• Dans Cobalt blues le journaliste Erik Bruyland plonge dans l'histoire postcoloniale de son pays natal, la République Démocratique du Congo. Le passé colonial belge s'est transmué en scènes quasid'esclavagedanslesmineslesplusrichesaumonde. Alors pourquoi ce pays tellement riche est-il si pauvre ? Son travail fouillé de journalisme d'investigation dévoilecomment desopportunistes et despéculateursont -commedesvautours -pu mettremain-bassesurlesrichesses minières. Bruyland détricote les carrousels économiques et financiers et les manigances géopolitiques qui ont abouti à la tragédie du Cobalt blues: l'or bleu qu'engrangent des sociétés offshore, la sueur noire n'en récoltant rien. Et tout ça pour satisfaire notre besoin de téléphones intelligents ou de voitures électriques. Une analyse tranchante du dépérissement économique et politique de la RDC,avecenmiroirlerôleetlaresponsabilité del'ancien colonisateurbelge.

  • La nationalisation du Canal de Suez en 1956 a été un événement majeur avec des conséquences dramatiques en matière de politique internationale. une guerre impliquant la France, la Grande-Bretagne et Israël contre l'Égypte s'en est suivie, allant jusqu'à pousser l'union soviétique à menacer d'envoyer des bombes nucléaires sur Paris et Londres.

    Dans l'ombre de ces évènements, un homme, seul, Mustapha El Hefnaoui, préparant durant des années la nationalisation du Canal, « son Canal », dans un combat juridique et politique, en France et en Égypte. Restant tenace contre vents et marées, subissant les contrecoups de son activisme pour sa cause nationale, il devint l'artisan de l'action qui a permis plus tard au raïs Nasser de déclarer au Monde sa décision de récupérer le canal, en lisant devant une foule immense, le décret de nationalisation.

    Dans ses mémoires, traduits par son fils Ali, l'auteur raconte la longue histoire qui l'a conduit de son enfance dans un village du delta du Nil vers la Sorbonne ainsi que dans les locaux de la Compagnie du Canal, rue d'Astorg à Paris, pour arriver à prouver le droit de son pays à récupérer son Canal.

    Dans ce récit, certains y percevront une histoire digne des romans d'espionnage de John le Carré, d'autres y verront l'apogée de la lutte du tiers-monde contre le colonialisme du XIXe siècle. un combat loyal et gaullien d'un homme contre la domination coloniale.

  • "En 2019, Kinshasa compte quelque treize millions d'habitants. En 2075, selon les démographes, elle en aura quarante millions de plus. De ces chiffres et d'une histoire, coloniale et postcoloniale, souvent marquée par la violence politique et économique, émerge une réalité urbaine extraordinairement complexe. Kinshasa Chroniques dit avec verve cette expérience : soixante-dix artistes, pour la plupart membres d'une très jeune génération, proposent une déambulation dans l'un des centres de créativité les plus dynamiques de la planète. Les thèmes abordés - « ville performance », « ville sport », « ville musique », « ville paraître », « ville captal(ist)e », « ville esprit », « ville débrouille », « ville futur(e) », « ville mémoire » - sont multiples et multiples aussi les médias déployés - photo, vidéo, installation et performance, sculpture, peinture, dessin, BD, musique, slam, poésie. Le résultat est explosif, ultra-contemporain, engagé : passionné et passionnant."

  • L'historien Jean Stengers a consacré plus de quarante ans de sa vie à étudier Léopold II et le Congo. Il a longuement travaillé à la fois dans les archives belges et étrangères. Il nous offre, ici, un ensemble d'études couvrant un siècle d'histoire : allant du 17 février 1860, date du premier discours colonial du futur Léopold II, au 30 juin 1960, date de l'indépendance du Congo.
    On y trouve abordés la plupart des aspects majeurs - souvent controversés - de la politique du Roi, puis de la Belgique. L'auteur s'attache, là où il rencontre des conceptions légendaires, que ce soient des légendes dorées ou des légendes noires, à les démythifier, avec la seule volonté de restituer la vérité du passé.
    L'ouvrage s'articule autour de quatre études traitant de thèmes généraux tels que la formation de la pensée coloniale de Léopold II, la création de l'État indépendant du Congo, l'évolution de cet État et du Congo belge jusqu'en 1914, et enfin la période coloniale et l'histoire de la décolonisation de 1914 à 1960.
    Ces études sont complétées par un éclairage jeté sur quatre questions importantes : l'Acte de Berlin, la campagne anglaise contre le Congo, le rôle de la Commission d'Enquête de 1904-1905, et la décision de reprise du Congo par la Belgique.

