Edimaf

  • L'erreur spirite

    Rene Guenon

    • Edimaf
    • 10 March 2021

    Une des grandes erreurs des philosophes modernes consiste à confondre le concevable et l'imaginable. Cette erreur est particulièrement visible chez Kant, mais elle ne lui est pas spéciale, et elle est même un trait général de la mentalité occidentale, du moins depuis que celle-ci s'est tournée à peu près exclusivement du côté des choses sensibles. Pour quiconque fait une semblable confusion, il n'y a évidemment pas de métaphysique possible. Le monde corporel, comportant des possibilités indéfinies, doit contenir des êtres dont la diversité est pareillement indéfinie. Pourtant, ce monde tout entier ne représente qu'un seul état d'existence, défini par un certain ensemble de conditions déterminées, qui sont communes à tout ce qui s'y trouve compris, encore qu'elles puissent s'y exprimer de façons extrêmement variées. Si l'on passe d'un état d'existence à un autre, les différences seront incomparablement plus grandes, puisqu'il n'y aura plus de conditions communes, celles-là étant remplacées par d'autres qui, d'une façon analogue, définissent cet autre état. Il n'y aura donc plus, cette fois, aucun point de comparaison avec l'ordre corporel et sensible envisagé dans son intégralité, et non plus seulement dans telle ou telle de ses modalités spéciales, comme celle qui constitue, par exemple, l'existence terrestre.

  • Une fois les enquêtes achevées, une première épreuve attend le postulant franc-maçon : celle de son passage - plus ou moins long - dans le cabinet de réflexion, lieu obscur où - hors de la présence des Maçons - il est invité à rédiger son testament philosophique. Chaque Maçon - quel que soit son rite ou son ancienneté en maçonnerie - garde de ces moments un souvenir bien particulier qui n'appartient qu'à lui. En effet, au sortir du cabinet de réflexion, le profane enfermé n'a pu réfléchir valablement sur tous les symboles qui l'entourent ; l'aspirant à l'initiation n'est pas rompu aux exercices introspectifs. Tous ces symboles troublent, étourdissent le profane, à moins qu'il ne les regarde à peine, comme de simples décors étonnants, plus ou moins burlesques. Les promeneurs savent-ils découvrir dans une chapelle, une église, une cathédrale, les symboles éternels ? L'homme dans le cabinet de réflexion est cependant resté seul avec lui-même et, comme le note Persigout, ''il n'en sortira pas accompli mais seulement apte à cette nuova''.

  • « Le grade de Compagnon est le vecteur d'objectifs tant nouveaux que renouvelés, que nous nous sommes proposés de définir et d'explorer. Ils définissent un sens c'est-à-dire une direction, première et intangible, que les réflexions personnelles viendront à enrichir. Les illustrations de cet ouvrage condensent les textes qui s'y rapportent et en complètent le sens. Proposant de ce fait des lectures plurielles, de nouveaux points de vue afin de mieux cerner le grade. »

  • Le Kybalion

    Collectif

    • Edimaf
    • 1 April 2014

    Voici une étude sur la philosophie hermétique de l'ancienne Egypte et de l'ancienne Grèce par Trois Initiés. Traduit de l'anglais par M. André Durville au début du XXème siècle. Le véritable initié, connaissant la nature de l'Univers, se sert de la Loi contre 'les lois, du supérieur contre l'inférieur, et par l'Art de l'Alchimie, il transmute les choses viles en des choses précieuses... La Maîtrise ne se manifeste pas par des visions fantastiques mais par l'utilisation des forces supérieures contre les forces inférieures... La Transmutation est non pas une négation présomptueuse mais l'épée du Maître.' Le sage fait partie de la Loi ; en comprenant ses mouvements, il l'utilise au lieu d'en être l'esclave. Par rapport à l'homme ordinaire, il peut être comparé au nageur habile, allant et venant de tous côtés ; cependant le nageur, le sage et l'imbécile son également sujets à la loi. Celui qui comprend cette vérité est dans la voie de la maîtrise. 'La Vraie Transmutation Hermétique est un Art Mental.' Rentrons dans le chemin direct de l'Évolution, conformons-nous aux Lois de la Vie, et tout aussitôt, nous verrons naître la Paix et l'Harmonie. Tout le monde sait qu'il ne suffit pas de connaître les remèdes qu'on devrait appliquer : il faut les appliquer. De même, dans les sciences psychiques, il faut conformer sa vie à sa conscience et pratiquer ce qu'on sait. Les Lois du Kybalion sont idéalement belles, mais si on ne les applique pas, elles seront comme un festin splendide devant lequel on se laisserait mourir de faim.

