• S'inspirant de sa carrière militaire comme des multiples rencontres que lui ont valu le succès de ses précédents livres, le général de Villiers dresse le portrait sans ambiguïté d'une France divisée, déboussolée, dépourvue de vision d'avenir dans un monde instable. Les Français ressentent à l'unisson qu'ils sont à un point de bascule, et que vient le moment du courage, d'un équilibre entre ceux qui exercent l'autorité et ceux qui doivent la respecter, entre humanité et fermeté, entre droits et devoirs. C'est ainsi que nous pourrons nous réconcilier, au-delà de nos différences, sur le chemin de l'unité et de l'espérance. Il y a urgence.
    « À la fin d'une conférence, une femme d'une cinquantaine d'années se présente devant moi, visiblement émue, et me dit qu'elle a peur. «Peur pour samedi prochain.» Son mari, Gilet jaune convaincu, prévoit d'aller manifester à Paris. Or l'unité de CRS à laquelle appartient son fils a été désignée pour y assurer le maintien de l'ordre. Ne vont-ils pas se retrouver face à face ? Cette pensée la hante, comment ne pas la comprendre ? À cet instant, j'ai ressenti le déchirement qui s'opère dans notre nation, l'impérieuse nécessité d'une véritable réconciliation nationale. ».

    Après ses deux premiers livres, Servir et Qu'est-ce qu'un chef ?, le général Pierre de Villiers a pris le temps d'une plongée passionnante dans la France, celle des Gilets jaunes, des habitants des villes et des banlieues. Il y a vu une nation profondément divisée et menacée par ses tensions internes, mais aussi par les ruptures d'un monde instable et dangereux. Il y a rencontré des femmes et des hommes entre angoisse et envie de s'en sortir. L'union nationale ne va plus de soi. Les Français ressentent à l'unisson qu'ils sont à un point de bascule, et que vient le moment du courage, d'un équilibre entre ceux qui exercent l'autorité et ceux qui doivent la respecter, entre humanité et fermeté, entre droits et devoirs. C'est ainsi que nous pourrons nous réconcilier, au-delà de nos différences, sur le chemin de l'unité et de l'espérance. Il y a urgence.

  • Le jour d'après Nouv.

    « Ce que nous avons vécu a déjà été joué. À New-York. Lors d'une réunion ou plutôt d'un exercice de simulation d'une pandémie de coronavirus, le 18 octobre 2019 ; tout a été filmé et se trouve sur internet. Cela s'est passé plusieurs mois avant la survenance du virus. En réalité, les participants - les géants du capitalisme de surveillance- anticipaient ainsi la catastrophe à venir. Ils avaient voulu un monde d'un seul tenant, sans cloisons. Ils savaient que ce monde-là serait hautement pathogène. Ils le savaient et ils s'y préparaient. Ils attendaient la pandémie et ils la voyaient venir. Quand elle survint, ils la saluèrent comme « une fenêtre d'opportunité ». Pour les rentiers du numérique et de la Big Tech, ce fut une aubaine. Mais aussi pour les gouvernements qui mirent au ban d'essai l'idée d'une « société disciplinaire ». Ainsi les élites globalisées ont-elles préparé le jour d'après. Occasion rêvée pour tout changer, changer la société, changer de société. Et imposer enfin leurs codes de désocialisation, leur esthétisme woke, leur idéologie du Bien total. ».
    Ayant entre les mains des éléments d'information fiables, recoupés, glaçants, Philippe de Villiers a décidé de prendre la plume pour alerter les Français, en espérant contribuer ainsi à l'insurrection des consciences.

  • La conseillère

    Olivier Faye

    • Fayard
    • 3 March 2021

    E livre jette pour la première fois la lumière sur Marie-France Garaud, cette femme de l'ombre qui s'est imposée dans les couloirs du pouvoir comme la plus puissante de l'histoire de la Ve République, murmurant à l'oreille d'un président - Georges Pompidou -, avant d'en façonner un autre, Jacques Chirac. Un homme qui finira par lui échapper dans une rupture violente.