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  • Comparée à l'Indochine et l'Algérie, la décolonisation en Afrique occidentale française (AOF) est souvent présentée comme une décolonisation "réussie" et "exemplaire" tout en étant moins bien connue. Comblant cette lacune, Tony Chafer montre que si ce moment a effectivement été moins conflictuel en AOF que dans les autres colonies françaises, ce n'est pas la conséquence d'une stratégie réfléchie. Cela relève, à l'inverse, d'un processus complexe, fragmentaire et imprévisible dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale, que les hommes politiques, tant français qu'africains, ne maîtrisaient que partiellement.

    En se basant sur une analyse détaillée des archives et sur des entretiens avec des acteurs de l'époque, cet ouvrage apporte des éléments cruciaux pour la compréhension du processus de décolonisation en Afrique de l'Ouest. Interrogeant le récit d'une indépendance octroyée par des hommes politiques français bienveillants, il propose une analyse nouvelle. Il met ainsi en perspective le rôle des pouvoirs français d'une part, et celui des leaders et du mouvement nationaliste africain d'autre part. L'éclairage proposé permet de mieux comprendre le contexte historique des relations complexes qu'entretient la France avec cette région du monde.

  • Traite négrière, colonisation, néocolonialisme, racisme, immigration massive... Kakou Ernest Tigori (Prix Mandela de littérature 2017), intellectuel engagé, dénonce depuis la fin des années 1990 la classe politique qui ruine son pays, la Côte d'Ivoire. En exil en France depuis 2009, il invite, à travers ses écrits, à une réflexion sur cette Afrique post-coloniale décadente, productrice de désordre et de misère. Il dénonce particulièrement la trahison des élites noires, et milite pour la constitution d'une Conscience noire plus responsable. Kakou Ernest Tigori se propose de rétablir la vérité sur les relations entre l'Afrique noire et l'Europe occidentale depuis le XVe siècle. Il bat en brèche les lieux communs mensongers et appelle l'opinion du monde noir à sortir du déni confortable qui dédouane l'Afrique de toute responsabilité dans la conduite de son destin, et qui accable à tort l'Europe repentante à propos de l'esclavage, la traite négrière, la colonisation, le néocolonialisme, le racisme ou l'immigration massive. Il invite l'élite africaine à retrouver du sens pour porter l'ambition d'offrir de l'espérance aux masses populaires du berceau de l'humanité.

  • « Dans le royaume du Kongo, une foule grouillante, habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés, et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu'à la moelle des os ! » Cette exclamation de l'explorateur et ethnologue Frobenius montre, qu'au tournant du xxe siècle, la grandeur de cette civilisation n'était pas effacée. Replaçant les événements qui donnèrent sa force au royaume dans la longue durée historique, l'auteur en analyse les institutions et les symboliques. Une capitale, San Salvador, reparaît où une modernité a tenté de naître dès le xvie siècle, à partir d'une transition féconde. L'affrontement des souverains, des hommes, la rivalité des dieux sont représentés dans la confrontation des croyances et dans les formes d'un art kongo somptueux. Ce livre est nécessaire à la compréhension d'une actualité où, de part et d'autre du fleuve, les deux Congo s'engagent dans une histoire nouvelle encore tumultueuse. Il montre les enracinements de la civilisation, il rappelle l'oeuvre accomplie au cours des siècles, l'impossible déni d'une histoire active et féconde.

