• La règle du jeu n.75

    La Regle Du Jeu

    • Grasset et fasquelle
    • 26 January 2022

    À l'origine de ce dossier, une pluie de questions doublées d'une d'inquiétude : quel avenir le XXIe siècle réserve-t-il à l'expérience de la lecture ? Pourquoi les jeunes s'adonnent-ils de moins en moins à cette activité ? À quelles métamorphoses l'objet-livre se voit-il aujourd'hui confronté ? Ce dernier sortira-t-il indemne du tournant numérique ? Pour détourner le fameux mot de Hugo, le monde des écrans tuera-t-il celui des librairies et des bibliothèques ? L'époque contemporaine, à l'inverse, donnera-t-elle naissance à de nouvelles pratiques de lecture ? Si oui, lesquelles ?
    Quelle est la différence l'acte de feuilleter un ouvrage imprimé et celui de consulter un e-book ? Les livres audio font-ils de l'ombre à la voix de leur auteur ? Quelle est la part du plaisir et du travail, de la mémoire et du loisir quand on se plonge dans la découverte d'un texte ? La lecture est-elle un dialogue silencieux ? Une démarche passive ? Une véritable entreprise de création ? Un acte d'écriture ?
    Ces questions, aussi vieille que la littérature, nous les avons adressées à un panel de lecteurs qui, réunis dans ce dossier, reflètent à eux tous les chaînons multiples qui façonnent le destin d'un livre. Nous avons interrogé des écrivains, des éditeurs, des correcteurs, des attachés de presse, des libraires, des journalistes, des critiques littéraires, des jurés de prix, des professeurs de français, des blogueurs ou encore des lycéens.
    À travers cette démarche, le numéro 75 de La Règle du jeu entend dépasser les habituels refrains sur le « déclin de la lecture » pour refléter, aussi fidèlement que possible, la trajectoire complexe qui est celle des livres.

    Mais aussi :
    Un dossier-spécial consacré à l'élection présidentielle : « Quelles sont les nouvelles formes du populisme et comment les combattre ? ».
    Micro-dossier : « Les crypto-monnaies : mirage ou révolution ? ».
    Micro-dossier : « Le monde de la nuit vu par un photographe ».
    Un entretien avec Joseph Cohen et Raphaël Zagury-Orly à propos de l'antisémitisme de Heidegger.
    L'anti-interview de Bernard Pivot, à propos de la littérature contemporaine.
    Un poème de l'écrivain Jean-Noël Orengo sur la Thaïlande.

  • Revue philosophie n.153 ; mars 2022

    Revue Philosophie

    • Minuit
    • 17 March 2022

    Ce numéro s'ouvre sur la traduction, par Déborah Brosteaux, Guillaume Fagniez et Arthur Longneaux, d'un texte écrit par Max Scheler en 1913 et intitulé « Sur l'idée de l'homme », précédé de sa présentation par Olivier Agard. Sur la base du rejet phénoménologique de tout naturalisme, Scheler y reprend la question de l'homme en la déployant au fil d'analyses de la langue et de l'outil. Ces dernières le conduisent à articuler étroitement les déterminations de l'être humain comme être biologiquement déficient et auto-dépassement de la vie ancré en l'esprit, c'est-à-dire ultimement en Dieu. Sous le signe d'un spiritualisme chrétien, se donne à lire ici la toute première tentative d'entrelacement entre phénoménologie et anthropologie philosophique, promise à une riche postérité, encore ouverte.
    Dans « La réflexivité dans l'idéalisme de Fichte et de Husserl », Alexandre Leduc Berryman propose une analyse de la question de la légitimation de la visée de vérité inhérente au discours philosophique, visant à montrer qu'il s'agit d'un thème directeur de l'idéalisme de Fichte et de Husserl. La mise au jour de cet enjeu permet de problématiser la réduction commune de l'idéalisme à la question de la constitution de l'objectivité, afin de penser le rapport de cette dernière au problème réflexif de la légitimation du discours.
    Dans « Penser la crise de l'éthique contemporaine avec Kostas Axelos », Alain Vuillot, Régis Aubry et Karine Bréhaut s'intéressent à la pensée de Kostas Axelos, méconnue mais propre à enrichir le débat contemporain sur la crise, les fondements et finalités de l'éthique. Son approche de l'homme et de son rapport au monde renouvelle la question éthique à la lumière de son intuition fondamentale : le jeu du monde. La perspective ouverte par Axelos en éthique interroge le poids de son héritage métaphysique, pensant l'épreuve du nihilisme et dégageant un horizon propre à le dépasser en repensant « la vie bonne » à la lumière du jeu du monde.
    Dans « Du narcissisme à la surestimation de soi », Philippe Cabestan s'interroge sur la pertinence du concept de narcissisme qui permettrait, selon Freud, d'éclairer de nombreux phénomènes, y compris certaines formes de psychoses. Pourtant, l'idée d'une libido du moi est profondément obscure. Peut-on réellement être amoureux de soi ? En quel sens est-il possible de s'aimer ? L'ambition de l'auteur est ici de proposer une réélaboration du concept de narcissisme du point de vue propre à la phénoménologie existentielle, en approfondissant ce qu'en opposition à l'amour de soi, Rousseau appelle l'amour propre.
    D.P.

