• Dans Cobalt blues le journaliste Erik Bruyland plonge dans l'histoire postcoloniale de son pays natal, la République Démocratique du Congo. Le passé colonial belge s'est transmué en scènes quasid'esclavagedanslesmineslesplusrichesaumonde. Alors pourquoi ce pays tellement riche est-il si pauvre ? Son travail fouillé de journalisme d'investigation dévoilecomment desopportunistes et despéculateursont -commedesvautours -pu mettremain-bassesurlesrichesses minières. Bruyland détricote les carrousels économiques et financiers et les manigances géopolitiques qui ont abouti à la tragédie du Cobalt blues: l'or bleu qu'engrangent des sociétés offshore, la sueur noire n'en récoltant rien. Et tout ça pour satisfaire notre besoin de téléphones intelligents ou de voitures électriques. Une analyse tranchante du dépérissement économique et politique de la RDC,avecenmiroirlerôleetlaresponsabilité del'ancien colonisateurbelge.

  • L'empire qui ne veut pas mourir : une histoire de la Françafrique Nouv.

    À Paris, on entend de toute part le même refrain : « La Françafrique est morte et enterrée ! » Pourtant, de Ouagadougou à Libreville, de Dakar à Yaoundé, de Bamako à Abidjan, la jeunesse se révolte contre ce qu'elle perçoit comme une mainmise française sur son destin.

    Quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, la France a officiellement octroyé l'indépendance à ses anciennes colonies africaines. Une liberté en trompe l'oeil. En réalité, Paris a perpétué l'Empire français sous une autre forme : la Françafrique. Un système où se mêlent des mécanismes officiels, assumés, revendiqués (militaires, monétaires, diplomatiques, culturels...), et des logiques de l'ombre, officieuses, souvent criminelles. Un système érigé contre les intérêts des peuples, avec l'assentiment d'une partie des élites africaines et qui profite toujours aux autocrates africains « amis de la France ». Un système que tous les présidents français ont laissé prospérer, en dépit des promesses de « rupture ».

    Exceptionnel par son ampleur, inédit par son contenu, cet ouvrage retrace cette histoire méconnue, depuis les origines coloniales de la Françafrique jusqu'à ses évolutions les plus récentes. Rédigées par des spécialistes reconnus - chercheurs, journalistes ou militants associatifs -, les contributions rassemblées dans ce livre montrent que le système françafricain, loin de se déliter, ne cesse de s'adapter pour perdurer.

  • Les Européens se sont longtemps contentés d'aller chercher en Afrique subsaharienne des esclaves pour l'Amérique sans volonté de la contrôler ni de l'explorer.
    Avec le processus menant à l'abolition de la traite (1807 pour l'Angleterre), des voyageurs ont porté un autre regard sur l'Afrique intérieure pour en connaître la géographie et les peuples. Si le racisme et les préjugés ne sont pas absents de leurs récits, la bienveillance est parfois là.
    Sept explorateurs ont, entre 1795 et 1830, laissé de passionnantes observations sur l'Afrique occidentale. Bien loin du ton dominateur de la seconde moitié du XIXe siècle, ils nous livrent une image riche et suggestive de l'Afrique. Une révélation pour le lecteur européen de l'époque, une surprise pour celui d'aujourd'hui.
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  • Arrachés violemment à leur terre et à leurs proches, ils furent des millions à se retrouver enchaînés, entassés comme des bêtes dans des bateaux, contraints à traverser à pied forêts ou déserts dans des conditions tellement inhumaines que presque la moitié d'entre eux en mouraient. Ce crime effroyable, qui a dévasté l'Afrique subsaharienne, a pris de nombreux visages au cours des siècles. Car ses exécuteurs et ses commanditaires sont issus de tous les horizons : de l'Afrique elle-même avec la traite interne, des différentes terres musulmanes avec les traites orientales, de l'Europe avec la traite atlantique.
    Pour comprendre l'ampleur et la complexité historique de l'esclavage des Noirs, il faut donc en faire la géographie, qui passe par les routes des différentes traites. C'est cette synthèse que Catherine Coquery-Vidrovitch nous présente ici avec rigueur et pédagogie, loin de toute polémique. Elle s'appuie sur son savoir immense d'historienne de l'Afrique, mais aussi sur le riche matériau réuni dans une série de quatre films intitulée Les Routes de l'esclavage, diffusée par la chaîne ARTE, dont elle a été la conseillère historique, et où interviennent les meilleurs spécialistes issus de nombreux pays.
    Un ouvrage aussi passionnant que terrible, qui révèle les rouages d'un système criminel sur lequel s'est construit en grande partie notre monde actuel.

