Hermann

  • Peut-on rire des dieux, de leurs pompes et de leurs prophètes ? Après Lucien, après Voltaire, après Anatole France, notre millénaire tout neuf découvre à son tour, amnésique ou mal appris, cette interrogation récurrente. L'historien lui doit une réponse. Cet ouvrage contribue à nous l'apporter en exhumant un jalon du long parcours de la dérision envers le sacré dans la littérature occidentale. En arrêtant nos regards sur ce XVIIe siècle français que l'on a parfois nommé "le siècle des saints", en y détachant un fragment d'histoire identifié par le terme moqueur de "Fronde", en isolant dans ce moment à la fois bouffon et tragique un courant d'écriture et de goût qui se qualifia lui-même de "burlesque" et en choisissant d'y analyser comment le Panthéon des Anciens fit les frais du travestissement cocasse dont Scarron et ses pairs l'affublèrent, ce livre à la fois savant et piquant se situe dans l'oeil d'un cyclone mû par l'énergie du paradoxe. Le sacré et le prosaïque, le savoir et l'amusement, la mythologie descendue à l'office et Virgile travesti en marchand d'oublies, toutes ces irrévérences d'érudit en goguette sont ici scrutées pour qu'en soient restituées à juste proportion de savoir et de goût l'origine, la manière, la saveur et la portée, tendues à s'en écarteler entre le sublime et le sordide, l'infime et l'infini.

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  • Réconciliations et restaurations sont par nature étroitement liées aux lendemains d'une crise civile de longue durée. La sortie des troubles de religion, qui ont secoué la France durant la seconde moitié du XVIe siècle, ne fait pas exception à cette règle. Les collaborations nécessaires pour remettre un pays déchiré sur pied ne deviennent possibles que si ses habitants acceptent de revivre ensemble, malgré leur passé récent. Les contributions qui se retrouvent dans ce volume montrent à quel point Henri IV et son entourage avaient compris la nécessité de ce double mouvement. Les sujets du roi devaient laisser de côté les différends qu'ils avaient entretenus pendant des années envers certains de leurs concitoyens, ou envers la couronne, pour s'atteler à la difficile entreprise des restaurations politiques, économiques, religieuses et sociales. Le monarque et ses partisans devaient eux aussi passer outre une histoire immédiate tumultueuse pour replacer le royaume à la tête du concert des nations européennes. Cela ne se fit pas en reconstruisant la France sur des bases nouvelles, mais plutôt en restaurant la France d'antan, que les troubles avaient profondément altérée.

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