• Alors que le 6 août 1945, l'humanité entrait dans l'ère nucléaire, il est devenu clair que tout espoir de maîtriser une escalade guerrière capable de mettre fin à la vie humaine devrait passer par la coopération internationale. De même, toute mesure permettant de contenir efficacement les effets de la catastrophe environnementale doit être de portée mondiale. Croisant l'analyse de la menace nucléaire et l'ère de l'Anthropocène, Chomsky montre comment ces périls à l'existence humaine évoluent et interagissent. Il plaide l'urgence de conclure et mettre en oeuvre des traités internationaux sur le climat et l'armement. Partout dans le monde, des mouvements populaires se mobilisent pour contraindre les gouvernements d'être à la hauteur de ce défi sans précédent qui met la civilisation en péril.

  • Le Moyen-Orient est-il démocrate ou républicain ? L'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche provoque des réactions contrastées dans la région.
    Certains États redoutent une rupture dans la politique étrangère américaine, d'autres relativisent l'impact d'une nouvelle administration et évoquent une redéfinition des choix et des priorités de la politique américaine au Moyen-Orient. La décision de Joe Biden de faire appel à Antony Blinken pour le département d'État et à Jake Sullivan pour la direction de la Sécurité nationale dénote une volonté de traduire en partie les promesses électorales en matière de politique étrangère : le retour à l'approche multilatérale, une collaboration étroite avec les alliés traditionnels de Washington et la préservation des intérêts américains. Le président américain change, mais les intérêts américains au Moyen-Orient ne changent pas.

  • En 1815, le congrès de Vienne inaugure, après la longue césure des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, une nouvelle ère dans les relations internationales, avec l'Europe pour théâtre principal et acteur essentiel. Le directoire des grandes puissances assure un siècle de paix globale, affirmant sur toute la planète la suprématie du Vieux Monde. Cependant, à partir du XXe siècle, le système se dérègle et le leadership européen cède la place à un monde déchiré par les crises, les guerres et le choc d'idéologies antagonistes avant d'hésiter, depuis l'an 2000, entre ordre et désordre.
    Cet ouvrage retrace l'histoire des relations internationales du XIXe siècle à aujourd'hui, apportant ainsi les connaissances indispensables pour comprendre quel nouvel équilibre mondial se dessine au début du IIIe millénaire.

  • L'influence de l'Occident est-elle toujours dominante ?
    Comment s'affirment les puissances émergentes que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil ?
    Quel enjeu représentent les matières premières dans les relations internationales ?
    Ce qui se produit sur la scène internationale a de plus en plus de conséquences sur notre vie quotidienne. Pourtant, ces événements restent difficiles à appréhender. Pris dans le flux incessant de l'information, il n'est pas facile de distinguer l'essentiel de l'accessoire, de prendre le recul nécessaire pour maîtriser les codes d'une planète mondialisée et saisir ses enjeux.
    D'une indéniable clarté pédagogique, Pascal Boniface livre une vision globale d'un monde complexe et en mutation, par un mélange de profondeur historique et de décryptage de l'actualité, afin de nous aider à en comprendre les multiples ressorts.
    Cet atlas propose 100 cartes, accessibles et élégantes, permettant de synthétiser les phénomènes majeurs des relations internationales.

  • LES PERSPECTIVES DE THIERRY DE MONTBRIAL.

    TROIS ENJEUX POUR 2021 .
    - SANTÉ/CLIMAT : COVID-19, ET MAINTENANT ?
    Le choc mondial du COVID-19 ouvre-t-il un monde nouveau ? Quelles stratégies s'imposent désormais face aux nouvelles dimensions des problèmes sanitaires et d'environnement ?
    - EUROPE : SE REFAIRE OU SE DÉFAIRE.
    Si l'Europe se construit dans les crises, le COVID-19 lui donne la chance de se dépasser. L'Union européenne saura-t-elle faire le saut politique qui la ferait exister face aux mastodontes américain et chinois ?
    - MONDE ARABE : 10 ANS APRES LE FAUX PRINTEMPS.
    Le monde arabe a échappé au malheur promis de la pandémie. Si les régimes se ferment, les sociétés protestent. Le printemps arabe a été court. Pourrait-il revenir ?

    LE MONDE EN QUESTIONS.
    Des suites économiques et technologiques du COVID-19 aux défis sécuritaires et migratoires, en passant par les problématiques stratégiques propres à chaque continent : un tour du monde des crises et des stratégies au seuil d'une décennie décisive.