  • Les Rites de Memphis-Misraïm ne se sont pas structurés en une seule journée. Même s'ils revendiquent une filiation remontant à l'Antiquité, il s'agit là, d'une filiation essentiellement mythique. Aussi pour le maçon égyptien, l'Egypte auquel il est fait référence reste une période sublimée lui permettant de s'ouvrir à de nouvelles spéculations. Ce livre nous conduit à recouvrer les mythes fondateurs du Rite, de l'Egypte alexandrine, en passant par le renouveau de l'hermétisme à la renaissance italienne, de la campagne de Bonaparte en Egypte jusqu'à la période moderne du XXe siècle. Mais le rite comme nous le verrons possède une double particularité. A la fois creuset d'hermétistes de la fin du XVIIIe siècle, d'alchimistes, de kabbalistes, d'ésotéristes et d'occultistes de la belle époque, il va aussi tout au long du XIXe siècle produire des combattants de la liberté tel que Garibaldi, le héros des deux mondes, Jacques Ragaigne, membre de la Commune de Paris, Pierre Leroux, ou encore Louis Blanc, l'organisateur du travail. Les loges de Misraïm, profondément républicaines se retrouveront dans le collimateur de la police et parfois interdites. On y retrouve aussi tous ces proscrits de Londres, quarante-huitards, exilés après le coup d'Etat de 1851 ou la répression de la Commune. Beaucoup seront initiés ou affilés au Rite Réformé de Memphis dans des loges aux titres évocateurs : « Les Disciples de Ménès » devenue « Les Philadelphes, Les Proscrits, Les Gymnosophistes ». Quand on parle d'Egypte en cette fin du XIXe siècle, on veut parler d'Orient. Revivre en pensée le périple qui conduisit Alexandre le Grand d'Egypte jusqu'à l'Indus. Aussi n'est-il pas étonnant au sein des rituels de retrouver des allusions à l'Egypte Antique, aux Ecoles Néo-platoniciennes, aux sages de la Perse ou encore aux Védas sacrés. Cette porte sur l'Orient, ouverture vers l'universel, permet cette étude comparée des traditions, des philosophies, des sciences et ouvre à des réflexions d'actualité autour de sujets tels que la notion de conscience, de responsabilité vis-à-vis du vivant ou de spéculations scientifiques autour de l'approche quantique. Elle permet de créer du lien entre Orient et Occident, revisiter les philosophies de la Méditerranée dont le Rite est issu, faire lien entre héritage, présent et avenir.

