• Le Coran est-il antisémite ? L'islam véhicule-t-il une « haine du Juif » qui le rend incompatible avec les valeurs occidentales ? Le regard de l'islamologue est indispensable pour dépassionner le débat et sortir des jugements à l'emporte-pièce. Sans rien masquer des aspects les plus problématiques, le grand savant Meïr M. Bar-Asher fait le point sur ce dossier brûlant. Il passe en revue l'image des « fils d'Israël » et des « Juifs » dans le Coran et le Hadîth, ainsi que les bases coraniques du statut de dhimmi. IL s'attarde également sur l'apport extraordinaire de la tradition juive à l'exégèse musulmane du Coran, ainsi que sur les parallèles entre les lois religieuses juive et musulmane, halakha et sharia. Il montre surtout que la question du rapport de la tradition islamique à la figure du Juif et au judaïsme est complexe, et qu'on ne saurait la ramener à la caricature qu'en donnent tant les prédicateurs islamistes que les islamophobes.
    Un ouvrage accessible, essentiel pour comprendre les enjeux de société actuels.

  • « C'est de l'hébreu pour moi ! » Cette expression populaire marque bien le sentiment d'étrangeté que suscite souvent la langue dans laquelle est écrite la Bible. Pourtant, au même titre que le grec et le latin, l'hébreu est à la source notre patrimoine culturel et spirituel. Tel est le paradoxe que relève Julien Darmon, et qui le conduit à déconstruire les préjugés ancestraux pesant sur une langue réputée « difficile », lointaine parce que « sémitique », « langue morte » qui aurait été réveillée uniquement par le sionisme, etc.
    Une fois écartés ces obstacles imaginaires, l'hébreu nous livre son génie propre : celui des 22 lettres de son alphabet qui peuvent se combiner d'une manière quasi infinie, donnant au texte « divin » une extraordinaire polysémie. Tout fait sens dans l'écriture de la Torah, et la tradition juive se caractérise par une incomparable liberté d'interprétation. Les chrétiens eux-mêmes gagneraient à s'initier à la langue dans laquelle priait Jésus, dont les paroles prennent des connotations insoupçonnées à la lumière de leurs résonances sémitiques. Julien Darmon en livre maints exemples et démontre ainsi que, loin de lui être opposé, l'Esprit réside au coeur de la Lettre.

  • L'histoire que Simon Schama entreprend de nous conter ici raconte l'héroïsme de la vie quotidienne autant que les grandes tragédies. Elle n'est pas l'histoire d'une culture à part, mais celle d'un monde juif immergé dans les peuples au milieu desquels il a vécu et marqué par eux. C'est en cela que l'histoire des Juifs est l'histoire de tous.
    L'histoire que Simon Schama entreprend de nous conter ici est à nulle autre pareille.
    Tout au long des dernières décennies, des découvertes archéologiques ont renouvelé notre vision de la manière dont a vu le jour la Bible, qui allait devenir le patrimoine d'une bonne partie de la planète. D'une extrémité du monde juif à l'autre ont été exhumées des mosaïques qui bouleversent notre idée de ce qu'étaient une synagogue et le culte juif, mais aussi de tout ce que cette religion, dans ses formes, partageait avec le paganisme et le christianisme primitif.
    Cette histoire s'étend sur les millénaires et les continents - de l'Inde à l'Andalousie, des bazars du Caire aux rues d'Oxford. Elle nous emmène d'un royaume juif dans les montagnes de l'Arabie du Sud à une synagogue syrienne aux murs peints étincelants, en passant par la colonie juive installée dans l'île d'Éléphantine, en Haute-Égypte, dès le vie siècle avant notre ère.
    Simon Schama nous conte avec maestria cette épopée où l'héroïsme de la vie quotidienne côtoie les grandes tragédies, et pose son regard d'historien de l'art sur les trésors qu'elle nous a légués. L'histoire des Juifs n'est pas, comme on l'imagine souvent, celle d'une culture à part, mais celle d'un monde juif immergé dans les peuples au milieu desquels il a vécu et marqué par eux, des Égyptiens aux Grecs, des Arabes aux chrétiens. C'est en cela qu'elle est l'histoire de tous.

  • Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère ; des prêtres aux rabbins Nouv.