    REPÈRES.
    Annexes statistiques, chronologie, cartographie originale et vidéos des chercheurs de l'Ifri approfondissent les analyses du RAMSES2021.

  • De 1945 à nos jours, Pascal Boniface retrace, de façon directe, claire et vivante, 70 ans de relations internationales. Il met ainsi en lumière les précédents, les choix et les biais géopolitiques qui permettent de décrypter l'actualité et de percevoir le monde dans sa globalité.

    Foisonnante et explosive, la période contemporaine ne cesse de nous surprendre : cet essai didactique constitue la référence indispensable des lecteurs désireux de prendre du recul pour aborder la mondialisation de façon éclairée et le présent en connaissance de cause.

  • « Comment la France et l'Europe, menacées par le déclin économique et démographique sur toile de fond de crise politique et morale, peuvent-elles se défendre face à ces nouveaux prédateurs que sont la Chine - désormais superpuissance consciente de son rang historique -, la Russie - insatisfaite de l'ordre postsoviétique sur notre continent -, voire les États-Unis ?

    Pour tenter de répondre à cette question, il faut d'abord reconnaître les terrains de chasse de la prédation moderne. C'est à partir de là que nous pourrons apprécier les logiques de comportement des fauves avant d'analyser les options stratégiques qui s'offrent à nous, Européens, si nous ne voulons pas être leur proie. » F. H.

    François Heisbourg analyse les différentes formes de prédation - commerciale, industrielle, financière, bien sûr, mais aussi idéologique et politique -, souligne les retournements de l'Histoire - comment les pays européens sont passés de prédateurs à proies - et appelle nos pays à rassembler leurs forces pour résister à la prédation.

    Un livre écrit de main de maître, un appel urgent à penser la stratégie.

  • La France et la Russie ont noué, depuis la fin du XVIe siècle, des relations exceptionnelles dans les domaines culturel, intellectuel, économique et - parfois - politique. Elles constituent aujourd'hui un thème de débat enflammé à Paris et sont une priorité de la diplomatie d'Emmanuel Macron. Ambassadeur de France en Russie de 2009 à 2013, Jean de Gliniasty directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), offre au lecteur un historique des relations entre les deux pays, ainsi qu'une réflexion sur leur évolution

  • Travailleuse d'usine mexicaine, cultivateur de riz indien, ménagère ougandaise, fermière aymara: ces personnes ont en commun d'être nées dans des nations exploitées ou opprimées. C'est le résultat de l'ordre mondial institutionnalisé?: la prospérité de l'Occident vient en grande partie de l'appauvrissement du reste du globe. Pourtant, les positions antimondialisation actuelles sont trop souvent synonymes de fermeture des frontières et de repli sur soi. Pour faire contrepoids, Maïka Sondarjee développe une position internationale pour la gauche qui est réellement solidaire avec les nations du Sud: l'internationalisme radical. Avec cette vision anticapitaliste, décoloniale et féministe de la coopération internationale, elle souhaite intégrer l'Autre au coeur de nos préoccupations. Une invitation à décoloniser la solidarité internationale et à envisager une transition globale juste, seule façon de ne pas perdre le Sud.

  • Fétichisme des équilibres budgétaires, fanatisme du libre-échange, mépris de la préférence communautaire, subversion du politique par l'économie, des États par les marchés, du public par le privé...
    Comment peut-on être européen ?
    L'Europe est aujourd'hui engluée dans un triple échec. Échec de l'union monétaire alors que ne cesse de se creuser la divergence entre Nord et Sud. Échec de l'union économique, pendant que la compétition entre pays membres se poursuit. Échec d'une union politique quand l'Europe préfère abandonner sa gouvernance à des autorités indépendantes plutôt que de privilégier la concertation entre les États.
    Au-delà de l'affrontement stérile entre souverainisme et fédéralisme, Jean-Marc Ferry suggère d'explorer une troisième voie, la co-souveraineté : la possibilité de se coordonner afin de conduire ensemble des politiques publiques définies sous l'autorité d'une institution légitime, associant les parlements nationaux aux processus de décision.

    Jean-Marc Ferry plaide aussi pour l'instauration d'un socle social européen, reposant sur le double dispositif d'un revenu de base universel et du développement d'un nouveau secteur d'activité personnelle et autonome. Enfin, il revient, en philosophe, sur le sens même de la construction européenne face aux menaces toujours présentes de la misère, de la guerre et de la barbarie.