  • Pour des doctrines comme celles que nous exposons, une étude entreprise « de l'extérieur » ne serait d'aucun profit. Il ne s'agit pas d'histoire et il ne s'agit pas davantage de philologie ou de littérature, et il ne s'agit pas, non plus de philosophie. Toutes ces choses, en effet, font également partie de ce savoir que nous qualifions, de « profane » ou d'« extérieur », non par mépris, mais parce qu'il n'est que cela en réalité. Nous estimons n'avoir pas ici à nous préoccuper de plaire aux uns ou de déplaire aux autres. Ce n'est pas parce que la « science sacrée » a été odieusement caricaturée, dans l'Occident moderne, par des imposteurs plus ou moins conscients, qu'il faut s'abstenir d'en parler et paraître, sinon la nier, du moins l'ignorer. Bien au contraire, nous affirmons hautement, non seulement qu'elle existe, mais que c'est d'elle seule que nous entendons nous occuper. La croix, est un symbole qui, sous des formes diverses, se rencontre à peu près partout, et cela dès les époques les plus reculées. Elle est donc fort loin d'appartenir proprement et exclusivement au christianisme comme certains pourraient être tentés de le croire. Ce que nous avons essentiellement en vue, c'est le sens métaphysique, le premier et le plus important de tous, puisque c'est proprement le sens principiel. Tout le reste n'est qu'applications contingentes et plus ou moins secondaires, et, s'il nous arrive d'envisager certaines de ces applications, ce sera pour les rattacher à l'ordre métaphysique, car c'est là ce qui, à nos yeux, les rend valables et légitimes, conformément à la conception, si complètement oubliée du monde moderne, qui est celle des « sciences traditionnelles ». Maintenant, si l'on veut, toujours en ce qui concerne la considération de l'état humain, relier le point de vue individuel au point de vue métaphysique, comme on doit toujours le faire s'il s'agit de « science sacrée », et non pas seulement de savoir « profane », nous dirons ceci : la réalisation de l'être total peut s'accomplir à partir de n'importe quel état pris comme base et comme point de départ, en raison même de l'équivalence de tous les modes d'existence contingents au regard de l'Absolu. Elle peut donc s'accomplir à partir de l'état humain aussi bien que de tout autre, et même, comme nous l'avons déjà dit ailleurs, à partir de toute modalité de cet état, ce qui revient à dire qu'elle est notamment possible pour l'homme corporel et terrestre.

  • Maintenant le feu que nous voyons ici-bas, et que nous employons aux différents usages de la vie, ne fait, livré à lui-même, que détruire, et détruire sans règle ni mesure tout ce qu'il rencontre. La vraie cause, la raison séminale des choses, produit au contraire et conserve et pour produire et conserver, elle procède avec mesure et avec ordre. Elle procède, par conséquent, selon la règle d'un art ; art primordial sur lequel tous les autres arts sont venus ensuite prendre modèle art infaillible, empreint d'une suprême raison. Or, cette marche assurée pleine de raison et d'art, c'est celle qu'on voit suivre aux astres, formés du feu céleste, c'est celle qu'imprime aux plantes, en les faisant fleurir et germer, la chaleur du soleil. Donc c'est le feu seul du ciel qui, caché dans tous les êtres, de quelque nature et de quelque ordre qu'ils soient, est la raison et la cause de leurs mouvements et de leur vie. Ce feu céleste, dont la substance est une sorte d'air plus subtil que l'air proprement dit, un souffle, un esprit : c'est ce qu'on nomme l'éther.

  • « Les complots existent ; la conspiration n'existe pas ». Cette affirmation paradoxale assied l'analyse historique, éthique, politique et pratique développée dans le présent volume. Il explore les pensées et les voies que ceux qui souscrivent aux théories de la conspiration et examine leurs arguments, leurs manipulations de l'histoire et la formation de crédos politiques et religieux. Cette étude déconstruit l'existence et les usages illégitimes des Protocoles des Sages de Sion et leur importance jusque dans le cadre contemporain culturel et politique. La vie étonnante du concept de l'alliance pernicieuse entre Juifs et Francs-maçons se voit mise en lumière.

  • « Cette prétention de tout mettre « à la portée de tout le monde » que nous avons déjà signalée comme une conséquence des conceptions « démocratiques », revient en somme à vouloir abaisser la connaissance jusqu'au niveau des intelligences les plus inférieures. Il ne serait que trop facile de montrer les inconvénients multiples que présente, d'une façon générale, la diffusion inconsidérée d'une instruction qu'on prétend distribuer également à tous, sous des formes et par des méthodes identiques, ce qui ne peut aboutir, qu'à une sorte de nivellement par en bas : là comme partout, la qualité est sacrifiée à la quantité. Il est vrai, d'ailleurs, que l'instruction profane dont il s'agit ne représente en somme aucune connaissance au véritable sens de ce mot, et qu'elle ne contient absolument rien d'un ordre tant soit peu profond ; mais, à part son insignifiance et son inefficacité, ce qui la rend réellement néfaste, c'est surtout qu'elle se fait prendre pour ce qu'elle n'est pas, qu'elle tend à nier tout ce qui la dépasse, et qu'ainsi elle étouffe toutes les possibilités se rapportant à un domaine plus élevé ; il peut même sembler qu'elle soit faite expressément pour cela, car l'« uniformisation » moderne implique nécessairement la haine de toute supériorité. C'est ici qu'apparaît aussi nettement que possible la confusion avec l'instruction profane, désignée par ce terme de « culture » qui est devenu de nos jours une de ses dénominations les plus habituelles ; c'est là quelque chose qui n'a pas le moindre rapport avec l'enseignement traditionnel ni avec l'aptitude à le recevoir ; et au surplus, comme la soi-disant élévation du « niveau moyen » a pour contrepartie inévitable la disparition de l'élite intellectuelle, on peut bien dire que cette « culture » représente très exactement le contraire d'une préparation à ce dont il s'agit. »

