• Papa, qu'as-tu fait en Algérie ? : enquête sur un silence familial

    Raphaëlle Branche

    • La decouverte
    • 17 February 2022

    De 1954 à 1962, plus d'un million et demi de jeunes Français sont partis faire leur service militaire en Algérie. Mais ils ont été plongés dans une guerre qui ne disait pas son nom. Depuis lors, les anciens d'Algérie sont réputés n'avoir pas parlé de leur expérience au sein de leur famille. Le silence continuerait à hanter ces hommes et leurs proches. En historienne, Raphaëlle Branche a voulu mettre cette vision à l'épreuve des décennies écoulées depuis le con?it.
    Fondé sur une vaste collecte de témoignages et sur des sources inédites, ce livre remonte d'abord à la guerre elle-même : ces jeunes ont-ils pu dire à leurs familles ce qu'ils vivaient en Algérie ? Ce qui s'est noué alors, montre Raphaëlle Branche, conditionne largement ce qui sera transmis plus tard. Et son enquête pointe l'importance des bouleversements qu'a connus la société française sur ce qui pouvait être dit, entendu et demandé à propos de la guerre d'Algérie.
    Grâce à cette enquête, c'est plus largement la place de cette guerre dans la société française qui se trouve éclairée : si des silences sont avérés, leurs causes sont moins personnelles que familiales, sociales et, ultimement, liées aux contextes historiques des dernières décennies. Avec le temps, elles se sont modi?ées et de nouveaux récits sont devenus possibles.

  • Histoire intime de la Ve République : le sursaut

    Franz-Olivier Giesbert

    • Gallimard
    • 4 November 2021

    Si je me suis attelé à ce vaste projet - une histoire intime de la Ve République en trois époques -, c'était pour essayer de comprendre comment notre cher et vieux pays a pu, en quelques décennies, s'affaisser à ce point, dans un mélange de déni, masochisme et contentement de soi, sur fond de crise existentielle.
    La décadence n'est jamais écrite. Quand le général de Gaulle a pris le pouvoir en 1958, la France était quasiment par terre, à cause, entre autres, de la guerre d'Algérie et de l'effondrement des « élites ». Prophétique, machiavélique et prosaïque, il l'a remise debout en à peine un an, sans négliger les plus infimes détails, ni lésiner sur les roueries et les mensonges. Le personnage que je dépeins est bien plus complexe que celui de la légende.
    Pourquoi une histoire « intime » ? Parce que l'histoire est toujours écrite par ceux qui l'ont faite ou vécue, et que j'ai voulu ajouter, en m'appuyant sur mes notes de l'époque, mon regard d'alors en le confrontant à celui d'aujourd'hui, dans un va-et-vient permanent. « Intime » encore parce que ce retour sur un passé récent entend inclure aussi le regard que portaient naguère les contemporains sur l'odyssée gaulliste qu'ils étaient en train de vivre : je cherche à décrire un monde et une manière d'être français dont le souvenir commence à s'éteindre.
    Dans ce premier tome, c'est le stupéfiant redressement du pays par le Général que je raconte, jusqu'à la chute du grand homme, après onze ans de pouvoir. Puisse ce récit personnel permettre de tirer, pour aujourd'hui, les leçons d'une résurrection française qui, sur le moment, semblait impossible.

  • Mes combats

    Simone Veil

    • Librairie generale francaise
    • 3 March 2021

    Sa vie exemplaire, son amour des siens, sa fidélité sans faille aux valeurs de la République, son attachement à la cause des femmes, ont fait de Simone Veil un modèle de ce que doit être une personnalité politique de premier rang.
    À mesurer l'immensité des épreuves qu'elle a connues et surmontées, on comprend pourquoi tant de respect, d'admiration et d'affection entourent Simone Veil, la « mère courage » de notre génération.
    Robert Badinter.
    En dépit de sa pudeur, de sa réserve et à certains égards d'une réelle timidité, rares sont ceux, célèbres ou inconnus, qui n'ont pas trouvé auprès de notre mère une solution à leur problème, un conseil ou une écoute attentive et réconfortante. Jean et Pierre-François Veil.

