Religion généralités

  • Les discours religieux fondamentalistes actuels expriment une obsession croissante de la pudeur des femmes. Réduite aux parties de son corps susceptibles d'éveiller le désir, la femme est « génitalisée » à outrance, et la pudeur est invoquée pour couvrir sa nudité. Mais cette notion ne peut-elle pas renvoyer à autre chose qu'à la dissimulation et à la frustration ? Et est-ce l'unique image que la religion propose des femmes ?
    A la lumière des grands épisodes bibliques, du jardin d'Eden au Mont Sinaï, puis de la littérature religieuse, Delphine Horvilleur, Rabbin libéral et femme moderne, analyse successivement les sens de la pudeur et de la nudité, l'obsession du corps de la femme et sa représentation comme « être orificiel » pour proposer une autre interprétation de la tradition religieuse et mettre à mal les lectures fondamentalistes qui font de la femme un être tentateur et de la pudeur l'instrument de sa domination. Ainsi nous montre-t-elle comment la nudité recouverte d'Adam, d'Eve ou de Noé, renvoient à une culture du désir et non à une volonté de le tuer. Comment le voile est à l'origine destiné, non à rejeter, mais à approcher l'autre. Comment le féminin concerne aussi les hommes qui endossent, dans la prière et la pratique judaïques, les attributs des femmes et du maternel. On découvre alors, dans cette plongée au coeur des grandes traditions monothéistes, un autre visage de la femme, de la pudeur, et de la religion.

  • Contestant à la science (Darwin, Freud...) la capacité de parler d'autre chose que des objets du monde, Marie Balmary part à la recherche des origines de l'être parlant. Cette nouvelle visite, de la langue de nos mythes fondateurs à nos deux genèses (celle de l'humanité et celle du fils de l'Homme) conduit l'auteur à lire dans le texte biblique lui-même la révélation du sujet commun créé, s'éveillant à lui-même par la reconnaissance de l'autre dans le lieu qu'offre à leur alliance la loi symbolique. La pratique de la cure par la parole aura alors d'autres fondations que la théorie scientifique.

  • "Merci mon Père de révéler aux petits ce que vous avez dissimulé aux sages et aux intelligents." Les sages et les intelligents, depuis, se sont bien vengés : à force de concasser les Evangiles, ils en ont fait un petit tas de pièces et de morceaux trop hétéroclites pour signifier quoi que ce soit...Mais ils n'auront pas le dernier mot ! René Girard pense, comme Simone Weil, que les Evangiles sont une théorie de l'homme avant d'être une théorie de Dieu. Une carte des violences où son orgueil et son envie enferment l'humanité.Découvrir cette théorie de l'homme et l'accepter, c'est rendre vie aux grands thèmes évangéliques relatifs au mal, oubliés et évacués par les croyants - de Satan à l'apocalypse. C'est également ressusciter l'idée de la Bible tout entière comme prophétique du Christ.Ainsi les Evangiles, loin d'être "un mythe semblable à tous les autres", comme on le répète à l'envi depuis deux siècles, seraient la clef de toute mythologie derrière nous, et au-devant de nous, de l'histoire inouïe qui nous attend. Dans le dépérissement de toutes les pensées modernes, est-ce que seules les Ecritures Saintes tiendraient debout ?René Girard a longtemps enseigné à l'université de Stanford, où il réside toujours. Ses livres sont étudiés et traduits dans le monde entier. Parmi les plus célèbres : Mensonge romantique et vérité romanesque (Grasset, 1961), La violence et le sacré (Grasset, 1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (Grasset, 1978), Le bouc émissaire (Grasset, 1982).