    Pluriel et ancré dans son histoire, le judaïsme n'en obéit pas moins à une loi, la torah, dont le développement est soumis aux époques et aux territoires qu'elle traverse. Les huit siècles couverts ici sont ceux du glissement du judaïsme des prêtres à celui des chrétiens et des rabbins, du judaïsme de Palestine à celui de la Diaspora. A la suite notamment de l'échec des révoltes contre Rome, il a fallu à ce peuple forgé dans la déportation, qui ne reconnaît d'autre dieu que le sien, affirmer mais aussi - bien plus qu'on ne le croit - adapter son identité.
    Dans cette somme sur le judaïsme ancien, nouant les histoires politique et religieuse, il apparaît évident que l'évolution de la religion judéenne - juive -, mais aussi de la culture et de la société qui en découlent, n'est pas le produit d'une autarcie. Le judaïsme s'est moulé dans son époque, a évolué avec elle et les civilisations qui l'ont faite. Cette histoire antique y est décryptée dans une étude qui fera date pour tous ceux qui cherchent à comprendre réellement les racines d'un judaïsme bien moins figé que l'historiographie ne l'a laissé transparaître jusqu'ici.

  • Le judaïsme ne saurait se réduire à un ensemble spécifique de croyances et de rites. Cette religion propose une culture globale qui recouvre à la fois un enseignement doctrinal, un système de lois très développé, un mode de vie particulier et un système social étendu. Fondé sur des formes de savoirs et des modèles intellectuels, éthiques et politiques instruits par des textes écrits et des traditions orales, le judaïsme repose également sur sa société particulière, définie par le peuple juif mais aussi par les convertis qui se joignent à lui, quelle que soit leur origine.
    Cette culture globale est plurimillénaire : une bibliothèque juive traditionnelle contient à la fois des ouvrages de la haute antiquité (Bible) et de l'antiquité tardive (Talmud, Midrach), et un très grand nombre de textes et d'études, relayés depuis l'époque médiévale, qui vont du commentaire biblique ou talmudique au traité philosophique ou cabalistique. Au-delà des textes, la tradition hébraïque enveloppe de fait toutes les dimensions de la vie, depuis les idées les plus hautes de la métaphysique jusqu'aux détails les plus pointus de la relation de chacun à son corps, aux objets du monde et à autrui.

  • La découverte inespérée des registres du collège Gambetta, grâce à l'acharnement de Claude Smadja, l'un des initiateurs du Comité Tlemcen, a permis que le nom de ma soeur Bella soit gravé avec ceux de ses camarades d'école assassinés comme elle

  • L'histoire des Hébreux nous est essentiellement connue par la Bible. Mais entre l'Histoire et la foi, où se situe la réalité du peuple d'Israël ?

    Se fondant sur les progrès de l'archéologie, Richard Lebeau confronte le récit biblique aux découvertes archéologiques. Il raconte le destin exceptionnel de ces nomades venus de Mésopotamie, d'Égypte et de Canaan, rassemblés, vers 1 200 avant J.-C., autour du culte d'un Dieu unique - Yavhé - et d'un roi. Malgré les conquêtes, les exodes et les tentatives d'assimilation, les Hébreux ont su préserver leur identité, réécrivant sans cesse leur passé, jusqu'à leur expulsion de la Terre sainte par les Romains en 135 de notre ère.

  • Voici un peuple dont le passé et le présent se confondent avec ceux de l'humanité tout entière, enjambant les siècles, les continents et les civilisations, depuis l'Egypte des pharaons jusqu'à la Russie soviétique, en passant par le monde gréco-romain, l'Europe chrétienne, l'Orient musulman, les Grandes Découvertes, la Révolution française, la Première Guerre mondiale, la Shoah et la naissance de l'Etat d'Israël.
    Précis et rigoureux, Michel Abitbol retrace cette longue aventure où s'entremêlent événements tragiques et heureux, courants religieux, littéraires et politiques, animés par de grandes figures qui ont marqué leur temps. L'auteur nous donne ainsi de précieuses clés pour mieux appréhender l'histoire bien souvent méconnue de ce « peuple-monde ».
     

  • Le Christ juif

    Daniel Boyarin

    On sait qui fut Jésus-Christ pour les premiers chrétiens : le Messie. Mais pour les juifs qui furent son contemporain ? Avec un grand courage et une rare science, mais aussi avec tact et humour, Daniel Boyarin ébranle nos idées reçues sur les origines du judaïsme et du christianisme, ainsi que sur leur séparation.
    On ne ressort pas indemne de la lecture de ce livre qui nous offre un regard neuf sur les sources de notre culture, sur l'histoire des monothéismes, sur la genèse des Écritures et de nos mentalités.
    Une plongée en immersion qui rend intelligent.
    Déjà un classique.

