• Après avoir conquis le monde par l'économie, la Chine invente une néo-dictature, entièrement remodelée par les nouvelles technologies. Et cela concerne le monde !
    Le chef de l'État, Xi Jinping, concentre aujourd'hui un pouvoir tel que Mao n'en a jamais détenu. À l'intérieur, la Chine est en train d'arriver à un Etat de surveillance parfait : les technologies les plus modernes, notamment l'intelligence artificielle, doivent propulser l'économie chinoise dans le futur tout en recueillant, en reliant et en exploitant dans de gigantesques banques de données chaque pas et chaque pensée de tous les citoyens et de tous les visiteurs. L'objectif est le contrôle total du Parti sur tout et sur tous avec pour mesure étalon le fameux « crédit social ». Ainsi naît une Chine nouvelle qui se transforme en un défi direct pour les démocraties occidentales. Car dans sa politique extérieure, la Chine fait preuve d'une arrogance croissante jusqu'à mettre en péril les libertés dans les pays importateurs de ses technologies de surveillance.
    Dans ce livre choc, Kai Strittmatter, l'un des meilleurs connaisseurs de la Chine contemporaine, nous propulse au coeur d'une Chine digne d'Orwell. Il nous met en garde contre ses capacités d'influence à l'échelle mondiale. Il est temps pour les démocraties occidentales de réagir et de faire face avec lucidité.

  • Les guerriers dans la rizière ; la grande épopée des samouraïs Nouv.

    Que savons-nous vraiment des samouraïs, ces guerriers si chers à nos imaginaires occidentaux ? L'historien Pierre-François Souyri, fin connaisseur du Japon où il a longtemps vécu, raconte leur longue histoire, enrichie ici de récits anciens qui ont nourri leur geste. La légende de ces terribles guerriers, où un sens aigu de l'honneur le dispute souvent aux plus viles trahisons, n'y est jamais démentie.
    Pourtant, les samouraïs furent bien plus que de simples combattants aux moeurs exotiques. Ils ont évolué tout au long du millénaire que dura leur histoire et se sont adaptés aux réalités de leur temps. S'ils furent, lors des guerres médiévales, capables de la plus extrême violence, y compris envers eux-mêmes, ils s'imposèrent, dans les siècles qui suivirent, en administrateurs avisés, en hommes lettrés, pénétrés de poésie et de spiritualité, amateurs d'art, de thé ou de théâtre. Car - et ce n'est pas un paradoxe, mais la belle découverte de cet ouvrage -, si certains d'entre eux ne voulurent jamais rompre avec un passé révolu, nombre de samouraïs surent se porter aux avant-gardes politiques et intellectuelles, façonnant ainsi le Japon que nous connaissons aujourd'hui.

  • Aux yeux de l'Occident, le Japon a toujours été un mystère, nourri de clichés et de fantasmes : Cipango aux murs couverts d'or rêvée par Christophe Colomb, la terre de mission de François Xavier, l'empire soudain clos sur lui-même, l'adversaire acharné de la guerre d'Asie- Pacifique, la victime des premières bombes atomiques, l'inventeur du zen et de l'ikebana, le colossal concurrent technologique et commercial...
    L'histoire du Japon est d'abord celle d'un peuple épris de nouveauté, d'origine hétérogène, qui a su évoluer au contact d'autres mondes et se muer en État-nation impérial, puis industriel : la Chine lui apporte code, croyance, écriture, de quoi tisser une culture de son cru ; l'Occident échoue à le convertir au christianisme au XVIe siècle, mais, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l'oblige à suivre son modèle technique sous peine de colonisation brutale.
    Le Japon, pourtant la référence économique suprême dans les années 1980, subit une récession sensible depuis le début des années 1990 et se retrouve aujourd'hui pris en tenaille entre la Chine et les États- Unis. Il n'en reste pas moins encore la troisième puissance économique mondiale, affiche sa présence sur tous les foyers de la mondialisation, diffuse tous azimuts les produits de son soft power et ne cesse d'innover et souvent de surprendre.
    À l'aube de l'ère Reiwa, Gérard Siary retrace le mouvement d'ouverture et de fermeture à l'ailleurs et à l'étranger, qui a toujours rythmé l'évolution de l'archipel et modelé son identité culturelle. Il aborde des thèmes souvent peu évoqués : image du Japon en France et à l'étranger, mythes et mythologie, racisme et minorités, diaspora, etc. C'est cette histoire renouvelée d'un peuple à nul autre pareil, qui a dû et su faire son miel de la prétendue « modernité », sans y perdre son âme ou son identité, qu'il nous raconte avec passion.

