Sciences humaines & sociales

  • À partir d'un lot d'archives espagnoles baptisées « Archive Holland », nom de son premier propriétaire, intégralement traduite et publiée dans ce volume, Rodrigo de Zayas nous relate avec précision l'histoire des Morisques, ces musulmans espagnols convertis de force après la Reconquête et finalement expulsés de leur pays en 1609. Ce qui s'est passé entre 1609 et 1612 est généralement escamoté ou déformé dans les livres d'Histoire car il s'agit d'une de ses pages les plus sombres : la déportation massive d'un peuple. Avec l'aide des armées, selon sa foi catholique, c'est à cela que se prête Philippe III, roi d'Espagne, le 4 août 1609, à Ségovie, dans l'église Sainte Croix de l'ordre des Prêcheurs.

    Nouvelle édition revue et augmentée.

  • Forteresse Europe est une provocation de l'esprit qui traite de l'émigration à l'envers.
    L'auteur, homme de théâtre et romancier, met en scène des Européens qui veulent quitter leur continent. L'idéal « Liberté, Égalité, Fraternité » ne s'est pas traduit par le paradis sur terre escompté, et déçus, ils veulent fuir. L'idéal démocratique de la société ouverte et multiculturelle par lequel l'Europe tente de répondre à cette violence demeure inopérant. L'individualisme et le laxisme ont conduit les Européens au nationalisme et à la xénophobie, accélérant ainsi la désintégration culturelle.
    Dans ce climat, tout ce qui est nouveau, donc inconnu, fait peur. Le conservatisme triomphe. Même la pensée critique est devenue suspecte.

  • Plutôt qu'un essai théorique, cette chronique d'événements vécus tente de retracer le parcours de ces défis d'où est sorti ce que nous appelons la modernité. L'Histoire a-t-elle un sens, ou bien est-elle absurde répétition ? Il est improbable de trouver une réponse dans les « spectacles de paroles » si bien nommés « talk-shows » dans la nouvelle langue médiatique en usage. Un fait réel jette parfois une lumière plus crue, et plus cruelle, qu'un discours : le condamné voulait crier : « Vive la révolution ! » Le couperet est tombé à la troisième syllabe : « Vive la rév'... » La coupure en dit peut-être plus que le mot.

  • Retaper la France, voici en trois mots le programme de Jean Lassalle.
    Comment propose-t-il de s'y prendre ? D'abord et avant tout en rassemblant tous les Français parce qu'il n'appartient à aucune coterie, aucun parti politique, aucun lobby, parce qu'il est un non-aligné comme ceux qui rédigèrent le programme du Conseil national de la Résistance.
    L'action qu'il propose vise à restaurer la démocratie à tous les échelons des institutions en prenant appui sur les 36 000 communes qui insufflent la vie au pays, tout en menant une lutte sans merci contre la spéculation financière. Il élabore en même temps un grand projet pour redonner un rôle central à la France au coeur de l'Europe. Parallèlement, l'Afrique deviendra l'un des partenaires privilégiés de ses échanges commerciaux. Il entend aussi faire de l'agriculture une priorité nationale, de même qu'ouvrir le chantier des énergies renouvelables issues de la mer en y intégrant les territoires d'outre-mer. Régénérer la démocratie, recouvrer les 1 000 milliards d'euros d'évasion fiscale, revivifier l'école, rétablir un service national, reconstruire l'accès des citoyens à la Justice, faire revivre le magnifique territoire du pays dans sa totalité en réimplantant les services publics là où ils font défaut, tel est le beau projet du candidat Jean Lassalle à la présidence de la République.
    Il redonne un souffle, une énergie, une vision à long terme, un espoir de renaissance.