  • L'Afrique subsaharienne est le berceau de l'humanité, et son histoire la plus vieille du monde. Ce petit livre, qui se destine à un public curieux mais non spécialiste, se nourrit d'un demi-siècle de travaux fondamentaux portant sur la question. Non seulement il fait le point sur une histoire au moins aussi variée et passionnante que celle des autres continents, mais il s'attache à déconstruire un à un les grands clichés qui continuent de nourrir les imaginaires occidentaux ; ceux qui font de l'Afrique un continent subalterne, à part, irrémédiablement à la traîne.
    Or l'Afrique, depuis toujours, influe sur le reste du monde. Elle lui a fourni main-d'oeuvre, or et matières premières, qui ont joué un rôle essentiel, aujourd'hui encore méconnu, dans la mondialisation économique. Elle a développé, au fil des siècles, un savoir parfaitement adapté à ses conditions environnementales, savoir qui fut taillé en pièces par l'extrême brutalité de la colonisation, pourtant si brève au regard de l'histoire longue.
    Mais si on lui a beaucoup pris, l'Afrique a aussi donné, avec une formidable vitalité. 

  • Tyrans d'Afrique

    Vincent Hugeux

    • Perrin
    • 4 March 2021

    Soixante ans après son lever, le « soleil des indépendances », occulté par la persistance de la tentation despotique, peine à éclairer l'Afrique. Au fil des décennies, la cohorte des tyrans, adeptes du pouvoir absolu, du repli clanique et du parti unique, se seront échinés à dévoyer une souveraineté en trompe-l'oeil, moins conquise qu'octroyée.
    Qu'il s'agisse de l'Ougandais Idi Amin Dada, de Sa Majesté Bokassa Ier, empereur de Centrafrique, du Congolo-Zaïrois Mobutu ou du Zimbabwéen Robert Mugabe, les ex-tuteurs européens se repaissent des frasques, tantôt grotesques, tantôt cruelles, de satrapes qui furent leurs élèves, leurs soldats puis leurs alliés. Feignant d'oublier que tous, du bouffon ubuesque au dictateur à l'implacable froideur, n'auront été au fond que les rejetons monstrueux de l'aberration coloniale.
    Bien sûr, l'ancien tirailleur togolais Gnassingbé Eyadéma ne ressemble guère au Guinéen Ahmed Sékou Touré, l'homme qui osa défier Charles de Gaulle ; pas plus qu'au Tchadien Hissène Habré, premier chef d'Etat du continent condamné par une juridiction africaine. Pour autant, on déniche souvent aux sources de leurs dérives respectives les ingrédients du même élixir toxique : enfance chaotique, appétit de revanche, blessures narcissiques, ivresse messianique et paranoïa.
    Dans cette édifiante galerie de portraits biographiques, Vincent Hugeux croque également d'une plume incisive d'autres personnages étrangers au « pré carré » francophone mais tout aussi romanesques, fût-ce dans l'abjection : Yahya Jammeh (Gambie), Teodoro Obiang (Guinée-Equatoriale) ou Issayas Afeworki (Erythrée).
    Les uns ont disparu, d'autres règnent encore. Et chacun d'entre eux nous raconte autant notre histoire que la sienne.