  • Hiram, relectures

    Collectif

    • Edimaf
    • 8 February 2014

    Le mythe d'Hiram est central dans la franc-maçonnerie. Il en est la pierre de touche. Longtemps ce récit reçut une simple interprétation morale, et ses exégètes mirent en valeur le sens du devoir du chef du chantier, qui, au péril de sa vie, refuse de donner le mot de maître aux mauvais compagnons qui veulent l'avoir, sans le mériter, avant la fin de la construction du temple. Aujourd'hui pourtant de plus en plus, des voix s'élèvent pour questionner le mythe, non pour l'interpréter, mais aussi pour le remettre en cause. Les textes que vous allez lire, et qui ne sont que des exemples parmi d'autres actuels, émanent de deux loges de l'orient stéphanois, « Les Élus » et « Tristan Duché ». Leurs auteurs ne sont pas forcément d'accord entre eux et leurs avis furent également diversement accueillis. Pourtant en interrogeant aujourd'hui Hiram, nous cherchons bien sûr à provoquer des réactions, mais en aucun cas à créer du scandale. Une de nos intuitions est qu'en franc-maçonnerie, rien n'est sacré, intouchable, rien ne peut échapper au questionnement. Dans les ateliers tout doit être et ne peut être que question. Parce que ce qui fonde la maçonnerie est l'interrogation incessante des mythes et des symboles.

  • La Franc-Maçonnerie a su attirer les hommes, éveiller en eux le désir et la curiosité, les faire agir constamment, en les tenant toujours en haleine, sans les rassasier ni les lasser. La Franc-Maçonnerie a donc joué un rôle important dans notre civilisation. Ainsi l'espérance vague et imprécise d'un monde meilleur qui sommeille en chaque être peut se concrétiser grâce au milieu maçonnique ; la recherche consciente de l'homme qui veut percer les énigmes, qui a soif de la connaissance peut être orientée grâce aux sciences traditionnelles. Par leur dépassement des concepts humains, par leurs méthodes ésotériques, les initiations placent l'homme sur le chemin de l'évolution intérieure qui doit aboutir à une cristallisation. La Franc-Maçonnerie, héritière d'antiques traditions, par sa valeur morale, a résisté à l'épreuve du temps. Cette fraternité procède d'une solidarité spirituelle qui ne dépend pas de la seule intellectualité, car le dogme, toujours restrictif, conduit au dessèchement et non plus à l'épanouissement de l'individu. La Franc-Maçonnerie est un Ordre qui se situe hors du temps et de l'espace. Elle unit des Initiés de tous lieux et de toutes époques, gens de toutes conditions, de toutes origines et de toutes religions, croyances ou philosophies, qui conjuguent leurs efforts en vue de la construction du Temple idéal de la Vérité, de la Justice et de la Concorde. Remplace EAN 9782874300356.