    Elle a été la femme la plus puissante de la France contemporaine, mais personne n'a jamais raconté son histoire.
    Pendant près d'une décennie, Marie-France Garaud a régné depuis la coulisse sur la vie politique de notre pays. Conseillère de Georges Pompidou à l'Élysée, elle faisait et défaisait les carrières dans son bureau.
    /> Le gaullisme tourne alors la page du Général, et une nouvelle génération cherche à se faire une place.
    Avec son alter ego, Pierre Juillet, Garaud jette son dévolu sur Jacques Chirac, un jeune ministre ambitieux au caractère incertain, avec l'idée d'en faire un président à son image. Autoritaire et conservatrice, charmante et libre, la conseillère exerce sur lui un véritable empire.
    Telle Agrippine, mère et régente de Néron, cette Poitevine jouit du pouvoir par procuration. Jusqu'à la chute, et à la rupture.
    Cette enquête documentée et vivante jette enfin la lumière sur une femme iconique, la première « spin doctor » à la française.

  • L'ancien secrétaire général de l'Élysée raconte quarante ans de notre vie politique.
    Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron : Jean-Pierre Jouyet a servi quatre présidents de la République.
    Il a tout vu et (presque) tout connu.
    De l'Élysée à Bercy, de la Commission européenne à Matignon, il a vu fonctionner l'État de l'intérieur. Avec ses forces et ses faiblesses !
    Il a aimé travailler pour l'intérêt général.
    Mais il a détesté les archaïsmes du pouvoir, l'inertie des corporatismes... et certaines polémiques.
    Un récit d'une grande liberté de ton sur un petit monde qui prétend nous diriger. Un témoignage exceptionnel, parfois féroce, toujours informé.

  • Maintenant, je vais tout vous raconter... Nouv.

    Il a été député, premier vice-président du Sénat, président de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, ministre. Mais l'essentiel pour lui a toujours été Marseille, sa ville, dont il a été maire pendant 25 ans. Cet homme secret n'avait jamais raconté sa longue vie politique. Le bal des mégalos, le poison des ambitions et des egos, le spectacle quotidien des stratégies obliques et des trahisons planifiées, il a tout connu. Des coulisses kafkaïennes de l'administration aux grèves surprises de certains syndicats, Jean-Claude Gaudin, entouré d'une équipe soudée, a gouverné la ville pendant toutes ces années sous pression, celle légitime bien sûr des habitants, mais aussi de tous les lobbies, de toutes les institutions. Et puis, il y a la légende noire de Marseille, qui donne à l'auteur l'occasion de distinguer le vrai du faux, la réalité du fantasme - découpage électoral inique, clientélisme à visage découvert, délinquance des cités, affaires de l'OM et tant d'autres où l'on sollicite l'arbitrage du maire. Il évoque enfin avec une certaine ironie et une rare liberté de ton tous ceux qui ont aspiré à sa succession. Car ce catholique sincère pratique le pardon, mais n'oublie pas l'offense ! De Tapie à Defferre, de Sarkozy à Hollande, de Chirac à Simone Veil, pour n'en citer que quelques-uns, les éminences traversent ce livre riche en confidences, tout en restant pudique. Le Président Macron lui-même s'était interrogé, lors de leur première rencontre, sur le secret de cette carrière hors normes : « Comment avez-vous fait pour durer si longtemps? »

  • S'adressant à l'électeur d'Emmanuel Macron, François Bégaudeau fait la somme des aveuglements qui le font se prendre pour un progressiste de pointe là où il n'est qu'un conservateur de base.
    Tu es un bourgeois. Mais le propre du bourgeois, c'est de ne jamais se reconnaître comme tel.

    Petit test : tu votes toujours au second tour des élections quand l'extrême droite y est qualifiée, pour lui faire barrage. Par conséquent, l'abstention te paraît à la fois indigne et incompréhensible. Tu redoutes les populismes, dont tu parles le plus souvent au pluriel. Tu es bien convaincu qu'au fond les extrêmes se touchent. L'élection de Donald Trump et le Brexit t'ont inspiré une sainte horreur, mais depuis lors tu ne suis que d'assez loin ce qui se passe aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Naturellement tu dénonces les conflits d'intérêts, mais tu penses qu'en voir partout relève du complotisme. Tu utilises parfois (souvent ?) dans une même phrase les mots racisme, nationalisme, xénophobie et repli sur soi. Tu leur préfères définitivement le mot ouverture.