    Combats pour la mémoire de la Shoah, pour l'Europe, pour l'émancipation des femmes..., cet ouvrage réunit les textes d'une vie d'engagements et de convictions que Simone Veil a souhaité partager.

  • Berlin année zéro : la première bataille de la guerre froide Nouv.

    Berlin, 1945. Le destin de la capitale allemande a été scellé en février, durant la conférence de Yalta : les puissances victorieuses - États-Unis, Grande-Bretagne, France et Union soviétique - divisent les ruines en quatre zones d'occupation. Sur le papier, cela semblait une solution pragmatique. En réalité, une fois que les Alliés n'ont plus été unis par l'objectif commun de vaincre l'Allemagne, ils n'ont pas tardé à retrouver leur hostilité d'avant-guerre. Le vernis de civilité entre Occidentaux et Soviétiques devait voler en éclats de manière spectaculaire à Berlin. Des systèmes rivaux, des idéologies contraires et des personnalités antagonistes ont fait de la capitale allemande un champ de bataille explosif.

    Berlin année zéro raconte la première bataille de la guerre froide comme jamais elle ne l'a été auparavant. Récit d'une rivalité terrible, c'est avant tout l'histoire d'individus imparfaits qui étaient déterminés à gagner. Giles Milton fait un travail magistral en nous donnant à comprendre les motivations et la pensée de tous les acteurs clés à chaque moment crucial.

    Une histoire d'une tension inouïe, qui a eu une influence profonde, et souvent sous-estimée, sur le monde contemporain.

  • Algérie 1962 : une histoire populaire

    Malika Rahal

    • La decouverte
    • 6 January 2022

    En Algérie, l'année 1962 est à la fois la fin d'une guerre et la difficile transition vers la paix. Mettant fin à une longue colonisation française marquée par une combinaison rare de violence et d'acculturation, elle voit l'émergence d'un État algérien d'abord soucieux d'assurer sa propre stabilité et la survie de sa population. Si, dans les pays du Sud, cette date est devenue le symbole de l'ensemble des indépendances des peuples colonisés, en France, 1962 est connue surtout par les expériences des pieds-noirs et des harkis. En Algérie, l'historiographie de l'année 1962 se réduit pour l'essentiel à la crise politique du FLN et aux luttes fratricides qui l'ont accompagnée. Mais on connaît encore très mal l'expérience des habitants du pays qui y restent alors.
    D'où l'importance de ce livre, qui entend restituer la façon dont la période a été vécue par cette majorité. L'année 1962 est scandée par trois moments : cessez-le-feu d'Évian du 19 mars, Indépendance de juillet, proclamation de la République algérienne le 25 septembre. L'histoire politique qu'ils dessinent cache des expériences vécues, que restitue finement Malika Rahal au fil d'une enquête mobilisant témoignages, autobiographies, photographies et films, chansons et poèmes. Émerge ainsi une histoire populaire largement absente des approches classiques : en faisant place au désespoir des Français d'Algérie dont le monde s'effondre - désarroi qui nourrit la violence de l'OAS -, elle relate le retour de 300 000 réfugiés algériens de Tunisie et du Maroc, la libération des camps de concentration où était détenu un quart de la population colonisée, ou la libération des prisons, ainsi que les spectaculaires festivités populaires. L'ouvrage décrit des expériences collectives fondatrices pour le pays qui naît à l'Indépendance : la démobilisation et la reconversion de l'Armée de libération nationale, la recherche des morts et disparus par leurs proches, l'occupation des logements et terres laissés par ceux qui ont fui le pays. Une fresque sans équivalent, de bout en bout passionnante.

  • Qui a trahi Anne Frank ?

