• Histoire de l'Inde

    Michel Boivin

    En ce début de troisième millénaire, l'Inde, l'une des plus anciennes civilisations du monde, a largement passé le milliard d'habitants. Elle est également le seul pays du Tiers Monde régi, sans interruption depuis son indépendance en 1947, par une démocratie laïque. Quel avenir peut-on espérer pour ce sous-continent, aussi puissant qu'il paraît parfois fragile ?
    Michel Boivin en retrace l'histoire, depuis ses origines préhistoriques jusqu'à la formation d'une république indépendante, exemple unique au monde de la construction progressive d'une identité politique distincte du modèle de l'État-nation.

  • Avec une décennie d'avance, l'Inde a fait une entrée remarquée dans le xxie siècle. Elle a amorcé de grandes réformes structurelles (politiques, économiques et sociales). Dans les années 1990-2000, le renforcement du fédéralisme, le rapprochement avec les États- Unis, la libéralisation économique et la politique de discrimination positive en faveur des basses castes ont changé le visage du pays. À ces phénomènes s'en ajoutent d'autres, à la temporalité plus lente mais dont l'impact est majeur : transition démographique, urbanisation rapide et effort de défense nationale.
    L'Inde est aujourd'hui confrontée à la montée en puissance des nationalistes hindous, au pouvoir depuis 2014, à une marginalisation de ses minorités religieuses et à une concentration du pouvoir liée à la centralisation administrative. À plus long terme, la crise agricole et les risques environnementaux hypothèquent son développement.
    Cet ouvrage est une synthèse indispensable à qui veut comprendre l'histoire contemporaine d'une grande puissance émergente avec laquelle il faut désormais compter.
    Christophe Jaffrelot, grand spécialiste de l'Inde, est directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS.

  • L'Occident s'étonne aujourd'hui de voir le sous-continent indien faire son entrée sur la scène internationale. Mais en réalité, l'Inde « éternelle » et isolée du monde n'a jamais existé, elle fut une invention de l'Europe, confortée parfois par certains discours religieux des Indiens eux-mêmes. Un cinquième de l'humanité est l'héritier d'une histoire complexe, riche en ruptures et en épopées, qui couvre plus de 4 000 ans, des premières cités de l'Indus à l'empire d'Ashoka, à celui des Grands Moghols, au Raj britannique, à l'Indépendance et à la Partition. Éric Meyer dresse ici une fresque vivante de ce monde en mouvement. On y voit naître le bouddhisme, se transformer l'hindouisme, s'implanter l'islam, arriver d'Occident les marchands et les missionnaires. On y constate que la naissance de la nation indienne est une donnée majeure du monde contemporain.
    Surtout, au-delà des indispensables repères chronologiques, c'est à une réflexion plus thématique, centrée sur les liens entre économie, politique et religion que nous convie l'auteur. En montrant les enjeux considérables mobilisés par les différentes interprétations de cette histoire, il nous aide à comprendre l'un des acteurs majeurs de la mondialisation.

  • Il n'y a guère d'anthologies du voyage en Inde. Le champ d'étude est si grand, le corpus si vaste, qu'aucun auteur francophone n'a encore relevé le défi de présenter, en abordant toutes les périodes, une sélection de récits de découverte sur ce pays fascinant qui questionna autant les civilisations voisines depuis l'époque d'Alexandre Le Grand. Aussi Tanneguy Gaullier a-t-il volontairement restreint sa recherche à l'exploration religieuse du sous-continent. De la vision fantasmée des Grecs au récit critique de François Bernier, en passant par l'approche érudite d'Al-Biruni ou celle truculente du Livre des merveilles de Marco Polo, se découvre un panorama des pratiques religieuses à mesure que s'affine le regard extérieur sur l'Inde.