  • La source de la Franc-Maçonnerie d'Arche Royale repose au coeur du rite dit « Emulation ». Ce nom signifie avant tout : « créer une dynamique de l'esprit ». C'est un sentiment qui pousse à égaler, voire, à défier le meilleur de soi. Un sentiment qui rappelle les mots de la poétesse médiévale Christine de Pisan : « Il faut tâcher de se surpasser toujours ; cette occupation doit durer autant que la vie. » Mais quelles sont les Lumières que nous présente le titre de l'ouvrage ? Sont-elles les lueurs qui guident nos pas au fond des cryptes obscures du Temple de Salomon ? Sont-elles la survivance des anciens savoirs druidiques, ceux des tailleurs de pierre franche, des constructeurs sans mortier ? Portent-elles les souvenirs poétiques des Mystères antiques, sources des présentations édifiantes jouées chaque année sur les parvis des Eglises lors des fêtes patronales ? Ces Lumières tracent-elles, dans les souvenirs de la franc-maçonnerie, l'ombre d'un étrange maçon dont la légende, transmise dans les Loges, bien avant Hiram, ressemble tant à celle de Saint-Gilles du Gard ? A moins qu'il ne s'agisse d'un Palais de Mémoire créé par l'âme humaniste du XVIIIe siècle et projeté sur le monde, l'âme d'une maçonnerie à la fois mystique et politique. Emulation est le rite maçonnique le plus pratiqué au monde et la musique de ses mots circule avec le vent partout où le soleil se lève, entre midi et minuit.

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  • G comme géometrie t.1 et 2

    Jean-Pierre Bayard

    • Edimaf
    • 1 July 2020

    L'harmonie est la résultante des forces équilibrantes de la nature. Celle-ci procède par un environnement logique, avec des rapports constants entre ses éléments. Dans les civilisations aborigènes l'observation de l'homme avec son émotion intérieure cherche à reconstituer une vision profonde d'une réalité sensible. L'oeuvre créée par l'homme tient compte à la fois de son observation directe et également d'un désir inconscient, d'une temporalité ineffable. L'être conscient cherche à percer l'incompréhensible, l'inaccessible. Dans une reconstitution à partir d'éléments naturels, il mêle à son imaginaire l'essence invisible d'une trame incorporelle, visant à la notion du Beau, impénétrable. Ce constant émerveillement le projette hors de notre temps terrestre, peut-être un accès vers l'éternité. Cet être se place sur le chemin de la Connaissance grâce à l'illumination de son entité. Puisant aux sources naturelles de la vie, à l'origine de la perception, il participe à la symphonie sacrée en cherchant à rendre intelligible ou à reconstituer la loi éternelle. Il domine son entourage qui se laisse vivre et refuse l'effort de chercher, de comprendre, d'observer ces lois naturelles qui sont cependant celles de sa vie. Il faut savoir voir. L'ordre maçonnique que nous connaissons et pratiquons dans une pensée spirituelle, humaniste, héritière de l'activité manuelle, honore le travail. Par ses rites, elle transmet cet esprit de recherche initiatique. Elle puise dans ce vaste ensemble conçu à la naissance du monde ou tout au moins au début de l'organisation sociale qui s'est inspirée des forces vives de la nature, des valeurs éternelles et sacrées.

  • La confusion entre le domaine ésotérique et initiatique et le domaine mystique, ou, si l'on préfère, entre les points de vue qui leur correspondent respectivement, est une de celles que l'on commet le plus fréquemment aujourd'hui, et cela, semble-t-il, d'une façon qui n'est pas toujours entièrement désintéressée. Il y a là, du reste, une attitude assez nouvelle, ou qui du moins, dans certains milieux, s'est beaucoup généralisée en ces dernières années, et c'est pourquoi il nous paraît nécessaire de commencer par nous expliquer nettement sur ce point. Dans le cas du mysticisme, l'individu se borne à recevoir simplement ce qui se présente à lui, et tel qu'il se présente, sans que lui-même y soit pour rien ; et, disons-le tout de suite, c'est en cela que réside pour lui le danger principal, du fait qu'il est ainsi « ouvert » à toutes les influences, de quelque ordre qu'elles soient. Dans le cas de l'initiation, au contraire, c'est à l'individu qu'appartient l'initiative d'une « réalisation » qui se poursuivra méthodiquement, sous un contrôle rigoureux et incessant, et qui devra normalement aboutir à dépasser les possibilités mêmes de l'individu comme tel. Il est indispensable d'ajouter que cette initiative ne suffit pas, car il est bien évident que l'individu ne saurait se dépasser lui-même par ses propres moyens, mais, et c'est là ce qui nous importe pour le moment, c'est elle qui constitue obligatoirement le point de départ de toute « réalisation » pour l'initié, tandis que le mystique n'en a aucune, même pour des choses qui ne vont nullement au-delà du domaine des possibilités individuelles. Il est des choses sur lesquelles on est obligé de revenir presque constamment, tellement la plupart de nos contemporains, du moins en Occident, semblent éprouver de difficulté à les comprendre. Et bien souvent, ces choses sont de celles qui, en même temps qu'elles sont en quelque sorte à la base de tout ce qui se rapporte, soit au point de vue traditionnel en général, soit plus spécialement au point de vue ésotérique et initiatique, sont d'un ordre qui devrait normalement être regardé comme plutôt élémentaire. Telle est, par exemple, la question du rôle et de l'efficacité propre des rites. Et peut-être est-ce, tout au moins en partie, à cause de sa connexion assez étroite avec celle-là que la question de la nécessité du rattachement initiatique paraît être également dans le même cas. En effet, dès lors qu'on a compris que l'initiation consiste essentiellement dans la transmission d'une certaine influence spirituelle, et que cette transmission ne peut être opérée que par le moyen d'un rite, qui est précisément celui par lequel s'effectue le rattachement à une organisation ayant avant tout pour fonction de conserver et de communiquer l'influence dont il s'agit, il semble bien qu'il ne devrait plus y avoir aucune difficulté à cet égard. Transmission et rattachement ne sont en somme que les deux aspects inverses d'une seule et même chose, suivant qu'on l'envisage en descendant ou en remontant la « chaîne » initiatique.