  • Relations internationales Nouv.

    Les relations internationales restent dominées par les rapports entre États. La puissance - capacité de faire, de faire faire, d'empêcher de faire, de refuser de faire - est leur principe organisateur. Droit international, organisations intergouvernementales sont des instruments pour la coopération et la compétition internationales, qui toujours coexistent. Celles-ci permettent de gérer les problèmes de la société internationale : paix et sécurité, questions politiques, relations économiques, culturelles, défis environnementaux...
    Des acteurs non étatiques - firmes transnationales, ONG, médias, mais aussi groupes criminels, terroristes... - sont de plus en plus présents dans les relations internationales. Ils contribuent à définir leurs priorités et parfois concurrencent, voire affrontent les États. Ils peuvent en être partenaires, mais sont aussi perturbateurs. Leur régulation est l'un des enjeux contemporains.
    Constantes et transformations de la société internationale, structures et ruptures, sont les axes dominants du présent ouvrage. Si la puissance est le principe organisateur des relations internationales, le déficit de puissance qui les caractérise aussi est leur principe désorganisateur. Il explique que, par delà la rhétorique de la mondialisation, nombre de problèmes restent ouverts, voire sans solutions rationnelles prévisibles. Le désordre international est une marque des premières décennies du XXIe siècle.

    Cet ouvrage est destiné aux étudiants, experts, universitaires, et plus largement à tous ceux qui s'intéressent aux défis de notre temps, internationaux par nature.

  • De toutes les émotions, la colère est l'une des plus puissantes. Elle s'accompagne de bien d'autres affects - indignation, culpabilité, amertume, ressentiment, haine, désir de vengeance - dénominateurs communs d'une actualité bouillonnante mais particulièrement confuse. Violences politiques et terrorismes transnationaux, soulèvements populaires et protestations « indignées » à travers le monde, insurrections armées au long cours, montée des populismes et reflux des nationalismes, regains et consolidations autoritaires, haine de l'« autre », interminables guerres civiles et conflits gelés, rancoeurs sociétales nouvelles comme plus anciennes, belligérances numériques inédites... Inexorablement, sous nos yeux, c'est bien la colère qui semble dévorer une globalisation que d'aucuns qualifiaient autrefois d'« heureuse ».
    Se plaçant sur le terrain singulier de la géopolitique, Myriam Benraad analyse ce qu'« être en colère » signifie, comment cette émotion se manifeste à l'échelle planétaire, quels en sont les protagonistes, dynamiques et enjeux. Assistons-nous à un phénomène passager ou cet emportement général, visible partout, a-t-il déjà mué en logique durable laissant craindre un XXIe siècle particulièrement brutal et instable ?

  • En principe brèves, à l'occasion dangereuses et donc redoutées, les crises sont susceptibles de modifier le cours de l'Histoire.
    Analysant soixante crises internationales, les unes fameuses, d'autres oubliées, l'auteur éclaire quelquesuns des événements qui ont rythmé le siècle passé et façonné le monde d'aujourd'hui.
    Parmi les 60 crises étudiées : la révolte des Boxers (1900) ; l'attentat de Sarajevo (1914) ; le génocide arménien (1915-1917) ; l'occupation franco-belge de la Ruhr (1925) ; la remilitarisation de la Rhénanie (1936) ; les accords de Munich (1938) ; les missiles de Cuba (1962) ; la guerre des Six Jours (1967) ;
    L'intervention soviétique en Afghanistan (1979) ; la guerre des Malouines (1982) ; l'intervention française au Tchad (1986) ; la crise yougoslave (1991) ; la guerre russo-géorgienne (2008)...
    Une fiche résume le déclenchement de chacune de ces crises, son déroulement, les forces en présence et sa conclusion.

  • Une présentation claire, vivante et actuelle de la société internationale.

    Cet ouvrage traite des rapports et flux transfrontaliers, matériels ou immatériels, qui peuvent s'établir entre deux ou plusieurs individus, groupes ou collectivités. Il se compose de trois parties :
    . les données de la scène internationale : les approches doctrinales ; un bref historique des relations internationales depuis 1945 ; les caractères de la société internationale ainsi que les facteurs constitutifs des relations internationales ;
    . les acteurs et les règles des relations internationales : l'État, protagoniste principal des relations internationales ; les acteurs récents, les Organisations intergouvernementales ; les nouveaux acteurs, Organisations non gouvernementales , Sociétés transnationales individus, peuples et groupes politico-militaires ainsi que la régulation normative des relations internationales ;
    . les enjeux et les défis des relations internationales étudiés sous forme de questionnement : guerre ou paix ? Richesse ou pauvreté ? etc.

