Presses De Sciences Po

  • Envisagée ici comme un projet égalitaire plutôt que comme une injonction à diminuer le produit intérieur brut, la société décroissante cherche à éviter le délitement des liens, à maintenir les conditions d'habitabilité de la Terre dans une décence commune. Cette réédition de la trilogie des "Politiques de l'Anthropocène" entend y contribuer. Lire la suite Âge de l'épuisement des ressources, du bouleversement des cycles naturels, l'Anthropocène s'illustre par la rapidité des transformations thermo-industrielles du système-Terre. En dépit de cette accélération sans analogue, les sociétés contemporaines continuent de se nourrir de valeurs obsolètes. La croissance est l'une d'elles.

    D'où l'impératif de déconstruire un imaginaire productiviste qui ignore la nature et les contenus de la production ; de penser des politiques de l'Anthropocène qui se fondent sur l'acceptation de seuils et de limites. Envisagée ici comme un projet égalitaire plutôt que comme une injonction à diminuer le produit intérieur brut, la société décroissante cherche à éviter le délitement des liens, à maintenir les conditions d'habitabilité de la Terre dans une décence commune.

    Cette réédition de la trilogie des Politiques de l'Anthropocène entend y contribuer.

  • Qui a peur de la théorie Queer ?

    Bruno Perreau

    • Presses de sciences po
    • 15 March 2018

    Durant l'hiver 2012-2013, des centaines de milliers de personnes manifestent dans les rues de Paris contre l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels.
    L'ampleur de cette mobilisation ne manque pas de surprendre : alors que le Pacs ne pose plus question, d'où vient une telle résistance aux droits des homosexuels ? Les manifestants ne se contentent pas de dénoncer les méfaits de la loi sur le mariage ; ils soutiennent que sa cause est à trouver dans la « théorie du genre », une idéologie qui viendrait tout droit des États-Unis. Par « théorie du genre », ils entendent pour l'essentiel la « théorie queer », théorie qui critique les normes en matière de genre et d'orientation sexuelle.

    Bruno Perreau analyse les multiples réceptions en France de la théorie queer, du travail militant aux séminaires de recherche et aux traductions, en passant par l'émergence de médias queer, ou, plus récemment, de mobilisations comme la marche des Tordu.e.s ou la Queer Week d'étudiants de Sciences Po. En enquêtant sur ses origines, il montre que cette théorie qui, pour certains, menacerait l'identité nationale, s'appuie très largement sur des auteurs français. Il propose ainsi une lecture décalée de sa critique virulente : et si la réaction à un questionnement de la sexualité et de ses normes mettait d'abord au jour un anticommunautarisme à la française ?

  • Un sociologue à la Commission européenne

    Frédéric Mérand

    • Presses de sciences po
    • 21 January 2021

    « Chercheur embarqué », Frédéric Mérand a pu faire une immersion au sein du cabinet du commissaire européen Moscovici entre l'été 2015 et l'automne 2019. Passant deux mois par an au Berlaymont , il a suivi l'évolution de chaque dossier (crise du Grexit, surveillance budgétaire, taxe sur les GAFA, etc.) presque en temps réel. De la cantine aux rencontres internationales, il a observé le commissaire et son cabinet. Il a recueilli au quotidien, leurs stratégies et leurs espoirs mais aussi leurs étonnements, leurs craintes et leurs déceptions. L'objectif, scientifique, n'était pas de savoir si la politique menée fut bonne ou mauvaise, mais de comprendre et de raconter comment elle s'est faite dans les pratiques.
    Un voyage unique dans les arcanes de la politique européenne.

  • Violences conjugales ; du combat féministe à la cause publique

    Pauline Delage

    • Presses de sciences po
    • 23 March 2017

    Si la violence conjugale est aujourd'hui reconnue comme une question de société légitime, il n'en a pas toujours été ainsi. C'est grâce aux mobilisations féministes des années 1970, qui définissent alors la violence dans le couple comme une violence faite aux femmes, produit des rapports de domination entre les hommes et les femmes, que ce phénomène sort de la dénégation sociale dans laquelle il était tenu. Comment une cause féministe devient-elle un problème public dont s'emparent les associations, les institutions internationales et l'État ?