  • Pourquoi les vaches sont-elles sacrées ? Qui sont les principaux dieux du panthéon hindou ? Pourquoi les dieux hindous ont-ils souvent plusieurs bras ? Quel est l'héritage d'Alexandre le Grand en Inde ? Qui a découvert la véritable route des Indes ? Comment les Anglais inventèrent-ils le thé indien ? Pourquoi Gandhi est-il considéré comme le père de la nation indienne... ? Ce livre richement illustré de chromos donne toutes les clés pour comprendre l'Inde d'Alexandre le Grand à Gandhi.

  • Pour les Occidentaux, l'Inde est le pays des vaches sacrées. Les bovins doivent donc y être respectés. Pourtant, ce pays est devenu, en 2012, le premier exportateur de viande bovine. Ce paradoxe invite à revoir une image quelque peu naïve de la façon dont on traite les animaux au pays de la non-violence, et les relations que l'Inde entretien avec le végétarisme, la non-violence, et la question du sacrifice.

  • Des éléments pour le dialogue interreligieux.

  • En Inde comme dans bien d'autres pays, la nation ne se définit pas seulement sur le mode ouvert de la citoyenneté, mais aussi sur celui, fermé, de l'ethnicité. Le premier a longtemps été représenté par le parti du Congrès de Gandhi puis de Nehru, et le second par les nationalistes hindous, pour lesquels la communauté majoritaire, faite de fils du sol, incarne l'Inde éternelle, tandis que les chrétiens et les musulmans sont des pièces rapportées devant prêter allégeance aux symboles hindous pour être reconnus comme des Indiens à part entière.
    Né dans les années 1920, le nationalisme hindou n'a pris son essor que dans les années 1990 avant de conquérir le pouvoir en 2014. Ce tournant doit beaucoup au populisme de son leader, Narendra Modi, une personnalité atypique qui a d'abord gouverné la province du Gujarat   où il s'est imposé, suite au pogrom antimusulman de 2002, grâce à ses succès économiques et au soutien des milieux d'affaires  , avant de conduire son parti, le BJP, à la victoire.
    En cinq ans, les nationalistes hindous ont changé la face de l'Inde. Non seulement ils ont mis au pas les tenants du sécularisme (universitaires, ONG...), mais ils se sont aussi attaqués aux chrétiens et aux musulmans au point de les marginaliser dans les assemblées nationales et régionales, et, surtout, de mettre en place une police culturelle. Ce dispositif, s'il ne s'est pas traduit par des réformes constitutionnelles, donne aujourd'hui naissance à une démocratie ethnique de fait.
      Christophe Jaffrelot, ancien directeur du CERI, est directeur de recherche au CNRS et enseignant à Sciences Po. Il est le grand spécialiste de l'Asie du Sud et s'intéresse plus particulièrement à sa politique, au carrefour des dynamiques sociales et religieuses.

  • Quand, au XVe siècle, les Portugais franchirent le cap de Bonne-Espérance pour aborder le sous-continent indien ils ne disposaient guère de témoignages directs sur ces immenses contrées connues depuis l'Antiquité mais essentiellement légendaires. Très vite les Anglais, les Hollandais, les Français les Italiens et les Allemands leur emboîtèrent le pas. Marchands, diplomates, missionnaires, militaires et savants : ils furent nombreux à tenter l'aventure. Dans cette étonnante suite de portraits, Sanjay Subrahmanyam montre que leurs points de vue sur l'Inde - ou les Indes - dépendent largement de leur nationalité et de leur profession, sans compter les traits de caractère personnels. Du XVIe siècle jusqu'à la veille du XIXe siècle et de la colonisation britannique c'est tout un savoir sur l'Inde qui se constitua mais aussi une certaine manière de penser... l'Europe et le christianisme !