  • Le génocide perpétré au Rwanda d'avril à juillet 1994 a été exceptionnel par son envergure, sa rapidité et son mode opératoire : plus d'un demi-million de Tutsi ont été exterminés en cent jours. Les victimes sont généralement tombées sous les coups d'un très grand nombre d'assassins ayant eu recours à des armes rudimentaires. Quels ont été les ressorts d'une telle tragédie ? Quelles en ont été les causes, lointaines ou plus immédiates ? Comment s'est-elle déroulée ? Quelles séquelles a-t-elle laissées ? Ce génocide n'appartient pas qu'à l'histoire : il reste un enjeu politique contemporain, tant au Rwanda qu'ailleurs dans la région et de par le monde, notamment en France. Les débats restent intenses ; les oppositions, souvent violentes. Filip Reyntjens, en s'appuyant sur des faits communément admis, offre des clés de lecture pour une interprétation plus sobre de ce qu'on a appelé le « dernier génocide du XXe siècle ».

  • 1990 : la guerre civile éclate au Rwanda, opposant le Front patriotique rwandais (FPR) aux Forces armées rwandaises (FAR).
    L'année suivante, le colonel Delort - conseiller Afrique du chef d'état-major des armées - se rend sur place et devient une cheville ouvrière de la politique française au « pays des mille collines ». Jusqu'en 1994 et la fin du conflit - avant donc le terrible génocide qui allait suivre -, il participe aux négociations politiques entre les deux camps, mène des missions diplomatiques et conduit des actions militaires. Il est présent lors des négociations d'Arusha, en Tanzanie, qui devaient permettre de trouver une solution politique. Il a directement négocié, pour la France, avec les dirigeants voisins ; il a été le commandant opérationnel des soldats français au Rwanda. Et c'est également lui qui pilota l'évacuation d'une partie de nos compatriotes en 1993.
    Il a choisi de raconter son expérience, d'exposer les affrontements politiques et militaires des Rwandais, de témoigner de ce que fut la politique de la France, tout en s'interrogeant avec pragmatisme sur la volonté des belligérants d'aboutir à un accord durable et sur le désintérêt de la communauté internationale pour ce pays en guerre.
    Des reconnaissances tactiques sur les frontières aux entrevues politiques à Kigali, des réunions « de crise » au Quai d'Orsay aux affrontements sur le terrain entre « gouvernementaux » et « rebelles », des débriefings à l'état-major des armées boulevard Saint-Germain aux délicates missions d'évaluation des forces en présence, le lecteur est ainsi entraîné au coeur des événements.
    Guerre au Rwanda, L'Espoir brisé constitue le témoignage exceptionnel d'un acteur de premier plan : on comprend, en le lisant, comment ce terrible drame s'est noué et quel fut le but politique de la France.

  • Sommes-nous africains ? Qu'est-ce que l'Afrique ? De cette double interrogation, née au XVIIIe siècle dans la diaspora africaine déportée aux Amériques, a émergé un vaste mouvement intellectuel, politique et culturel qui a pris le nom de panafricanisme au tournant du XXe siècle. Ce mouvement a constitué, pour les Africains des deux rives de l'Atlantique, un espace privilégié de rencontres et de mobilisations.
    De la révolution haïtienne de 1791 à l'élection du premier président noir des États-Unis en 2008 en passant par les indépendances des États africains, Amzat Boukari-Yabara retrace, dans cette ambitieuse fresque historique, l'itinéraire singulier de ces personnalités qui, à l'image de W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, George Padmore, C.L.R. James, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, ont mis leur vie au service de la libération de l'Afrique et de l'émancipation des Noirs à travers le monde. Mêlant les voix de ces acteurs de premier plan, bientôt rejoints par quantité d'artistes, d'écrivains et de musiciens, comme Bob Marley ou Miriam Makeba, la polyphonie panafricaine s'est mise à résonner aux quatre coins du « monde noir », de New York à Monrovia, de Londres à Accra, de Kingston à Addis-Abeba.
    Les mots d'ordre popularisés par les militants panafricains n'ont pas tous porté les fruits espérés. Mais, à l'heure où l'Afrique est confrontée à de nouveaux défis, le panafricanisme reste un chantier d'avenir. Tôt ou tard, les Africains briseront les frontières géographiques et mentales qui brident encore leur liberté.