  • On sait les polémiques suscitées par la traite négrière et par la responsabilité des Européens et des Euro-américains dans l'esclavage et le commerce des esclaves. Randy J. Sparks élargit ce débat en revenant sur le terrain de façon dérangeante : au lieu de choisir les grands ports occidentaux du commerce triangulaire comme Liverpool, Nantes ou Middleburg, son attention s'est portée sur l'Afrique quand la traite atteint son zénith.
    Voici l'histoire du port d'Annamaboe, plaque tournante de la Côte-de-l'Or. Sans jamais perdre de vue la place de la traite dans l'économie-monde des échanges transatlantiques l'auteur fait revivre, avec d'étonnantes archives, ce que vécurent concrètement les hommes et les femmes de ce port où s'entrecroisent Anglais, Français, Danois...
    Tous contraints de négocier avec les grandes familles africaines qui jouent à merveille des uns et des autres. L'action se déroule aussi à Londres, à Paris et aux Amériques.

    Randy J. Sparks est également un conteur. On en jugera par les portraits croisés du fante « Corrantee », chef commercial et politique de la ville, et de Brew, son interlocuteur anglais, principal négociant de la place, toujours furieux de devoir transiger voire s'incliner « là où les Nègres sont maîtres ». On suivra également avec émotion le destin ou les fragments de destins que fait renaître une remarquable documentation. Annamaboe est au coeur d'une première mondialisation. C'est aussi le lieu d'une réalité violente qui nous parle aussi bien de la Côte-de-l'Or que de l'Europe. Comme l'ont remarqué les critiques américains, cette plongée novatrice dans la réalité d'un port esclavagiste africain, est paradoxalement « une nouvelle manière de décrire la naissance de l'Amérique ».

  • El-Hadj Omar Tall est né vers 1794 à Halwâr, village du Foûta-Tôro sénégalais situé à quelques dizaines de kilomètres en amont de Podor, dans une famille maraboutique. Il est mort mystérieusement à Déguembéré, dans la falaise de Bandiagara, le 12 février 1864.

    La genèse du jihâd d'El-Hadj Omar le rattache aux mouvements similaires qui l'ont précédé : Sokoto, Foûta-Djallon, Mâcina, Foûta-Tôro entre autres. À l'instar de ses illustres devanciers, Omar prépara sérieusement son action en multipliant lettres, discours, sermons, messages, largesses et prières, puis il réussit à lever une armée avec laquelle il se lança à la conquête de ce qu'il est convenu d'appeler le Soudan central.

    L'action d'El-Hadj Omar, érudit musulman et redoutable conquérant, a profondément modifié l'aire du jihâd et détourné le cours de son histoire jusqu'à la conquête coloniale. Cela lui valut d'être au centre d'une vaste littérature, et en particulier d'une épopée toujours vivante, aux multiples versions, où l'oralité interfère sans cesse avec l'écriture.

    Après avoir quadrillé systématiquement l'espace géographique omarien - Sénégal, Mauritanie, Gambie, Guinée, Mali - Samba Dieng a recueilli une quantité très importante de ces versions orales et manuscrites de textes se rapportant au jihâd et à la geste d'Omar. Puis, il a organisé l'analyse de cette vaste documentation autour de trois grands axes. Le premier étudie les rapports entre l'épopée d'El-Hadj Omar et l'épopée peule traditionnelle. Envisagée sous l'angle de l'intertextualité, la geste d'Omar apparaît en effet comme une formalisation de la tradition épique peule et le produit de formes littéraires alors dominantes en milieu pulaar. Mais la geste du jihâd déborde le modèle peul traditionnel, là où l'Islam affirme sa présence. L'analyse littéraire du corpus occupe la deuxième partie du livre. L'étude du héros et des personnages conjoints éclaire certains mécanismes d'islamisation de l'épopée peule traditionnelle. Enfin, la dernière partie, consacrée à l'édition de textes, donne la transcription et la traduction annotée des principales pièces inédites du corpus.

    Samba Dieng est professeur titulaire au Département de Lettres modernes de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université Cheikh Anta Diop (Dakar). Spécialiste de l'Islam et expert en soufisme, il a déjà publié à Dakar, sur le même thème, El-Hadj Omar la perle de l'Islam (2010) et Sur les traces d'El-Hadj Omar (2009) aux Nouvelles Éditions africaines du Sénégal (Dakar).