  • Revue philosophie n.152 ; janvier 2022

    Revue Philosophie

    • Minuit
    • 13 January 2022

    Ici traduit en français pour la première fois, par Arnaud Dewalque l'essai d'Oskar Kraus sur Le Besoin (1894) est une application de la psychologie descriptive brentanienne à l'économie. On définit parfois l'économie comme le système des besoins humains. Mais qu'est-ce qu'un « besoin » ? Qu'est-ce qui distingue les besoins humains au sens fort des simples privations et des instincts animaux ? Et quelles sont les différentes classes (ou types) de besoins ? Contre les théories hédonistes, Kraus soutient que tous les besoins ne sont pas tournés vers l'obtention du plaisir ou la suppression du déplaisir. Il présente ainsi une analyse descriptive plus riche des phénomènes volitifs ou conatifs.
    Dans « Décrire n'est pas tout : Kurt Lewin sur l'émotion », Denis Seron s'intéresse au psychologue Kurt Lewin, qui dans les années 1920 avait proposé une approche originale et féconde des émotions, qui se distingue par trois prises de position : d'abord, il rejette la méthodologie analytique ; ensuite, il en appelle à une psychologie des émotions qui soit génétique, causale et dynamique ; enfin, la psychologie des émotions doit selon lui être psychophysique, à savoir ancrée dans l'expérience interne autant qu'externe. La psychologie des émotions de Lewin s'oppose, sur ces trois points, à l'approche de psychologues tels que Titchener et les brentaniens, laquelle est analytique, statique et introspectionniste.
    Le texte de Michel Le Du, « La conscience est-elle de glace ? », est centré sur le concept d'émergence, qui a été utilisé durant les dernières décennies par différents philosophes de l'esprit, notamment dans le but de livrer une interprétation de la relation corps-esprit évitant à la fois le dualisme et le réductionnisme ; John Searle a ainsi expliqué, à différentes reprises, que la conscience et l'intentionnalité étaient des propriétés émergentes du cerveau. Le but de l'article est de montrer que cette approche apporte une réponse ontologique à une question dont les termes mêmes témoignent, en premier lieu, d'une confusion conceptuelle.
    Dans l'article « Anselme et l'actualité » (1970), David Kellogg Lewis (1941-2001), propose une analyse critique de l'argument ontologique développé par Anselme de Cantorbéry afin d'illustrer la teneur et la portée de sa thèse centrale, le réalisme modal. Récusant la conception ordinaire qui assimile l'existence réelle à l'actualité, Lewis montre que cette dernière est en réalité une notion indexicale : tout comme « ici », « maintenant » ou « ceci », elle n'acquiert en effet sens et signification qu'en vertu de son contexte d'énonciation. Désolidarisée de l'existence effective, l'actualité ne désigne alors, selon Lewis, qu'une étroite région du vaste royaume des possibles : celle qu'il se trouve que nous habitons.
    Dominique Pradelle

  • La règle du jeu n.74 ; splendeurs et misères du monde contemporain

    La Regle Du Jeu

    • Grasset et fasquelle
    • 3 November 2021

    Fidèle à son ambition de donner à voir le monde contemporain dans sa diversité et son étrangeté, La Règle du jeu propose ici un numéro qui, à l'image de l'oeuvre Acidquiat figurant sur sa couverture, aspire à dépeindre les splendeurs et les misères de la modernité.
    Les réseaux sociaux sont-ils vraiment un lieu de socialisation ? Permettent-ils de rompre les distances qui séparent le « moi » de son prochain ? Sont-ils un incubateur d'amitiés ? Faut-il, en somme, se fier à leurs faux-semblants d'agora universelle ? Ou, au contraire, les tenir pour une dystopie réalisée ?
    Comment la « Génération Tinder » réinvente-t-elle l'amour et le désir ? Une rencontre peut-elle faire l'objet d'une application digitale ? Et, si oui, quels sont les effets, vertueux et contreproductifs, d'un tel phénomène ?
    La dérision contemporaine n'est-elle pas le dernier masque endossé par l'esprit de sérieux ? Et les « humoristes » ses derniers avatars ? Comment retrouver, en ce cas, la possibilité du rire ?
    Comment décrire, enfin, l'empreinte laissée dans notre société par l'absence de Dieu ?
    Ce n'est pas un hasard, en somme, si le numéro 74 de La Règle du jeu s'ouvre sur un dossier rendant hommage au rocker Nicolas Ker - figure qui, à elle seule, cristallisait bien des éclats, bien des énigmes de la modernité.

    Mais aussi :
    « Souvenirs de Nicolas Ker » : un dossier où Bernard-Henri Lévy, Arielle Dombasle, Florine Delcourt et Patrick Mimouni saluent la mémoire de l'artiste défunt.
    « Sartre et Simone de Beauvoir, chambre à part » : un texte de Julie Lautier sur les années que passèrent les deux écrivains à l'hôtel Lousiane.
    Un texte de Gilles Hertzog sur le rapport que Turner et Manet entretinrent avec Venise.
    Un dialogue, pour le moins étonnant, entre Marie S'Infiltre et la rédaction de La Règle du jeu.
    Vieux Couples, un roman-nouvelle inédit de Camille Cabestan, l'auteur anonyme de notre revue.
    « De quoi Charlus est-il le nom ? » : un article d'Avery Colobert proposant une nouvelle hypothèse de lecture à propos de l'onomastique proustienne.
    « Quelques philosophes » : un dossier photographique de Bruno de Monès, qui revient sur ses rencontres avec Foucault, Deleuze ou encore Derrida.
    « La Fontaine et l'amour » : un article de Vincent Roy.
    Des textes inédits de Baptiste Rossi et Florent Zemmouche.

