Histoire

  • À partir d'un lot d'archives espagnoles baptisées « Archive Holland », nom de son premier propriétaire, intégralement traduite et publiée dans ce volume, Rodrigo de Zayas nous relate avec précision l'histoire des Morisques, ces musulmans espagnols convertis de force après la Reconquête et finalement expulsés de leur pays en 1609. Ce qui s'est passé entre 1609 et 1612 est généralement escamoté ou déformé dans les livres d'Histoire car il s'agit d'une de ses pages les plus sombres : la déportation massive d'un peuple. Avec l'aide des armées, selon sa foi catholique, c'est à cela que se prête Philippe III, roi d'Espagne, le 4 août 1609, à Ségovie, dans l'église Sainte Croix de l'ordre des Prêcheurs.

    Nouvelle édition revue et augmentée.

  • Pourquoi revenir une fois encore sur l'affaire Seznec qui, depuis près de cent ans, accumule à son sujet des milliers d'articles de presse, d'émissions de radio, de télévision, quantité de films et de livres ?
    En 1924, la cour d'assises de Quimper condamne sur des présomptions Guillaume Seznec au bagne à perpétuité pour le meurtre du conseiller général Pierre Quémeneur. Le cadavre de Quémeneur n'a jamais été retrouvé et Seznec n'avouera jamais le crime.
    Considérée comme la plus importante affaire criminelle du XXe siècle, le symbole même de l'erreur judiciaire, elle demeure sur de nombreux points une énigme. Aujourd'hui, pour la justice, le dossier est clos. L'ultime demande en révision a été rejetée.
    Pour Denis Langlois qui a été pendant quatorze ans, de 1976 à 1990, l'avocat de la famille Seznec, le premier défenseur à consulter l'ensemble du dossier et qui a été empêché d'aller jusqu'au bout, le moment est arrivé de révéler ce qu'il sait : les secrets de la famille Seznec, les tabous, les témoignages troublants. Selon ses propres termes « le temps lui semble venu de démystifier la légende bâtie autour de cette énigme et de proposer une solution pour essayer d'en finir avec cette interminable affaire qui trouble à juste titre les consciences. Cela est nécessaire pour l'idée qu'on se fait de la justice ».

  • L'histoire débute à la cour du roi Matous Le Bon, à Aballon. Pour rendre son peuple heureux, Matous doit poser ses deux pieds dans le creux des cuisses d'une jeune fille vierge. Argantorota, au teint de lait et noire de cheveux, est cette jeune fille. Mais un jour, le roi Matous, revenu de la guerre après neuf mois, s'aperçoit qu'elle n'est plus vierge. En effet, elle laisse échapper un enfançon grand et blond et, quelques instants plus tard, une petite chose, un avorton, que l'on enferme dans un coffre.Ainsi naquirent Lougous, l'avorton, et son jumeau, Cernounnos. On apprend, ensuite, comment Lougous devient habile en tous les arts, en quoi son mariage est un échec douloureux, la manière dont il se venge du couard qui l'a trahi, pourquoi il voyage en Gaule et dans le monde ultramarin. On assiste à son initiation suprême, à son retour à Aballon, on voit à la suite de quel malentendu il part à la recherche de son père. On l'accompagne lorsqu'il prépare longuement la formidable bataille de Liricantos contre les Difformes et quand il tire des trois meurtriers de Cennos, son père supposé, une terrible vengeance. Enfin, on le voit affronter le Géant, Balaros, à l'oeil pernicieux, découvrir son vrai père et régner sur le monde.