  • Est-il défendable l'honneur des signares, femmes d'influence, noires et métisses, mariées à la mode du pays à des Européens de passage, maîtresses d'esclaves, s'adonnant à tous les commerces, y compris les plus condamnables ou les moins avouables moralement ? Estimées et admirées, pour leur entregent et leur réputation de beauté, par certains voyageurs et responsables de haut rang des comptoirs de Saint-Louis et de Gorée, au point de faire souche, les signares ont été dénigrées puis sont tombées dans l'oubli à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, avant de connaître un siècle plus tard une spectaculaire résurrection. Il n'est que temps de réaliser une étude critique de cette identité métisse, pour rendre compte de la vigueur de ces actrices de l'histoire, femmes entreprenantes et influentes, femmes de leur temps et de leur espace, à la charnière des mondes européen et africain, loin de toute condamnation morale.

  • En prenant Sébikhotane, commune du Sénégal, comme cadre "micro-historique", Mamadou Kandji pose comme principe que l'étude des terroirs permet une meilleure compréhension de l'évolution des sociétés africaines. Les femmes, notamment, qui sont inscrites dans ce territoire et jouent leur rôle de manière complexe, occupent une place centrale. Histoire et ethnologie se confondent ici avec talent.

  • Mai 1967, au Nigeria, la République du Biafra déclare son indépendance, entrainant la guerre civile et la famine dans ce pays d'Afrique. Les photographies du conflit soulèvent une émotion considérable en Occident. Ce livre dresse une histoire internationale de ce conflit, de sa métamorphose en une crise internationale et des réponses qui ont été apportées. Il montre comment l'aide d'urgence devient, avec la fin des empires coloniaux, l'une des expressions de la reconfiguration du rapport entre Afrique et Occident.

    Avec le soutien du Département d'histoire générale, de la Maison de l'histoire et de la Faculté des lettres de l'université de Genève et l'Institut des mondes africains (CNRS/IRD/EHESS/EPHE/université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/université Aix-Marseille).

  • Depuis son accession à l'indépendance, en 1960, l'ancienne colonie française connue sous le nom de Haute-Volta puis de Burkina Faso a toujours oeuvré à la protection et à la promotion de son patrimoine culturel. Dès 1962, ses premiers gouvernants ont fondé le Musée national.
    Leur ambition : en faire la vitrine de la richesse culturelle nationale et un creuset de la construction d'une nation forte.
    Partageant cette vision, les gouvernements successifs ont mis en place et renforcé les cadres destinés à protéger et promouvoir le patrimoine culturel du pays. C'est ainsi que le Burkina Faso est aujourd'hui reconnu tant pour la vivacité de son secteur culturel que pour la valorisation dynamique de ce secteur.
    Le séminaire du 9 novembre dernier se proposait d'éclairer certains aspects parmi les plus remarquables de la richesse culturelle burkinabé, en évoquant notamment les masques du Burkina Faso dans les collections du Quai Branly, le site de Loropéni, classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, la dimension mandingue de la culture burkinabé, ou encore la Haute-Volta à travers les cartes postales coloniales et « La Haute-Volta avant la Haute-Volta » dans les cartes conservées aux Archives nationales d'Outre-Mer.

    Les auteurs :
    Jean-Paul Koudougou (Musée national de Ouagadougou), Gaëlle Beaujean (Musée du Quai Branly), Lansina Simpore (Université Ouaga 1 Joseph Ki-Zerbo), Stéphane Richemond (association Images & Mémoire), Béatrice Olive (Archives nationales d'Outre-Mer), Dani Kouyaté (Université d'Upsala), Patrice Kouraogo (Conseiller culturel à la Présidence de la République du Faso).

  • A partir des années 1780, l'Afrique devient l'objet d'attention de sociétés savantes européennes qui se donnent pour tâche de lever le voile de l'ignorance sur ce continent si proche et pourtant encore inconnu. Dévoiler l'Afrique, c'est envoyer des voyageurs la parcourir, encadrer à distance la collecte scientifique et recueillir au retour l'information géographique pour remplir les blancs de la carte.
    L'Afrique occidentale fut la première région traversée par des explorateurs européens munis d'instructions scientifiques, et la seule qui le fût pendant presque un siècle avant que l'entreprise ne se mue en conquête. Dans cette "Afrique intérieure", les voyageurs dépendent entièrement des souverains africains qui ont le pouvoir d'ouvrir ou de fermer les routes, des guides et interprètes qui facilitent le voyage et des sociétés locales qui fournissent la case et le mil.
    Pour parcourir cet espace, le voyageur s'engage dans une expérience totale, physique, psychologique, sociale et culturelle, où les savoirs se construisent à travers des pratiques concrètes et dans l'interaction. L'exploration est la somme des lieux où se déploient ces pratiques : le cabinet d'un géographe, la salle de réunions d'une société de géographie, l'horizon qui oriente le regard, l'itinéraire projeté, le chemin parcouru, la rive d'un fleuve, la maison d'un dignitaire qui reçoit un voyageur, la tente où il bavarde avec un guide, la collection de spécimens, le carnet de notes, la carte tracée dans le sable ou sur du papier...