  • Franc-maçonnerie ; Lumières et Révolution

    Charles Porset

    • Edimaf
    • 12 June 2017

    Il n'est pas nécessaire de s'expliquer quand on publie un livre ; mais parce que celui-ci pourrait paraître contradictoire, je voudrais dire au lecteur en deux mots qu'il ne l'est qu'en apparence. Il porte sur le rôle de la franc-maçonnerie dans la genèse, le déclenchement puis la conduite de la Révolution. Je dis, d'une part, avec la plupart des historiens qui ont, textes en main, réfléchi à la chose, qu'elle n'y est pour rien ; ce n'est pas original, Mounier l'avait écrit voilà presque deux siècles. Oui, la Révolution française intéresse les Francs-maçons et tout spécialement ceux du Grand Orient de France : connaissez-vous l'article premier de sa Constitution ? L'idée d'une participation des Francs-maçons à la préparation, puis à l'explosion de la Révolution, est presque aussi ancienne que la Révolution elle-même. Qu'un maçon puisse vivre dans une république, sous une monarchie absolue, tempérée ou mixte, partout il est citoyen, partout il est soumis aux lois, partout il respecte ceux qui en sont les dépositaires et les organes.

  • Francs-Maçons d'Indochine ; 1868-1975

    Jacques Dalloz

    • Edimaf
    • 3 September 2016

    Née en Indochine avec le Second Empire, la franc-maçonnerie a disparu au moment où toute la péninsule a basculé dans le communisme. Jusqu'au premier conflit mondial, elle a été pratiquement réservée aux Français. Son apogée se situe entre les deux guerres. C'est la période où une élite vietnamienne se fait initier. Après les années noires de l'occupation japonaise et du régime de Vichy, les loges connaissent une renaissance d'autant plus difficile que l'Indochine connaît ensuite trois décennies de luttes sanglantes.

  • L'antimaçonnisme ; aspects généraux (1738-2016)

    Jacques-Charles Lemaire

    • Edimaf
    • 3 February 2017

    L'hostilité larvée ou proclamée à l'égard de la franc-maçonnerie appartient aux phénomènes psychosociologiques de peur devant le secret et le mystère. Quand ils procèdent d'événements fortuits, les sentiments de méfiance craintive forment le fondement de réactions passagères et épidermiques que l'on range sous l'appellation d'antimaçonnerie. Mais ils s'organisent souvent en doctrine et constituent alors, au sens propre, l'antimaçonnisme. L'Eglise catholique, la première, et à sa suite un grand nombre d'organisations totalitaires de gauche ou de droite ont sacrifié à cette tendance fâcheuse, en interdisant les loges et en pourchassant les francs-maçons, parfois de manière très cruelle. C'est l'histoire très succincte de ces deux formes de réactions hostiles au fait maçonnique que retrace le présent ouvrage.