    Si tu as répondu oui au moins une fois, ce livre parle de toi. Prends le risque de l'ouvrir.

  • Servir

    Pierre de Villiers

    • Pluriel
    • 14 November 2018

    «  Le lundi 17 juillet 2017, dans la solitude de mon bureau, après mûre réflexion, je viens de prendre la décision de quitter ma fonction de chef d'État-major des armées. Cette démission, que rien n'annonçait quinze jours plus tôt, était devenue pour moi un devoir.
    J'ai désormais une responsabilité, celle de dire la vérité sur les menaces auxquelles nous devons faire face et sur les défis de nos armées. Ainsi, les Français pourront mieux comprendre.
    Ce livre est un appel. Oui, nous pouvons être fiers de notre beau pays et de son armée. Oui, cette nation est fidèle à son histoire quand elle est rassemblée.
    Je veux parler de nos forces, de nos fragilités, de notre courage, de notre honneur. Je veux servir.  »   Une plongée dans la pensée profonde du Général Pierre de Villiers, et une synthèse des enjeux de sécurité et de défense actuels.
      Postface inédite   Pierre de Villiers, général français, a été Chef d'État-major des armées de 2014 à 2017. Il est désormais président d'une société de conseil en stratégie.
       

  • Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque « crise de gouvernabilité ».
    Aux États-Unis, le phénomène inquiétait tout particulièrement le monde des affaires, lui qui était mis en cause de toutes parts, confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une « révolution managériale » réelle ou supposée, à des mobilisations écologistes inédites vécues comme des « attaques sur la libre entreprise », à l'essor concomitant de nouvelles régulations sociales et environnementales, et - racine de tous les maux - aux ravages de ce que Friedrich Hayek fustigeait alors comme une « démocratie sans limite ».
    C'est à cette occasion que furent élaborées, par réaction, dans un mouvement de contre-offensive multiforme face à cette vague de révolte généralisée, de nouvelles tactiques politiques destinées à l'endiguer et à la neutraliser, de nouveaux arts de gouverner encore actifs aujourd'hui - une nouvelle gouvernance capitaliste dont ce livre propose de retracer, en faisant le récit des conflits qui en constituent les sources, l'histoire philosophique.

  • L'Union Syndicale Solidaires représente une tentative pour retrouver un syndicalisme de contestation, contre les stratégies de cogestion prônées par le patronat et les gouvernements en place et le choix de la négociation adoptés par d'autres centrales syndicales. Depuis les années 1990, elle a tenté d'insuffler d'autres pratiques syndicales, moins bureaucratiques et plus branchées sur les luttes interprofessionnelles. Mais la spécificité de Solidaires se manifeste aussi dans la trajectoire de ses militants, dont certains ont tenté de reconvertir la dynamique du syndicalisme autogestionnaire dans la défense des salariés fragilisés et précarisés par la dérégulation croissante du marché du travail. Ce livre s'attache aux difficultés rencontrées par une telle rénovation du syndicalisme, mais il trace aussi des pistes de réflexion sur les conditions d'un rapprochement entre causes syndicales et luttes sociales.

  • On dit parfois la politique ennuyeuse : rien de plus faux. À l'heure des réseaux et de l'info en direct, elle n'est que surprises et rebondissements, embardées et retournements. Pourquoi en laisser le récit à l'image et au son ? L'écrit ne perd pas sa fonction dans cette histoire trépidante, s'il allie rapidité et pertinence.

    Journal des innovations, Libération pouvait accueillir, mieux que d'autres journaux, les lettres politiques quotidiennes en ligne qui conteraient jour après jour l'histoire de ce macronisme inédit et virevoltant, irrésistible dans son ascension, si faillible dans son déclin. Et pourquoi s'ennuyer ? Le théâtre politique est plus souvent une comédie qu'une tragédie. Cette drôlerie, cette ironie des destins, ces sarcasmes du sort devaient tisser le récit autant que les épreuves et les drames, qui n'ont pas manqué non plus.

    Ce livre, où le rythme quotidien oblige à la légèreté et à la réflexion mêlés, est celui d'un éditorialiste critique à qui on a lâché la bride, assorti d'une postface qui tire les leçons de trois ans de révolution politique, de révoltes sociales et de destins brisés ou magnifiés.