  • Depuis 1954, une fois par an, ce groupe restreint se retrouve pour décider en secret de l'avenir politique et économique de l'humanité. Aucun journaliste n'a jamais eu accès à ses réunions, dont la première eut lieu à l'hôtel Bilderberg, dans une petite ville néerlandaise. Fruit de plus de quinze années de recherches rigoureuses et dangereuses, l'impressionnante enquête de Daniel Estulin dévoile pour la première fois ce qui n'avait jamais été dit auparavant, éclairant les jeux de pouvoir qui se déroulent à notre insu.
    Sous la protection féroce de la police, la classe dirigeante mondiale dicte ses lois sur la politique, l'économie et les questions militaires. L'ouvrage fouillé d'Estulin démontre comment le Groupe Bilderberg a été impliqué dans tous les plus grands mystères de l'histoire récente et comment de cette élite émergent les figures clés du grand échiquier international.

  • De gendarme du Golfe sous le règne du Shah (1941-1979), l'Iran devint une République islamique apparaissant comme une puissance déstabilisatrice pour nombre de ses voisins arabes et sunnites, ou pour Israël. La nature de la politique internationale de Téhéran n'a cessé de questionner les spécialistes. Après la Révolution, la République islamique a construit ses relations en s'appuyant sur l'idéologie islamiste, tout en prenant en considération les questions de sécurité. Plus récemment, Téhéran est devenu un partenaire de la Russie dans la lutte contre le djihadisme sunnite ; mais l'aide iranienne contre cette idéologie est en elle-même porteuse de dangers futurs selon les États-Unis, puisqu'elle favorise l'émergence d'un chiisme paramilitaire depuis l'intervention américaine en Irak (2003) et les débuts de la crise syrienne (2011).

    Cet ouvrage montrera donc les relations de l'Iran depuis 1941, s'intéressant aussi bien aux rivaux de l'Iran qu'aux nouveaux partenariats, nés notamment de la priorité donnée par Téhéran à son opposition à Washington, tant sur les affaires régionales qu'internationales.

  • La troisième édition de cet ouvrage vise à faire le point sur :
    - l'histoire des relations internationales depuis la fin de la Première Guerre mondiale ;
    - les questions régionales, tant dans leurs problématiques structurelles que dans leurs développements les plus actuels ;
    - les grands thèmes qui traversent la matière : droit, questions de défense, économie, enjeux globaux (environnement, matières premières, criminalité, etc.).

  • En janvier 1959, la guérilla castriste prend le pouvoir à Cuba. En décembre 1989, les forces armées des États-Unis interviennent au Panama contre le gouvernement de Manuel Noriega.

    Entre ces deux dates, le modèle révolutionnaire cubain inspire les guérillas révolutionnaires d'Amérique Latine. Véritable modèle ou repoussoir pour ses ennemis politiques, le régime de Fidel Castro devient ainsi le chef de file de l'action révolutionnaire dans la région.

    Au-delà de ce premier constat, cet ouvrage aborde également l'importance de la réalité locale de chaque pays dans l'émergence et l'évolution des mouvements de guérillas. En effet, les traditions politiques, les crises internes et les caractéristiques locales tendent à produire un paysage révolutionnaire hétérogène dans son ensemble. Les guérillas sont ainsi le produit de l'influence révolutionnaire cubaine et du contexte national dans lequel elles se développent.

    Ce livre présente les situations nationales selon une classification inédite : les Etats révolutionnaires, les dictatures contre-révolutionnaires, les conflits armés, la "Guerre Sale" et les foyers révolutionnaires périphériques. L'impasse progressive dans laquelle se trouve la plupart de ces pays dans les années 1970-1980 contribue à amorcer un changement au cours des décennies suivantes à travers différents processus transitoires.