  • Dans l'amas des archives de la principale institution chargée de l'histoire et de la mémoire du génocide au Rwanda, plusieurs liasses de fragiles petits cahiers d'écoliers renfermaient dans le silence de la poussière accumulée les récits d'une centaine d'enfants survivants.
    Rédigés en 2006 à l'initiative d'une association rwandaise de rescapés, dans une perspective testimoniale et de catharsis psychologique, ces témoignages d'enfants devenus entre-temps des jeunes hommes et des jeunes femmes, racontent en trois scansions chronologiques souvent subverties ce que fut leur expérience du génocide, de la « vie d'avant » puis de la « vie d'après ». Leurs mots, le cruel réalisme des scènes décrites, la puissance des affects exprimés, livrent à l'historien une entrée incomparable dans les subjectivités survivantes et permettent, aussi, d'investir le discours et la gestuelle meurtrière de ceux qui éradiquèrent à jamais leur monde de l'enfance.
    Le livre tente une écriture de l'histoire du génocide des Tutsi à hauteur d'enfant. Il donne à voir et à entendre l'expression singulière d'une expérience collective, au plus près des mots des enfants, au plus près du grain de la source. Tentative historiographique qui est aussi une mise à l'épreuve affective et morale pour l'historienne face à une source saturée de violence et de douleur. Loin des postulats abstraits sur l'« indicible », le livre propose une réflexion sur les conditions rendant audibles les récits terribles d'une telle expérience de déréliction au crépuscule de notre tragique XXe siècle.

  • La décolonisation africaine n'aura-t-elle été qu'un accident bruyant, un craquement à la surface, le signe d'un futur appelé à se fourvoyer ? Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre que, au-delà des crises et de la destruction qui ont souvent frappé le continent depuis les indépendances, de nouvelles sociétés sont en train de naître, réalisant leur synthèse sur le mode du réassemblage, de la redistribution des différences entre soi et les autres et de la circulation des hommes et des cultures. Cet univers créole, dont la trame complexe et mobile glisse sans cesse d'une forme à une autre, constitue le soubassement d'une modernité que l'auteur qualifie d'« afropolitaine ».

  • Entre les discours selon lesquels l'Afrique ne serait pas « entrée dans l'histoire », ceux qui ne se fondent que sur l'orthodoxie économique opposant Nord développé et Sud qui ne le serait pas, et des visions archaïques bien souvent héritées du passé colonial, le continent africain souffre, en Occident, d'une réputation peu enviable. Une réputation aussi fausse que condescendante et que symbolisait déjà, en son temps, la Négrologie de Stephen Smith.
    À l'opposé de ces visions étriquées, l'ouvrage d'Anne-Cécile Robert repose sur une connaissance profonde des réalités culturelles, économiques et politiques du continent, comme des regards qui sont portés sur lui. En posant ouvertement la question « Et si, à l'inverse des croyances les plus diffuses, il était possible que l'Occident ait besoin de l'Afrique et non le contraire ? », Anne-Cécile Robert inverse le champ d'analyse et permet d'interroger nos propres modèles économiques (en crise depuis des années) auxquels l'Afrique pourrait fournir des réponses, notamment quant à la transition vers un modèle plus harmonieux dans l'équilibre entre les êtres humains et leur environnement.

  • Il n'y a pas si longtemps un président français affirmait que » l'homme africain n'était pas assez entré dans l'histoire « . En partant des traces des ancêtres de Lucy il y a 7 millions d'années, des vestiges néolithiques ou encore des » Bushmen « , les auteurs de cet ouvrage nous dévoilent la partie subsaharienne du continent à travers ses multiples identités et les hommes qui l'ont façonnée.
    Ils nous plongent au coeur des royaumes et des empires, en Éthiopie, au Sahel, au Zimbabwe, au Soudan, ou au Mali, où s'épanouit un Moyen Âge relaté notamment par le célèbre voyageur Ibn Battûta.
    Longtemps contournée par les explorateurs, l'Afrique sera colonisée, exploitée. Une période qui marque les débuts de la traite des Noirs, de l'esclavage et de la déportation vers l'Amérique - autant de sujets abordés ici sous des angles parfois méconnus. Enfin, de la colonisation européenne aux combats et révoltes menant aux indépendances, on comprendra les forces à l'oeuvre dans différents pays du continent après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'à aujourd'hui, où l'ingérence occidentale se développe sur de nouveaux terrains.
    Une introduction indispensable à l'histoire de l'Afrique subsaharienne, qui invitera le lecteur à une exploration plus profonde.

  • Cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, et après quatre ans d'enquête, le récit d'une guerre cachée que la France y a menée, de 1955 à 1971. Coloniale, puis néocoloniale, cette guerre a fait des dizaines de milliers de victimes, peut-être bien davantage.

    Dans les années 1950 et 1960, les dirigeants français ont mené au Cameroun une guerre secrète. Pour garder la mainmise sur ce pays clé de son empire, la France a inventé une politique africaine néocoloniale. Alors qu'elle écrasait dans le sang le mouvement nationaliste porté par l'Union des populations du Cameroun (UPC), elle octroya au pays une « indépendance » de façade et plaça à sa tête une dictature « amie ».
    S'appuyant sur d'innombrables témoignages et sur des milliers d'archives, les auteurs détaillent les étapes de cette guerre méconnue. Ils racontent comment furent assassinés, un à un, les leaders de l'UPC : Ruben Um Nyobè en 1958, Félix Moumié en 1960 et Ernest Ouandié en 1971. Ils montrent comment l'administration et l'armée françaises, avec leurs relais locaux, ont conduit une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau, torture généralisée, etc. Et ils expliquent finalement pourquoi cette guerre, qui a fait des dizaines de milliers de morts, a transformé le Cameroun en laboratoire de la « Françafrique », ce pacte néocolonial grâce auquel les élites françaises et africaines s'accaparent les richesses du continent et privent les peuples de leurs droits.

  • D'abord des paysages. Ensuite un envoûtement.
    Le Kenya, c'est cette fracture géologique de la grande vallée du Rift que le visiteur se prend comme un coup de poing, dès la sortie de Nairobi. L'Afrique en miroir.
    Toute l'Afrique, résumée dans l'histoire d'un pays et dans ses convulsions depuis l'indépendance. Le Kenya est un mythe entretenu par les images de films romantiques et de récits de voyage. Mais dans ses soutes, la fureur n'a jamais été contenue. Les rages ethniques, politiquement exploitées, sont toujours à fleur d'actualité. La mémoire des massacres coloniaux y reste vive. L'ambiance coloniale des clubs si britanniques ne pourrait être plus trompeuse.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est une odyssée africaine, une plongée, page après page, dans le coeur du continent noir.

  • Histoire des révoltes panafricaines propose, à une époque où la quasi- totalité du monde noir vit encore sous le joug colonial, une histoire mondiale de la résistance des Noirs, de Saint-Domingue aux colonies africaines, en passant bien sûr par les États-Unis et les autres îles des Antilles. L'épilogue, écrit par James en 1969, revient sur la décolonisation de l'Afrique, le mouvement des droits civiques aux États-Unis, les conflits dans les Caraïbes, prolongeant, précisant et corrigeant les positions avancées à la fin des années 1930. L'une des premières originalités de l'ouvrage est de rompre avec le cliché des primitifs subissant passivement leur exploitation. « Le seul endroit où les Noirs ne se sont pas révoltés, écrivait James, c'est dans les pages écrites par les historiens capitalistes. » Aussi place-t-il les travailleurs noirs au centre de l'histoire mondiale, incluant, sans les hiérarchiser, un ensemble très divers de rébellions : révoltes d'esclaves, grèves, mouvements millénaristes ou antiracistes. Ce sont les masses qui font l'histoire, dans les conditions et avec les croyances qui sont les leurs ; les leaders, Toussaint comme Nkrumah, Garvey comme Nyerere, ont toujours été portés et produits par des processus collectifs. Manière de sortir aussi bien des approches marxistes axées sur l'ouvrier de l'industrie que des visions hagiographiques exaltant les « grands hommes de l'histoire ». Par son sujet et par son traitement, le livre de James n'a pas pris une ride ; au contraire, il pourrait même être encore en avance sur notre temps.