    Rosemary Sullivan

    • Harpercollins
    • 19 January 2022

    L'enquête qui lève le voile sur l'arrestation d'Anne Frank Plus de trente millions de personnes ont lu le Journal d'Anne Frank, cette jeune fille de 13 ans qui se cacha avec sa famille à Amsterdam durant la Seconde guerre mondiale avant d'être dénoncée et déportée dans les camps de la mort.
    Les hypothèses sur l'identité de l'informateur ou de l'informatrice qui révéla sa cachette aux SS ont été aussi nombreuses que peu concluantes - y compris celles émises par les deux enquêtes policières consacrées à l'affaire, en 1948 puis en 1963. Soixante-dix ans après les faits, une équipe internationale s'est donné pour mission de découvrir la vérité. Scientifiques, historiens, policiers ont reconstitué, minute par minute, les semaines précédant l'arrestation des Frank, à l'aide de milliers de pages d'archives, de l'intelligence artificielle, de tests ADN et d'interviews de témoins directs ou indirects. D'une trentaine de scénarios possibles, ils n'en retiendront finalement qu'un seul, sans précédent.
    Au-delà de la restitution d'un travail analytique et historique titanesque, Rosemary Sullivan brosse le portrait saisissant d'un Amsterdam au coeur de l'Occupation.

  • L'un des plus petits objets de la vie quotidienne des femmes mais aussi des couples hétérosexuels, la pilule contraceptive, est un grand objet d'histoire. La pilule est au coeur d'une histoire « à la française », tant les femmes en France l'ont adoptée massivement - presque la moitié de celles âgées entre 15 et 49 ans la prennent en 2000. Véritable révolution, la légalisation de la pilule par la loi Neuwirth de 1967 symbolise pour ses utilisatrices l'accès à l'indépendance et à la liberté.

    La pilule marque un avant et un après. Avant, c'est le temps des approximations, des bricolages, des censures de l'intime. Les femmes sont cantonnées à un destin de reproductrices, à une vie consacrée aux enfants et à la sphère familiale, parfois même menacées à l'occasion d'avortements clandestins. Après, la modernité est portée par les femmes, qui peuvent désormais contrôler leur fécondité et retrouver la souveraineté sur leur corps. Pour autant, cette histoire ne s'est pas déroulée sans embûche : journalistes, hommes et femmes politiques, médecins et associations se sont très vite emparés du sujet au point de susciter un débat sans fin. Et aux années de silence et d'interdit, succèdent aujourd'hui de nouvelles polémiques face aux menaces que laissent planer la pilule sur la santé des femmes et sur l'environnement.

  • 150 journalistes, 300 photographes, 128 numéros, 3 700 pages de reportages spectaculaires, d'entretiens décisifs, de portraits fouillés mêlant les grandes figures et les témoins anonymes, de tribunes et de commentaires de tous bords, superbement choisis et illustrés : telle est la collection spéciale que la revue Historia commande, en 1971, à Yves Courrière dont le quatrième tome de La Guerre d'Algérie vient d'être couronné par l'Académie française. Le prix Albert-Londres s'entoure d'experts français et algériens. Ensemble, sur quatre ans, ils vont bâtir une somme inégalée.


    Récits, photos, paroles, visages, lieux, faits, quotidiennetés, événements, destinées : à chaque page, c'est le choc. Un monument dont, sous la forme d'une suite chronologique et thématique, La Guerre d'Algérie en direct offre le meilleur.


    Si l'Amérique a produit une profusion d'albums et de films sur le Vietnam, en France, sur l'Algérie, les études abondent mais les récits et les images manquent. L'hypermnésie des acteurs ou de leurs héritiers rivalise avec l'amnésie dans la conscience collective et populaire. L'absence de représentation commune nourrit l'oubli des événements, creuse l'ignorance de l'histoire, nuit à l'apaisement des nouvelles générations. C'est ce vide que comble cet album sans précédent.

  • Traverser Tchernobyl (nouvelle édition augmentée)

    Galia Ackerman

    • Premier parallele
    • 7 April 2022

    Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explosait. Galia Ackerman fréquente ceux qui sont la mémoire de Tchernobyl depuis plus de vingt ans. Avec Traverser Tchernobyl, elle nous emmène dans des lieux inattendus : la plage ensoleillée du bord de la rivière Pripiat, les forêts habitées par une faune sauvage, le cimetière juif abandonné , les alentours du plus grand radar de détection de missiles intercontinentaux de toute l'URSS, les décharges nucléaires. Elle raconte le vieil homme heureux de sa pêche radioactive, les orphelins irradiés, les vrais et les faux héros de Tchernobyl. Un tableau intime du désastre, mais aussi, en creux, de l'ex-URSS et de ce qu'elle est devenue. Un voyage sur une terre fantomatique, dans le monde d'après.