    En apparence, le problème de la violence conjugale paraît semblable partout : il s'agit de développer des lieux d'accueil pour les victimes de violence, de créer des lois pour rendre la violence illégitime et d'appeler à sanctionner ceux qui transgressent ces nouvelles normes sociales et juridiques. Cependant, les conditions institutionnelles, politiques et idéologiques diffèrent dans chacun des pays et le problème public y est traité selon des modalités distinctes. À travers la question des violences conjugales et en comparant le cas français et américain, Pauline Delage analyse avec acuité quelles sont, de part et d'autre de l'Atlantique, les formes légitimes de l'intervention publique dans le domaine de l'intime et des inégalités sexuées.

  • Faut-il ouvrir les frontières ?

    Catherine Wihtol De Wenden

    • Presses de sciences po
    • 28 September 2017

    Alors que la mobilité est reconnue comme un facteur essentiel de développement humain, les deux tiers des habitants de la planète ne peuvent circuler librement. Quant aux pays traditionnels d'immigration, ils ont fermé leurs portes, si ce n'est bâti des murs ou installé des camps de rétention.

    Les effets pervers de la fermeture des frontières sont pourtant légion. Aux victimes innombrables, aux sans-papiers et aux sans-droits, s'ajoutent les camps de réfugiés, l'économie maffieuse du passage, les déficits économiques et démographiques liés à l'absence de mobilité, sans parler des coûts exorbitants des politiques de fermeture et d'expulsion.

    Face à ces paradoxes, ne vaudrait-il pas mieux inverser la logique ? Considérer que la liberté de circulation des personnes est un droit universel, tout en laissant aux États la possibilité de restreindre l'entrée sur leur territoire ?

    Un plaidoyer pour un droit à la mobilité et pour l'avènement d'une diplomatie internationale des migrations, plus urgente que jamais.

  • Tirage au sort ; petit guide pratique et politique

    Gil Delannoi

    • Presses de sciences po
    • 28 February 2019

    Décrié lorsqu'il est utilisé, faute de mieux, dans certaines filières universitaires pour sélectionner les étudiants ou vanté comme le moyen de donner un second souffle à notre vie démocratique, le tirage au sort fait débat. Car son mécanisme est aussi évident que sa mise en oeuvre, délicate et multiple : entre le loto et le tirage au sort athénien, le principe général est le même mais tout le reste diffère.
    Quel serait alors le bon usage du tirage au sort ? Cet ouvrage répond à toutes les questions pratiques qui se posent à qui veut l'utiliser au sein d'un groupe comme à l'échelle d'un pays. Il détaille les choix qui doivent être opérés selon la logique retenue en fonction du type de tirage : faut-il circonscrire la population concernée ? Faut-il sélectionner ou non parmi les élus du sort ? ces élus ont-ils un droit de refus ?, etc.
    Il propose aussi la création d'une troisième chambre, représentant la population civile et désignée selon ce mécanisme, pour expérimenter une vraie démocratie sortive.
    Un mode d'emploi pour une idée qui n'est pas à écarter d'un coup de dé.

  • Toute une série de biais cognitifs nous empêchent de prendre des décisions rationnelles : conformisme, aversion pour la perte, surestime de soi, préférence pour le court terme, etc. Ce crédo des économistes et des psychologues comportementalistes a été repris à leur compte par les pouvoirs publics de nombreux pays, afin d'orienter les choix de leurs concitoyens. Nous sommes ainsi considérés comme des donneurs d'organes par défaut, nos enfants sont tenus à distance des frites dans les cantines, les détecteurs de vitesse nous font la grimace ou nous sourient, on nous informe que nous recyclons moins que le voisin... Faciles à mettre en oeuvre, peu onéreux, ces nudges (de l'anglais « pousser du coude »), qui nous font modifier nos comportements sans que nous ayons à y réfléchir, sont devenus l'alpha et l'omega de la résolution des problèmes de société. Mais peut-on réduire l'action publique à une affaire de comportements individuels ?
    Une analyse critique des savoirs comportementaux et de leur application s'impose, afin d'en comprendre le succès et d'en montrer les limites. Henri Bergeron, Patrick Castel, Sophie Dubuisson-Quellier, Jeanne Lazarus, Étienne Nouguez et Olivier Pilmis sont chercheurs au Centre de sociologie des organisations (CSO/Sciences Po).