  • Un pays ? Pas tout à fait, tant ses frontières sont convoitées et disputées. Un continent ? Pas complètement. Un peuple ? Pas si sûr. Alors, une fresque ? Évidemment !

    Le Congo est un tableau peint au rythme de l'Afrique, sur une toile immense où l'ardeur de survivre et l'ingéniosité forment les ressorts d'une naïveté apparente et si séduisante.

    Le Congo est musical, il danse, il chante, il vibre quand il rit et quand il pleure, sur les rives du grand fleuve, cette artère profonde de l'Afrique remontée par des aventuriers tout droits sortis du coeur des ténèbres.

    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. La rumba congolaise y rythme l'amour et les folies de la vie. Le courage des femmes outragées par les guerres interminables y révèle la détermination de surmonter les décennies d'horreur. Un récit à l'image des Congolaises, rempli de leur folle énergie et ode à l'éternelle maternité de l'Afrique.

    Récit suivi d'entretiens avec Isidore Ndaywel (La colonisation belge a engendré un esprit de dépendance), Maddy Tiembe (Au Congo, une femme doit obligatoirement avoir des attributs) et Freddy Tsimba (Les artistes congolais sont des créateurs d'identité nationale).

  • Longtemps passées sous silence, la sexualité dans les empires coloniaux et la domination sur les corps apparaissent aujourd'hui comme des sujets de recherches majeurs. Les héritages de cette histoire font désormais débats dans nos sociétés de plus en plus métissées et mondialisées. Six siècles d'histoire ont construit des imaginaires, des fantasmes et des pratiques analysés dans cet ouvrage au fil des cinquante contributions de spécialistes internationaux.
    Coordonné par un collectif paritaire de dix chercheur.e.s de plusieurs disciplines, l'ouvrage Sexualités, identités et corps colonisés tisse des liens entre passé et présent, et explore les nombreuses facettes de cette histoire. La publication de Sexe, race & colonies en 2018 a initié débats et polémiques, mais a aussi reçu un écho sans précédent. Ce nouveau livre va plus loin.
    Aux quinze articles majeurs du précédent ouvrage, réédités pour les rendre accessibles au plus grand nombre, ont été ajoutées trente contributions inédites éclairant la transversalité de cette question dans tous les empires coloniaux jusqu'aux sociétés postcoloniales actuelles. Ce livre permet de saisir comment la sexualité et les hiérarchies raciales ont été consubstantielles à l'organisation du pouvoir dans les empires et à l'invention d'imaginaires transnationaux. Déconstruire les regards coloniaux qui sont omniprésents dans nos représentations suppose de regarder en face cette hégémonie sexuelle mondialisée et ce passé, aussi complexe soit-il. C'est à ce prix qu'une décolonisation des imaginaires sera possible.

  • Histoire générale de l'Afrique, des origines de l'humanité jusqu'à la nouvelle carte géopolitique liée à la mondialisation des échanges. Le peuplement du continent, la coexistence de l'homme avec son environnement, la construction de sociétés durables, les guerres ethniques, l'instabilité politique et la propagation du Sida son les thèmes abordés.

  • « Le temps est venu de panser nos blessures », proclame Nelson Mandela en devenant en 1994 le premier président noir de la République d'Afrique du Sud. Comment expliquer le long chemin d'intolérance qui a mené au système durable de l'apartheid, plaçant ce pays leader de l'Afrique à contre-courant de l'Histoire ?
    La pointe sud de l'Afrique fut toujours une terre de migrations. Rien ne laissait pourtant présager que du simple comptoir fondé en 1652 au Cap par le Hollandais Jan van Riebeeck sur la route des Indes naîtrait une colonie si florissante. Calvinistes du Nord de l'Europe et huguenots chassés de France s'implantent dans cette nouvelle terre promise, au prix de luttes à mort avec la mosaïque d'ethnies qui la composent. L'espoir d'une cohabitation pacifique s'éloigne tandis que les Afrikaners se défont partiellement de la tutelle britannique en 1910. Dès lors, la suprématie blanche guide sa destinée jusqu'à ce que le célèbre détenu de Robben Island, Nelson Mandela sonne l'heure de la réconciliationraciale.
    Des premiers peuplements à l'émergence de l'empire Zoulou, de la violence inédite des guerres anglo-boers aux premières élections libres, en passant par l'aventure fondatrice du Grand Trek, c'est l'épopée des identités sud- africaines qui renaît dans cette synthèse riche et vivante. Nombreux restent les défis à relever pour cette société très inégalitaire et au malaise racial encore prégnant. Mais la « nation arc-en-ciel », membre des Brics, n'en reste pas moinsun pays d'avenir.