  • Politiquement affaibli après l'échec du Grand bond en avant et la grande famine qui l'a suivi (1958-1962), Mao Zedong lance en 1966 la « Grande Révolution culturelle prolétarienne ». Pendant qu'il élimine un à un tous ses compagnons d'armes et successeurs potentiels, il pousse la jeunesse à l'assaut de la bureaucratie civile et militaire : les « gardes rouges », appelés à « renverser ciel et terre », sèment le chaos dans le pays de 1966 à 1968. Mais les choses échappent à son contrôle et, pour garder l'Armée de son côté, il doit bientôt lâcher les jeunes rebelles. Du sommet de l'État aux couches populaires, le pays est alors au bord de la guerre civile. La Révolution culturelle ne prendra fin qu'avec le décès de Mao Zedong, en 1976, après avoir fait des millions de victimes. Nombre de dirigeants actuels ont été marqués, souvent durement, par cette tragédie.

    C'est aussi le cas de Yang Jisheng, étudiant à Pékin de 1966 jusqu'à la fin 1967, qui a participé aux débuts de cette période sanglante. Son livre est à la fois une narration inédite, minutieuse et précise des événements - y compris ceux que le récit officiel occulte - et une analyse menée avec une perception intime, une connaissance historique et une distance assez exceptionnelles. Il resitue ces événements dans leur contexte jusqu'à la victoire finale des réalistes sur les idéologues, sans laquelle ni l'ouverture de la Chine à partir de 1978, ni son décollage économique spectaculaire, n'auraient pu avoir lieu.

    Ce livre, publié à Hong Kong en 2016, reste interdit en Chine.

  • Alors que la Chine attire aujourd'hui tous les regards, Mobo Gao pose une question décisive : comment notre connaissance et notre compréhension occidentales de la Chine sont-elles construites ? Selon quel point de vue, quels jugements de valeurs implicites ou grille de lecture, l'image que nous avons de la Chine est-elle forgée ? S'inspirant des travaux d'Édouard Saïd sur l'orientalisme, Gao aborde 11 thèmes historiques ou culturels fondamentaux pour comprendre la Chine d'aujourd'hui et nous livres des explications stimulantes propres à désaxer notre regard et dévoiler une Chine paradoxale car elle-même animée d'intenses débats. L'auteur n'hésite pas à aborder de front des questions propices à de vives controverses, mais avec sérénité et rigueur intellectuelle. Par-là il met au jour les partis pris politiques et les cadres conceptuels inavoués des commentateurs de la Chines, aussi bien de droite que de gauche.

  • Rouage essentiel du nouvel ordre mondial, la Chine ne peut se comprendre sans son histoire sociale, intellectuelle et politique. oeuvre d'une vie, résultat de cinquante années de recherches et référence indépassable, le livre de John Fairbank déploie le long récit de « l'empire du milieu » des cultures paléolithiques à nos jours.

    Scrutant les origines d'une civilisation vieille de 4 000 ans, l'auteur donne les clés de lecture d'une culture toujours fantasmée, pour le meilleur et pour le pire, par les Occidentaux. Il fallait la hauteur de vue et tout le talent de conteur de John Fairbank pour éclairer les tendances à long terme et les réalités contemporaines qui façonneront le futur de la Chine et celui du reste de la planète.

