. De la fin de l'Empire ottomanà Al-Qaïda (La Découverte, 2008), 100 mots pour dire la violence dans le monde musulman (Maisonneuve et Larose, 2005) et Histoire de la Turquie. De l'Empire à nos jours (Tallandier, 2015). Il écrit Le temps des monstres aux éditions La Découverte en 2022. Ses travaux portent sur la sociologie historique et politique du Moyen-Orient, et il publie régulièrement des chroniques dans le magazine Moyen-Orient.

empty