  • " Celle qui écrit, qui porte la parole des ouvriers d'ici, qui essaie, je, roule vers la ville, petite ville dans la plaine, une image de province, moderne un peu. Sur la droite, on sait qu'il y a les usines, la forme des bâtiments et les fumées ; les HLM aussi, à côté, hauts. À gauche les clochers. Cela a pu résumer les vies, longtemps, l'espace sa répartition, son temps croisé. Le temps nouveau, ils ont peur, ils, les ouvriers, ceux avec qui je parle, ceux que je vais raconter, ils ont peur, le temps nouveau qui vient sera peut-être un temps mort. " Avec des mots simples, un rythme, un ton, Patricia Cottron-Daubigné nous peint, tel un chemin de croix où l'on inspire à chaque halte (Regard ; Stèle ; Croquis-démolition : lieux ; Croquis-démolition : hommes - premier plan de licenciement ; Croquis-démolition : hommes - fermeture dé?nitive de l'usine ; Chantier) la destruction, au jour le jour, d'un groupe d'hommes et de femmes dans leur lieu, en France, quelque part, dans une ville de province.
    Patricia Cottron-Daubigné est née à Surgères, en Charente-Maritime. Elle vit et travaille aux abords du Marais Poitevin. Elle a publié des poèmes dans des revues (Décharges, Friches, Ici è là, Contre-allées, N4728), quelques recueils chez Soc et Foc, au Dé bleu, aux éditions Tarabuste. Sa voix porte et résonne.

  • Pourquoi revenir une fois encore sur l'affaire Seznec qui, depuis près de cent ans, accumule à son sujet des milliers d'articles de presse, d'émissions de radio, de télévision, quantité de films et de livres ?
    En 1924, la cour d'assises de Quimper condamne sur des présomptions Guillaume Seznec au bagne à perpétuité pour le meurtre du conseiller général Pierre Quémeneur. Le cadavre de Quémeneur n'a jamais été retrouvé et Seznec n'avouera jamais le crime.
    Considérée comme la plus importante affaire criminelle du XXe siècle, le symbole même de l'erreur judiciaire, elle demeure sur de nombreux points une énigme. Aujourd'hui, pour la justice, le dossier est clos. L'ultime demande en révision a été rejetée.
    Pour Denis Langlois qui a été pendant quatorze ans, de 1976 à 1990, l'avocat de la famille Seznec, le premier défenseur à consulter l'ensemble du dossier et qui a été empêché d'aller jusqu'au bout, le moment est arrivé de révéler ce qu'il sait : les secrets de la famille Seznec, les tabous, les témoignages troublants. Selon ses propres termes « le temps lui semble venu de démystifier la légende bâtie autour de cette énigme et de proposer une solution pour essayer d'en finir avec cette interminable affaire qui trouble à juste titre les consciences. Cela est nécessaire pour l'idée qu'on se fait de la justice ».

  • L'histoire débute à la cour du roi Matous Le Bon, à Aballon. Pour rendre son peuple heureux, Matous doit poser ses deux pieds dans le creux des cuisses d'une jeune fille vierge. Argantorota, au teint de lait et noire de cheveux, est cette jeune fille. Mais un jour, le roi Matous, revenu de la guerre après neuf mois, s'aperçoit qu'elle n'est plus vierge. En effet, elle laisse échapper un enfançon grand et blond et, quelques instants plus tard, une petite chose, un avorton, que l'on enferme dans un coffre.Ainsi naquirent Lougous, l'avorton, et son jumeau, Cernounnos. On apprend, ensuite, comment Lougous devient habile en tous les arts, en quoi son mariage est un échec douloureux, la manière dont il se venge du couard qui l'a trahi, pourquoi il voyage en Gaule et dans le monde ultramarin. On assiste à son initiation suprême, à son retour à Aballon, on voit à la suite de quel malentendu il part à la recherche de son père. On l'accompagne lorsqu'il prépare longuement la formidable bataille de Liricantos contre les Difformes et quand il tire des trois meurtriers de Cennos, son père supposé, une terrible vengeance. Enfin, on le voit affronter le Géant, Balaros, à l'oeil pernicieux, découvrir son vrai père et régner sur le monde.

  • Nombreux sont ceux qui prétendent qu'Internet est libre, démocratique, transparent et impartial. D'autres en font un outil tellement révolutionnaire qu'il pourrait renverser l'ordre établi grâce à des mécanismes de participation directe, populaire et généralisée à la vie politique. D'autres, enfin, affirment que la diffusion gratuite de l'information sur les réseaux sociaux affranchira de l'influence des grands groupes médiatiques.
    Toutes ces idées reposent sur des prémisses fallacieuses.
    Non ! La gratuité n'est pas la liberté ! Une fois la confusion dissipée, plusieurs questions s'imposent : Qui détient les données des utilisateurs ? Comment sont-elles utilisées ? À quelles fins ?
    Les technologies de l'oppression ne visent qu'une chose : nous libérer de la liberté. Plus elles nous connaissent, plus leurs algorithmes s'affinent, et plus elles veulent nous libérer du fardeau de choisir.
    Mais il est encore temps de réagir ! Nous pouvons décider d'en finir avec la délégation et nous organiser autrement, en construisant et en élargissant des sphères d'intimité nous protégeant des injonctions à l'obscénité automatisée, à la pornographie émotionnelle et à la transparence radicale.