  • Revue philosophie n.151 ; Maurice Blanchot

    Revue Philosophie

    • Minuit
    • 2 September 2021

    Les références, parfois très allusives, de Blanchot à des auteurs comme Husserl, Heidegger, Sartre, Merleau-Ponty, Levinas et Derrida, ainsi que son approche spécifiquement littéraire de la question de la phénoménologie (de sa tâche, de ses horizons et de ses limites) laissent penser que pour Blanchot, le rapport entre phénoménologie et littérature n'est pas seulement accidentel, mais pourrait constituer une critique du projet phénoménologique ou même en ouvrir de nouvelles voies d'élaboration. En effet, le rapport de Blanchot à la phénoménologie est présent dès ses premiers ouvrages et se rapporte explicitement à la question de l'écriture. Paradoxalement, tandis que d'un côté, pour Blanchot écrire c'est se rapporter à ce qui se soustrait au domaine du sens et donc à ce qui ne peut être constitué comme phénomène, d'un autre côté, il affirme dans L'Entretien infini que l'une des caractéristiques principales de la littérature est de « poursuivre indéfiniment l'épochè, la tâche rigoureuse de suspendre et de se suspendre », et ainsi de nous rapporter à la question de la constitution du sens. Comment comprendre cette référence explicite à la méthode phénoménologique ? La radicalité de l'épochè en jeu dans la littérature, la tâche de « suspendre et de se suspendre » barre-t-elle tout accès au sens et implique-t-elle ainsi une destruction du projet phénoménologie ? Ou bien, si c'est le sens comme possibilité qui est en question avec la littérature, celle-ci n'implique-t-elle pas une autre description du projet phénoménologique et de la conscience dans son rapport au monde et au langage ?
    Ce dossier inclut des articles de Danielle Cohen-Levinas, Maud Hagelstein, Dorothée Legrand, Aïcha Liviana Messina, Jean-Claude Monod et Étienne Pinat, ainsi qu'une lettre inédite de Maurice Blanchot à un destinataire inconnu dans laquelle il évoque son « amitié intellectuelle » pour Heidegger, qu'il qualifie principalement d'écrivain. En revenant sur la façon dont Blanchot entre en dialogue, de façon implicite ou explicite, avec les oeuvres de phénoménologues tels que Husserl et Heidegger, ce dossier explore principalement ce qui destine la phénoménologie à la question de l'écriture et à la réflexion sur la littérature.
    Aïcha Liviana Messina

  • Ce premier numéro qui paraît en même temps que la Pléiade consacrée au poète de son vivant, est dirigé par Jérôme Thélot, professeur de littérature française à l'université de Lyon, avec des articles d'Yves Bonnefoy, de Pierre Pachet, et de beaucoup d'autres spécialistes de l'oeuvre.

  • La règle du jeu n.73 ; complots et complotistes

    La Regle Du Jeu

    • Grasset et fasquelle
    • 26 May 2021
  • Cahiers d'études lévinassiennes n.18 ; le corps

    Collectif

    • Verdier
    • 18 November 2021

    Dans Totalité et Infini, Lévinas écrit : Être corps c'est d'une part se tenir, être maître de soi, et, d'autre part, se tenir sur terre, être dans l'autre et, par-là, être encombré de son corps.
    Organisme vivant composé d'une multiplicité de parties, par lequel on advient à l'être, le corps n'apparaît jamais à la conscience que par l'évidence immédiate du sentiment d'union que notre âme forme avec lui. Assise de l'identité personnelle de la subjectivité, réalité vécue, le corps est corps propre, qui suppose toujours la présence de l'altérité en nous. Procédant de la reproduction de deux corps sexués qui nous précèdent dans le temps, notre corps est toujours en partie le corps d'un autre.
    Irréductible à un mécanisme qu'il s'agirait de mettre en mouvement, le corps est aussi expérience intime de la puissance vitale. Élément essentiel dans notre rapport au monde, c'est par la maîtrise de sa puissance que nous transformons la nature pour y faire notre demeure et nous maintenir dans l'existence.
    Il est extériorisation de la force par laquelle nous subsistons. Mais, parce qu'un corps n'est jamais qu'un corps en devenir, il est aussi marque de faiblesse, expérience de la souffrance et de la finitude de l'existence, rappel d'une mort certaine.
    Enfin, si le corps se décline toujours au sein d'une multiplicité, il est aussi une puissance limitée, aux prises avec d'autres corps, qui interrogent notre capacité à faire communauté. Le corps est ce par quoi nous sommes confrontés à l'épreuve du collectif.
    Frappé d'une ambivalence dans la structure de la vie humaine, le corps, plutôt qu'une entité opposée à l'esprit, n'apparaît-il pas fondamentalement comme un entre-deux, au croisement de l'ipséité et de l'altérité, de l'unité et de la multiplicité, de l'activité et de la passivité ? Qu'en est-il alors de son statut métaphysique ? Et pourquoi le corps a-t-il bénéficié d'une position privilégiée, au point d'être devenu le modèle de toute organisation de la vie collective ?
    Telles sont les questions que nous avons voulu explorer dans cette dix-huitième livraison des Cahiers d'Études Lévinassiennes.

  • REVUE LIGNES ; la réaction philosémite ; ou la trahison des clercs

    Ivan Segre

    • Nouvelles lignes
    • 12 May 2009

    Au croisement de la philosophie, de la sociologie et de la politique, La Réaction philosémite est l'analyse d'une modalité contemporaine du discours réactionnaire français. Après les attentats du 11 septembre 2001, est apparu en France et en Europe un courant idéologique renouant explicitement avec le mot d'ordre d'une "défense de l'Occident" tel que l'extrême droite avait pu en élaborer le contenu et la forme dans l'entre-deux-guerres, affirmant alors sa parenté idéologique avec le fascisme italien et l'antisémitisme allemand. La particularité de cet avatar contemporain, c'est, d'une part, qu'il se présente comme une "défense de la démocratie" contre le "totalitarisme" (communiste ou islamique) et, d'autre part, qu'il s'organise, chez certains idéologues français ici étudiés, autour des deux mots d'ordre que sont "la défense du sionisme" et la "lutte contre l'antisémitisme".
    Ivan Segré démontre, que, par-delà ce rhabillage rhétorique, le contenu idéologique demeure pour l'essentiel inchangé, constituant l'invariant d'un discours qu'il convient précisément de qualifier de réactionnaire, en ce sens qu'il ne repose sur aucun contenu de pensée, sinon la peur, notamment du "musulman", du "progressiste" ou des "jeunes" des quartiers populaires. Mais y rôde également, sous-jacente, et plus fondamentale, peut-être, une hostilité au philosophe, au penseur en tant que tel, et au peuple juif, en tant que l'un et l'autre affirment, contre la vacuité narcissique des valets d'Empire, la positivité joyeuse de leur être-là.