    Devenue culte, la « Lettre politique », écrite quotidienne par Laurent Joffrin depuis 2017 sur Libé.fr, est lue par plus de 60 000 lecteurs.

  • Commandos marine ; les hommes de l'ombre au coeur des tempêtes Nouv.

    Ils agissent dans l'ombre, sur les terrains les plus hostiles, se glissent dans la nuit et frappent là où personne ne les attend. Par la mer et par les airs, ces membres des unités des forces spéciales de la Marine nationale sont ceux qu'on appelle en dernier recours. Nageurs de combat, tireurs de précision, experts en explosifs, chuteurs opérationnels, ils appartiennent aux commandos Hubert, Trépel, Jaubert, Montfort, Penfentenyo, Kieffer et Ponchardier.
    Leurs missions sont secrètes et rien n'en filtre jamais. Appuis et destructions à terre, contre-terrorisme, opérations sous-marines, lutte contre la piraterie, renseignement en zones de guerre, libération d'otages, assauts en haute mer. Des hommes "au coeur des tempêtes" qui agissent souvent loin des côtes françaises et de toute médiatisation. Un récit haletant sur ce que vivent ces guerriers d'élite, qui se lit comme on regarderait une série !

  • Le 13 novembre 2015, dans la cellule de crise du ministère de l'Intérieur, place Beauvau, François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve sont livides. Sidérés, ils reçoivent le récit des événements en cours. Le massacre qui se déroule au coeur de la capitale dépasse leur entendement. Quelques minutes plus tard, le chef de l'Etat annonce dans une courte allocution qu'il place la France sous état d'urgence, un régime d'exception accordant au ministère de l'Intérieur des pouvoirs très larges, dérogatoires du droit commun.
    La stupeur émotionnelle a ouvert la porte à la gestion urgentiste de la peur. Et cette dernière a modifié en profondeur le fonctionnement de nos institutions, depuis la place du renseignement jusqu'à l'action même du Parlement, mettant à mal notre démocratie. Au fil d'une enquête passionnante dans les coulisses de l'Etat, Jacques Follorou, en s'appuyant sur des entretiens inédits, nous montre comment nos institutions démocratiques ont plié sous le pouvoir d'un exécutif toujours plus puissant.

  • « Pourquoi m'avoir exclue de leur histoire ? D'un commun accord, ils ne tenaient pas à me relier à leur passé. J'aime à croire qu'ils voulaient m'en protéger. »Fille de Régis Debray et d'Élizabeth Burgos, dont l'aventure commune a toujours gardé sa part de mystère, l'auteure les raconte. De Saint-Germain-des-Prés à Fidel Castro, au Che, aux geôles boliviennes, à la France de Mitterrand, la grande histoire est intimement mêlée à la leur, celle d'un couple, et ensuite d'une enfant. Comment se construire entre ces monstres sacrés dont le combat politique et intellectuel fut l'unique obsession ? Avec la distance d'une historienne et la curiosité d'une fille, ce livre est le regard d'une génération sur la précédente.La brillante confession d'une enfant du XXE siècle finissant ne manque ni d'humour, ni de sel, ni de style. Jean-Christophe Buisson, Le Figaro Magazine.Prix du livre politique 2018.Prix des députés 2018.Prix Étudiant du livre politique France culture 2018.

  • Depuis deux siècles, la France connaît une grande fréquence de changements de régimes, à travers la révolution et le coup d'État. Ces caractéristiques mettent en lumière la fragilité constante du pacte constitutionnel dans notre pays.
    Pour comprendre la façon dont les questions institutionnelles irriguent et orientent la vie politique française depuis le XIXe siècle, l'auteur propose une histoire vivante, prise dans la dynamique des personnages, des gouvernements, des assemblées, des manifestations populaires et des révolutions.
    Il montre l'élaboration de ces institutions, leur fonctionnement et leur adaptation à des conjonctures très diverses. Il éclaire leur rôle toujours croissant dans le cadre d'un État dont la présence s'intensifie et s'étend davantage, au niveau national comme dans la vie politique locale. Il interroge également le « quatrième pouvoir », celui des médias qui appuient ou contestent les institutions et leur pratique. Enfin, il se penche sur le rôle des crises - manifestations, insurrections, révolutions - qui n'ont jamais cessé de rythmer notre histoire et demeurent plus que jamais d'actualité.