  • L'Etat, le promoteur et le maire

    Julie Pollard

    • Presses de sciences po
    • 14 June 2018

    Qui décide du logement des Français ?
    Bouygues, Vinci, BNP Paribas, Société générale... Les noms de grands groupes sont familiers. Mais connaît-on les sociétés de promotion immobilière qui en font partie ? Comptant parmi les dix plus grands promoteurs français, Bouygues Immobilier, Vinci Immobilier, Meunier Promotion (devenu BNP Paribas Real-Estate), Sogeprom, etc., sont pourtant devenus au fil d'évolutions récentes des acteurs centraux des politiques du logement en France.
    Limiter l'intervention et l'investissement publics dans le secteur du logement et organiser des relais privés pour le développement de l'offre de logements : cette double injonction qui, depuis les années 1970, imprègne les discours dominants sur les politiques du logement, s'est en effet traduite par l'essor des niches fiscales et par une forme de régulation du secteur via la délégation aux acteurs privés de la construction des logements y compris, de plus en plus souvent, des logements sociaux.
    Alors que l'effort financier consenti pour se loger augmente régulièrement depuis 20 ans, que les atermoiements et limites de la mise en oeuvre du droit au logement exaspèrent, que les bidonvilles et autres campements de fortune sont de retour aux portes des grandes agglomérations, cet ouvrage interroge le sens à donner à ce choix politique.

  • Famines et politique

    Sylvie Brunel

    • Presses de sciences po
    • 20 February 2002

    " la prévention des famines met en jeu des mesures si faciles que la véritable énigme tient à ce qu'elles continuent à sévir ", écrit le prix nobel d'économie amartya sen.
    C'est sur cette " énigme " que ce livre se penche. dans un monde oú la quantité de nourriture disponible, les moyens des agences d'aide et la force des médias sont tels, ce désastre d'un autre âge ne devrait plus exister. et pourtant les famines continuent chaque année de tuer des milliers d'êtres humains. elles persistent lorsque les mécanismes traditionnels de réponse ne peuvent être mobilisés et que le processus d'assistance est empêché.
    Vingt ans d'expérience dans la lutte contre la faim permettent à l'auteur de dresser une typologie des famines contemporaines : à côté de famines " niées ", dont il s'agit de taire l'existence le plus longtemps possible, se sont généralisées les famines " créées " et les famines " exposées ", orchestrées comme outils de propagande dans le contexte de l'humanitarisation de l'aide. face à ces famines, la question n'est pas aujourd'hui de savoir si le monde peut nourrir le monde, mais s'il veut nourrir le monde.

  • Religion et politique ; relire l'histoire, éclairer le présent

    Jean Picq

    • Presses de sciences po
    • 25 August 2016

    « Le glaive et la crosse, la couronne et la mitre, le sabre et le goupillon. Quels que soient les termes employés, ces expressions montrent que le couple politique et religion a traversé l'histoire de l'Occident. On aurait pu croire qu'il disparaîtrait au terme du processus engagé avec les Lumières et couronné par les révolutions du XVIIIe siècle et les séparations des Églises et de l'État. La sécularisation des sociétés occidentales ne devait-elle pas conduire à l'élimination de toute référence religieuse dans la vie politique et sociale ? À observer la vie de nos démocraties aujourd'hui, on constate qu'il n'en est rien. » Face au réveil des intégrismes et de la violence extrême, Jean Picq nous invite à relire notre histoire. À repérer les temps forts qui ont permis de définir de nouveaux rapports entre le spirituel et le temporel et de voir triompher la raison au service de la paix civile.?

  • La démocratie est un livre ouvert dont toutes les pages ne sont pas écrites. Les démocraties se sont inventées, modifiées, adaptées et on est loin d'avoir épuisé les ressources de l'imagination et de l'expérimentation. S'il y a une révolution à faire, c'est bien là.
    Imparfaite par essence, la démocratie suscite critiques et désillusions. Cet état de crise, de remise en cause, permanente est son talon d'Achille, et aussi sa grandeur. Aujourd'hui, rien ne semble pouvoir endiguer la vague populiste qui déferle sur le monde. Partout, l'idéal de liberté, d'égalité et de fraternité recule, tandis que les peuples cèdent à la tentation de l'homme fort.
    Sommes-nous pour autant à la veille d'un effondrement démocratique ? Au regard des changements économiques et politiques en cours dans des pays comme l'Italie, les États-Unis, le Royaume Uni et la France, l'auteur fait plutôt le pari que les démocraties sauront se réinventer. Comme elles ont toujours su le faire depuis deux siècles, en incorporant des éléments exogènes tels que l'État de droit, le libéralisme politique ou l'État providence.