    Enquêtant aussi bien dans les registres des diverses Compagnies des Indes, que dans les archives des jésuites, les mémoires, les correspondances diplomatiques ou les communications des sociétés savantes, le grand historien indien étudie comment le regard européen (histoire, géographie, politique, religion) fut orienté par les collections de manuscrits, de peintures et d'objets qui passèrent de l'Orient à l'Occident. Il montre une nouvelle fois combien il est difficile de parler d'une « rencontre » des cultures : l'objet « Inde » construit par les Européens a nourri leur réflexion sur le langage, la religion et le commerce plus qu'il ne leur en a appris sur l'Inde elle-même. La connaissance que l'on a de l'autre doit toujours être comprise en tenant compte du contexte et des circonstances de la rencontre.

  • 80 mots de l'Inde

    Kamdar Mira

    Raconter l'Inde par ses mots, leur histoire, leurs connotations, leur usage dans le quotidien et leur importance au regard des grands enjeux qu'affronte la société indienne contemporaine, mais aussi dire comment cesmots ontmarqué l'auteureà différentsmoments de sa vie, voici ce que Mira Kamdar a fait dans la chronique « Le mot de l'Inde », publiée dans la revue Courrier International entre 2009 et 2014.
    L'ouvrage 80 mots de l'Inde présente une sélection de ces mots, et en ajoute d'autres afin de raconter la culture, la société, la spiritualité, la politique et le fabuleuxmonde naturel de l'Inde.Chaquemot donne lieu à une réflexion qui jette un trait de lumière sur une civilisationvieille de plusieursmillénaireset sur une république qui, tant bien que mal, fraye son chemin de pays émergent dans ce 21e siècle si compliqué.
    À goûter à petites doses ou à dévorer d'affilée, 80 mots de l'Inde apporte des réponses originales et pertinentesaux interrogationsdes lecteurs curieux de découvrirl'Inde d'hier et d'aujourd'hui.

  • Longtemps considérés comme un mythe, les Thugs étaient une confrérie d'assassins indiens vieille d'au moins deux cents ans quand les Britanniques la découvrirent. Thug raconte leur histoire, avec celle de William Sleeman, l'administrateur qui lutta contre eux malgré le secret qui les entourait et l'arrogance de ses compatriotes. À travers cette confrontation, le livre révèle les tensions et les chocs culturels de la colonisation.

    Au dix-neuvième siècle, tandis que l'Inde était sous domination anglaise, les Thugs existaient déjà depuis plusieurs siècles, et sévissaient impunément sur les routes. Déguisés en simple voyageurs, ils rejoignaient des caravanes en cours de route et sélectionnaient leurs cibles. Lorsqu'ils avaient gagné la confiance de leurs compagnons, ils attendaient d'avoir atteint un endroit isolé et, profitant de la nuit ou d'un moment de repos, ils étranglaient leurs victimes avec leur rumàl, un foulard d'apparence innocente, et s'accaparaient leurs biens. On estime que 50 000 personnes furent tuées lors de ces vols.

    Les Thugs ne laissaient que rarement des témoins ou des traces. Ils étaient maîtres du déguisement et de l'infiltration, transmettant leur savoir de père en fils. Peu suspectaient que ces redoutables bandits de grand chemin, leurs méfaits accomplis, vivaient le reste du temps des vies tout à fait ordinaires, au-delà de toute suspicion. La rumeur leur attribuait des qualités mystiques : on disait qu'ils vénéraient Kali, la déesse de la destruction, et pratiquaient des sacrifices rituels et des mutilations religieuses. Leur réputation était telle que le mot Thug' devint synonyme en anglais de 'bandit'.

    À travers l'enquête de William Sleeman, et ses efforts pour identifier et éradiquer la menace posée par les Thugs, Mike Dash dresse un portrait plus pragmatique mais non moins fascinant. Avec Sleeman, dont les méthodes font écho à celles des polices et des services de renseignement modernes, le lecteur est invité à découvrir les secrets de l'un des groupes criminels les plus mystérieux et emblématiques de l'histoire.

  • L'Histoire de l'Inde sans les clichés.