  • Alors que l'on croyait en avoir fini avec la religion sous la poussée d'une modernité occidentale qui semblait en avoir fortement réduit l'impact social, la religion occupe à nouveau une place centrale dans l'actualité française. Elle est au coeur de discussions et polémiques sociales ; elle figure également à l'agenda politique, les autorités publiques cherchant à redéfinir aussi bien les conditions d'exercice de la liberté religieuse et ses limites que le point d'équilibre à trouver pour garantir la neutralité religieuse de l'État dans la société. Dans ce contexte, les diverses religions relisent leurs traditions et l'actualisent, suscitant des réactions diverses en leur sein.
    Cet ouvrage présente, de la manière la plus complète possible, les grandes données dont nous disposons actuellement sur les reconfigurations contemporaines du religieux en France : net décrochage du catholicisme, progression des « sans religion », croissance de certaines croyances, brouillage des frontières précises entre les religieux et les non-religieux avec des minorités significatives de religieux non-croyant et de sans religion croyant, inversion de la corrélation entre engagement religieux et grande agglomération d'une part et entre engagement religieux et âge d'autre part...
    Congédiant l'idée selon laquelle plus de modernité signifierait moins de religion, cet ouvrage vient également montrer que, bien au contraire, l'ultramodernité contemporaine entraîne de profonds bouleversements du religieux qui ont des conséquences politiques, sociales et culturelles dont on ne mesure pas suffisamment l'ampleur.

  • La France est-elle un pays libéral ? Elle se plaint de l'être trop mais, selon Jean-Philippe Feldman, elle ne l'est pas et ne l'a jamais été. Capitalisme, libéralisme, économie de marché, profit et libre entreprise y sont voués aux gémonies comme si la puissance publique était faible, alors que l'État est omniprésent. En réalité, elle est le seul pays développé à cumuler autant de manifestations d'antilibéralisme. Elle constitue, à ce titre, « une - malheureuse - exception unique au monde ».

    Pour appuyer cette thèse, cet ouvrage retrace la genèse de l'étatisme français. Partant des origines et de la constitution de l'État, il se livre à un examen minutieux de son évolution. Seule l'histoire du temps long - 1 200 ans de Charlemagne à Emmanuel Macron - permet de comprendre pourquoi les Français, à la différence des Anglo-Saxons, sont amoureux de l'autorité plutôt que de la liberté, champions des prélèvements obligatoires, égalitaristes, nantis d'un État providence, d'une fonction publique pléthorique, rétifs au libre-échange et à la mondialisation. Seule, elle permet de comprendre pourquoi la France est une société bloquée.

    De cette enquête sans concession, mêlant avec acuité références théoriques et précision factuelle, il ressort un tableau peu reluisant de l'État : centralisé, interventionniste, protectionniste, mal géré et fiscalement oppressif, rivé à la fonction publique, profondément ancré dans l'étatisme.

    Richement nourri de sources historiques, d'analyses juridiques, économiques et sociologiques, le livre cherche à éclairer le présent en le replaçant dans une perspective élargie. Plaidoyer en défense du libéralisme, il apporte une contribution remarquable à un débat très vif : la France peut-elle être réformée ou transformée ?

  • La V République s'installe à un moment où deux processus complexes et à géométrie variable - la décolonisation, d'une part, et l'essor économique sans précédent, de l'autre - dessinent de nouveaux périmètres pour la vie de la Cité. Après un demi-siècle d'existence, ce régime, qui apparut à beaucoup comme la structure politique d'accompagnement de la modernisation du pays et de sa métamorphose, semble peiner à conduire la nouvelle mue de la société française au sein d'un monde globalisé.
    En historien, Jean-François Sirinelli observe le fonctionnement de l'écosystème quintorépublicain.
    Il en analyse les crises conjoncturelles et éclaire les mouvements structurels de la démocratie française de ces cinquante dernières années.

  • LE LIVRE EST COMPOSÉ DE TROIS PARTIES.