  • Roger Federer, joueur de tennis au palmarès unique, réunit tous les attributs actuels de la célébrité sportive mondialisée.
    Pourtant sa façon de jouer, son style, sa présence, emmènent le tennis dans une autre direction que celle tracée par les impératifs techniques, économiques et médiatiques. Son jeu révèle une échappée. Il rend aussi sensible un fait plus général : plus le sport est montré, moins il est célébré. Poètes et narrateurs, nécessaires à sa gloire, sont réduits au silence.
    C'est à la présence poétique, admirable de Federer que cet essai est consacré.

  • Molem' : ainsi disent les jeunes d'origine maghrébine à Molenbeek Saint-Jean. Ainsi se sont-ils approprié le nom de la commune bruxelloise où souvent ils sont nés. Le faubourg au passé populaire, et demeuré populeux, s'est retrouvé placé sous les feux de l'actualité après les attentats de Paris du 13 novembre 2015, en raison des attaches molenbeekoises de certains terroristes.
    Oui, il existe des zones de non-droit à Molenbeek, oui, la commune souffre d'un chômage endémique. Mais les médias ont fait mine de tomber des nues en ce novembre noir, alors que les ferments de la radicalisation d'une partie de la jeunesse étaient déjà connus voici plus de dix ans. La jeunesse n'y est pas si déconnectée que cela du monde et du mode occidental, mais l'oisiveté forcée la conduit parfois à des actes de forcenés.
    C'est cet arrêt sur image que la jeune journaliste Hind Fraihi, attachée au quotidien Flamand Het Laaste Nieuws, a dépeint dans Undercover Molenbeek (En immersion à Molenbeek).
    Au moment de la rédaction de son livre, qui se lit comme un roman, Theo Van Gogh venait de payer de sa vie sa critique de l'Islam. Du fait de ses origines marocaines, Hind Fraihi était à même de décrire une jeunesse ballottée entre errance dans la rue et prêches enflammés. Côté obscurantiste, c'est la loi du silence sous la burqa, la sourde mainmise de l'Arabie saoudite sur des consciences déboussolées, côté plus rose et punk, les fashionistas musulmanes, la poupée, un aimable fantôme.
    Infiltrée dans Molenbeek, Hind Fraihi a écrit son témoignage dans un néerlandais tel que le parle une partie de la population immigrée, une langue réinventée, avec ses raccourcis, son sens du direct, comme cela se passe pour l'anglo-américain des ghettos noirs de Chicago.

  • Dans Un autre Maroc, Abdellatif Labi convie ses concitoyens rflchir sur les causes de l'impasse dans laquelle se trouve actuellement le pays. Rien n'est laiss dans l'ombre, ni les archasmes du systme monarchique et le mode de gouvernance pervers qui en dcoule, ...

  • « Il fut un temps où j'étais un amoureux d'Israël, un «amant de Sion», comme on disait au XIXe siècle, aux tout débuts du sionisme. Je lui ai pratiquement donné le meilleur de moi-même. Et le pire. Aujourd'hui, je suis comme un amant déçu, et mes mots d'amour se sont transformés, non en cris de haine dont je suis incapable, mais en acerbes imprécations. » C'est ainsi que débute cet ouvrage-témoignage de David André Belhassen. Il nous y présente une vision personnelle de l'histoire du sionisme, de l'État d'Israël et du « conflit israélo-palestinien », par le biais d'un vécu, le sien, qui la corrobore. À côté d'analyses innovantes et profondes des racines de cette « guerre civile entre deux factions d'un seul et même peuple, aliéné par deux idéologies antagonistes et sectaires que sont le sionisme et le palestinisme », l'auteur entraîne le lecteur dans les méandres de sa vie et de son itinéraire idéologique, pour le moins cahoteux. Les conclusions, inédites et courageuses qu'il en tire, prennent le contre-pied de ce que nous croyons être « la juste résolution de l'interminable conflit au Proche-Orient ».