  • Argantorota est l'unique déesse gauloise. Son nom « Roue-d'Argent » fait allusion à la ronde des étoiles. Mère de Lougous, elle correspond à la déesse galloise Arianrhod. Priée d'évoquer sa vie, elle raconte... celle de sa mère, la Cavalière, la Grande Reine, Épona, à qui elle s'identifie étrangement. C'est ainsi que l'on découvre la naissance de sa mère, sous un ciel fauve, en plein commencement du monde, puis la cavalcade par laquelle celle-ci séduit le roi Pillos, et comment elle élimine par ruse, en le ridiculisant, un prétendant redoutable. Au terme de trois ans de mariage, elle accouche d'un garçon et d'un poulain, qui lui sont cruellement dérobés. Nectanos les retrouve, après qu'elle a été injustement accusée et punie par Pillos d'avoir tué l'enfant.
    Argantorota, qui aime confondre la vie de sa mère avec la sienne, aborde alors sa propre aventure et retrace les séjours tumultueux qu'elle effectue à la cour du roi Matous, où elle va, à son tour, accoucher de jumeaux. On la découvre aussi sur son rocher noir, où elle accueille les âmes qui viennent des étoiles ou y remontent. C'est là qu'un jour Cernounnos obtient d'elle que, par magie, elle anéantisse le gros des troupes des Difformes. Elle réalise cet exploit avec l'aide de deux sorcières, en mobilisant... des arbrisseaux. À la fin, Argantorota organise l'année en la partageant entre ses deux fils et reçoit de la bouche même de sa mère le titre de Grande-Reine.

  • Noyer une partie du Sahara sous les flots de la Méditerranée, tel fut le très sérieux projet que conçut un certain Elie Roudaire, officier originaire de la Creuse, dans les années 1870.
    L'idée enthousiasma les savants les plus éminents, les politiciens les plus responsables, les affairistes les plus retors de l'époque. Ferdinand de Lesseps, qui la fit sienne, ne manquait jamais, lors des multiples mondanités auxquelles l'entraînait sa gloire récemment acquise à Suez, de demander à Roudaire chaque fois qu'il le croisait : " Et votre mer, monsieur Roudaire, comment va-t-elle ? " L'affaire occupa la France durant deux décennies, suscita des débats, des enquêtes, des expertises, des plans et des essais dont Jean-Louis Marçot nous retrace l'histoire mouvementée.
    Les chotts, ces formations géologiques singulières, à l'est de l'Algérie et au sud de la Tunisie, aux confins du Sahara, en constituent le décor. L'inondation par la Méditerranée de ce concentré de désert, grâce au percement d'une bande de terre dans le golfe de Gabès, inspira aussi le dernier roman de Jules Verne. En ouvrant ce dossier aujourd'hui oublié de la " mer intérieure ", Jean-Louis Marçot dresse un tableau des mentalités à travers les différentes phases de la colonisation de l'Algérie et nous entraîne dans une passionnante étude du Sahara, de ses mythes, de son histoire, de sa géographie et de ses mirages.

  • Roger Federer, joueur de tennis au palmarès unique, réunit tous les attributs actuels de la célébrité sportive mondialisée.
    Pourtant sa façon de jouer, son style, sa présence, emmènent le tennis dans une autre direction que celle tracée par les impératifs techniques, économiques et médiatiques. Son jeu révèle une échappée. Il rend aussi sensible un fait plus général : plus le sport est montré, moins il est célébré. Poètes et narrateurs, nécessaires à sa gloire, sont réduits au silence.
    C'est à la présence poétique, admirable de Federer que cet essai est consacré.

  • À contre-jour est composé d'extraits du journal du diplomate portugais Marcello Duarte Mathias. Ses journaux ont été publiés en portugais et en anglais dans leur version intégrale. Les extraits réunis ici nous entraînent de Lisbonne à Brasília, de Bruxelles à New York et New Delhi et bien sûr Paris, où il passe son adolescence et où il est en poste lors de la première Guerre du Golfe. Long cheminement personnel, ce journal, qui débute en 1962 et se termine en 2008, aborde différents sujets, du cinéma à la peinture, sans oublier la politique. Le récit des tractations diplomatiques qui ont entouré certaines grandes crises mondiales comme la première Guerre du Golfe.

  • Waterloo, nom célèbre de la bataille perdue par Napoléon, est devenu un lieu mythique. Situé en Belgique, à une vingtaine de kilomètres de Bruxelles, il est visité par de très nombreux curieux qui tentent de reconstituer ce qui s'est passé là et que rappelle le lion élevé sur un piédestal dont on gravit les marches pour apercevoir les champs et les taillis au milieu desquels le sort de la France et celui de l'Europe se jouaient. Du 16 au 18 juin 1815, les Alliés, conduits par Blücher et par Wellington, mettent ?n à l'ultime tentative de domination de l'Europe par Napoléon : le coup de poker des Cent-Jours. La bataille de Waterloo aggrave les conditions de paix faites à la France lors de la première abdication de l'Empereur. Surtout, par ses enjeux, elle fait prendre conscience aux Européens qu'il leur faut renouer avec l'équilibre des politiques d'alliances. Plus aucune nation ne pourra imposer son hégémonie avant Hitler en 1939. La bataille étonne et passionne par sa furie, ses atermoiements étranges, ses coups de théâtre, et par le caractère si différent des trois adversaires. Comme pour le précédent ouvrage de la collection " Mythologie des lieux ", La Tour Eiffel, une anthologie de textes et d'images (peintures, caricatures, objets, citations d'auteurs français et étrangers) donnent la mesure de l'impact qu'a produit cet événement dans la conscience des peuples européens.

