Djamila Boupacha
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À propos

«Une Algérienne de vingt-trois ans, agent de liaison du F.L.N., a été séquestrée, torturée, violée avec une bouteille par des militaires français : c'est banal. Depuis 1954, nous sommes tous complices d'un génocide qui, sous le nom de répression, puis de pacification, a fait plus d'un million de victimes : hommes, femmes, vieillards, enfants, mitraillés au cours des ratissages, brûlés vifs dans leurs villages, abattus, égorgés, éventrés, martyrisés à mort ; des tribus entières livrées à la faim, au froid, aux coups, aux épidémies, dans ces "centres de regroupement" qui sont en fait des camps d'extermination ? servant accessoirement de bordels aux corps d'élite ? et où agonisent actuellement plus de cinq cent mille Algériens. Au cours de ces derniers mois, la presse, même la plus prudente, a déversé sur nous l'horreur : assassinats, lynchages, ratonnades, chasses à l'homme dans les rues d'Oran ; à Paris, au fil de la Seine, pendus aux arbres du bois de Boulogne, des cadavres par dizaines ; des mains brisées ; des crânes éclatés ; la Toussaint rouge d'Alger. Pouvons-nous encore être émus par le sang d'une jeune fille ? Après tout, ? comme l'a insinué finement M. Patin, Président de la Commission de Sauvegarde, au cours d'un entretien auquel j'assistais ? Djamila Boupacha est vivante : ce qu'elle a subi n'était donc pas terrible.» Simone de Beauvoir.



Categories : Sciences humaines & sociales > Sciences politiques & Politique > Sciences politiques généralités > Essais / Réflexions / Ecrits sur les sciences politiques

  • EAN

    9782070205240

  • Disponibilité

    Disponible

  • Longueur

    20.5 cm

  • Largeur

    14 cm

  • Épaisseur

    1.9 cm

  • Poids

    330 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Simone de Beauvoir

1908-1983. Simone de Beauvoir, née à Paris, reçoit d'abord une éducation bourgeoise, conformiste et religieuse. Elle dira qu'elle a perdu la foi à 14 ans. En 1929, elle obtient l'agrégation de philosophie. Professeur à Marseille, Rouen, puis à Paris, elle quitte l'enseignement en 1943, ne trouvant pas dans ce métier les conditions à "une émancipation totale". C'est à cette époque qu'elle commence la carrière littéraire à laquelle elle aspirait. Elle obtient le Prix Goncourt en 1954 pour Les Mandarins. Jusqu'à sa mort, elle collabore à la revue qu'elle a fondée avec Sartre, Les Temps Modernes. Philosophe, essayiste, romancière et dramaturge, elle domine la littérature féminine de son temps. Ses ouvrages autobiographiques font revivre toute une génération, celle de Saint-Germain-des-Prés. Indignée de voir la femme traitée comme un objet érotique, elle n'a cessé de mener une lutte passionnée pour sa libération. Le Second Sexe est devenu la référence du mouvement féministe mondial.

Gisèle Halimi

Gisèle Halimi, (1927-2020) avocate à la Cour de Paris, a été députée à l'Assemblée nationale et ambassadrice de France à l'Unesco. Elle marque l'histoire de France et la jurisprudence en assurant la défense d'une jeune fille victime de viol poursuivie pour avortement au cours du procès de Bobigny. Elle est présidente de Choisir la cause des femmes, une association qui lutte pour une meilleure représentation des femmes dans la vie publique, pour l'égalité professionnelle, et contre les violences et les schémas culturels sexistes. Elle est l'autrice de nombreux ouvrages parmi lesquels : La Cause des femmes (1973 ; Folio, 1992), Djamila Boupacha (avec Simone de Beauvoir, Gallimard, 1962), Le Lait de l'oranger (Gallimard, 1988), Avocate irrespectueuse (Plon, 2002), La Kahina (Plon, 2006), Histoire d'une passion (Plon, 2011).

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