  • Le vote disruptif ; les élections présidentielles et législatives de 2017

    Pascal Perrineau

    • Presses de sciences po
    • 16 November 2017

    Un processus de destruction créatrice d'une rare intensité s'est emparé du système politique français lors des élections de 2017. Ouvert par une série de déchéances fulgurantes, il s'est poursuivi par une campagne incapable de se fixer sur de véritables enjeux puis par une explosion de la mobilité électorale pour s'achever par un après-élection comparable à un champ de ruines.Après la tempête, voici venu le temps de l'analyse et des premiers résultats issus de la recherche.La vingtaine de contributions inédites réunies ici, complétée d'une chronologie et d'une synthèse des votes sous forme de cartes et de tableaux, signale la fin du cycle politique né après la seconde guerre mondiale. Elle montre la façon dont s'évanouit le système des partis et dont sont remises en question les institutions représentatives pour faire place aux organisations en réseau et à une demande de démocratie horizontale.

  • L'égalité sous conditions

    Réjane Sénac

    • Presses de sciences po
    • 13 May 2015

    Que disent les usages contemporains de la parité et de la diversité, ainsi que les controverses sur la prétendue théorie du genre, du principe d'égalité à la française ? En quoi permettent-ils de comprendre la persistance des inégalités sociales et économiques malgré l'égalité proclamée dans le droit ?

    L'analyse croisée de rapports, de discours, de données quantitatives et d'enquêtes qualitatives montre qu'en transformant les facteurs d'exclusion puis de discrimination en facteurs d'inclusion, la promotion de la parité et de la diversité porte une égalité sous conditions de performance de la différence.

    Les politiques d'inclusion au nom de la richesse des différences ne remettent en effet pas en cause le rôle central que joue la complémentarité sexuée et racialisée dans l'ordre politique. Elles l'utilisent au contraire comme une justification et une condition. En se réappropriant les approches critiques, en particulier féministes et postcoloniales, ces politiques contribuent au tournant néolibéral, allant jusqu'à marchandiser le principe d'égalité.

    Afin que l'égalité retrouve une épaisseur politique, n'est-il pas temps de dénoncer cette ruse de la raison néolibérale qui consiste à la paralyser, voire à l'empoisonner, en l'exaltant ?

    Sur commande

  • Dictionnaire genre et science politique

    ,

    • Presses de sciences po
    • 26 September 2013

    Les 43 notices qui composent ce dictionnaire mettent en lumière l'apport du genre à la science politique : le rôle central de la différence des sexes dans l'élaboration de théories, de politiques publiques, de mouvements sociaux, les inégalités à l'oeuvre dans les différents partis, etc.

  • Les scandales sanitaires qui ont secoué la France et les pays occidentaux au cours des dernières décennies ont mené à la création d'agences chargées d'évaluer les risques en matière de santé publique et d'environnement, tandis que les injonctions à une expertise toujours plus indépendante, transparente, objective et scientifique se sont multipliées.

    Pourtant, les pratiques restent souvent éloignées de ces impératifs. Compromis toujours « impur » entre science et politique, l'expertise résulte largement de luttes se jouant bien en amont, autour de la production de connaissances, qui mobilise une multitude d'intervenants : chercheurs, agents administratifs, collectifs de victimes, industriels, lobbyistes, journalistes, lanceurs d'alerte, etc.

    À destination des praticiens, étudiants et enseignants, ce premier dictionnaire consacré à l'expertise sanitaire en décrit les usages, notions et concepts en quelque 40 notices. S'appuyant sur les recherches les plus récentes, il rend compte à la fois des contextes institutionnels dans lesquels l'expertise s'inscrit et des acteurs qui y participent ou en subissent les conséquences.

  • Les défis de la République

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    • Presses de sciences po
    • 19 January 2017

    L'immobilisme serait le mal qui ronge la vie politique, et plus largement, la société française. Pourtant, autour de la question du genre ont émergé de nouvelles façons d'agir collectivement, de penser les problèmes économiques et sociaux, d'articuler institutions locales, nationales et internationales, ou bien encore de définir la citoyenneté et le rapport au droit. C'est le cas de la parité, de l'action positive, des bureaux du temps, de l'inversion de la charge de la preuve en matière de discrimination, etc. Au regard de tous ces nouveaux dispositifs, il est possible d'affirmer que la République est déjà en pleine transformation, non sans rencontrer une forte résistance idéologique.
    Cet ouvrage explore plusieurs facettes de la mise en politique de la question des femmes et des minorités. Il analyse plus particulièrement la façon dont, en France, cette question s'adosse aux concepts d'État, de Nation et de République.