  • En Afrique Occidentale Française (AOF), l'école coloniale a tenté de justifier sa mission par l'adaptation de son enseignement aux nouvelles « petites patries » de l'empire, selon la terminologie de la IIIe République. La création de savoirs « adaptés » ne s'est pas faite en un jour. La tâche en incombait aux instituteurs, en majorité africains, et devenus les principaux ethnographes des terroirs arpentés dans le cadre de la « mise en valeur scientifique » des colonies. Ceux-ci ne furent pas de simples informateurs ou auxiliaires des sciences coloniales. Ils ont mené leurs propres recherches et fait oeuvre d'auteurs à part entière. Ils ont ainsi jeté les bases d'une affirmation culturelle, concomitante de la négritude parisienne, mais ancrée dans une « négritude de terrain », profondément ambivalente. Leur prise de parole était en effet soumise à la censure tatillonne de la hiérarchie administrative, dont le livre retrouve la trace dans les archives. Il démontre ainsi comment se négocie, au fil des pages, une transaction hégémonique impériale.

    Première exploration systématique du corpus des publications des instituteurs ouest-africains, ce livre pionnier offre un aperçu inédit de la « bibliothèque coloniale ». Il bouleverse notre compréhension du faitimpérial, et met au centre de l'analyse une catégorie d'acteurs intermédiaires en les reconnaissant pour ce qu'ils ont été : de vrais intellectuels, au coeur des contradictions de leur époque.

    Céline Labrune-Badiane est historienne, associée au laboratoire AIHPGEODE de l'Université des Antilles.

    Étienne Smith est politiste, chercheur associé à SciencesPo-CERI. Il est l'auteur de Afrique : histoire et défis (Ellipses, 2009).

  • "Ils sont de nationalités algérienne, anglaise, belge, hollandaise, portugaise, sud-africaine, suédoise, suisse et, bien sûr, angolaise. Tous ont vécu une part de l'histoire de l'Angola et certains d'entre eux en tant qu'acteurs directs. Leur donner la parole fait partie de ce « devoir de mémoire », cette « responsabilité envers le passé ». Et que dire de cette guerre civile d'un autre temps, qui ne s'acheva qu'à l'aube du XXIe siècle ? - "

  • L'archipel de São Tomé et Príncipe, situé dans le golfe de Guinée et découvert en 1471 par des navigateurs portugais, fut d'abord peuplé par des repris de justice, avant d'être mis en culture sur le modèle de Madère et de devenir « une grande et triste auberge sur l'océan », selon l'expression de l'écrivain santoméen Francisco Tenreiro. Là, les caravelles s'approvisionnaient afin de continuer leur course à la recherche de la route des Indes.

    Ces îles de l'équateur, où se mélangèrent les origines africaines et portugaises, réceptives aux influences du monde entier, étonnent le voyageur. Une végétation luxuriante, des paysages montagneux, un relief étrange et une architecture d'une richesse exceptionnelle leur confèrent un charme indéniable. Pays des roças, dernier vestige d'un système agraire unique fondé sur la servitude, c'est aussi le pays du Tchiloli qui, de manière inattendue, met en scène l'empereur Charlemagne en un long plaidoyer pour la justice.

    Premier producteur de cacao au début du XXe siècle, São Tomé et Príncipe, à présent micro-État dont l'indépendance date de 1975, s'efforce aujourd'hui d'élever le niveau de vie de sa population et entend accroître ses ressources en les diversifiant. L'essor d'un tourisme de qualité devrait, entre autres, servir cette volonté de développement.