    La première évoque les vies mobiles. Ces  hommes ou ces femmes que leur travail éloigne  de chez eux (routiers, chantiers, livraison). Pour  que cette vie soit vivable il faut que les proches  restent immobiles (emplois sociaux de proximité) et que les loisirs ou les vacances se déroulent  dans un rayon très réduit.
    La deuxième partie raconte les vies entravées. À cause de restrictions judiciaires (contrôles), de  handicaps ou d'absence de permis de conduire,  le sauf-conduit pour avoir un emploi.
    La troisième partie est consacrée auxvies immobiles.  Très peu de déplacements, voire pas  du tout, car ils ne peuvent acheter une voiture. Une vie d'expédients à chasser les promotions  dans les centres commerciaux.

  • « Il faut en finir avec les visions stéréotypées de Mai 68, qui vont à coup sûr nourrir les célébrations comme les vitupérations, les nostalgies comme les procès de ce mois symbolique à l'occasion de son cinquantenaire.
    Au fond, en Mai 68, ce qui nous animait, ce qui nous enthousiasmait, était la conviction qu'il fallait en finir avec les places sociales, que le renversement de l'impitoyable, de la sordide hiérarchie des fortunes, des libertés et des pouvoirs était politiquement possible, à travers un type inédit de prise de parole et la recherche tâtonnante de formes d'organisation adéquates à la nouveauté de l'événement.
    Si nous portons toutes les leçons de Mai 68 au coeur du monde vivant, nous pourrons, oui, mais seulement sous ces conditions, redire et suivre l'appel de Mao : «On a raison de se révolter.» »

  • Depuis des siècles, notre France est humaniste, cosmopolite, ouverte sur les autres, le monde et l'avenir. Elle n'a jamais été ce pays clos, cette société monochrome et cette identité univoque que les réactionnaires prétendent ressusciter.
    Profitant du silence et de l'indolence des héritiers supposés de Voltaire et Hugo, les rejetons de Maurras et Barrès ont kidnappé notre histoire. Devenus maîtres du passé, ils contrôlent le présent et oblitèrent l'avenir.
    Face à la tentation du repli qui submerge notre nation, il est temps de reprendre le récit français des mains de ceux qui l'avilissent. Temps de réapprendre à dire et à aimer ce que nous sommes. De retourner aux sources de notre France pour la faire vivre à nouveau.
    R. G.
    />   Raphaël Glucksmann retourne le passé contre les passéistes. Libération.
      Un essai courageux.  Le Monde.
      Une plongée dans la structure progressiste et ouverte de l'identité française, une réponse au déclinisme.  Les Inrockuptibles.

  • Le maire et les barbares

    Eve Szeftel

    Ils avaient promis. Ils seraient irréprochables.
    Ils avaient promis. Ils seraient différents.
    Ils avaient promis. Ils feraient de la politique autrement.
    Un simple tract va tout faire basculer.

    Bobigny, préfecture du département le plus pauvre de France, va être le théâtre de la promotion de la voyoucratie et l'envers de la méritocratie républicaine. Jusqu'à ce sms qui dénonce qu'il y a bien eu un pacte avec les cités pour la prise du pouvoir.

    Cette enquête sidérante, conduite par une journaliste de l'AFP, révèle que tout est possible pour gagner une mairie, certains pactisant avec des logiques mafieuses et le communautarisme.

    Mais l'impensable ne s'arrête pas là. Ce pacte cache un autre pacte, secret celui-ci, qui renvoie à l'une des pires affaires criminelles françaises : l'assassinat d'Ilan Halimi.
    Ils ont pactisé avec les barbares.
    Une plongée au coeur de la corruption et du clientélisme politique qui détruisent la République.