  • « Le mot "international", j'en conviens, est nouveau ; bien que, j'espère, clair et explicite. » Ainsi s'exprimait le philosophe Jeremy Bentham en 1781 lorsqu'il conçut ce néologisme. Si le terme est passé dans le langage courant au XVIIIe siècle, avec la prise de conscience de l'essor des États- nations et de la multiplication des transactions entre eux, la discipline des Relations internationales a tardé à s'imposer dans le champ des sciences sociales, en France particulièrement. Pourtant, l'étude savante de ce qui se passe sur la scène internationale aide à comprendre le monde. Pédagogique et exhaustif, cet ouvrage destiné aux étudiants, enseignants, diplomates et journalistes, s'y emploie. Il présente l'environnement intellectuel et historique de la discipline, ses paradigmes, ses concepts et débats structurants, et s'interroge sur les liens entre théorie et pratique. Il propose un état de l'art en ce début de XXIe siècle, en France et dans le monde.
    Cette sixième édition, augmentée de deux chapitres sur l'apport des études féministes et sur la diplomatie, met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies de ce vaste champ d'étude.

  • Depuis une dizaine d'années, les États-Unis mobilisent une arme économique dont les élites européennes sont en train d'évaluer les dégâts et que l'opinion publique ne soupçonne pas : leur droit, leurs lois, qu'ils appliquent au-delà de leurs frontières et qui leur permettent de s'ingérer dans la politique étrangère et commerciale de leurs ennemis comme de leurs alliés. Cibles prioritaires : les entreprises européennes en général, et françaises en particulier. Méthode : sanctionner en infligeant de lourdes amendes, fragiliser, racheter. Washington joue au shérif économique pour préserver et enrichir ses intérêts nationaux.

  • Tout l'arsenal de la Françafrique s'est déployé en Côte d'Ivoire : diplomatie parallèle, réseaux officieux, affaires troubles, coups tordus et crimes de guerre.
    Dans la nuit du 6 au 7 novembre, plusieurs dizaines de milliers de manifestants descendent dans les rues à l'appel de Charles Blé Goudé, leader des « jeunes patriotes », et se dirigent vers l'aéroport et la base militaire française.
    Pour « casser la manifestation », selon les termes du général Poncet, les manifestants sont pris pour cibles par les hélicoptères de combat de l'armée française. Les Ivoiriens qui réussissent à passer les ponts se heurtent aux barrages et aux chars des soldats français, qui tirent à balles réelles et à la grenade offensive.
    Le lendemain, le chiffre de plus de trente morts et d'une centaine de blessés par l'armée française est avancé par un membre du Front populaire ivoirien et aussitôt récusé par l'étatmajor français, qui ne reconnaît que « des tirs d'intimidation ». Le soir, le général Bentégeat reconnaît qu'ils ont « peut-être blessé ou même tué quelques personnes », mais il ne parle que de « pillards » et se déclare « très fier de la réaction qu'a eu le détachement Licorne. Ils ont montré qu'on ne tue pas impunément les soldats français ». La suite des événements confirmera qu'on peut en revanche tuer impunément des civils ivoiriens.
    Derrière une neutralité affichée, la France n'a cessé d'intervenir dans la vie politique ivoirienne, défendant âprement ses intérêts économiques et son influence régionale. Elle a arbitré la guerre de succession ouverte par la mort du président Houphouët-Boigny, poussant les candidats les plus proches de la France pour pouvoir maintenir la Côte d'Ivoire à la place qu'elle occupe depuis l'indépendance de 1960, à savoir u n des pivots de la Françafrique - cette forme spécifique du néocolonialisme français.
    Sous prétexte d'éviter un « nouveau Rwanda », la France est aussi intervenue militairement en Côte d'Ivoire, jouant le rôle de force « impartiale » aux côtés de l'ONU.
    C'est d'ailleurs dans le cadre de l'opération Licorne - censée illustrer l'exemplarité des nouvelles modalités d'intervention de l'armée française en Afrique - que les militaires français ont ouvert le feu sur des foules de civils ivoiriens désarmés, en novembre 2004, sur fond de manipulations qui laissent suspecter une tentative avortée de coup d'État.
    La France n'a jamais été ni un arbitre neutre ni un acteur désintéressé dans la crise ivoirienne ; ce livre participe à documenter son rôle, qui reste aujourd'hui encore insuffisamment critiqué et débattu.
    Raphaël Granvaud et Gérard Mauger sont tous deux membres de l'association Survie, et rédacteurs de Billets d'Afrique, bulletin mensuel d'information alternative sur les avatars de la politique africaine de la France. Raphaël Granvaud est par ailleurs l'auteur de deux autres livres chez Agone : Areva en Afrique. Une

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