  • La communauté arménienne en France est forte de plus de 600 000 Français répartis dans les grandes métropoles comme Nice, Marseille, Valence, Romans, Villeurbanne, Lyon, Alfortville, Issy-les-Moulineaux, Clamart, Paris... Une diaspora active, omniprésente dans les milieux économiques, culturels, politiques et artistiques. C'est l'histoire de cette communauté, que ce soit en France ou à l'étranger, sa culture, son patrimoine, son rôle et son empreinte à travers les siècles, que les auteurs nous font découvrir au fil des pages. Leur histoire familiale marquée par l'exode ayant suivi le génocide de 1915, qui est celle de la majorité des Arméniens, ressemble à une fresque, rythmée d'images, de couleurs, d'événements et de péripéties, transmise par leurs parents et grands-parents. Un parcours d'intégration exemplaire qu'ils ont choisi ici de raconter sous la forme d'un dictionnaire personnel de 100 entrées de A à Z illustré de 250 images. Textes et documents se conjuguent pour faire connaître et aimer l'histoire des Arméniens, une diaspora riche d'une double culture, à la fois refuge et force.

  • Au fil des années, le Livre du thé, publié en anglais en 1906 par l'érudit japonais Okakura Kakuzo¯ (1862-1913), est devenu l'un des emblèmes les plus reconnus de la rencontre entre l'Orient et l'Occident. Traduit et commenté à plusieurs reprises, on le retrouve jusque dans la publicité de marques de thé.

    En dépit de son titre, le Livre ne doit pas être considéré comme un manuel consacré au thé. Il s'agit plutôt d'un essai ou, mieux encore, d'un hymne à la culture, à l'esthétique, à l'esprit du thé en tant que symbole, image paradigmatique de l'âme asiatique. Son auteur, chercheur passionné, a voué son existence au renouvellement et à la diffusion des caractères idéaux de l'Orient, dans un temps où le Japon semblait vouloir les renier au profit des valeurs occidentales.

    Cette nouvelle édition contient un riche appareil de notes destiné à éclaircir les contenus non explicités par l'auteur et que les différentes éditions internationales n'ont que partiellement affrontés, ainsi qu'une notice retraçant la vie d'Okakura parallèlement à sa mission interculturelle, sous le signe du développement de la spiritualité universelle au travers de l'esthétique et de la pratique du thé comme mode de vie.
    Okakura vit une époque de grands idéaux et de transformations individuelles et sociales radicales, où l'hébétement devant la puissance de l'Occident coexiste avec le désir d'imitation. Sa propre vie est un chef-d'oeuvre de dévouement aux valeurs de la tradition asiatique et japonaise, et d'habilité à les répandre au sein de la civilisation qui les menace en premier lieu.
    Avec le recul, la formation d'Okakura apparaît comme un parcours conçu pas à pas dans un but précis, qui sera celui de toute sa vie. Ainsi le Livre du thé tient lieu de fil rouge reliant une existence exemplaire à son destin intérieur, et constitue pour chacun d'entre nous un exemple archétypique actuel et pérenne.

  • À l'automne 1600, Tokugawa Ieyasu, l'un des plus fascinants personnages de l'histoire du Japon, sort vainqueur de la plus grande bataille de samouraïs jamais livrée. L'enjeu est de taille puisqu'il ne s'agit rien moins que de l'empire tout entier, enfin pacifié. Le suzerain de la maison Tokugawa sera le troisième des Unificateurs du pays. Avant de parvenir à engranger les dividendes de la paix, il aura pourtant fallu tout risquer une ultime fois sur le tapis vert des rizières de Sekigahara, mince vallée sise en plein coeur de l'archipel. La suprême querelle se vide au matin du 21 octobre 1600, mettant aux prises les meilleurs capitaines et les plus vaillants champions de leur temps. Épreuve du gigantisme, près de 170 000 combattants s'y sont taillés en pièces, laissant 30 000 d'entre eux sur le carreau. Il faudra attendre l'épopée napoléonienne, deux siècles plus tard, pour voir se lever des effectifs similaires sous nos latitudes. À la charnière de deux siècles que tout oppose, Sekigahara bruit également du chant du cygne qu'entonnent malgré eux les guerriers de jadis. A l'issu de la bataille, le temps des seigneurs de guerre, des samouraïs et des citadelles est révolu.