  • Le pouvoir aime le secret. De droite ou de gauche, à l'ère technologique comme au temps des lettres de cachet, les puissants essaient de cacher ces desseins que le peuple ne saurait voir.
    De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterand, Chirac, Sarkozy, puis Hollande : les présidents passent, l'Élysée demeure le chaudron bouillant où mijote le ragoût des affaires. Barbouzes par-ci, diamants par-là, écoutes téléphoniques illégales chez l'un ou Légions d'honneur douteuses pour l'autre, chaque président a ses dossiers.
    C'est donc à un édifiant voyage dans les archives noires de la V e République que cet ouvrage invite. Près de nous, l'affaire Clearstream, avec ses fichiers frelatés, puis les dossiers Bettencourt ou Karachi ont répandu une odeur de souffre sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy - jusqu'à une campagne présidentielle de 2012 qui a enfanté l'ahurissantscandale Bygmalion.
    Quant à François Hollande, qui devait être le président normal d'une République exemplaire, il a vu son quinquennat gâché par Jérôme Cahuzac et Thomas Thévenoud, entre autres ministres démissionnés, sans oublier quelques conseillersindélicatsaux chaussures trop bien cirées ou à l'entregenttrop gênant.
    Pas de doute : les « affaires » continuent,le journalismed'investigationest plus que jamais nécessaire.

  • Que signifie l'accession au pouvoir de LREM ? Un pouvoir concentré entre quelques mains, le refus de l'interventionisme, des députés godillots... Michel Margairaz et Danielle Tartakowsky analysent comment, depuis le Conseil national de la Résistance et son programme, plusieurs visions de l'État s'affrontent, et comment celle d'un État réduit, peu-à-peu, à son minimum s'est progressivement imposée, incarné aujourd'hui par LREM.
    On analyse ici l'évolution des institutions, des acteurs et des pratiques de l'État en France depuis 1944, particulièrement à travers les politiques publiques, en trois périodes. Celle où les grandes réformes issues du programme du CNR de mars 1944 (Plan, nationalisations, Sécurité sociale, service public, système de crédit administré...) placent durablement l'État au coeur du développement de l'économie et de la société. Cette période se poursuit, non sans tension ni opposition, dans les années (1968-1982) qui s'inscrivent dans l'une des postérités de mai 1968, celle de de la régulation collective administrée par l'État, alors hégémonique, des gaulistes au PC, de l'économie et de la société, quels que soit les partis au pouvoir. Une troisième période, de 1982 à nos jours, voit, selon des temporalités différenciées, les fonctions de l'État se déliter, suivant un enchainement complexe dans l'effacement successif de ses prérogatives, jusqu'à LREM, ultime avatar.

  • Faut-il encore écrire sur le colonialisme et le néo- co lo nia lisme ? De manière récurrente, l'accusation d'un ressassement morbide d'une histoire révolue est brandie à l'encontre de ceux qui répondent po si ti- vement à cette question.
    Pourtant, du projet Montagne d'Or en Guyane au référendum en Nouvelle-Calédonie/Kanaky en pas- sant par la situation de Mayotte, tout nous ramène au présent colonial de la république française.
    Certes, les appréciations sur le passé colonial ont été contraintes de prendre en compte, peu ou prou, les indépendances du siècle dernier, mais avec, ne l'oublions pas, des retours réguliers d'une tentation révisionniste, à l'image de la loi du 23 février 2005 évoquant « l'oeuvre positive de la colonisation ».
    Depuis, de manière régulière, nos chefs d'État ne cessent de s'illustrer par des représentations et grilles de lecture datant historiquement de cette phase par- ticulière de l'histoire de l'humanité qu'a été la colo- nisation succédant, à son tour, à une phase, tout aussi spécifique, celle de la mise en esclavage sur plusieurs siècles, avec une ampleur industrielle inédite.
    De « l'homme africain pas assez entré dans l'his- toire » de Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007 au « sept à huit enfants par femme » d'Emmanuel Macron en 2017, censés expliquer la pauvreté des habitants du continent, le même imaginaire colonial continue de faire irruption régulièrement pour expliquer le scan- dale de la paupérisation maintenue six décennies après les indépendances.
    Cet imaginaire ne peut pas, comme le démontre l'auteur, se réduire à une simple persistance du passé.
    Il n'est pas une survivance d'une époque révolue ou une trace héritée vouée à disparaître par l'épuise- ment du temps.
    Il reflète les rapports de dominations que la France entretient avec les confettis encore colonisés de son ancien empire colonial, euphémiquement appelés « Outre-mer » d'une part et avec ses anciennes colonies sous la forme du néocolonialisme d'autre part.
    De la Françafrique aux Antilles dites françaises, c'est à des incursions précises et thématiques dans l'histoire et le présent coloniaux de la France que nous invite ce livre.

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