  • Argantorota est l'unique déesse gauloise. Son nom « Roue-d'Argent » fait allusion à la ronde des étoiles. Mère de Lougous, elle correspond à la déesse galloise Arianrhod. Priée d'évoquer sa vie, elle raconte... celle de sa mère, la Cavalière, la Grande Reine, Épona, à qui elle s'identifie étrangement. C'est ainsi que l'on découvre la naissance de sa mère, sous un ciel fauve, en plein commencement du monde, puis la cavalcade par laquelle celle-ci séduit le roi Pillos, et comment elle élimine par ruse, en le ridiculisant, un prétendant redoutable. Au terme de trois ans de mariage, elle accouche d'un garçon et d'un poulain, qui lui sont cruellement dérobés. Nectanos les retrouve, après qu'elle a été injustement accusée et punie par Pillos d'avoir tué l'enfant.
    Argantorota, qui aime confondre la vie de sa mère avec la sienne, aborde alors sa propre aventure et retrace les séjours tumultueux qu'elle effectue à la cour du roi Matous, où elle va, à son tour, accoucher de jumeaux. On la découvre aussi sur son rocher noir, où elle accueille les âmes qui viennent des étoiles ou y remontent. C'est là qu'un jour Cernounnos obtient d'elle que, par magie, elle anéantisse le gros des troupes des Difformes. Elle réalise cet exploit avec l'aide de deux sorcières, en mobilisant... des arbrisseaux. À la fin, Argantorota organise l'année en la partageant entre ses deux fils et reçoit de la bouche même de sa mère le titre de Grande-Reine.

  • Il y a urgence ! La déliquescence de l'État, la corruption généralisée mènent la France au désastre.
    En quelques pages implacables, Claude Mineraud règle son compte à la Ve République : la dépendance économique et financière à laquelle les fonds de pension américains soumettent les grandes entreprises françaises, notamment celles cotées au CAC 40 ; la docilité au lobbying de l'Assemblée nationale et du Sénat, comme des hommes politiques de tout bord, à l'exception de Jean Lassalle dont il estime le courage et l'authenticité.
    Il explique comment la finance s'est emparée et se sert de l'écologie pour émettre de nouveaux produits financiers et priver de la gestion de leur territoire ceux qui y vivent et y travaillent.
    Mais il ne se limite pas à dénoncer, il propose des solutions.
    Il montre comment il serait possible de refonder l'État, d'abord, en se réappropriant, grâce à une nationalisation partielle, la gouvernance des multinationales, surtout des grandes banques ; ensuite, en réorganisant de fond en comble les institutions pour redonner au peuple souverain le rôle prédominant qui lui revient ; enfin, en utilisant certaine loi existante pour rapatrier les fonds réfugiés dans les paradis fiscaux, dont l'estimation se monte à près de la moitié de la dette publique de la France.

    Après Un terrorisme planétaire, le capitalisme financier (2011) et La Mort de Prométhée (2015), cet essai corrosif, stimulant, constructif, interpelle les citoyens à la veille des prochaines élections présidentielles.

  • Le 14 janvier 2011, un séisme ébranlait la Tunisie tout entière dont les ondes de choc se répandraient dans tout le monde arabe. Ben Ali, après vingt-trois ans d'un régime autoritaire et népotique, fuyait le pays sous la pression de la rue, entraînant la chute d'autres dictatures.

    Le 28 janvier, Jaloul Ayed est rappelé en Tunisie en tant que ministre des Finances du gouvernement transitoire de la Tunisie. Fort d'une longue carrière dans la finance internationale (notamment au Maghreb), il rentre pour faire face aux nombreux défis que la Tunisie doit relever.
    Comment, après un régime dictatorial où l'opposition était muselée et réprimée, reconstruire un cadre institutionnel propice à l'accomplissement des aspirations démocratiques du peuple ? La Tunisie peut-elle parvenir à résorber un problème structurel comme le chômage, à l'origine des mobilisations du printemps arabe ? Au-delà de mesures palliatives, quels sont les chemins possibles vers une économie soutenable à long terme et redonnant aux citoyens l'espoir de pouvoir vivre dignement de leur travail ? Comment concilier les impératifs nationaux et les exigences d'une économie mondialisée ?
    C'est à toutes ces questions que Jaloul Ayed répond dans ce livre, étayant ses propos par la connaissance de son pays et de son Histoire, son expérience au ministère et dans la finance internationale. Mais plus encore, il esquisse ici, au travers du cas tunisien, ce qui pourrait être une troisième voie, où l'économie et la finance sont mis au service du peuple, sortant de cadres idéologiques dogmatiques. Une économie qui ne se contenterait pas de respecter une quelconque ligne de parti, mais bien de proposer au peuple une vie sereine basée sur une économie florissante.