  • Histoire du rite français au XIX siècle

    Ludovic Marcos

    • Edimaf
    • 10 July 2012

    Le Grand Orient ne compte guère plus de 200 loges sous le Second Empire. Il vit alors une époque terne, malgré l'action de quelques figures admirables et une embellie finale (300 loges en 1870). La Grande Guerre, la dynamique de l'utopie communiste, l'Occupation et la difficile reconstruction d'après guerre l'affaiblissent durablement. D'autres phénomènes l'affectent structurellement, en particulier la montée d'un univers associatif profane qui relaie une partie de ses anciennes activités. Surtout, la naissance du Droit Humain en 1893 et de la Grande Loge de France à partir de 1895, la naissance en 1901 des loges d'adoption qui seront la matrice de la future Grande Loge Féminine de France et la création de l'ancêtre de la Grande Loge Nationale de France en 1911, révèlent que la donne change. Le XXème siècle est celui de la fin du Centre de l'Union et d'évolutions qui favoriseront désormais d'autres rites. En définitive, le Rite Français du XIXème siècle n'est pas une transition entre le XVIIIème siècle et nous. Rite de tradition et de modernité, il se montre dans la première puis dans la seconde moitié de ce siècle dans la vérité de deux époques et de deux de ses facettes, entre deux bornes qui ne seront plus franchies et entre lesquelles il gardera plus tard ses continuités et ses équilibres.

  • La fraternité maçonnique

    Marcel Bolle De Bal

    • Edimaf
    • 26 January 2013

    En cette année où notre Cher Frère Marcel Bolle De Bal fête son jubilé maçonnique, son expérience avérée de ces longues années de Fraternité ne fait que donner plus de force à son livre. « La fraternité maçonnique, se révèle, une fois de plus, source de Force, de Beauté et de Sagesse : elle est beaucoup plus qu'un mythe et une illusion : un mythe fondateur, une réalité existentielle, une expérience initiatique. N'est-elle pas, par essence, transcendante par rapport aux aléas des existences particulières ». Trois voyages jalonnent la quête initiatique de ce mythe fondateur : le premier explore la fraternité comme réalité anthropologique, le deuxième la fraternité comme rêve humain, le troisième la fraternité comme initiation maçonnique. Au terme de ces voyages, la fraternité maçonnique se révèle lien à inventer, reliance à travailler, oeuvre à accomplir.

  • Esquissant sa vaste réflexion sur ce rite, l'auteur met en relief les thèmes initiatiques, les mythes et les nombres qui sous-tendent les rituels (complexes et parfois divergents) des premiers grades supérieurs du REAA. Allant bien au-delà des « thuileurs » ou de gloses parfois verbeuses, Raoul Berteaux décompose les éléments symboliques de chaque degré et, les replaçant dans le cheminement initiatique, leur rend clarté et cohérence. « La symbolique de la Loge de perfection » devient ainsi un instrument de travail indispensable à quiconque, en Franc-Maçonnerie, aspire à aller plus loin ou ailleurs, c'est selon... « Lorsque nous parlons de Dieu, nous parlons de ce qui n'est pas dieu. En accédant au silence du 14ème degré, par la non-prononciation, nous atteignons au plus profond et nous devenons une seule famille de Frères ».