  • Algérie : le piège gaulliste

    Henri-Christian Giraud

    • Perrin
    • 17 March 2022

    Au terme de sa longue traversée du désert, Charles de Gaulle s'empare de la cause de l'Algérie française pour prendre le pouvoir en 1958.
    Loin des hésitations et des tâtonnements que certains historiens prêtent au Général à cette époque, Henri-Christian Giraud dresse le portrait d'un homme déterminé, guidé par une idée qu'il suivra tout au long de l'affaire algérienne : l'indépendance ne fut jamais pour lui une concession accordée à contrecoeur, pas plus qu'une noble initiative anticolonialiste placée sous le signe du temps. Elle fut un moyen, un prétexte pour la France de s'extraire d'une colonie dont elle n'avait plus rien à espérer.
    Convaincu de servir l'intérêt supérieur de son pays, de Gaulle doit faire face à de nombreux obstacles : l'armée, l'opinion publique, le gouvernement, le peuple français, la presse, les agitateurs, les Européens d'Algérie... Autant d'intransigeants que ce « prince de l'ambiguïté » entend surmonter à sa façon. Faisant miroiter l'association aux uns, la sécession aux autres, louvoyant entre représentants de l'URSS, du FLN, du GPRA et de son propre camp, de Gaulle orchestre d'une main de maître, et par une série de coups montés, le piège dans lequel tous les acteurs du conflit vont être amenés à glisser, jusqu'à la tragédie finale.
    Un document capital, fondé sur des archives inédites, notamment soviétiques, et des observations presque quotidiennes de nombreux témoins clés des événements.

  • KGB-DGSE : 2 espions face à face Nouv.

    Loin des clichés des films hollywoodiens, ce livre lève le voile sur la réalité des services de renseignement, la vie quotidienne d'un officier traitant, son utilité, son éthique professionnelle mais aussi... ses limites, brisant un à un les mythes en la matière pour leur substituer une face cachée bien plus complexe. Les deux auteurs révèlent les secrets du travail sous couverture, les techniques de surveillance, les manipulations, mais aussi les angoisses quotidiennes et les cas de conscience qu'impliquent de telles professions. De la guerre froide à la guerre technologique, en passant par les nouvelles menaces qui frappent le monde, ces deux grands témoins n'éludent aucun sujet dans leurs échanges. Un voyage d'Est en Ouest pour découvrir le vrai visage de la raison d'Etat.

  • L'ami américain Nouv.

    L'ami américain

    Eric Branca

    • Perrin
    • 28 April 2022

    « La France ne le sait pas, confiait François Mitterrand au soir de sa vie, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Une guerre inconnue, une guerre sans mort... Et pourtant une guerre à mort. » Ce n'est pourtant pas contre lui, mais bien contre Charles de Gaulle, combattu avec tant d'ardeur par ce même Mitterrand sous l'oeil bienveillant de Washington, que les États-Unis ouvrirent les hostilités, dès 1940, en préférant Pétain, Darlan puis Giraud à l'homme du 18-Juin.
    Pourquoi cette hostilité jamais démentie, trois décennies durant, alors que le Général sut se montrer l'allié le plus solide de l'Amérique quand, au début des années soixante, l'apocalypse nucléaire menaçait ? Parce qu'au contraire des autres Européens, le fondateur de la Ve République estimait qu'amitié ne devait pas rimer avec vassalité. De tous les présidents américains, un seul eut la clairvoyance de partager ce point de vue : l'inclassable Richard Nixon qui, sur les conseils de De Gaulle, fit plus pour la paix du monde qu'aucun de ses prédécesseurs.