  • À l'exception du scandale de l'amiante qui a connu un sort spécifique, les politiques de santé au travail constituent un cas édifiant dépolitisation des problèmes.

    À travers ces dispositifs, le sujet de la santé au travail s'est durablement extrait du débat public. Il est aujourd'hui géré sur un mode « technique et expert », entre spécialistes. Ces politiques sont un modèle de rêve pour tout gestionnaire confronté à un problème délicat : rendre gouvernable et totalement accepté socialement un problème n'allant pas du tout de soi. On pourrait à juste titre s'étonner que l'activité économique génère plusieurs milliers de malades et de morts chaque année et que ces malades et ces morts ne suscitent qu'un très faible intérêt et/ou débat public. Or, c'est effectivement ce qui se passe. Résoudre cette énigme nécessite d'analyser les dispositifs publics de prise en charge de la santé au travail.

  • La démocratie des émotions

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    • Presses de sciences po
    • 29 March 2018

    SOMMES-NOUS GOUVERNÉS PAR DES EXPERTS DE L'ÉMOTION ?
    Conseils de quartier, conseils de jeunes, débats publics, dialogues citoyens, budgets participatifs, conférences de consensus, sondages délibératifs, etc. Les dispositifs de participation associant les citoyens à la décision publique se multiplient. Comment cette forme particulière de mobilisation des profanes de la politique, qui s'appuie largement sur le registre de l'affect, est-elle façonnée par les autorités publiques ?
    À partir d'une grande diversité de cas empiriques, l'ouvrage s'intéresse à la façon dont les émotions des citoyens sont accueillies, formalisées et maîtrisées au sein des arènes participatives, à la manière dont elles sont tantôt prescrites tantôt proscrites selon les stratégies et les niveaux d'implication recherchés, la probabilité de se faire entendre, la volonté d'inclure ou de disqualifier les publics les plus démunis, etc. Il montre finalement que les politiques participatives reposent sur des dispositifs de mobilisation qui doivent autant à l'expertise qu'aux émotions

  • La question du référendum

    Laurence Morel

    • Presses de sciences po
    • 28 November 2019

    Les élites s'en méfient, les populistes le réclament. Les uns y voient un dévoiement de la démocratie, les autres l'outil imparable de la décision populaire. Deux visions caricaturales qui partagent le plus souvent une grande méconnaissance de ce qu'est réellement le référendum.
    Derrière son apparent simplisme (répondre par oui ou par non à une question), cette institution se révèle multiple (référendums d'initiative partagée, d'initiative citoyenne, votations, etc.). Un référendum peut produire des effets très différents, voire contraires, selon le contexte de sa mise en oeuvre, la manière dont la question est posée, la façon dont les politiques et les citoyens s'en saisissent, etc. Reprenant une à une les critiques dont il fait l'objet, l'auteure défend l'idée qu'un référendum rénové pourrait, mieux que tout autre procédé de démocratie participative, restaurer le lien de confiance des citoyens avec le système politique et rendre la démocratie plus consensuelle.

  • La grande course des universités

    Christine Musselin

    • Presses de sciences po
    • 9 March 2017

    Soyez en tête de la compétition mondiale mais coordonnez-vous à l'échelon territorial ! Telle est l'injonction contradictoire adressée aux universités françaises depuis les deux grandes réformes du système d'enseignement supérieur et de recherche initiées en 2000.

    D'un côté, l'État organise une compétition généralisée entre enseignants- chercheurs et entre universités. Les financements sur projet de la recherche, la publicisation des évaluations et leur utilisation pour allouer les budgets à la performance, comme les très sélectifs appels à projets qui se sont succédé sans relâche depuis le Grand Emprunt de Nicolas Sarkozy, ont accru les écarts entre établissements et fait voler en éclat le principe sur lequel reposait jusqu'alors, en théorie, le système français : des universités équivalentes sur l'ensemble du territoire.

    De l'autre, un remodelage du paysage universitaire est à l'oeuvre. Il impose que les grandes écoles, les organismes de recherche et les universités d'une même région coordonnent leurs actions dans le but de rationaliser les coûts et de grimper dans les classements mondiaux.