  • Le bonheur

    Collectif

    • Mimesis
    • 7 October 2013

    Tous les hommes concourent au désir d'être heureux. La recherche du bonheur, comme une loi naturelle selon Diderot, orchestre nos vies : « Il n'y a qu'une passion, celle d'être heureux. » Conducteur ubiquiste de nos destins, il demeure pourtant rare dans la littérature ; si les livres parviennent à nous combler de joie souvent, force est de constater qu'ils s'emparent peu du sujet. Comment interpréter cette carence ? Y aurait-il inadéquation entre écriture romanesque et expression du bonheur ? [...] D'un point de vue littéraire, nous savons que la description [paradigmatique], expression du temps en suspens, s'oppose à la narration [syntagmatique] qui confère au récit son prolongement. Transféré au ressenti du romancier, la narration pourrait exprimer le bonheur de dire, en tant qu'elle s'inscrit dans la durée, et la description le plaisir d'observer, du fait de son éphémérité. Il demeure, à l'amont du texte, un troisième plan de perception sans lequel nulle plénitude, nulle oeuvre, nulle existence n'est raisonnablement possible, et qui constitue l'apanage exclusif des êtres capables de se projeter par-delà eux-mêmes : le désir, moteur indispensable à toute entreprise de création, à toute quête du bonheur. C'est autour de ce thème prétendument insaisissable, bien qu'universel, que nous convoque le devoir d'une concertation.

  • Ce numéro thématique est consacré à Reiner Schürmann, phénoménologue qui, dans Le principe d'anarchie et Des hégémonies brisées, a prolongé et interrogé la pensée du second Heidegger pour tenter de repenser l'historicité de la pensée occidentale et le statut postmétaphysique de l'Ereignis.
    Il s'ouvre sur la traduction, par Bruce Bégout, de l'article de Schürmann intitulé « «Que dois-je faire» à la fin de la métaphysique ? », qui pose la question de l'agir dans sa relation avec le problème du statut et du destin des « principes époquaux » qui régissent l'être et l'action. La question « que dois-je faire ? » sonne le glas d'une certaine normativité principielle dont il s'agit alors, sous le nom d'anarchie, de mesurer le possible ainsi ouvert.
    Dans « Reiner Schürmann, phénoménologue des ultimes », Vincent Giraud introduit à sa pensée au fil conducteur du phénomène et du mot d'ordre « sauver les phénomènes ». Si ce qui se montre est originairement un singulier, que les différents « fantasmes hégémoniques » réduisent à un cas particulier de leur loi, retrouver les phénomènes se fera par une épopée du singulier qui nous établit dans la « condition tragique », fond de notre rapport à l'apparaître.
    Dans « Fin de partie. Philosophie de l'histoire et clôture de la métaphysique chez Reiner Schürmann », Bruce Bégout interroge la notion d'époque dans sa philosophie, montrant que sa critique de la philosophie de l'histoire procède d'une conception de l'histoire comme dépérissement des hégémonies, à laquelle se soustrait l'ultime époque. Il met en question le paradigme ontologique du contingent, fondement anarchique de la philosophie tragique.
    Dans « La recherche des origines : entre anamnèse et oubli. Heidegger relu par Schürmann », Servanne Jollivet en expose la lecture de Heidegger à partir des textes tardifs, qui en radicalise le geste et en montre l'ambivalence : en l'inscrivant dans l'histoire des hégémonies, il remonte de l'interrogation sur les origines à l'origine première, repensée de manière non fondamentale comme « violence originaire ».
    Dans « L'absent, vois-le comme fermement présent », Thomas Aït Kaci s'attache au problème de l'effacement de la figure hégélienne dans Des hégémonies brisées. Que dans son opiniâtre combat mené contre la dialectique, du commencement à la fin et de Parménide à Heidegger, Schürmann ne rencontre pas à un moment ou à un autre son adversaire hégélien, surprend. Quel est le sens philosophique d'une telle absence, concertée et déconcertante ?
    Dans « Des langues brisées. Silence et origine dans la pensée de Reiner Schürmann », Vincent Blanchet comprend l'ensemble de son oeuvre à la lumière de la méditation de la langue qui la traverse jusqu'à son accomplissement dans Des hégémonies brisées ; il s'agit par là d'interroger la possibilité, pour la parole, de demeurer fidèle aux conditions dernières de l'expérience.
    Enfin, dans « La source », Emmanuel Cattin s'attache à la question de ce que Schürmann nomme « l'origine », en lien essentiel à « l'expérience originaire avec le langage ». Dans l'héritage de l'Ereignis de Heidegger, Schürmann n'aura cessé de méditer le sens de la source de tout apparaître, et le mode de séjour accordé à celle-ci, « l'errance ». Entre le Maître Eckhart de 1972 et Des hégémonies brisées de 1996, la joie errante aura disparu pour céder devant le regard tragique.
    D. P.