    Nombre de préjugés collent à l'Inde : la misère de Calcutta, les mouroirs de Mère Teresa cohabitant avec le faste des maharajas et le cinéma coloré de Bollywood... Une « terre de contrastes » qui fascine et attire, mais qui reste mystérieuse et impénétrable, effrayante même par l'ampleur de ses foules, la complexité de son système social et religieux, sa violence sous-jacente et la saleté de ses rues.
    L'Inde, devenue 6 e puissance mondiale, devant même le Royaume-Uni, ne peut plus se réduire à ces stéréotypes. Son histoire a besoin d'être récrite car elle repose sur des bases périmées. Il n'y a pas si longtemps, le sous-continent indien faisait pourtant référence : on admettait que sa culture, ses sciences, sa spiritualité, sa philosophie avaient profondément influencé l'histoire du monde - et bousculé notre vision occidentalo-centrée. Et ne dit-on pas que le sanskrit serait la mère de toutes les langues ?
    Tenant compte des derniers apports de l'historiographie, l'auteur démonte les clichés et retrace les périodes marquantes de cette histoire bien plus ancienne qu'on ne le croit.

  • En 2002 se sont déroulées dans l'État du Gujarat les plus graves attaques contre des musulmans qu'a connues la République indienne depuis 1947. 2 000 d'entre eux ont péri au cours des violences qui ont duré près de six mois tandis que 150 000 autres ont été contraints de fuir définitivement leur logement, attaqués par des nationalistes hindous agissant avec la complicité des autorités locales.

    Charlotte Thomas propose la première exploration du ghetto musulman de Juhapura, qui s'est formé à la suite de ces pogroms. Elle analyse les stratégies de domination mises en oeuvre par les pouvoirs publics à l'encontre de cette minorité. Elle révèle la discrimination, la ségrégation économique et spatiale, le manque d'accès aux services publics de base que subissent les musulmans de Juhapura. Mais l'auteur dévoile aussi les tactiques de résistance qui répondent à ces stratégies de domination, ainsi que le développement socio-économique à l'oeuvre au sein du ghetto grâce aux initiatives de self-help élaborées par les résidents.

    Explorer le ghetto de Juhapura et la vie quotidienne de ses habitants, c'est découvrir « de l'intérieur » et en actes le projet politique nationaliste hindou porté par l'actuel Premier ministre, Narendra Modi, dont la responsabilité dans les pogroms de 2002 est directement mise en cause

  • Le monde indien joue un rôle central dans le renouvellement considérable de ce que l'on a pris l'habitude d'appeler l'histoire mondiale. L'Inde est un laboratoire : ce pays émergent plombé par la pauvreté et le sous-développement a suscité un prix Nobel d'économie et forme chaque année dans ses instituts presque autant d'ingénieurs, en proportion, que les États-Unis. Coeur actif de la globalisation, ce pays « qui n'aimait pas l'histoire » mais qui en fait vaciller les frontières et les catégories est un de ceux qui contribuent le plus puissamment aujourd'hui à lui redonner son souffle.

  • Lorsque la Grande-Bretagne accorde son indépendance à l'Inde en août 1947, peu d'observateurs parient sur la survie de cette nouvelle nation. Winston Churchill martèle que l'Inde sans la tutelle anglaise ne sera que chaos et barbarie. Les institutions et les services publics créés par les Britanniques s'écrouleront. Le pays sombrera dans le Moyen-Âge.

    A l'aube de son 70e anniversaire, l'Inde est devenue la première puissance d'Asie du sud, un géant démographique, économique et militaire en devenir. Forte d'une croissance de 7,5% par an, son économie est la plus dynamique du monde. Ses dirigeants nourrissent des rêves de grande puissance.

    Dix témoins qui ont vécu les ruptures de l'Inde contemporaine racontent ce qu'ils ont vu, et comment ils ont, pour certains d'entre eux, changé le cours de l'Histoire. Livrant leurs déceptions, leurs satisfactions et leurs espoirs, leurs récits éclairent l'Inde d'aujourd'hui.