  • Histoire de l'Inde

    Michel Boivin

    En ce début de troisième millénaire, l'Inde, l'une des plus anciennes civilisations du monde, a largement passé le milliard d'habitants. Elle est également le seul pays du Tiers Monde régi, sans interruption depuis son indépendance en 1947, par une démocratie laïque. Quel avenir peut-on espérer pour ce sous-continent, aussi puissant qu'il paraît parfois fragile ?
    Michel Boivin en retrace l'histoire, depuis ses origines préhistoriques jusqu'à la formation d'une république indépendante, exemple unique au monde de la construction progressive d'une identité politique distincte du modèle de l'État-nation.

  • Depuis sa création en 1841 par les Britanniques, le « port parfumé » est devenu un mythe, symbole fascinant de la rencontre entre l'Orient et l'Occident. Cette terre fut aussi un lieu perpétuel de confrontations et de résistances pour les rebelles de tout bord. Alors qu'un vent de révolte souffle et que l'étau chinois se resserre, François Bougon nous éclaire sur Hong Kong, dont la liberté est plus que jamais mise à l'épreuve.
    Des pirates aux guerres de l'opium, en passant par les mouvements des dockers, le renversement des Qing par Sun Yat-sen, la prise de guerre japonaise, les réfugiés politiques chinois fuyant le communisme, l'ex-colonie britannique - terre de sept millions d'habitants et troisième place financière mondiale - a toujours eu une vie mouvementée aux marches de l'empire. Aujourd'hui, elle tente de se dresser contre l'emprise de la Chine de Xi Jinping.
    Le territoire aurait pourtant dû bénéficier jusqu'en 2047 d'un haut degré d'autonomie. Mais la loi sécuritaire votée par le régime en juin 2020 sonne le glas du principe « un pays, deux systèmes » imaginé par Deng Xiaoping et Margaret Thatcher. Elle menace l'identité de sa jeunesse, ses libertés et ses aspirations démocratiques. Le monde a désormais les yeux rivés sur le sort de Hong Kong, enjeu d'une nouvelle guerre froide entre Pékin et Washington. Il était temps de raconter l'histoire de cette belle insoumise.

  • Tout nous indique que le XXIe siècle sera dominé par l'Asie. Une bonne façon de se préparer à ce futur est d'en chercher les racines dans le passé.
    Des origines des civilisations chinoise, japonaise ou indienne au XXe siècle, de Confucius et Bouddha à Gandhi, Mao ou Hirohito, ce livre nous raconte la fascinante histoire de l'Asie.
    La plupart des textes de cet ouvrage sont issus de La Grande Histoire du monde, le best-seller de François Reynaert.

  • Classée au Patrimoine mondial de l'Unesco en 1980, Palmyre est en péril depuis qu'elle a subi les destructions que Daech lui a infligées en 2015. Elle eut pourtant un destin hors norme. Habitée dès la préhistoire, cette palmeraie au milieu de la steppe a été fondée, selon la légende, par Salomon. Sa situation en a fait longtemps un relais entre la Méditerranée et le golfe arabo-persique. Mais au-delà de l'image d'Epinal d'une ville se rebellant, sous la conduite de la reine Zénobie, contre la domination romaine, que savons-nous réellement de son histoire ? L'archéologue Patrick Maxime Michel revient sur un passé plurimillénaire et pluriculturel, où s'entremêlent influences juives, romaines, chrétiennes et musulmanes, dont le temple de Bêl porte les traces, qui de temple est devenu une église puis une mosquée.
    Palmyre ? Un lieu à la croisée des chemins, où de sublimes ruines invitent à la rêverie.

  • Les Japonais vivent au présent. Le drame du tsunami de mars 2011 reste une plaie ouverte, mais le Japon, pugnace, regarde déjà ailleurs. Ce pays est un art de vivre. Un écheveau de règles souvent tacites mais incontournables, qui font du quotidien un rituel bien réglé.