  • Une démographie en pleine explosion, une croissance économique soutenue, l'Afrique est l'objet de toutes les attentions de la part des grandes puissances. Clair, concis, documenté, «L'Afrique depuis 1940» est un ouvrage indispensable pour comprendre son histoire contemporaine, mais surtout pour appréhender son avenir. Avec une approche à la fois chronologique et thématique qui jette un pont entre les périodes coloniale et postcoloniale, il aborde les questions économiques et sociales sur l'ensemble de la période 1945-2000 et montre qu'entre les sociétés africaines et le reste du monde se tenait un "État garde-barrière". Frederick Cooper permet ainsi de dépasser le débat stérile qui attribue les causes de la situation actuelle de l'Afrique soit à l'héritage colonial soit à une mauvaise gouvernance.

  • La 2e édition de cet ouvrage d' histoire globale retrace l'évolution du continent : 8 parties couvrant l'histoire de l'Afrique de -10 000 ans à aujourd'hui , Les points forts de chaque période, 2 cahiers de cartes en couleur .

  • La légende veut que la France, « patrie des droits de l'homme », ait généreusement offert l'indépendance à ses anciennes colonies d'Afrique noire en 1960. Ce livre raconte une tout autre histoire : celle d'une guerre brutale, violente, meurtrière, qui a permis à Paris d'inventer un nouveau système de domination : la Françafrique.
    Cette guerre secrète a pour théâtre le Cameroun des années 1950 et 1960. Confrontées à un vaste mouvement social et politique, porté par un parti indépendantiste, l'Union des populations du Cameroun (UPC), les autorités françaises décident de passer en force. En utilisant les mêmes méthodes qu'en Algérie (torture, bombardements, internements de masse, action psychologique, etc.), elles parviennent en quelques années à éradiquer militairement les contestataires et à installer à Yaoundé une dictature profrançaise.
    En pleine guerre froide, et alors que l'opinion française a les yeux tournés vers l'Algérie, la guerre du Cameroun, qui a fait des dizaines de milliers de morts, est à l'époque passée inaperçue. Elle a ensuite été effacée des mémoires par ceux qui l'ont remportée : les Français et leurs alliés camerounais. Le crime fut donc presque parfait : les nouvelles autorités camerounaises ont repris les mots d'ordre de l'UPC pour vider l'« indépendance » de son contenu et la mettre au service... de la France ! Mais la mémoire revient depuis quelques années. Et les fantômes du Cameroun viennent hanter l'ancienne métropole. Laquelle, de plus en plus contestée sur le continent africain, devra tôt ou tard regarder son passé en face.

  • Retracer les chemins de l'histoire malgache : beaucoup s'y sont essayés, mais le besoin se faisait sentir d'une publication d'accès facile, qui intègre les résultats des recherches les plus récentes. Tel est l'objectif de ce livre. À leur arrivée, les premiers occupants de la Grande Île peuplent les côtes, et certains gagnent progressivement l'intérieur des terres. Suit une phase de constructions politiques, au terme de laquelle l'une d'entre elles se fait reconnaître comme Royaume de Madagascar. Son échec, suivi de la colonisation, n'entrave pas la détermination de la population. L'indépendance ouvre enfin la voie à un processus de longue haleine : la quête de la démocratie et du développement. L'ouvrage décrit ainsi la marche d'un peuple vers son unité. C'est toute cette histoire qui est ici retracée ; elle relativise l'idée convenue d'une origine des Malgaches, au profit d'une intégration progressive dans l'océan Indien et d'une ouverture croissante sur le monde.

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