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  • A-t-on le droit, à la fin du XXe siècle, de penser ensemble Dieu et la science ? De dépasser le vieux conflit entre le croyant - pour qui Dieu n'est ni démontrable, ni calculable - et le savant - pour qui Dieu n'est même pas une hypothèse de travail ? Tel est, en tout cas, l'enjeu de ce livre qui, de ce fait, s'autorise d'une évidence : aujourd'hui, la science pose des questions qui, jusqu'à une date récente, n'appartenaient qu'à la théologie ou à la métaphysique. D'où vient l'univers ? Qu'est-ce que le réel ? Quels sont les rapports entre la conscience et la matière ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? De ce fait, tout se passe comme si l'immatérialité même d'une transcendance devenait l'un des objets possibles de la physique. Comme si les mystères de la nature relevaient, également, d'un acte de foi. Jean Guitton, Igor et Grichka Bogdanov ont ainsi voulu transformer l'ancien conflit du croyant et du savant en un débat essentiel. A travers l'échange de leurs arguments, de leurs interrogations, c'est bien de l'homme et de sa place dans l'univers qu'il est ici question.

  • Au point de départ de ce livre, un article publié par Pascal Bacqué à l'heure où la question du « mariage pour tous » occupait la rue et les esprits. Jean-Claude Milner exprima son désaccord avec ce texte - et une longue correspondance s'ensuivit entre les deux hommes.

    Sans rechercher un vain consensus, les deux auteurs y assument leurs positions radicale : études talmudiques pour Pascal Bacqué ; athéisme réfléchi pour Jean-Claude Milner. Chacun devenant, tour à tour, et par sa radicalité même, un révélateur l'un pour l'autre...

    Ainsi peut-on mettre à jour les enjeux d'un événement législatif : changement de civilisation ou pas ? Simple évolution du décor ou déchirure profonde ? La question de la Loi - juive, naturelle ou civile - y est posée dans toute son ampleur. Ces Lois peuvent-elles se contredire ? Le doivent-elles ? Faut-il tenter de les réconcilier ? Dans ce livre, l'avenir des hommes en société est ausculté à la lumière de grands textes de la pensée juive.

  • "Quelques mois après avoir publié {Dieu existe, je l'ai toujours trahi}, j'ai ressenti le besoin de poursuivre ma quête. Soutenue par l'importante correspondance que m'avait value mon livre, épaulée par de nouvelles rencontres, je suis partie vers mes frères. Et avec eux vers le Père. Je me suis cognée contre la mort. Celle de mon ami Cyril Collard. Et contre le mal. Cheminant tantôt dans la lumière, tantôt dans l'ombre, je n'ai cessé de douter. Jusqu'au jour où je me suis acceptée dépendante des autres, de l'Autre, et où j'ai compris, comme me l'avait dit le cardinal Lustiger, que Dieu ne trahit jamais." F.V.

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  • "On n'a pas cent fois, dans une vie, l'occasion de gueuler à la face de Dieu. L'âge venu, je prends cette liberté. C'est vrai, je ne risque plus grand-chose ! J'ai délaissé mes pouvoirs, qui sont tombés vains. Je ne dîne plus en ville. Je suis un simple soldat de l'édition. Et j'avance vers une fin que j'espère rapide, sans souffrance, comme celle de mon ami Bodard.

    Alors c'est vrai je hurle : contre ce Dieu que j'aime et qui ne cesse de fuir, contre les prières murmurées dans mon lit, au petit matin. Contre le silence des dimanches sans amis. J'insulte Dieu de m'abandonner sans joie, en ce corps qui me lâche. Mon Dieu, que t'ai-je fait ? Ai-je moi aussi mérité cela ? Et pourquoi ?

    J'avance, pourtant. Je lis. Je rencontre des auteurs, des talents nouveaux. J'écris un peu. J'espère en Dieu, tout de même. Je lui parle. Et je pleure de l'aimer sans grâce, avec plaisir encore, et de l'aimer jusqu'à la fin, dans l'abandon et la lumière." Françoise Verny est éditeur. Elle a écrit plusieurs ouvrages : le Plus Beau Métier du monde (1990), Dieu existe, je L'ai toujours trahi (1992), Dieu n'a pas fait la mort (1994), Mais si, messieurs, les femmes ont une âme (1995).

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