    C'est l'histoire secrète de ce conflit, toujours d'une brûlante actualité, que raconte avec brio ce livre, à l'aide, notamment, d'archives américaines déclassifiées.

  • Cet ouvrage brasse les derniers mois de "l'Empire" et apporte une réponse à de nombreuses questions demeurées en suspens. Oui, avant même les accords d'Evian, des contacts entre l'Etat français et le FLN ont eut lieu contre l'OAS et les populations réfractaires à l'indépendance. Oui encore, il y a eu un engagement commun contre le maquis de l'Ouarsenis.
    Un ordre a été effectivement donné pour ouvrir le feu contre des civils, rue d'Isly à Alger, le 26 mars 1962. Un général français à bien refusé de voir les massacres d'Oran et de venir en aide aux victimes. Le livre s'attarde également sur le refus de la métropole d'accueillir les harkis et autres supplétifs au service de la France. Sur son indifférence, également, devant l'exode des pieds-noirs. Cet ouvrage, nourri de sources inédites, fait la lumière sur la fin crépusculaire de l'Algérie française.

  • Les vérités cachées de la guerre d'Algérie

    Jean Sévillia

    • Perrin
    • 3 March 2022

    Plus d'un demi-siècle après l'indépendance de l'Algérie, est-il possible de raconter, sans manichéisme et sans oeillères, un conflit au terme duquel un territoire ayant vécu cent trente ans sous le drapeau français est devenu un Etat souverain ? De la Toussaint sanglante à la fusillade de la rue d'Isly en passant par la manifestation du 17 octobre 1961, Jean Sévillia relit tous les grands épisodes de cette révolution. Il compare les chiffres, démasque la propagande, replace la cruauté du conflit dans celle de l'époque. Car ce livre raconte cette histoire telle qu'elle fut : celle d'une déchirure dramatique où aucun camp n'a eu le monopole de l'innocence ou de la culpabilité et où Français et Algériens ont tous perdu quelque chose, même s'ils l'ignorent ou le nient toujours.

  • Le roman vrai de Gorbatchev

    Vladimir Fédorovski

    • J'ai lu
    • 20 April 2022

    Glorifié en Occident pour avoir mis fin à la guerre froide et libéré le monde du communisme, Gorbatchev est aujourd'hui haï par les Russes, qui le rendent responsable de toutes leurs difficultés. Alors, qui est-il? Un réformateur visionnaire qui permit la chute du mur de Berlin? Ou un idéaliste qui voulut détruire le système totalitaire, quitte à trahir les intérêts de son propre pays?Fruit d'archives et de témoignages inédits, voici une enquête sur l'une des plus grandes figures du XX? siècle et les personnages qui ont gravité autour de lui, de son épouse Raïssa à Alexandre Yakovlev, l'architecte de la perestroïka, en passant par son fantasque rival Boris Eltsine. Vladimir Fédorovski, acteur et témoin privilégié de cette page de l'histoire, nous raconte les manipulations, les victoires et les échecs d'un homme au psychisme impénétrable, qui a changé la face du monde.

  • Au cours de ses recherches, l'auteur a rencontré de nombreux jeunes désireux d'interroger ces traces pour comprendre leurs origines, leurs identités et la société française. En pansant les plaies du passé, leurs quêtes nous aident à penser la société française. Parce qu'ils sont la solution, ce livre leur donne la parole Sur la base d'une enquête auprès de 3 000 jeunes âgés de 18 à 25 ans et après une centaine d'entretiens avec des petits-enfants d'appelés, de Pieds-noirs, de Harki, de Juifs d'Algérie, de militants au FLN ou à l'OAS, on comprend vite que 39% des jeunes Français ont un lien familial avec la guerre d'Algérie et doivent affronter ses conséquences intimes et politiques. Cet ouvrage permet à la fois de faire le constat de ce que les jeunes savent et retiennent de la colonisation et de la guerre d'Algérie, de ce qui a été transmis dans les familles et de la façon dont cette nouvelle génération interprète, négocie et utilise les traces de cette histoire avec lesquelles nous vivons encore.

