Arbre de fumée Arbre de fumée
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Arbre de fumée (National Book Award 2007)

Traduction BRICE MATTHIEUSSENT  ''

À propos

« Il était une fois une guerre - et un jeune Américain qui se voyait comme l'Américain Discret et l'Américain Laid, il aurait aimé n'être ni l'un ni l'autre, mais plutôt l'Américain Tranquille ou le Bon Américain, il a fini par se considérer comme le Vrai Américain puis, finalement, simplement comme le Putain d'Américain. C'est moi. » Arbre de fumée débute en 1963 dans les Philippines, le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy et se poursuit jusqu'en 1970 et après. Skip Sands apparaît à première vue très différent des héros habituels de Johnson (des hommes à la dérive, en quête de rédemption...) : c'est un jeune homme naïf, désireux de se prouver à lui-même qu'il peut être un efficace agent de la CIA. Il est convaincu que les Etats-Unis vont vaincre les communistes au Vietnam et souhaite prendre part à cette victoire. Il souhaite ainsi imiter son grand oncle, le colonel Francis Sands, qui est parvenu à échapper aux Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale et s'est ainsi forgé une incroyable légende. Plus que tout, Skip croit dans la bonté et les promesses proclamées par les USA avec une ardeur tout enfantine. Il perd toutefois son innocence lorsqu'il assiste au brutal assassinat d'un prêtre (suspecté à tort de trafiquer des pistolets) par un agent de la CIA dans les Philippines. Ensuite, au Vietnam, il perd définitivement toute illusion lorsqu'il est confronté aux méthodes brutales et sauvages de ses compagnons des services secrets. Il se retrouve malgré lui partie prenante d'un scénario qui implique un agent double - un sympathisant du Vietcong, qui accepte apparemment d'effectuer une mission pour les Américains - et constate qu'il est de moins en moins capable de faire la différence entre les bons et les méchants, les gens honnêtes et ceux qui sont faux, les idéalistes et les mercenaires. Quant au mentor de Skip, il perd aussi foi en sa mission, ou du moins vient à penser que ses supérieurs se sont perdus en chemin. Dans un rapport secret, il sous-entend que les services d'espionnage sont pervertis, qu'ils sont utilisés pour justifier les politiques menées, de la même manière que ces motifs ont été utilisés avec la guerre en Irak, pour en justifier l'invasion. Pour mettre ses hypothèses à l'épreuve, il élabore un plan qui fait de lui la cible de ses propres collègues. A partir de ce moment, Skip et le colonel réalisent qu'ils ne peuvent faire confiance à personne. Entre les histoires de Skip et du colonel Denis Johnson intercale les parcours d'une demi-douzaine d'autres personnes prises dans la guerre. Parmi eux, James Houston, un jeune homme à la dérive qui a suivi son frère dans l'armée et se trouve plongé dans une guerre sans règles, dans laquelle la chaleur, la jungle et la confusion issue de la confrontation à un ennemi opérant selon les méthodes de la guerilla conduit à des actes de profonde brutalité et d'horreur. Il y a également Kathy Jones, une infirmière qui atterrit au Vietnam après que son mari, un missionnaire, a été tué. Elle aura une brève et chaotique liaison avec Skip. On croise aussi Hao, un fonctionnaire vietnamien, qui rêve d'une vie meilleure à Singapour ou aux Etats-Unis, et qui utilise son amitié d'enfance avec un des membres du Vietcong pour tâcher d'éveiller l'intérêt des Américains. En dépit des multiples histoires parallèles qui le composent, la structure de l'ouvrage reste des plus simples : un chapitre pour chaque année, de 1963 à 1971 et une conclusion qui se situe en 1983. Le regard affûté de Denis ohnson, et son recours à une prose à la fois ciselée et vivante nous plonge au plus profond des noirceurs de la guerre et du monde encore plus toxique de l'espionnage. Comme dans tous les romans de Johnson, le véritable sujet de ce livre est la possibilité de la grâce dans un monde mystérieux, théâtre d'inexplicables souffrances. Non seulement Denis Johnson parvient à rendre compte de l'aura à la fois dérangeante et hallucinatoire de la guerre du Vietnam avec un talent aussi affirmé qu'un Stephen Wright ou un Francis Ford Coppola, mais il montre aussi le déclin de ses personnages avec une précision d'une émotion bouleversante. Il a écrit un roman profondément évocateur, qui deviendra à coup sûr un classique de la littérature issue de cette guerre tragique et étrangement familière. Arbre de fumée n'est pas sans évoquer Un Américain bien tranquille de Graham Greene, l'univers de Tim O'Brien, ou les films de Coppola et de Cimino. Les lecteurs familiers de l'époque y retrouveront ses moments forts : l'offensive du Têt, les morts de Martin Luther King et de JFK, la chute de Saïgon...

Categories : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782267019919

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    679 Pages

  • Longueur

    15.5 cm

  • Largeur

    12 cm

  • Épaisseur

    6.2 cm

  • Poids

    910 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Denis Johnson

Denis Johnson est né à Munich en 1949. Il vécut entre le Japon, l'Allemagne, Manille et les Etats- Unis (Washington D.C.) avant ses dix-huit ans, puis, il acheva ses études supérieures à l'Université d'Iowa. Actuellement, il vit et travaille dans l'Idaho entre le Montana et le Canada. Il écrit et est publié depuis l'âge de dix-neuf ans. Son oeuvre a été couronnée par de nombreuses distinctions dont le National Endowment for the Arts (1983) et le Whiting Writer's Award (1987). Mais il s'est surtout imposé sur la scène littéraire américaine grâce aux nouvelles réunies dans Jesus' Son (Christian Bourgois Editeur, 1996) qui en firent un des deux finalistes du National Book Award au moment de sa publication.

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