    Qu'est-ce qu'être Japonais aujourd'hui ? Comment évoquer le Japon de ce siècle sans comprendre que son dessein se fracasse aujourd'hui sur la Chine, sur fond de surenchères nationalistes réciproques ?

    Ce petit livre plonge le lecteur au coeur de traditions millénaires, pointe les transformations, souligne les fractures. Pour découvrir un Japon vécu de l'intérieur.

    Récit suivi d'entretiens avec Pierre-François Souyri (Le Japon est devenu un géant économique mais est resté un nain politique), Chikako Mori (La société japonaise s'ouvre lentement à la mondialisation) et Keiichiro Hirano (Au Japon, la préservation de la cohésion sociale prime sur la liberté de penser de l'individu).

  • Le Tibet est probablement l'une des régions du monde ayant su le mieux protéger ses secrets. Jusqu'au début du XIXe siècle, l'Occident ne connaît encore que peu de choses sur cette contrée auréolée de mystère. Seuls quelques voyageurs intrépides ont franchi les cols himalayens et mis les pieds au pays des neiges.
    Parmi eux, des jésuites et des missionnaires venus en reconnaissance, des cohortes d'espions, le plus souvent déguisés, chargés de cartographier ces hauts plateaux encore méconnus, mais aussi de grandes expéditions scientifiques, des voyageurs passionnés ou encore des écrivains orientalistes.
    Nombre d'entre eux ont risqué leur vie pour atteindre la cité sainte de Lhassa. Il leur fallait traverser des zones inhospitalières, affronter de terribles tempêtes et résister aux attaques-surprises de brigands farouches.
    Entre exploration et conquête, ces audacieux personnages, chacun à leur manière, ont laissé derrière eux des témoignages qui ont permis d'accéder à un univers longtemps resté inaccessible.

  • L'Occident s'étonne aujourd'hui de voir le sous-continent indien faire son entrée sur la scène internationale. Mais en réalité, l'Inde « éternelle » et isolée du monde n'a jamais existé, elle fut une invention de l'Europe, confortée parfois par certains discours religieux des Indiens eux-mêmes. Un cinquième de l'humanité est l'héritier d'une histoire complexe, riche en ruptures et en épopées, qui couvre plus de 4 000 ans, des premières cités de l'Indus à l'empire d'Ashoka, à celui des Grands Moghols, au Raj britannique, à l'Indépendance et à la Partition. Éric Meyer dresse ici une fresque vivante de ce monde en mouvement. On y voit naître le bouddhisme, se transformer l'hindouisme, s'implanter l'islam, arriver d'Occident les marchands et les missionnaires. On y constate que la naissance de la nation indienne est une donnée majeure du monde contemporain.
    Surtout, au-delà des indispensables repères chronologiques, c'est à une réflexion plus thématique, centrée sur les liens entre économie, politique et religion que nous convie l'auteur. En montrant les enjeux considérables mobilisés par les différentes interprétations de cette histoire, il nous aide à comprendre l'un des acteurs majeurs de la mondialisation.

  • Avec une décennie d'avance, l'Inde a fait une entrée remarquée dans le xxie siècle. Elle a amorcé de grandes réformes structurelles (politiques, économiques et sociales). Dans les années 1990-2000, le renforcement du fédéralisme, le rapprochement avec les États- Unis, la libéralisation économique et la politique de discrimination positive en faveur des basses castes ont changé le visage du pays. À ces phénomènes s'en ajoutent d'autres, à la temporalité plus lente mais dont l'impact est majeur : transition démographique, urbanisation rapide et effort de défense nationale.
    L'Inde est aujourd'hui confrontée à la montée en puissance des nationalistes hindous, au pouvoir depuis 2014, à une marginalisation de ses minorités religieuses et à une concentration du pouvoir liée à la centralisation administrative. À plus long terme, la crise agricole et les risques environnementaux hypothèquent son développement.
    Cet ouvrage est une synthèse indispensable à qui veut comprendre l'histoire contemporaine d'une grande puissance émergente avec laquelle il faut désormais compter.
    Christophe Jaffrelot, grand spécialiste de l'Inde, est directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS.