    Né en 1930, Claude Michel Cluny est poète - Prix Guillaume Apollinaire pour Asymétries, Grand prix de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre poétique -, romancier - L'Été jaune, Un jeune homme de Venise -, essayiste, historien - Atacama -, critique. Il a également dirigé la collection " Orphée " à La Différence pendant une dizaine d'années.

  • À l'heure où l'Ukraine revient sur le devant de la scène politique et où la France, faisant désormais partie intégrante de l'OTAN, semble frappée d'amnésie, il n'est pas indifférent de rappeler l'enjeu de ce procès qui eut un retentissement comparable à celui de l'Affaire Dreyfus.
    Le 25 mai 1926, à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue Racine à Paris, un Juif russe naturalisé français à la n de la guerre de 1914, Samuel Schwartzbard, assassine Simon Petlioura, l'ancien président du Directoire ukrainien du 14 décembre 1918 au 5 février 1919. Il le tient pour responsable du massacre de dizaines de milliers de Juifs lors de pogromes organisés par l'armée indépendantiste ukrainienne dont Petlioura est l'ataman général.
    À l'époque, ce procès sensationnel qui dura huit jours, et vit témoigner les plus grands noms de la science et de la littérature des années trente, a bel et bien mobilisé l'opinion française tout entière et fait la une de la presse internationale. Ce grand élan pro-juif qui s'intercale entre la réhabilitation du capitaine Dreyfus en 1906 et les actes antisémites du gouvernement de Vichy correspond bien aux années où l'antisémitisme dans la société française connaît son plus bas étiage. Au mitan des années vingt, les horreurs de la guerre hantent les esprits et un puissant sentiment d'empathie se lève en faveur des victimes des pogromes. Les difficultés économiques se chargeront de souffler une nouvelle vague d'antisémitisme à partir de 1931. Me Torrès, l'avocat de Schwartzbard, était cent fois fondé à bâtir sa plaidoirie sur l'horri ante réalité des pogromes et à la clore dans un élan oratoire irrésistible : « Non, ce n'est plus vous, Schwartzbard, qui êtes en cause ici : ce sont les pogromes. » Aujourd'hui, Schalom Schwartzbard, en dépit du verdict d'acquittement, reste pour les Ukrainiens « l'assassin à la solde de l'ennemi de l'Ukraine indépendante ».
    Monique Slodzian nous restitue les tenants et les aboutissants de ce procès historique et nous rappelle la part obscure de ce nationalisme ukrainien défendu par l'Union européenne comme une pure aspiration à la liberté.

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  • Alésia est, par excellence, un lieu mythique. Il l'est doublement, dans l'histoire et dans la géographie. Symbole de la fin de la Gaule et du début de l'ère gallo-romaine dont les historiens du XIXe siècle ont fait un mythe des origines de la France, ce nom d'Alésia, trouvé dans le texte de César avec un « e » pour nommer le lieu où sévit la bataille lors de laquelle il vainquit Vercingétorix en 52 avant notre ère, fut assimilé depuis le IXe siècle à Alise-Sainte-Reine (Alisia), en raison d'un poème composé par un moine Héri ou Herric d'Auxerre qui identifia cette Alisia à l'Alésia de César à cause de la ressemblance des deux noms.
    Jean-Paul Savignac nous raconte la généalogie de ce haut lieu, les polémiques encore violentes que suscite sa localisation, et l'ambivalence fondamentale qui reste attachée à cet épisode de l'histoire qui voit la disparition de la civilisation gauloise et de sa langue en même temps que la domination de l'empire latin dont la France se sent aussi l'héritière.