    L'auteur livre ici une présentation détaillée de ce pays méconnu et un guide pour une découverte sensible de ces îles du milieu du monde.

  • "Ce livre traite des origines des grands conquérants du Mali à partir des Konaté et Keïta depuis l'arrivée de l'Islam en Afrique au VIIe siècle jusqu'à la période coloniale à l'indépendance des pays africains. L'ouvrage relate le fruit d'une civilisation orale transmise de père en fils par les griots qui peuvent remonter à plusieurs générations, assorties d'images et de témoignages des acteurs de cette période riche et mouvementée. Enfin, des archives familiales y sont présentées. - - "

  • "Comme une caméra que l on promène le long de la route, Emile Gankama dresse à travers ce livre le quotidien des habitants de Brazzaville, ville cosmopolite et hospitalière. Chacun y a son métier, chacun y joue son rôle. Vivre à Brazzaville est un livre qui peut servir de guide pour séjourner à Brazzaville."

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  • "Cet ouvrage est le fruit de l expérience d Abdou Latif Coulibaly en tant que Porte-parole du Gouvernement, fonction qu il a exercée pendant 19 mois. La meilleure façon, pour lui, d exprimer le bonheur d avoir porté la parole d un gouvernement, c est de proposer à l opinion cet ouvrage qui consigne les enseignements tirés de cette charge : ""J ai cherché à adosser ma réflexion à une ligne de conduite privilégiant les faits et en ayant comme seuls repères les principes"" (A. L. Coulibaly)."

  • "La mort d un, de deux ou trois tirailleurs, peut-être davantage, déclencha la furie de la soldatesque qui entreprit une attaque lourde : les coups de feu firent de nombreuses victimes. La troupe perpétra le sac de Gbeguru. Pendant qu elle recevait des grêles et des pluies de flèches, elle répondait par des feux de salve qui se succédaient à un rythme cadencé, faisant parmi les autochtones des dizaines de morts qui jonchaient le sol. Les soldats agissaient dans une agitation extrême et une exaltation sous le ciel sinistre de Gbeguru dans la tourmente."

  • "L auteur esquisse l historique de cette région du sud du Sénégal, de la conquête française à nos jours auquel il mêle quelques souvenirs personnels. Les nouvelles générations forgeront-elles le destin de la Casamance en confiance et la paix retrouvée dans un ensemble harmonieux ou au contraire dans la poursuite des drames subis ?"

  • De la bataille pour l'indépendance au bouillonnement politique des premières années de la République, le Mali a vu se multiplier les partis. Cet ouvrage s'efforce de les recenser tous.
    Ce livre est avant tout un outil de référence : une mine d'informations, un document d'archives, un témoin précieux de l'histoire politique du Mali.

  • En s'inspirant de l'analyse structurale des mythes, Pierre Bonte propose une méthode de traitement des « récits d'origine » ouest-sahariens dont le statut est resté imprécis dans le champ de la littérature orale (légendes, mythes, épopées, saga). Ces récits d'origine ont trait aux fondations, celles des tribus dans des sociétés organisées sur un mode tribal, celles des villes anciennes, mais ils se rapportent également aux grands mouvements religieux et à l'introduction des « confréries » dans l'ouest du Sahara (Mauritanie, Maroc, Sahara occidental, Algérie et Mali).

    Pierre Bonte s'interroge sur le « régime d'historicité » de ces récits, dont certains participent à la légitimation de l'islamisation et, plus encore, de l'arabisation des populations locales d'origine berbère. Parfois écrits et transmis localement, parfois rassemblés par des chercheurs s'intéressant à la littérature orale - il en a lui-même recueilli un grand nombre au cours de ses missions -, ces textes, publiés en annexe de l'ouvrage, constituent un corpus inédit. La contribution de Pierre Bonte à la connaissance du passé ouest-saharien vient aussi éclairer les mutations profondes que connaissent ces sociétés depuis quelques décennies.

    La riche collecte à laquelle il a procédé concerne notamment l'examen des topoï mytho-historiques suivants : al-Imâm al-Hadramî et les Almoravides (XIe s.), les bafûr, la guerre de Sharr Bubba (XVIIe s.) et le Sharîf Bûbazzûl.

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