  • Revue philosophie n.150

    Revue Philosophie

    • Minuit
    • 10 June 2021

    La conférence d'Emil Lask « Hegel dans son rapport à la conception du monde des Lumières », traduite et présentée par Emmanuel Chaput, clarifie le rapport ambivalent que Hegel entretint avec les Lumières. Pour Lask, l'idéalisme allemand (dont Hegel fait aussi partie) est l'héritier des Lumières, pour lesquelles la réalité donnée doit être subordonnée à une valeur rationnelle absolue, mais à la différence de Kant et Fichte, Hegel refuse de penser cette valeur comme un simple devoir-être (Sollen) ou un idéal asymptotique. Lask dépeint ainsi Hegel comme un penseur non pas de la Restauration, mais de la valeur contre la simple norme ou le simple devoir-être.
    En faisant des monades les particuliers de base de son système, Leibniz propose une métaphysique concurrente, rivale de celle défendue par Strawson dans Individuals. Dans « P. F. Strawson et la critique des monades », Paul Rateau montre que les critiques soulevées par Strawson reposent sur deux interprétations contestables : l'assimilation de la notion complète de la substance individuelle à une description exhaustive en termes généraux, et la réduction de la monade à la conscience pure. Il répond aussi au reproche qu'il adresse à Leibniz d'introduire des considérations extralogiques dans son traitement de la question de l'individuation.
    Dans « Bergson et le schématisme cinématographique de l'intelligence », Arnaud Bouaniche élucide le rôle du cinéma dans le quatrième chapitre de L'Évolution créatrice de Bergson, à la lumière d'un rapprochement précis avec la doctrine kantienne du schématisme des concepts purs de l'entendement. Il dégage la thèse selon laquelle le cinéma n'est pas seulement pour Bergson une machine à produire de l'illusion (l'illusion du mouvement) mais cet « art caché », désormais rendu visible, qui commande notre connaissance spontanée du réel.
    Dans « Levinas : la sensibilité ou la vie de la raison », Paula Lorelle éclaire l'ambition lévinassienne d'un élargissement de la rationalité. Sous les termes de raison et de rationalité, il est aussi bien question d'une raison suspecte qui ne survit qu'en niant l'altérité, que d'une raison nouvelle qui s'ouvre en son épreuve. Il s'agit dans Autrement qu'être de comprendre cette autre rationalitécomme une raison sensible, décrite en termes d'éveil dans Entre nous et De Dieu qui vient à l'idée ; l'équivocité du terme raison désigne les deux moments d'un seul et même procès d'endormissement et d'éveil de la raison.
    Dans « Texte de l'espace - espace du texte », Ai Maeda détermine l'expérience spatiale propre à la littérature à partir d'une analyse phénoménologique de l'acte de lecture, qu'il reformule ensuite selon les axiomes de la topologie, et il replace son analyse de l'espace vécu au sein de la représentation littéraire de la spatialité concrète qu'est l'espace urbain moderne. Ce faisant, sa démarche théorique se double d'une critique culturelle de la modernité japonaise. On peut ainsi lire la spatialité pensée par Maeda comme l'une des premières réponses, de la part de la pensée critique contemporaine japonaise, au basho de Kitarô Nishida et des philosophes de l'école de Kyôto.
    D. P.

  • Matiere d'art

    Clément Rosset

    • Fata morgana
    • 29 October 2010

    Un proverbe espagnol, propre à graver dans la mémoire la différence subtile entre les verbes ser et estar, dit ceci :

    Un loquito del hospicio Me dijo en una occasion :
    No son todos los que estan Ni estan todos los que son.

    Un demi-fou de l'asile M'a dit un jour :
    Ceux qui sont ici ne sont pas tous fous Et ceux qui sont fous ne sont pas tous ici.

    Il en va de même pour ce recueil : ceux qui y sont ne sont pas tous des génies et ceux qui sont des génies ne sont pas tous ici.

  • La règle du jeu n.72 ; Michel Foucault, penseur d'aujourd'hui

    La Regle Du Jeu

    • Grasset et fasquelle
    • 27 January 2021

    DOSSIER : MICHEL FOUCAULT, PENSEUR D'AUJOURD'HUI.

    « On devrait tout lire, tout étudier. » Telle fut la méthode, telle fut aussi l'ambition que se fixa Michel Foucault : traquer, partout dans la société, les mécaniques de pouvoir et de discipline ; identifier les expériences-limites qui forment l'ADN de notre civilisation ; établir une micro-physique des normes qui pèsent sur un individu ; se demander comment les hommes peuvent opposer des résistances à la gouvernementalité qui les façonne ; s'interroger sur la naissance des savoirs ; questionner le rôle des artistes à travers l'histoire... Bref, composer une oeuvre hétéroclite et immense, recommencée d'un livre à l'autre depuis son point de départ, qui, parce qu'elle obéit à une précision méticuleuse, suscite chez son lecteur un immense vertige.

    Tantôt archéologue, tantôt généalogiste, philosophe historien ou historien philosophique, Michel Foucault n'en demeure pas moins un penseur d'aujourd'hui. Et ce dossier réunira des textes qui, chacun à leur manière, tenteront de montrer que le présent fait écho à ses écrits. Il y sera question, à partir de Foucault, des prisons, de la médicalisation du pouvoir, de la surveillance des individus, du néolibéralisme, de la place de l'homme dans l'économie du monde, ou encore du travail des artistes.