  • Nul pays plus que l'Inde ne suscite autant de sentiments contradictoires. Ses paysages contrastés, ses religions, ses castes, ses hommes et ses femmes ont attisé les imaginations occidentales depuis des siècles. Aux antipodes de ce cliché orientaliste, les femmes indiennes sont représentées comme des victimes d'un système patriarcal archaïque opposé au nôtre. Cette vision a-historique, décontextualisée et universalisante des femmes indiennes a conforté les féministes libérales dans leur construction essentialiste des femmes comme victimes plutôt que comme agents de résistance et de changement.

    À travers la situation des femmes actives en pays tamoul, Kamala Marius plaide pour une interprétation multiple des inégalités et des facteurs de domination : la précarité du statut des femmes prenant le pas sur d'autres facteurs comme la caste, la classe, les lieux. Sa recherche montre aussi que les mobilités spatiales et sociales des femmes favorisent une redéfinition des rapports de genre, de caste et de communauté. Elle souligne combien ce processus cumulatif des mobilités constitue une source d'empowerment et d'émancipation.

    L'apport de cet ouvrage est de trois ordres : empirique d'abord, présentant un panorama complet et commenté d'une large palette des inégalités genrées en Inde ; théorique et conceptuel ensuite, couvrant un champ de recherche allant du féminisme postcolonial aux subaltern studies ; réflexif enfin, appuyé sur de solides investigations de terrain. Son sujet qui considère à la fois l'individu et le groupe au travers de leurs pratiques, de leurs discours et de leurs représentations invite à dépasser les clivages disciplinaires. Son terrain d'étude, l'Inde, est systématiquement mis en perspective avec son parcours et son itinéraire personnel posant ainsi les jalons d'une réflexion critique novatrice.

  • Histoire, mythes, religions, art, philosophie... Cinq millénaires d'une civilisation unique et universelle.
    Écrite avant tout par un voyageur passionné, guide, reporter et photographe formé à l'école des routes indiennes, Une certaine Histoire de l'Inde est le récit des temps forts de cinq millénaires d'une Civilisation multiple, unique et universelle, ayant gardé toutes les traces de ses histoires et le sceau de l'éternité. Mythes, religions, arts, philosophies viennent ici aider à comprendre le grand fleuve de l'Histoire de l'Inde, avec ses crues et ses assèchements, ses fastes, ses espérances et ses drames. De la civilisation de l'Indus à l'Indépendance et aux perspectives actuelles, de l' « Âge d'or » des textes sacrés se perdant dans la nuit des temps, à l'Âge noir qui serait le nôtre malgré son « Inde qui brille », elle est la terre de tous les paradoxes. Cet ouvrage est une tentative de mettre à jour le message de l'Inde au Monde à travers sa mémoire si ancienne, son génie et ses défis.
    Le chapitre Sanskrit a été réalisé par Pierre-Jean Laurent.

