Religion & Esotérisme

  • Judaïsme et révolution

    Yvan Segré

    • Fabrique
    • 21 October 2014

    On a coutume d'opposer Athènes et Jérusalem, la philosophie et la Bible, la raison et la foi, etc.
    Faisons table rase, partons d'une autre axiomatique : il y a deux sexes, il y a deux classes.
    Réexaminons, depuis cet axiome, l'apport de la philosophie, de la Bible, de la psychanalyse, à notre connaissance de ce réel : homme/femme, dominant/dominé.
    Dans Le désir ouvrier de la philosophie, Ivan Segré, philosophe et talmudiste, poursuit une lecture de Spinoza, de Marx ou de Freud, mis en regard des textes de l'antique tradition hébraïque (composée de la Bible et du Talmud).
    Il y est aussi question, bien entendu, du christianisme, singulièrement de Paul, et de Lacan.
    Il y est en revanche peu question de Mahomet et de l'islam, pour des raisons historiques : le Talmud se clôture au vie siècle, l'islam apparaît au viie. L'examen est donc reporté.
    Mais le principe est le même : les véritables divisions ne sont pas entre juifs, chrétiens, musulmans, etc., ou entre religieux et laïcs, elles sont transversales, divisant les identités elles-mêmes. Car ce qui divise réellement, ce qu'il importe de penser, c'est ce réel :
    Homme/femme, dominant/dominé. Analysant conjointement les textes plus antiques et les plus modernes, l'auteur s'interroge sur les invariants de la pensée émancipatrice.

  • Ouverture avec une interview de Neron Benveniste, ancien maire adjoint de Jérusalem, sur la colonisation de l'Est de la Ville. Dossier Jérusalem : Enjeux démographiques et colonies par Michel Warschawski, la destruction des ruches du voisin arabe par Haïm Anegbi, Jerusalem chantée par Fayrouz etc. Magazine : Sous le signe de Sion par Ivan Segré, au pays des prisons par Anat Matar, Israël-Palestine-Eté 2009 par Jean Stern etc.

  • Le monde est sioniste.
    Aujourd'hui, le mot nous a avalé. Il a patiemment dévoré un à un ses ennemis. Il les a digéré. Au point qu'hasarder une autre vérité, un autre espoir, est devenu sacrilège. Car le sionisme a réussi une telle mue qu'il s'est métamorphosé en religion. Notre religion. Celle dont l'Europe, mais bien au-delà, tous ceux qui se réclament de l'Occident, avaient besoin. A ce titre, le sionisme a dépassé son rôle idéologique, il est une vision du monde : ne vivons plus ensemble, ne partageons plus les difficultés du devenir, ayons peur, soyons fort puisque nous avons peur.

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