Sciences & Techniques

  • La santé mentale s'est considérablement transformée. En quelques années, elle sera passée du champ psychiatrique au champ économique, se départissant de son aura négative associée à la folie pour revêtir les habits attrayants de la « santé mentale positive ». Cerner ses métamorphoses devient une nécessité politique puisqu'en son nom se dessinent de nouvelles politiques publiques ayant pour perspective énoncée le bonheur, le bien-être et une vie réussie pour tous les citoyens. Pour autant, peut-on détacher cette recherche de bien-être du contexte général traversant notre société ? Promouvoir la qualité de la vie alors que dans le même temps les conditions de vie des populations se dégradent, prétendre à la déstigmatisation alors que de nouveaux processus ségrégatifs se développent : ces paradoxes dévoileraient-ils le nouveau visage de la santé mentale en tant qu'opérateur de légitimation de la rationalité néolibérale ? Si nous devrons nous élever contre ces injonctions au bonheur, de bien-être et de vie réussie « du berceau à la tombe », ce sera pour mieux analyser ce que recouvrent ces entités présentées comme « naturelles », comme mesures de bon sens allant de soi, avec pour objectifs énoncés de faciliter, d'optimiser voire d'améliorer nos vies.

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