    De nouvelles structures sont ainsi créées à marche forcée, sans qu'il soit possible de savoir si ces changements majeurs atteindront leurs objectifs et assureront un avenir radieux à l'enseignement supérieur français.

  • Revue critique internationale n.92 ; le gouvernement international de la violence légitime

    Revue Critique Internationale

    • Presses de sciences po
    • 19 August 2021

    Quelle est aujourd'hui la situation du monopole de la violence légitime prêté à l'État? Les auteur?es des quatre contributions réunies ici s'inscrivent dans une approche de sociologie de l'international pour décrire, à partir d'enquêtes empiriques précises, certaines politiques non seulement de mise en oeuvre mais aussi de prévention de la violence: lutte contre le financement de la criminalité et du terrorisme, peine de mort aux États-Unis, guerre en Afghanistan, politiques de sorties de conflits. Plus précisément, ils et elle interrogent les relations, tant de collusion que de collision, qui se tissent entre les différents espaces sociaux contribuant au gouvernement de cette violence légitime. Ils et elle explorent ainsi les interactions et interdépendances entre administrations nationales ou internationales, secteurs bancaire, pharmaceutique, universitaire, ONG, et montrent comment, dans ces configurations complexes, se façonne le rôle de l'État et se consolident des (re)définitions de la violence (il)légitime.

  • Revue sociétés contemporaines n.124

    Revue Societes Contemporaines

    • Presses de sciences po
    • 15 March 2022

    Au sommaire de ce varia, l'enquête menée dans quatre écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) par Ludivine Balland et Marie David montre que l'enseignement y poursuit des finalités sociales et politiques plutôt que la transmission d'une discipline en tant que telle. À travers deux enquêtes, l'une ethnographique, l'autre par entretiens, Jean-Baptiste Comby et Hadrien Malier s'intéressent aux manières dont différentes fractions des classes populaires s'approprient les enjeux écologiques. À l'autre extrémité de l'échelle sociale, Marion Demonteil se penche sur les motivations d'un ensemble très divers de haut.es fonctionnaires pour comprendre comment ils et elles organisent leur fin de carrière ; elle révèle les désajustements, voire les rébellions, que certain.es envisagent à l'égard de leur institution d'appartenance. Camille Dupuy revient pour sa part sur la création et le fonctionnement du premier syndicat regroupant les travailleurs et travailleuses du champ associatif et décrypte tout un ensemble de transformations qui lui sont propres. Enfin, l'enquête ethnographique de Madlyne Samak met au jour les conditions nécessaires pour qu'agriculteurs et agricultrices puissent rompre avec l'activité traditionnelle et se convertir à la production bio. La rubrique « En lutte » présente un rapport du Comité national ainsi qu'une tribune des directeurs et directrices d'unités sur l'HCERES.

  • Ce livre éclaire un aspect particulier de l'histoire des relations internationales au XXe siècle.
    Au-delà des aspects officiels de la diplomatie soviétique au Moyen-Orient, il met en évidence phénomène sous-jacent de la politique de l'URSS dans cette région jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale : l'instrumentalisation des minorités. Cette tactique conduite dans un objectif de déstabilisation, voire de pénétration, fut particulièrement nette en Iran, pays limitrophe et multi-ethnique où le soutien soviétique aux mouvements autonomistes en Azerbaïdjan et au Kurdistan contribua, en 1946, aux premiers frissons de la guerre froide.
    Menée par des acteurs enthousiastes, souvent sincères, juifs, Arméniens ou autres minoritaires dévoués à la diffusion de l'expérience soviétique, cette " micro-diplomatie " épouse les méandres de destinées singulières, romanesques, parfois tragiques dont ce livre restitue les parcours. La structure multinationale de l'Union soviétique a permis, selon les lieux et les époques, d'improviser puis de mobiliser, de manière plus ou moins efficace, des réseaux minoritaires en Iran, en Syrie, au Liban, en Palestine et en Égypte.
    À l'instar des puissances européennes entre les deux guerres, l'URSS a expérimenté dans cet Orient, géographiquement " proche ", diverses politiques à l'égard des minorités, ce qui s'inscrit dans une certaine continuité avec le passé russe et traduit, quelques décennies avant les interventions de l'URSS dans le Tiers Monde, la réalité de l'impérialisme soviétique.

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