  • Le Cambodge est une blessure. Impossible, dans l'immense cité d'Angkor, redécouverte au 19e siècle par les archéologues coloniaux français, de ne pas voir dans ces tours de pierre sculptées la souffrance d'un peuple martyrisé par ses souverains sur l'autel de leurs rêves de grandeur. On ne se relève pas d'un génocide.
    Celui commis par les Khmers Rouges, entre 1975 et 1979, au nom d'une idéologie maoïste mortifère, n'eut pas d'équivalent dans le monde. Plus de trois millions de Cambodgiens périrent, souvent tués à mains nues par des enfants ou morts de faim dans les rizières.
    Ce Cambodge-là a pour toujours flétri le sourire légendaire de son peuple.
    Il fallait, pour raconter le destin de ce pays, un auteur qui ait connu ces années de souffrance et d'horreur. Quelqu'un qui, de témoin, puisse devenir l'historien de sa reconstruction et offrir au lecteur le portrait de cette résurrection. Par sa plume unique, celle d'un des plus grands journalistes français spécialistes de l'Asie, Jean-Claude Pomonti nous plonge au coeur de l'âme khmère. Parce que les malheurs du Cambodge, sacrifié par les grandes puissances durant la guerre du Vietnam, resteront toujours ceux de notre histoire.

    Récit suivi d'entretiens avec Ou Virak (La société cambodgienne est en voie de redéfinition), Jean-Michel Filippi (Un empire, un royaume, mais un Etat à la faiblesse récurrente) et Phloeun Prim (Transformer le Cambodge par l'art).

  • Conjurer le sort, dernier essai publié par le plus grand spécialiste actuel de la Chine médiévale, ausculte l'évolution, pendant plus de huit siècles, des croyances taoïstes à propos de la responsabilité humaine et de la rédemption. Franciscus Verellen y met en relief les rituels de guérison de la tradition taoïste pour venir en aide à une destinée malade, grêvée par le péché. Son vaste essai dresse le portrait d'une société médiévale chinoise hantée par la figure du mal, où l'existence humaine est hypothéquée dès la naissance, puis accablée par des obligations et des dettes toujours plus lourdes dans notre monde et celui d'après.
    Du IIe au Xe siècle, le taoïsme émerge comme une organisation lithurgique qui, liée étroitement avec le Bouddhisme, modifie en profondeur la pensée chinoise sur les causes de la souffrance humaine, la nature du démon, et les voies possibles vers une libération. Au Ve siècle, des éléments issus du taoïsme classique se mêlent ainsi au yoga indien afin d'intérioriser la quête de la rédemption. La liturgie faisant partie intégrante de l'ordre des Tang englobe petit à petit une communauté monastique florissante, la société laïque et des rituels officés au nom de l'État. Les sacrements taoïstes souhaitent agir sur le monde invisible : face à la peur de la mort, de la maladie et de la perte, ils tentent de prodiguer un secours thérapeutique et une rédemption extatique. À partir de sources multiples, des prières, des sermons lithurgiques et des récits empiriques, Francisucs Verellen prête une fine attention au vocabulaire taoïste de la rédemption, au sens du sacrifice, ainsi qu'aux métaphores faisant figure de passerelle entre les royaumes du visible et de l'invisible. Le mauvais sort se trouve conjuré grâce au rachat rituel d'une dette ; la rédemption se produit sous la forme d'une guérison, d'une purification, d'une délivrance, ou du passage des ténèbres vers la lumière.

