Stabat mater
Stabat mater
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Stabat mater

Traduction DOMINIQUE VITTOZ  - Langue d'origine : ITALIEN

À propos

Cecilia vit depuis toujours dans l'orphelinat abrité par l'hospice de la Piétà, à Venise, où elle a été recueillie à sa naissance, quand sa mère l'a abandonnée. Elle y mène une vie rangée, partagée entre la routine rigoureuse du pensionnat et la musique : chaque jour, elle joue du violon à l'église, derrière un grillage qui la maintient à l'écart du regard des fidèles. Chaque nuit en revanche, en proie au poids d'une insoutenable solitude, elle ressent plus que jamais le manque de cette mère qu'elle n'a jamais connue. Aussi se relève-t-elle en cachette pour lui écrire des lettres qu'elle aimerait lui voir lire. C'est dans cet univers confiné et reclus que Cecila évolue. La musique est sa seule source de joie et de réconfort, le seul moment qui lui permet si ce n'est d'échapper, du moins de supporter la rigidité des règles de l'internat. Mais un jour, l'année de ses seize ans, les choses changent. De façon imperceptible d'abord, tandis que Cecilia s'interroge toujours plus sur ses origines et souhaite donner une autre dimension à sa pratique artistique, puis de façon plus radicale, lorsqu'un nouveau professeur de musique vient remplacer le vieil abbé besogneux qui officiait auparavant : ce jeune prêtre aux cheveux roux n'est autre qu'Antonio Vivaldi Au fil de ce roman bâti comme une enquête par invocations, un petit pan du mystère est levé. Cependant, l'essentiel ne réside pas dans la vérité qu'elle peut obtenir sur l'autre (l'identité et les motivations de la mère absente). C'est plutôt en elle-même que Cecilia doit chercher de nouvelles ressources. Cecilia perce peu à peu le brouillard des évidences qu'on lui a imposées, les limites du moule où l'on voudrait qu'elle reste comme toutes les autres. Elle se débarrasse enfin de cette fascination morbide, qu'elle prenait pour une forme de liberté, qui la poussait à rechercher sa mère avec obstination. Elle prend en effet progressivement conscience que cette quête n'aura été pour elle qu'une étape nécessaire et échappe progressivement à la folie qui la guettait. Sa rencontre avec Vivaldi est fondatrice: l'arrachant définitivement aux noirceurs de ses pensées, elle confirme sa vocation et la plonge de façon définitive dans la vie où elle va pouvoir s'adonner entièrement à sa passion musicale.
Poignant, le destin de Cecila est aussi emblématique du parcours de nombreuses jeunes filles éduquées à l'hospice de la Pietà où a effectivement exercé Vivaldi au début de sa carrière, y construisant sa réputation. La maîtrise instrumentale des musiciennes de la Pietà était renommée à travers toute l'Europe. Vivaldi a composé nombre de concertos et de pièces de musique sacrée qu'elles ont interprétés brillamment. Tiziano Scarpa étant lui-même né dans cet hospice un temps reconverti en maternité au XXe siècle, a bâti cette fiction qui est tout autant une enquête en forme de retour aux sources qu'un hommage au compositeur de génie qu'il admire depuis son enfance, ainsi qu'à ses brillantes interprètes.

Tiziano Scarpa a reçu pour Stabat Mater le prestigieux Prix Strega ainsi que le Super Mondello en 2009.

" La protagoniste porte le nom de la Sainte martyre Cecilia, protectrice de la musique et des musiciens. Elle a seize ans. C'est une enfant trouvée qui a été recueillie et élevée à l'hospice de la Pieta. Insomniaque, Cecilia se réfugie en haut d'un escalier. Dans ces moments, assaillie de visions douloureuses et indéchiffrables, elle écrit à cette mère qui l'a abandonnée lorsqu'elle était bébé sur les marches de l'orphelinat. Mais ses lettres restent en suspens dans le vide, sans adresse. Elles sont un monologue qui se distend au fil du temps. Dans ce laps de temps s'étiole la structure la structure du traditionnel roman épistolaire et surgit une trame autrement plus émouvante. Cette dimension constitue l'aspect littéraire le plus pertinent du roman qui, d'une part, produit des événements parfaitement maîtrisés et, d'autre part, les dissout dans le rythme fascinant d'un chant musical. Cecilia est faite pour être musicienne. Elle joue du violon. Son professeur n'est autre que le maestro Vivaldi. De lui, Cecilia apprend à perfectionner l'art, mais aussi à cultiver un rêve de liberté et de fugue. La rigueur littéraire du roman est la substance musicale du Stabat Mater. " Le jury du Prix Mondello 2009

Categories : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782267021523

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    139 Pages

  • Longueur

    20 cm

  • Largeur

    12 cm

  • Épaisseur

    1.1 cm

  • Poids

    154 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Tiziano Scarpa

Tiziano Scarpa est né à Venise en 1963, où il a étudié la littérature italienne contemporaine. Écrivain, poète et dramaturge, il s'est fait connaître avec la publication de L'oeil de vieux, son premier roman, en 1996, suivie de celle de son recueil de nouvelles, Amore (r), en 1998. Proche du groupe des écrivains rassemblés derrière le nom de Cannibales, qu'il a rejoint dans leur tentative de libérer la littérature des théories, il a aussi écrit le scénario de Popcorn, une comédie diffusée sur la RAI en 1997 et récompensée par le prix Italia. Il a par ailleurs consacré des essais à Alberto Savinio et Giorgio Manganelli et publié de nombreux articles sur la littérature italienne contemporaine. Il contribue aussi à la revue en ligne ilprimoamore.com. En 2009, il a obtenu le prestigieux prix Strega ainsi que le Super Mondello pour son roman Stabat Mater. Kamikaze et Cosa voglio da te paraîtront aux éditions Bourgois.

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