  • Pieds-Noirs : les bernés de l'histoire

    Alain Vincenot

    • Archipel
    • 3 March 2022

    Accords d'Évian, le grand fiasco.

    Censés mettre un terme immédiat à huit années de guerre, réconcilier des communautés qui s'étaient fracturées et jeter les bases d'une Algérie nouvelle, les accords d'Évian, signés le 18 mars 1962, allaient tirer un trait sur tout ce que les pieds-noirs étaient et sur tout ce qu'ils avaient fait.
    Mais les cent onze articles de ces accords ne seront jamais respectés. Jusqu'au 5 juillet 1964, date de départ du dernier contingent, près de six cents militaires français seront tués ou disparaîtront. Plus de quatre-vingt mille harkis qui servaient dans l'armée française seront massacrés dans des conditions effroyables. Quant aux pieds-noirs de toutes conditions, une vague d'assassinats, de viols et d'enlèvements les attend. En quelques semaines, plus d'un million d'entre eux fuiront ce pays qu'eux et leurs aïeux avaient bâti, mais qui ne voulait plus d'eux. Tel était l'objectif : les chasser d'Algérie, ne leur laissant d'autre choix que « la valise ou le cercueil ».
    Ce livre donne la parole à ces hommes et ces femmes, victimes du cynisme du gouvernement français et des engagements non tenus des autorités algériennes. Ces pieds-noirs à qui l'on avait présenté les accords d'Évian comme une étape vers un monde plus juste. Leur témoignage illustre l'étendue de ce fiasco.

  • En mars 1957, la presse annonce la mort à Alger d'un « petit avocat musulman » : « Qui a tué Me Boumendjel ? » On s'interroge sur un faux suicide. Mais que faisait donc ce « modéré » de trente-huit ans entre les mains des « paras » ? Pourquoi a-t-il été assassiné, comme le reconnaîtra le général Aussaresses en 2001 ?
    Cette affaire est à la fois une histoire française, qui a secoué les intellectuels français, et une histoire algérienne, celle d'un héros et d'un martyr. Dans ce livre, l'une et l'autre éclairent d'une lumière nouvelle les récits existants. Au mépris qu'Aussaresses exprime à l'encontre de cet intellectuel, aux abracadabrantes explications qu'il donne de son arrestation, Malika Rahal oppose un travail d'historienne. Et à l'histoire dominante algérienne, qui intègre Ali Boumendjel parmi ses martyrs en schématisant son parcours, elle oppose la richesse d'une biographie familiale, la complexité d'un engagement politique nuancé et d'un idéal algérien et républicain partagé par nombre de nationalistes d'alors.
    Ce n'est qu'en mars 2021 que le président de la République française a reconnu qu'Ali Boumendjel a été « torturé puis assassiné » après avoir été « arrêté par l'armée française ». Cette biographie, initialement publiée en 2010 et actualisée, constitue dès lors une référence majeure.

  • La guerre d'indépendance algérienne a constitué le théâtre de l'une des politiques de déplacement forcé de civils parmi les plus massives du XXe siècle. De 1955 à 1961, l'armée et l'administration française ont organisé le « regroupement » de plus de deux millions d'Algériennes et d'Algériens dans quelque deux mille camps. Il s'agissait d'abord de priver le FLN de tout soutien logistique et politique, de placer sous surveillance une population suspecte de soutenir les insurgés. Si certains responsables militaires et civils les ont considérés comme l'outil d'une modernisation à marche forcée du bled, la politique de regroupement accéléra surtout la dépaysannisation et la déstructuration d'une société algérienne déjà profondément bouleversée par un siècle et demi de colonisation française.