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  • Lorsque cet ouvrage parut en 1907, une simple introduction semblait suffisante pour poser un sujet plus connu par son nom que dans son essence propre. Il ne paraissait utile alors que de faire la distinction entre une Haute Magie, entourée de données généralement sérieuses et quelquefois savantes dans l'Antiquité, et une Basse Magie plongée en une masse informe de superstitions et de rêveries au Moyen-Âge. Les chercheurs trouvaient ensuite dans ce Formulaire les éléments principaux des études qu'ils poursuivaient, sans être obligés de recourir aux bibliothèques. Mais, par la suite, il est ressorti comme indispensable de préciser, dans ces distinctions, la part de sérieux et de savoir que montre en l'espèce l'Antiquité ainsi que celle de superstition et de rêverie qui, avec le cours des siècles, avait donné lieu à cet ensemble assez bizarre appelé Sorcellerie. Heureusement que notre époque, riche en esprits libérés de préjugés, a enfanté certains hommes qui ne craignent pas de s'aventurer sur ce terrain brûlant, domaine de l'occulte. C'est ainsi que nous voyons renaître l'Astrologie et l'Alchimie et que la Magie proprement dite se trouve de nouveau l'objet d'études positives et approfondies. Le départ est fait entre ces trois modes des sciences anciennes que jadis on confondait sous le même vocable. L'Astrologie traite des corps célestes dans leur nature et dans leurs mouvements : elle est une science des mondes. L'Alchimie s'occupe de la matière dans son essence et dans son évolution, elle complète la chimie : c'est une hyper-chimie. La Magie se réserve les fluides, qui sont à proprement parler une manifestation d'un état énergétique de la matière et que la science actuelle connaît en partie : elle commence là où la physique s'arrête, elle est une hyperphysique.

  • Des origines du grade de maître dans la franc-maçonnerie

    Eugène Goblet D'Alviella

    • Edimaf
    • 9 August 2012

    Goblet d'Alviella nous apporte ici les réponses essentielles aux questions sur la Philosophie du troisième degré, sur son approche ésotérique et historique. « En 1730, pour les membres de la Grande Loge, Maître et Compagnon étaient encore synonymes ou se rapportaient à un même degré. A partir de cette date, on observe des Loges qui s'en tiennent aux deux degrés et des Loges qui en pratiquent un troisième. Lee Vernon rapporte, dans 'The History of the Lodge of Kelso', que, le 7 juin 1754, les membres de cette Loge se réunirent pour recevoir Compagnons un certain nombre de candidats, conformément aux « nouvelles méthodes introduites dans les Loges d'Edimbourg ». Le procès-verbal ajoute que les Frères « constatèrent comme une lacune essentielle de leur Constitution que cette Loge avait seulement la pratique des deux degrés : Apprenti et Compagnon, ne connaissant rien du degré de Maître... ». En effet, à cette époque Les droits respectifs des Maîtres et des Compagnons diffèrent suivant les temps, les localités et les métiers. Et la distinction des Compagnons et des Maîtres n'était pas affirmée partout. » Docteur en droit, en philosophie et lettres et en sciences politiques, l'auteur fut initié dans la loge 'Les Amis Philanthropes' à Bruxelles. Il en fut le Vénérable Maître de 1879 à 1882. En 1894, la loge se scinde. Le 15 janvier 1895, il est élu Premier Vénérable Maître de la nouvelle loge et devient en 1900 « Grand Commandeur ».

  • Les questions posées par les obédiences à l'étude des loges sont le cadre orientant leur réflexion. Cet ouvrage recense l'ensemble des thèmes abordés par les principales obédiences maçonniques françaises.

  • De la régularité maçonnique

    ,

    • Edimaf
    • 13 March 2017

    Le Grand Orient de France (GODF) est la plus ancienne obédience d'Europe continentale et, si l'on s'en tenait aux dates, d'Europe tout court... Les rites en usage au GODF ont de belles lettres de noblesse : le Rite Français, plus ancien rite en activité, est parfaitement conforme aux usages maçonniques les plus anciens et le RER et le REAA sont partie intégrante de notre patrimoine depuis leur naissance. La Maçonnerie du GODF est fidèle à une philosophie fraternelle, initiatique et humaniste qu'elle a su transmettre et enrichir tout au long de son histoire, selon les contextes et les nécessités. Ce qui en fait une école de l'homme oeuvrant tant pour son enrichissement personnel que dans son existence sociale. De ce fait, au vu de ses prises de position et du rayonnement de ses membres depuis deux siècles et demi, sa régularité historique, maçonnique, est aussi morale. Enfin, si la régularité devait procéder de la représentativité, rappelons que le GODF est l'obédience la plus importante d'Europe continentale. Cette régularité conjugue donc légitimité historique, respect d'une démarche philosophique et méthode de travail. Nous devons faire de cette régularité maçonnique, qui est à la fois une fidélité et une attitude d'éveil, une continuité vivante.

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