  • Une enfant parle : la neuvième d'une fratrie de dix. Elle fait partie des petits. Elle est née après la guerre. Un mystère la hante. Pourquoi, dans sa famille nombreuse, sa soeur aînée qui était la cinquième est-elle subitement devenue la sixième ? Elle ne sait pas parce qu'elle n'a jamais demandé. Et ce silence, ce non-dit, la torture. Plus âgée, elle enquête et comprend que Paul, devenu le cinquième, est un enfant adopté, qu'il est apparu dans la famille à l'âge de quatre ans, avant sa naissance à elle, pendant la guerre. Que c'est un enfant juif dont le nom a été changé, qu'il s'appelait auparavant Samuel Tanenboim et que son accueil dans sa famille, les Delorme, l'a sauvé des rafles nazies et françaises. Comme l'archéologue qui tente par l'intensité de son regard de recomposer l'image du bouclier d'Alexandre à travers les tessons dispersés devant lui, Agnès Verlet ressuscite un passé, déchiffre l'histoire en faisant resurgir les images qui vont reconstituer la béance créée par l'irruption de ce frère, venu d'ailleurs. Un livre magnifique.

  • Si tout le monde en Occident a déjà vu des madones à l'enfant, qu'en est-il des pères à l'enfant ? À une époque où nos sociétés se métamorphosent, n'est-il pas intéressant d'interroger les rapports de père à fils, du moins l'image qui en a été donnée au cours des siècles ? Cet essai rassemble une vingtaine d'artistes qui, en Occident, du Ier au XVIIe siècle, ont représenté un père avec un fils, tableau profane ou sacré, depuis Énée blessé avec son fils sur une fresque de Pompéi jusqu'au Retour du Fils prodigue par Rembrandt. Une promenade guidée à travers les temps forts de l'histoire de l'art qui entend fournir au lecteur de quoi alimenter sa curiosité et lui permettre de poursuivre sa propre réflexion.

    Un essai historique et philosophique sur la relation paternelle à travers l'iconographie occidentale du Ier au XVIIe siècle (avant le déclin de l'autorité paternelle). Riche sélection iconographique commentée et analysée. Cet essai met en perspective l'héritage historique de la figure paternelle et notre perception de la paternité.

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  • Paris dans la littérature française après 1945 est le quatrième livre d'une série entreprise sur l'image de Paris chez les écrivains français depuis 1870. Il réunit des essais sur des romanciers et des poètes connus ou moins connus (Aragon, Michel Butor, Jacques Réda, Claude Simon mais aussi René Fallet ou André Hardellet), qui ont considéré Paris comme personnage principal d'au moins une de leurs oeuvres majeures, sinon de toute leur oeuvre. Le Paris de cette période est une ville traversée par les inquiétudes de l'après-guerre, l'agitation de 68, les interrogations sur sa place et son rôle dans un monde troublé. C'est aussi une ville dont l'aspect se modifie profondément : construction des grands ensembles et des périphériques, destructions considérables, changements dans la population... De là une tendance générale au désarroi chez les écrivains qui la mettent en scène, eux-mêmes souvent en proie à des interrogations sur leur existence : Perec, Modiano et Simon marqués par la guerre, Aragon, Jean-François Vilar, Olivier Rolin, par des déceptions politiques, beaucoup de poètes par le mal-être ou le deuil. Et pourtant, Paris n'a pas perdu sa force ni son charme. Il est très peu d'écrivains (François Augiéras ou Jacques Roubaud) pour ne pas aimer la ville. Beaucoup en scrutent l'histoire ou, tel Robert Sabatier, célèbrent en elle des souvenirs ; d'autres la parcourent et reparcourent lentement, à pied ou à bicyclette, et sont touchés par des lieux connus, tout à coup présentés dans leur beauté ou leur étrangeté (par exemple le pont Alexandre III, les escaliers du métro " Passy ", certaines maisons curieusement terminées en angles aigus), comme par des aspects plus secrets (les médaillons incrustés dans le sol et portant le nom d'Arago, les chantiers, les gares de Ceinture abandonnées). Ou bien ce sont des lumières, des rencontres... Ils ne vivraient pas ailleurs. Ils se projettent dans la ville, qui parfois les apaise ou les transporte, avec une sorte de magie.

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