    Mais aussi :
    - Une interview de Kamel Daoud.
    -Un dialogue entre Bernard-Henri Lévy et Francis Fukuyama à propos des conséquences politiques du coronavirus, du conservatisme, de Trump, et du « monde d'après ».
    - « Synthèse » : une pièce de Liza Bretzner sur le transhumanisme et l'intelligence artificielle.
    - Une nouvelle de l'écrivain Bruno Gay.
    - Un texte consacré à la philosophie de Clément Rosset (et à sa théorie du bonheur).
    - Un article de Nathan Devers sur les jeux vidéo.

  • Revue philosophie n.149 ; Raymond Ruyer

    Revue Philosophie

    • Minuit
    • 18 March 2021

    Ce numéro est tout entier consacré au philosophe français Raymond Ruyer (1902-1987).
    Il s'ouvre sur une lettre de Ruyer à Piaget du 16 octobre 1965. Elle fait suite à la sévère critique que Piaget avait faite de ses Éléments de psycho-biologie où, tout en reconnaissant dans l'ouvrage un certain effort d'information, celui-ci opposait une fin de non-recevoir aux explications des faits par une métaphysique du potentiel et condamnait le recours, jugé purement verbal, à des notions telles que « finalité », « potentiel », « psychisme ». On y lira les arguments que Ruyer oppose à la thèse selon laquelle la philosophie n'apporte aucune connaissance véritable, ce privilège étant réservé à la science expérimentale.
    Dans « Ruyer et les leçons de l'instinct », André Conrad s'attache au problème de la différence anthropologique. Pour l'éthologie compréhensive (Fabre, von Uexküll, Buytendijk), l'instinct est une embryologie continuée selon une action thématique, et non selon le mécanisme des « déroulements autonomes » (Lorenz, Tinbergen) ou des « comportements régulés ». Si l'homme est séparé de l'animal par l'originalité de la fonction symbolique (Cassirer, Langer), l'action thématique ne sépare pas l'embryologie sociale (culture et politique) du mystère de la vie, ce qui fait à la fois comprendre la différence et la communauté des vivants.
    Dans « Être ou avoir son corps : à propos de trois genres de multiplicités chez Ruyer », Benjamin Berger s'attache à éclaircir le statut du corps dans la philosophie de Raymond Ruyer. Ce dernier se situe au carrefour de deux axes cruciaux, celui de la manifestation et celui des multiplicités, et constitue le lieu de connexion entre phénoménologie et l'ontologie, de même qu'entre une philosophie de l'incarnation et une philosophie du corps vivant.
    Dans « Raymond Ruyer et la cybernétique », Alix Veilhan s'intéresse à la lecture ruyerienne des théories cybernétiques, notamment à la façon dont le dialogue avec les thèses formulées par Norbert Wiener permet à Ruyer de soutenir l'hypothèse d'une origine « trans-spatiale » de l'information et de démontrer l'inadéquation du mécanisme pour élaborer une pensée du vivant. Ruyer invite alors à l'établissement d'une cybernétique renouvelée, en accord avec son « néo-finalisme ».
    Dans « Ruyer, Leibniz et l'unité des corps », Bertrand Vaillant s'attache à un problème que Ruyer hérite de Leibniz, celui de l'unité des corps, et examine à la lumière de cet héritage leibnizien sa résolution au sein de la métaphysique panpsychiste de Ruyer, conçue par ce dernier comme une « monadologie corrigée ». L'auteur cherche à montrer que cette philosophie, pensée pour échapper aux difficultés de la monadologie leibnizienne, n'y parvient pas réellement.
    Dans « Le rapport de Ruyer à Whitehead », Fabrice Colonna cherche à établir quelle est la présence exacte de Whitehead dans l'oeuvre de Ruyer. Les points de rapprochement incontestables entre les deux penseurs concernant l'importance de la métaphysique, la critique du schème matérialiste et la pertinence d'un platonisme renouvelé ne doivent pas faire oublier les différences d'accent, qui se manifestent tant au sujet de la question des composés que de certains principes de la théologie spéculative, à laquelle l'un et l'autre auront frayé des voies originales.
    D. P.

  • Cahiers d'études lévinassiennes n.15 ; la révolution

    Cahiers D'Etudes Levinassiennes

    • Verdier
    • 7 December 2017

    « Il faut que le Bien soit le Bien et le Mal le Mal.
    N'est-ce pas là la vraie définition de l'idéal révo- lutionnaire ? » E. Lévinas, Du sacré au saint.
    Rupture brutale, bouleversement, la révolu- tion vise à mettre fin à un état des choses pour en instaurer un autre, plus juste. Elle rejette le monde dans lequel les valeurs s'intriquent jusqu'à se confondre. Au coeur de l'obscurité de l'injustice érigée en norme, elle s'efforce de produire un trait de lumière. Mue par un idéal de justice, la révolution se caractérise ainsi par sa radicalité, opposée aux compromis qui toujours prolongent l'inacceptable. De celui-ci, elle propose de faire table rase, pour refaire un monde humain, pour recommencer. Métaphy- sique autant que politique, elle prétend détruire pour rebâtir tout depuis les fondements.
    Mais toujours la révolution se heurte à la forme imparfaite qu'elle veut annihiler. Doit-elle la détruire et courir le risque de s'éloigner de l'idéal de justice qui la meut ? Peut-elle s'épar- gner le recours à la violence ? Par ailleurs, cher- chant à rétablir le bien et le mal comme tels, ne peut-elle céder à un certain manichéisme et à la tentation d'imposer aux hommes sa défini- tion des valeurs qu'elle prône ? Enfin, peut-elle échapper à sa propre glaciation, selon l'expres- sion de Saint-Just, éviter de substituer à l'ordre injuste un autre ordre figé ? Telles sont les ques- tions que nous voudrions examiner dans ce numéro.