  • Noyer une partie du Sahara sous les flots de la Méditerranée, tel fut le très sérieux projet que conçut un certain Elie Roudaire, officier originaire de la Creuse, dans les années 1870.
    L'idée enthousiasma les savants les plus éminents, les politiciens les plus responsables, les affairistes les plus retors de l'époque. Ferdinand de Lesseps, qui la fit sienne, ne manquait jamais, lors des multiples mondanités auxquelles l'entraînait sa gloire récemment acquise à Suez, de demander à Roudaire chaque fois qu'il le croisait : " Et votre mer, monsieur Roudaire, comment va-t-elle ? " L'affaire occupa la France durant deux décennies, suscita des débats, des enquêtes, des expertises, des plans et des essais dont Jean-Louis Marçot nous retrace l'histoire mouvementée.
    Les chotts, ces formations géologiques singulières, à l'est de l'Algérie et au sud de la Tunisie, aux confins du Sahara, en constituent le décor. L'inondation par la Méditerranée de ce concentré de désert, grâce au percement d'une bande de terre dans le golfe de Gabès, inspira aussi le dernier roman de Jules Verne. En ouvrant ce dossier aujourd'hui oublié de la " mer intérieure ", Jean-Louis Marçot dresse un tableau des mentalités à travers les différentes phases de la colonisation de l'Algérie et nous entraîne dans une passionnante étude du Sahara, de ses mythes, de son histoire, de sa géographie et de ses mirages.

  • " La Troisième Guerre mondiale a commencé il y a maintenant près d'une trentaine d'années lorsque, sous l'effet de la mondialisation et de la massi?cation des entreprises à l'échelon international, le ?nancier a opéré un drastique renversement des valeurs en mettant l'économique sous sa domination, l'asservissant à l'irresponsabilité et à l'irrationalité du transfert déstabilisateur et quotidien de gigantesques ?ux de capitaux. " Sous l'appellation de " concurrence ", de " transparence ", de " progrès ", postulats érigés en dogmes, une technostructure qui échappe au gouvernement des hommes s'est emparée du pouvoir en vue d'obtenir un pro?t sans cesse augmenté, stérile, improductif et nuisible. Par une série d'exemples choisis dans l'actualité récente (affaire Dexia, Kerviel/Société Générale, Banque Lehman Brothers, AIG, Fortis/ABN AMRO), Claude Mineraud explicite le déroulement des mécanismes à l'oeuvre. S'appuyant sur ses souvenirs cuisants de la France occupée et sur son expérience des affaires dans plusieurs moyennes entreprises dont il fut le créateur, il dresse un tableau sombre d'une France antidémocratique que minent les trafics d'in?uence.
    Né en 1931 dans le Poitou, Claude Mineraud assiste à neuf ans à la débâcle de 1940. La mort de son père l'oblige à interrompre ses études de philosophie à vingt et un ans et à assurer la survie de sa famille. À vingt-neuf ans il crée sa première entreprise dans le courtage d'assurance dont le notariat français devient très vite le principal client. Sa position de clé de voûte d'affaires prospères lui permet de mesurer, in situ, les forces de destruction du capitalisme ?nancier.

  • En six chapitres, Géopolitique de l'homme juif interroge les mutations de la conscience juive, israélienne et diasporique, en relisant l'histoire du sionisme herzlien et bubérien dans la perspective de la sécularisation. Mais celle-ci désigne avant tout une époque de la chrétienté et du christianisme. On essaie ici de la penser, par anachronisme méthodique, du sein même de la tradition juive. Dans les conditions qui furent les siennes entre l'assimilation (les Lumières) et la dissimilation (antisémitisme et Shoah), la sécularisation a exigé de la tradition juive, à contretemps, une réflexion qui se poursuit et qu'on analyse ici avec les outils légués par la théologie politique spinozienne. Israël ne fut jamais ni une nation ni un empire, mais un mouvement de traversée de ces deux institutions romanochrétiennes. De même, Israël s'est toujours situé dans un mouvement d'aller-retour entre l'Orient et l'Occident. En quoi ces deux dimensions spécifiques de l'histoire des Juifs commandent-t-elles leur situation actuelle, en Israël et en diaspora ?