  • « Il paraît douteux que cette population, qui a survécu dans les conditions effroyables, sur décision de l'armée et sans aide réelle de l'administration, ne pardonne jamais à la France. ». Ces propos datent du 24 novembre 1960. Jean- Marie Robert, sous-préfet d'Akbou, fut l'un des premiers hommes d'Etat à dénoncer les tortures en Algérie et condamner le sort réservé aux réfugiés pendant la guerre d'Algérie. Il oeuvra quotidiennement pour apporter plus de justice et de droits à ses administrés malgré un contexte de guerre coloniale. Il fut le premier à alerter les autorités françaises sur le massacre de 100 000 à 150 000 harkis par le FNL. Entre devoirs et obligations, le fils du préfet nous fait découvrir les chemins parfois tortueux empruntés par son père afin de concilier ses devoirs, ses obligations de représentant de l'État, avec sa morale donc sa conscience d'humaniste et de chrétien.
    Préface de Fatima Besnaci-Lancou, docteur en Histoire contemporaine, membre du conseil scientifique du mémorial du camp de Rivesaltes, membre du jury du prix Seligmann contre le racisme

  • Publié par les editions françois maspero en 1961, quelques semaines après la nuit sanglante du 17 au 18 octobre, ratonnades à paris, tout comme les harkis à paris, ouvrage publié quelques mois plus tôt, fut saisi chez l'imprimeur par la police judiciaire.
    Cette mesure de police ne fut suivie d'aucune inculpation. il n'y eut donc ni instruction, ni procès.
    Ces enquêtes journalistiques, menées dans l'urgence, témoignent de la violence incroyable de la répression exercée à l'époque contre la communauté maghrébine à paris, et que le pouvoir en place cherchait à occulter : les tortures et les exactions quotidiennes perpétrées par les forces de police supplétives (les harkis) du préfet maurice papon, le massacre de dizaines de participants à la manifestation pacifique convoquée par le fln le 17 octobre 1961 et interdite par la police.
    A ce jour, le nombre officiel de victimes est toujours très fortement sous-estimé, comme l'a montré le procès papon en 1999.
    Depuis le début des années quatre-vingt-dix, l'exigence d'une reconnaissance historique des événements de cette année 1961 se fait plus forte. la réédition de ces textes - qui restaient introuvables depuis leur parution - a pour vocation d'y contribuer.

  • Ma bataille d'Alger : confessions d'un Américain au coeur d'un drame français Nouv.

    Ma bataille d'Alger est un témoignage unique. Le récit autobiographique d'un jeune franco-américain appelé sous les drapeaux en 1956.
    La bataille d'Alger n'est qu'un chapitre relativement bref d'une guerre qui dura huit ans. Mais c'est un épisode d'une importance historique cruciale pour la société française et un tournant essentiel dans l'existence de nombreuses personnes.
    « J'avais 23 ans : l'Algérie m'a fait découvrir la guerre, la mort, la torture, la trahison et le double jeu. J'y ai aussi appris à survivre, et cette expérience du combat a largement conditionné le restant de ma carrière, non plus comme soldat dans les rangs de l'armée française mais comme correspondant de guerre pour les journaux américains - dont principalement le New York Herald puis le New York Times. » Sanche de Gramont, alias Ted Morgan

  • Des larmes aux rires : histoire et mémoire d'une organisation juive, laïque et progressiste Nouv.

    Livre collectif, sous la direction de Serge Bianchi, normalien, agrégé, professeur émérite des Universités, il a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire du XXe siècle et notamment sur la Shoah.

  • Exil : témoignages d'exilés et de déserteurs portugais

    Victor Pereira

    • Chandeigne
    • 17 March 2022

    Le 13 avril 1961, António de Oliveira Salazar, dictateur au pouvoir au Portugal depuis 1932, lance une phrase qui deviendra célèbre : « Vers l'Angola, rapidement et en force ». Ces quelques mots résument, jusqu'au 25 avril 1974, le refus du gouvernement portugais d'accepter l'indépendance des colonies en Afrique et en Asie. Pourtant, à partir de février 1961, la domination portugaise en Afrique est ébranlée par plusieurs mouvements anticolonialistes.
    Cette précieuse compilation de témoignages permet au lecteur de mieux comprendre un pan des luttes anticolonialistes qui ont marqué le 20ème siècle. Elle participe du renouvellement des questionnements sur un passé tragique dont les conséquences et les effets se conjuguent encore au présent.

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