  • Ce numéro s'ouvre par un texte présenté, annoté et traduit par Stéphane Ferret, qui est un document d'une portée historique indéniable : la dénonciation, par l'anatomiste danois Nicolas Sténon, de la philosophie de Spinoza à l'Inquisition romaine le 4 septembre 1677. Exhumé par l'historienne italienne Pina Totaro dans les archives historiques de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ce document a permis de remonter la piste jusqu'au seul manuscrit de l'Éthique connu à ce jour.
    Le dossier « Foi et croyances religieuses » rassemble les contributions de spécialistes de philosophie de la religion.
    Vincent Carraud montre comment, depuis la détermination canonique fides dicatur esse de obscuris, Descartes s'attache à penser la certitude sans évidence de la foi : la foi comme modalité pourrait ainsi être une certitude de obscuris, supérieure à la certitude de la lumière naturelle relative aux choses claires et distinctes. Partant du constat que la religion s'exprime dans une langue formulaire (prières, confessions de foi, formules liturgiques) et que la philosophie de la religion est en conséquence analytique, Philippe Büttgen tâche de montrer qu'il faut une autre philosophie de la religion (non analytique) pour montrer pourquoi la foi est formulaire. Anthony Feneuil réfléchit à la différence entre la foi et les croyances naturelles, à partir d'une lecture de la surprenante distinction de Thomas d'Aquin entre certitude en soi et certitude pour nous. Camille Riquier interroge le postulat grec sur lequel continue de s'appuyer notre compréhension de la foi, avant d'inviter à le renverser et de lui opposer la thèse selon laquelle croire serait plus, et non pas moins, que savoir.
    À partir d'un exemple tiré des Minima moralia d'Adorno et dans le but de limiter un emploi trop extensif de la catégorie de la croyance en philosophie de la religion, Vincent Delecroix examine l'usage de propositions religieuses qui relèvent de zones d'indétermination entre croyance et non-croyance. Paul Clavier milite pour un particularisme méthodologique et conteste, exemples à l'appui, l'opposition entre approche analytique propositionnelle et approche continentale non-propositionnelle. Cyrille Michon défend l'idée que la foi est d'abord une relation avec un locuteur (un croire quelqu'un avant d'être un croire quelque chose), et que, cette relation étant avec Dieu lui-même, elle consiste à croire Dieu (credere deo). Dans le débat relatif à la pluralité religieuse, Roger Pouivet avance la thèse qu'il est rationnel de croire qu'une seule religion, la nôtre, est vraie, et que, dès lors, nous en avons le droit. Selon Ronan Sharkey, les raisons qui militent en faveur de l'abandon d'une approche purement propositionnelle de la croyance religieuse s'enracinent non seulement dans la complexité de l'acte de croire mais aussi dans celle, naturelle, qui lie la pensée à la latéralisation cérébrale et à l'interaction sociale. Enfin, Yann Schmitt introduit la notion d'acceptation pour en évaluer la pertinence à la fois pour analyser la rationalité des attitudes religieuses et pour comprendre la position des chercheurs sur le religieux, que ce soit en philosophie ou en sciences sociales.

  • Cahiers philosophiques n.161 ; 2/2020 ; R. Carnap

    Cahiers Philosophiques

    • Vrin
    • 7 January 2021

    En 1928, la parution de La construction logique du monde (Der logische Aufbau der Welt), oeuvre majeure de Carnap, précède de peu la rédaction du Manifeste du Cercle de Vienne. Carnap y met en avant l'existence d'une « même attitude fondamentale », d'un « même style de penser et d'agir » qui, dans tous les domaines, s'attache à « donner à la vie humaine une forme rationnelle », à « introduire la clarté (...), tout en reconnaissant la complexité de la vie qui n'est jamais totalement pénétrable ». Neurath, rédige un compte-rendu enthousiaste de cet ouvrage inaugurant une amitié durable qui débouche sur la constitution du Cercle en 1929.
    Les différents articles de ce numéro explorent la singularité de la pensée de Carnap et son apport à une réflexion sur l'espace, les catégories ainsi qu'à la critique radicale de la métaphysique et au déploiement d'une conception scientifique du monde.

    Avec les contributions de Ch. Bonnet, H.-J. Dahms, A. Klev, F. Schmitz, P. Wagner.

  • Théorie critique transnationale

    Collectif

    • Pu de strasbourg
    • 2 December 2021

    ARTICLES : Kevin Duong, Freud sous les tropiques ; Agnès Grivaux, Psychanalyse et critique de la raison moderne. Lecture croisée d'Adorno et de Lyotard ; Jean Godefroy Bidima, Théories critiques et « miroirs du monde » ; Niklas Plaetzer, Sur les routes de l'universel : « le retour du politique » dans l'Atlantique noir ;
    Emmanuel Renault, Doit-on opposer approches françaises et allemandes de la reconnaissance ? ; Martin Shuster, Le racisme antinoir, l'antisémitisme et l'État. Fanon, l'École de Francfort et la tradition du contrat social ; Camilla Brenni, Questions d'opinions. Lecture croisée d'Adorno et de Bourdieu ; Víctor Vich, Vallejo et Badiou : la poésie de l'événement ; Véronique Coq, L'ordre, le pouvoir et la liberté chez Kelsen et Carré de Malberg.