  • L'aube se lève sur les collines de Pagan hérissées de temples. Le brouillard du lac Inle se dissipe. À Rangoon, la pagode Schwedagon brille de tous ses feux d'or, tandis que les robes rouges des bonzes ressemblent à des braises prêtes à s'enflammer. La BIRMANIE est un enchantement pour le voyageur. Les effroyables décennies de dictature militaire, et le combat infatigable d'Aung San Suu Kyi, ont forgé dans ces confins d'Asie du Sud-Est une réalité bien éloignée des pays voisins absorbés par la modernité. Ici, les dieux, les minéraux précieux et les frontières s'entremèlent. Mosaïque ethnique, l'Union de Myanmar, puisque tel est son nom officiel, est un canevas tissé au fil des royaumes bouddhistes, de la colonisation britannique et d'un relief sans pareil, entre l'océan Indien et les contreforts de l'Himalaya.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il raconte ce que l'oeil ne voit pas, ce que la langue birmane décrypte, ce que les pagodes abritent, ce que cachent les terres lointaines du Triangle d'Or et leurs populations montagnardes Kachins, Shans ou Wa. Le récit d'une passion, nourri par des années d'itinérance dans ce pays alors fermé aux étrangers, accompagné d'entretiens avec des personnalités proches des gens. Et aptes à nous les faire comprendre.

  • À chaque page son poids d'efforts et de prodiges.
    La Corée du Sud, laminée par la guerre au début des années 1950, a construit son miracle asiatique à la force de son peuple. Écrit par un journaliste habitué à fréquenter les « Chaebols », ces grands conglomérats à l'origine de ses fantastiques succès économiques, cette livraison de « L'âme des peuples » est une introspection. La République de Corée a, rivée en elle, une énergie peu coutumière, dopée par l'angoisse de se retrouver de nouveau, un jour, transformée en champ de bataille par un assaut-suicide la Corée du Nord voisine. Ses matins calmes, radieux lorsque ses montagnes escarpées se parent des couleurs ambrées de l'automne, sont le paravent d'une formidable énergie créatrice.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. La Corée du Sud y apparaît telle qu'elle est : dans sa puissance à la fois féroce et envoûtante, entre les prouesses technologiques de Samsung et la douceur de vivre des quartiers bohèmes de Séoul. La passion coréenne qui habite ces pages ne vous raconte pas seulement ce pays lointain. Il vous entraîne dans son sillage. À pleine vitesse. Kangnam style.

  • Quand on s'intéresse à l'histoire du Japon, on ne peut éviter de rencontrer de prime abord la conscience historique des Japonais. Cet imaginaire est des plus simples, se bornant à affirmer comme traits spécifiques de ce pays la continuité (un temps linéaire, sans vrai début ni fin), l'homogénéité (une sorte de totalité synchronique), et logeant dans cette association aussi bien l'État, la dynastie impériale, la population, le territoire.
    De fait, l'originalité du Japon tient à ce que les changements s'y inscrivent, comme naturellement, dans un cadre immobile. Quelle est pourtant la dynamique interne de ce pays qui, depuis sa préhistoire et jusqu'à la rénovation de Meiji, a su garder son unité ?

  • Le Vietnam n'est pas une guerre. C'est un pays, un peuple, une histoire, une culture façonnés par l'empreinte d'une relation unique avec l'immense Chine voisine. Une terre d'eau, de montagnes et de jungle où l'insubmersible côtoie l'éphèmère, où l'on s'asseoit le long des rues, sur de petits tabourets devenus, au fil de l'histoire, les attributs d'une volonté farouche.

    C'est ce Vietnam-passion, ce roman d'un pays envoûtant, où la France coloniale a laissé sa marque, que l'on retrouve au fil de ces pages, conté d'une plume intime et subtile. Du fracas des combats à la ruée vers le profit dont la paix a accouché sous la férule d'un parti communiste arrimé aux commandes, c'est le quotidien d'un pays et d'une population que l'on découvre.

    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il porte en lui la marque des passions et des luttes vietnamiennes. Avec, au fil des pages, cette tendresse et ce goût du Vietnam qui nous permet de mieux les comprendre.

    Un grand récit suivi d'entretiens avec Bui Trân Phuong (Pour produire des fruits, l'arbre ne doit pas ignorer ses racines) et Nguyên Quang Dy (Seule issue possible: sortir de l'orbite chinoise).

empty