  • Évincée des Indes et confinée dans ses minuscules comptoirs, la France y suit entre 1816 et 1871 une politique indigène prudente, respectueuse des cultes et des castes, des usages et des coutumes, qui lui vaut, sinon l'adhésion, du moins la confiance des Indiens. Renouant avec le dogme révolutionnaire de l'assimilation par les institutions, la Troisième République rompt avec cette politique en invitant les Indiens à élire au suffrage universel, sans distinction de couleur, de religion ni de caste, un député et un sénateur, un conseil général et des conseils municipaux. Imposée sans concertation préalable et sans la moindre tentative d'assimilation culturelle, cette politique, qui se veut décentralisatrice et émancipatrice des intouchables, produit des effets désastreux, conférant le pouvoir à un « parti indien » bien décidé à asseoir la domination des hautes castes. Dans les années 1890, un « parti français » s'allie aux basses castes et aux musulmans pour évincer l'oligarchie hindoue.
    Dès lors, chaque élection donne lieu à de gigantesques fraudes et à des violences meurtrières entre castes et communautés.
    C'est parce que la minuscule Inde française est devenue la terre des fraudes et des violences électorales, que le parti du Congrès peut s'opposer à l'organisation d'un référendum d'autodétermination après l'accession de l'Union indienne à l'indépendance en 1947.
    Le traité de cession ne sera signé qu'en 1956, mais dès avant le transfert de facto du 1er novembre 1954, l'essentiel est décidé : les ressortissants des comptoirs auront la faculté d'opter pour la France, ce que feront quelques milliers d'entre eux, à l'origine de la communauté franco-pondichérienne ; les anciens Établissements français, Pondichéry, Karikal, Mahé et Yanaon, dont les habitants sont attachés à leur particularisme seront érigés en Territoire de l'Union indienne ; les institutions culturelles françaises seront maintenues et contribueront au cachet de Pondichéry, dont la géométrie urbaine et la French Touch attirent aujourd'hui des visiteurs indiens et français de plus en plus nombreux.

  • Cet ouvrage est le troisième de quatre volumes, dont les deux premiers sont parus en 2019 et 2020. Le premier, intitulé « l'Inde entrevue », est consacré aux deux Compagnies, celle de Colbert et celle de Law, aux comptoirs et à leur commerce, à la politique de Dupleix et à la rivalité franco-britannique, qui se termine par la mainmise de l'East India Company et par l'éviction complète des intérêts français dans la seconde moitié du xviiie siècle. Au xixe siècle, des officiers napoléoniens qui administrent le royaume sikh du Punjab et des missionnaires catholiques entretiennent une présence française dans un pays où la France ne joue plus aucun rôle. Elle végète dans ses misérables comptoirs jusqu'au Second Empire quand, grâce aux progrès du libre-échange au Royaume-Uni, grâce à l'essor de l'émigration indienne aux colonies à sucre, grâce à son industrie textile, Pondichéry connaît un spectaculaire renouveau. Le second volume traite de la politique d'assimilation de la Troisième République dans ses comptoirs, dont tous les habitants sont dès 1871 proclamés citoyens et électeurs sans distinction de couleur, de religion ni de caste. Imposée sans concertation préalable par le pouvoir central, cette politique qui se veut décentralisatrice produit des effets désastreux, conférant le pouvoir à un parti indien réactionnaire et anti-français, puis, à partir de 1906, à de véritables maffias politiques. Les effets de l'assimilation se font sentir jusqu'au dernier moment : héritière de sa devancière, la IVe République ne peut céder ses établissements à l'Inde de Nehru sans consulter leurs habitants qui sont des citoyens français.
    Or, le parti du Congrès ne veut pas d'un référendum. Le troisième et le quatrième volume sont consacrés aux regards et aux influences croisés.
    Les représentations de l'Inde en France, l'image et l'influence de la France en Inde, les perceptions du nationalisme indien en France et les relations bilatérales après l'indépendance de l'Union indienne jusqu'à nos jours. Le quatrième volume « Les relations bilatérales » est la suite du troisième et reprend la bibliographie et un index général.

  • En juin 1833, la Revue des Deux Mondes publiait une longue lettre du naturaliste Victor Jacquemont, mort l'année précédente à Bombay à l'âge de 31 ans, au cours d'une mission commandée par le Muséum d'histoire naturelle. À la livraison suivante, elle ouvrait ses colonnes à une série de lettres d'un autre naturaliste, Alfred Duvaucel, terrassé au même âge, à Madras en 1824, lui aussi envoyé pour enrichir les collections indiennes du Muséum.
    Ces deux correspondances distinctes, assemblées pour la première fois en volume, réunissent les destins parallèles de ces explorateurs qui ont sillonné l'Inde. Pionniers intrépides en quête de découvertes scientifiques en zoologie, botanique et minéralogie, ils ont mis au jour des richesses de la nature, en un temps où la concurrence coloniale entre la France et la couronne britannique était vive. Jeunes trentenaires fauchés par la maladie, ces aventuriers romantiques ont suscité d'éminents témoignages de reconnaissance pour leurs contributions à l'avancée des sciences.