  • Les rapports sociaux de sexe

    Annie Bidet-Mordrel

    • Puf
    • 11 September 2010

    Malgré plus d'un siècle de luttes et de conquêtes, les femmes demeurent, sous des formes différentes selon les lieux, sélectivement et massivement en proie à la surexploitation économique, à la relégation sociale et politique, à la " pauvreté ", à la subordination sexuelle, à la violence masculine.
    A la mythologie néolibérale répond un traitement des " rapports de gaine " imbu du bonheur du vivre ensemble dans la différence. On propose ici une perspective plus réaliste. Le point de départ en est cet acquis des études féministes : les rapports hommes/femmes ne sont pas de simples relations interindividuelles, car celles-ci s'inscrivent dans des rapports sociaux qui transcendent les individus. Il s'agit de rapports d'antagonisme et de pouvoir non pas naturellement définis, mais historiquement et socialement construits.
    Ils ont pour enjeux la sexualité et le travail, à travers des mécanismes d'exploitation et des dispositifs de domination, de naturalisation et de normalisation. Les recherches, diverses voire conflictuelles, ici présentées visent à élucider les rapports complexes de ces " rapports sociaux de sexe " à d'autres dominations, les processus de résistance et d'émancipation qui les traversent, à identifier les " sujets politiques " qui se construisent dans les luttes et à rechercher les convergences.

  • Cahiers philosophiques n.163 ; penser par diagramme

    Cahiers Philosophiques

    • Vrin
    • 15 July 2021

    ARTICLES : Amirouche Moktefi, L'é lim ina tio n d iag ram mat ique ; Laurence Dahan-Gaida, Métamorph ose s de l'a rbr e : d u s chè me au dia gra mme e t d u c ora il au rhi zom e ; Fabien Ferri, Comment et pour quo i l e dia gra mmati que tr ans for me- t-i l l 'hi sto ire de l'écr itur e ? ; Sébastien Gandon et Gianluca Longa,Ide nti té des mo ts, id ent ité de s d iag ram mes : u ne app roc he kap lan ien ne ? ; Jean-Marie Chevalier, Cha rle s S. Peir ce : « P rol ego men a to an A pol ogy fo r P rag mat ism » ; Laure Bordonaba,Ent ret ien av ec Fre der ik Stj ern fel t. L'e ssor de la dia gra mma

  • Cahiers philosophiques ; varia

    Cahiers Philosophiques

    • Vrin
    • 10 February 2022

    Comment la notion de vague, épistémique et ontologique, travaillée en philosophie du droit contemporaine, permet-elle de reprendre à nouveaux frais le problème de l'ajustement de la loi au cas concret?
    Comment penser l'individuation des états mentaux en tenant plus ou moins compte de l'environnement physique ou social? Autrement dit, comment différencier les externalismes dans le cadre d'une philosophie de l'esprit?
    Que peut apporter, au rebours de l'approche statique développée par Sartre, une phénoménologie dynamique de la nausée?
    À quel modèle cognitif correspond la théorie du verbe intérieur développée par Augustin?
    Ces questions donnent un aperçu de ce numéro de Varia qui comporte aussi deux recensions d'ouvrages récents, La connaissance de la vie aujourd'hui de Jean Gayon, et Épicure aux enfers d'Aurélien Robert.

    Avec les contributions de A. de Saxcé, Ch.-A. Mangeney, F. Markovits et A. Pessel, I. Pariente-Butterlin et M. Tibaoui.

  • La règle du jeu n.66

    La Regle Du Jeu

    • Grasset et fasquelle
    • 5 September 2018

    DOSSIER : ISRAEL 2018 Soixante-dix ans est, selon les Maximes des Pères, l'âge des vénérables : heure de fierté devant ce que l'on a fait, sourire du travail accompli - heure, aussi, de dissiper les images d'Epinal, de méditer sur ce qui est advenu, de retracer son histoire différemment, en découvrant des ombres à la place des lumières et des lumières à la place des ombres. David Gakunzi nous livre un dossier à la fois exhaustif et minutieux, bienveillant et critique, où les grands intellectuels israéliens expriment leur regard, partagent leurs questions : Amos Oz, David Grossman, Daniel Epstein, Moshé Halbertal, Cyril Aslanov, Dov Maimon, Michal Govrin, Tom Seguev, Sam Tyano, Olivier Rafowicz, Dan Béri, Daniel Rouach.
    DOSSIER : LITTERATURES DE VENISE, VENISES DE LITTERATURE Venise n'est pas tout à fait une ville, du point de vue de la littérature : fleur jetée à la mer, cité aux lagunes d'encre, déracinée, détachée de la terre, mais ancrée dans un héritage immatériel, enchevêtrement de mots davantage que de pierres, Venise est le visage même de la transmission littéraire. Venise est l'image de la contrainte et de la pente qui, du sublime, mène au lieu commun.
    Comment écrire sur ce qui a déjà été écrit mille fois ? Telle est la question, non seulement de Venise, mais de la création littéraire. Dans ce dossier, on voyagera, dans le temps autant que dans l'espace : à la recherche des ombres de Chateaubriand et de Byron, de Proust et de Thomas Mann, de Morand et de Calvino, de Barrès et de Musset. Quelques vivants, aussi, à commencer par Philippe Sollers, Alain Juppé et Gilles Hertzog, qui nous guideront dans ses rues de littérature.
    Contempteurs et admirateurs : tous au rendez-vous des Zattere, du Lido ou de la place Saint-Marc. Venise comme épreuve et comme tentation, Venise comme pavement, géographique et abstrait, sur lequel s'édifient toutes les cathédrales de l'art. Venise, en somme, comme cristallisation de la lutte littéraire. Mais aussi : - " Paul Morand en ses contradictions " , une réflexion sur l'héritage, de Nathan Naccache.
    - Un entretien croisé avec Anna Mouglalis et Eric Benzekri autour de la série politique Baron Noir, diffusée sur Canal Plus. Occasion de soulever des questions : qu'est-ce qu'une série peut dire du politique ? Quelle est la place du divertissement et de la réflexion ? Quelle est l'essence du macronisme ? Quelles sont les causes de l'effondrement du PS, de la scission de la gauche ?

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