  • À contre-jour est composé d'extraits du journal du diplomate portugais Marcello Duarte Mathias. Ses journaux ont été publiés en portugais et en anglais dans leur version intégrale. Les extraits réunis ici nous entraînent de Lisbonne à Brasília, de Bruxelles à New York et New Delhi et bien sûr Paris, où il passe son adolescence et où il est en poste lors de la première Guerre du Golfe. Long cheminement personnel, ce journal, qui débute en 1962 et se termine en 2008, aborde différents sujets, du cinéma à la peinture, sans oublier la politique. Le récit des tractations diplomatiques qui ont entouré certaines grandes crises mondiales comme la première Guerre du Golfe.

  • L'ecole en couleurs

    Créée à Bruxelles en 1980, l'École en couleurs fonctionne en autogestion.
    Pourquoi et comment a-t-elle réussi alors que, depuis les années 70, tant d'autres entreprises s'y sont essayées et ont échoué ? Des conditions de départ idéales: une petite équipe homogène d'enseignantes : onze jeunes femmes ; des objectifs pédagogiques et éducatifs communs : elles veulent une école où l'on apprend le respect, l'autonomie, la débrouillardise, où l'on développe l'esprit critique et l'imagination.
    Méthodes actives, " pédagogie du projet ", organisation de chaque classe en mini-société autogérée. Quelques coups de chance. Des bâtons dans les roues aussi, d'origine politique ou économique. Ce livre est à la fois mémoire et plaidoyer. Il s'adresse aux enseignants en quête de pédagogie active, aux parents à la recherche d'une école qui écoute et respecte chaque élève, sans a priori élitiste, et à ceux et celles qui rêvent d'une démocratie nouvelle loin du mondialisme ambiant.

  • Adonis, le grand poète arabe, donne des articles sur les conflits du Proche-Orient dans la presse internationale, aussi bien dans le monde arabe qu'en Europe occidentale et en Chine.
    Il nous est apparu indispensable d'entendre la voix d'Adonis sur les révolutions arabes et sur la situation actuelle en Syrie en donnant à lire au public français un ensemble de ses interventions parues à l'étranger.
    Il nous explique le leurre total, partout répandu, qu'il puisse y avoir une révolution progressiste en terre arabe sans une rupture radicale avec la religion. Que la religion musulmane, dans son interprétation prégnante,  est intrinsèquement incompatible avec les droits de l'homme, et les libertés de la femme, parce qu'il nie l'autre et la différence. Il nous montre, à travers l'histoire, le pourquoi et le comment de cette incompatibilité fondamentale et nous met en garde devant les discours fallacieux qui nient cette évidence. 

  • Une enfant parle : la neuvième d'une fratrie de dix. Elle fait partie des petits. Elle est née après la guerre. Un mystère la hante. Pourquoi, dans sa famille nombreuse, sa soeur aînée qui était la cinquième est-elle subitement devenue la sixième ? Elle ne sait pas parce qu'elle n'a jamais demandé. Et ce silence, ce non-dit, la torture. Plus âgée, elle enquête et comprend que Paul, devenu le cinquième, est un enfant adopté, qu'il est apparu dans la famille à l'âge de quatre ans, avant sa naissance à elle, pendant la guerre. Que c'est un enfant juif dont le nom a été changé, qu'il s'appelait auparavant Samuel Tanenboim et que son accueil dans sa famille, les Delorme, l'a sauvé des rafles nazies et françaises. Comme l'archéologue qui tente par l'intensité de son regard de recomposer l'image du bouclier d'Alexandre à travers les tessons dispersés devant lui, Agnès Verlet ressuscite un passé, déchiffre l'histoire en faisant resurgir les images qui vont reconstituer la béance créée par l'irruption de ce frère, venu d'ailleurs. Un livre magnifique.

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