  • La chaire ESSEC du Changement et l'Institut indien de recherche en management Firebird vous proposent une lecture du changement et plus généralement du management dans la culture indienne au travers de deux oeuvres majeures anciennes que sont Arthashastra et Thirukkural.

    Dans la culture indienne, le monde apparaît comme circulaire au travers de la notion de réincarnation mais aussi de la dimension protéiforme des divinités. Le changement peut être défini comme la tension qui naît des contraires. En situation de changement, tout un chacun vit un dilemme entre des oppositions qui s'équilibrent. La notion binaire (bien/mal) est remplacée par un jeu ternaire entre une destination, l'énergie et l'attachement. La gestion du changement consiste à équilibrer les forces en présence. En lien avec l'objectif de sagesse, cette capacité à équilibrer les forces se fait par l'éducation et l'expérience.

    Un livre à méditer pour avoir une autre vision du changement et comprendre la culture et les entreprises indiennes.

  • "Cette histoire des Établissements français dans l Inde durant le XXe siècle comble une lacune car il n existe pas, dans la production française, d ouvrage embrassant l évolution des Comptoirs français durant le siècle dernier. En dépeignant les évolutions, de 1914 à 1962, de la vie politique, administrative et économique ainsi que les mutations sociales dans les Établissements, l ouvrage montre la manière dont les décisions furent prises à Pondichéry, à New Delhi, à Paris et à Londres. Du point de vue de la décolonisation, cette histoire est aussi inédite car elle ne reflète pas une lutte pour l'indépendance mais une volonté de rattachement à un autre pays ; elle démontre par la même occasion qu'il est possible à deux nations, par-delà des antagonismes politiques, de maintenir des liens ancestraux et de les affermir, en les renouvelant. - - - "

  • "Depuis Gandhi, la civilisation indienne est associée à la non-violence. Toutefois, le mahatma a dû imposer sa philosophie à une population traditionnellement ancrée dans la violence et dans les luttes armées. Pour lutter contre le pouvoir colonial, les terroristes, les membres du mouvement Ghadar et l'armée levée par S.C. Bose ont pris les armes pour chasser l'occupant, et ce avec le soutien de la grande majorité du peuple. Depuis l'indépendance, au Cachemire, au Pendjab et dans les États du Nord-Est, les populations se sont violemment révoltées contre la politique du gouvernement central. C'est également par la force armée que les maoïstes veulent imposer une république marxiste à Delhi. Gandhi reste une exception dans l'histoire de l'Inde."

  • Ce volume collectif met en lumière les liens anciens et féconds tissés entre l'Italie et l'Inde. Ces deux pays-péninsules, l'un en Europe couronné par les Alpes et l'autre en Asie par l'Himalaya, carrefours de civilisations et de cosmopolitismes, se sont mutuellement influencés au cours de l'histoire jusqu'à nos jours. Cette attraction réciproque relevant à la fois du domaine intellectuel, politique et artistique, a inspiré la thématique de l'ouvrage.

    Historiens, spécialistes de littérature, sanskritistes, conservateurs de musées, anthro- pologues sont ici réunis pour illustrer, au croisement de courants ou de personna- lités qui les ont incarnés, cette connexion de longue durée entre l'Inde et l'Italie.
    De nombreux apports réciproques, au plan politique et culturel, ont nourri ces échanges continus depuis l'Antiquité. À travers les témoignages des voyageurs, mis- sionnaires, écrivains et artistes, c'est toute une communauté d'acteurs de l'histoire qui ont contribué à ce dialogue imprégné d'implications d'ordre social et politique mais aussi d'ordre affectif comme le montre notamment la réflexion menée dans les débats au sein des Subaltern Studies.

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