Les cahiers de la NRF ; portrait d'une voix ; vingt-trois entretiens 1952-1987 Les cahiers de la NRF ; portrait d'une voix ; vingt-trois entretiens 1952-1987
Les cahiers de la NRF ; portrait d'une voix ; vingt-trois entretiens 1952-1987 Les cahiers de la NRF ; portrait d'une voix ; vingt-trois entretiens 1952-1987
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Les cahiers de la NRF ; portrait d'une voix ; vingt-trois entretiens 1952-1987 (TEXTES REUNIS PRESENTES ET ANNOTES PAR MAURICE DELCROIX)

À propos

" Portrait d'une voix ", l'expression est d'elle, appliquée sur le tard à la longue lettre sans réponse d'Alexis, le premier roman.
Les " Carnets de notes " de Mémoires d'Hadrien la reprennent, entre autres, au bénéfice de l'impérial monologue. On la retrouve dans ses entretiens. Ceux-ci n'ont pas été des monologues, Dieu merci. Mais davantage une voix irremplaçable. En introduction aux propos échangés avec Patrick de Rosbo, Marguerite Yourcenar définissait à sa guise la position type de l'écrivain qu'on interroge : " le voilà ici parlant tout bonnement et pensant tout haut ".
Nous savons qu'il ne fallait pas la prendre totalement au mot. Elle a très vite exigé de revoir les transcriptions de ses entretiens et le fera minutieusement tant que ses forces le lui permettront. Pour les censurer ? Si elle l'a fait parfois, guettant surtout l'inexactitude, le véritable intérêt de son intervention était ailleurs : dans la volonté de préciser sa pensée. Ce que le terme de portrait peut faire entendre, quand il s'applique à l'écriture d'une voix.
Il témoigne que, chez Marguerite Yourcenar, l'extraordinaire maîtrise de la parole, si elle ne va pas jusqu'au style " togé " des Mémoires d'Hadrien, est toujours une construction, formée aux disciplines de l'écrit : tout naturellement, pourrait-on dire, elle parle comme un livre. A ceci près que l'art de la conversation, chez elle, comporte bonhomie et humour. Mais elle a accepté d'exposer cette maîtrise, au sens où la soumettre aux questions et aux aléas du contact la manifeste en tant que maîtrise, et l'expose néanmoins à s'éprouver vulnérable.
Toute maîtrise a sa fragilité, et on a pris l'habitude aujourd'hui de la dire en cela plus humaine ; mais il n'est pas moins humain de tendre à la raffermir, quand il s'agit de l'essentiel, ou de se borner à la rendre malicieuse ou cinglante, quand il s'agit d'éluder la curiosité ou l'indélicatesse d'autrui. M.D.

Categories : Sciences humaines & sociales > Lettres et langues

  • EAN

    9782070756759

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    462 Pages

  • Longueur

    20.5 cm

  • Largeur

    14 cm

  • Épaisseur

    3 cm

  • Poids

    470 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Marguerite Yourcenar

1903-1987
Marguerite de Crayencour est née le 8 juin 1903, à Bruxelles, d'une mère belge qu'elle perd à la naissance. Élevée par son père, un anticonformiste, grand voyageur et très cultivé, elle passe son baccalauréat à Nice, sans avoir fréquenté l'école. Son premier poème dialogué est publié à compte d'auteur en 1919 et signé Yourcenar, anagramme de son nom de famille.
En 1939, son père est mort depuis dix ans, elle manque d'argent et l'Europe s'agite dangereusement. Elle part aux États-Unis pour rejoindre Grace Frick, son amie. Elle y passera le reste de sa vie: citoyenne américaine en 1947, elle enseignera la littérature française jusqu'en 49.Son roman Les Mémoires d'Hadrien, en 1951, connaît un succès mondial et lui vaut le statut définitif d'écrivain, consacré en 70 par son élection à l'Académie Royale de langue belge et de littérature française et onze ans plus tard, par son entrée à l'Académie française.Sa vie se partage entre l'écriture dans l'isolement de l'île des Monts-Déserts et de longs voyages dont un périple autour du monde avec Jerry Wilson, son dernier compagnon. Elle meurt en décembre 87 à Bar Harbor, aux Etats-Unis.
Des romans historiques aux mémoires autobiographiques, l'oeuvre de Yourcenar s'inscrit en marge du courant engagé de son époque. Retour à l'esthétisme et à la tradition avec le désir d'affirmer la finalité de la littérature: la narration. Inspirée par la sagesse orientale, la pensée de l'écrivain ne s'est jamais éloignée de l'humanisme de la Renaissance.

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