  • Qu'est-ce vraiment que la Cabale, cette grande mystique du judaïsme ? Contre les fantasmes que ce mot inspire, voici l'étude la plus sûre et la plus complète du maître en la matière.
    Traitant des centres d'intérêt majeurs de la cabale, de leur nature, de leur signification, de leur émergence et de leur développement, cette approche se double d'une approche historique. À partir de l'étude des sources originelles, Moshe Idel décrit la mystique juive du Moyen Âge au XIXe siècle. Il montre que la cabale possède des sources antiques qui précèdent la théologie gnostique. Il dépeint dans le détail les techniques mystiques pratiquées et il termine par une analyse de l'herméneutique cabaliste qui en renouvelle l'écriture.
    Cet ouvrage, qui jouit d'une reconnaissance internationale, a été traduit en plusieurs langues et suscite toujours des débats passionnants, et parfois passionnés.

  • Les Juifs seraient absents de la mémoire historique de la France. À contre-courant de cette idée, ce livre propose de relire le processus de construction de l'histoire des Juifs de France en partant à la recherche de ses sources. Centré sur le XIXe siècle, il prend pour point de départ les ardents débats relatifs à la citoyenneté des Juifs sous la Révolution française.
    Tandis que la recherche historique se voit portée en France, à partir des années 1830, par la volonté politique de mise en ordre du passé archivé au sein des dépôts publics, de nombreux documents se voient identifiés, classés, inventoriés et publiés. Parmi eux, des documents relatifs à l'histoire des Juifs. Certains sont disséminés dans les fonds des archives locales, d'autres au contraire sont retrouvés au coeur même des collections les plus prestigieuses de la royauté française. Parallèlement, la fièvre archéologique qui gagne les élites provinciales cherchant à célébrer les racines chrétiennes de la France, fait émerger, presque par hasard, des inscriptions hébraïques. Celles-ci sont néanmoins intégrées difficilement et marginalement au domaine alors florissant des antiquités nationales.
    Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu'un cercle restreint de savants ancre une histoire française des Juifs depuis le Moyen Âge, non pas séparée, mais intégrée à l'histoire de France. Cette histoire « judéo-française », répondant à distance aux attaques antisémites de la presse nationalisted'alors, permet de révéler la part juive insoupçonnée de l'histoire de France. Mais cette reconnaissance a un prix : la perte et la dislocation de nombreuses archives issues des anciennes communautés juives de France, fragilisant à terme la possibilité de reconstituer leur histoire « intérieure ».

  • Rachel Ertel a consacré sa vie à faire connaître et reconnaître la littérature yiddish aux lecteurs francophones. Par ses essais, ses traductions et son enseignement, elle a oeuvré pour la sauvegarde et la transmission de ce riche espace culturel.
    Son parcours personnel est bouleversant : c'est celui d'une petite fille aux parents écrivains rescapés de la Shoah, qui fut déportée en URSS pendant la guerre avant de trouver refuge en France et de voyager aux États-Unis ; c'est aussi celui d'une femme de conviction, déracinée mais passionnée, amie des artistes, des poètes et des grands auteurs yiddish du XXe siècle. Au fil des souvenirs convoqués émergent les grandes problématiques au coeur de la création littéraire, et en particulier les enjeux de toute traduction : Comment transmettre une mémoire perdue, ressusciter un monde aboli ? Comment transposer une langue mourante, liée à un vécu et à une destruction hors parole, en une langue vivante ? Comment concilier le deuil de la langue et la jouissance esthétique de la translation, de la transposition, de l'écriture ?
    À travers la voix forte d'une grande passeuse de la mémoire du monde yiddish, nous entendons la langue des assassinés. Rachel Ertel nous rappelle que l'Anéantissement est au-delà des pleurs, du temps, comme une entaille dans l'histoire de l'humanité, dont seule l'écriture peut porter témoignage, afin qu'il ne soit jamais oublié.
    Rachel Ertel a enseigné la littérature américaine à Paris 7 où elle a fondé le Centre d'études judéo-américaines. Elle est également présidente d'honneur de la maison de la culture yiddish.
    Stéphane Bou est journaliste.

  • Et si le plus grand historien du ier siècle, celui dont les écrits corroborent le récit des Évangiles, n'avait pas encore livré tous ses secrets ?
    En 70, Jérusalem est détruite par les Romains. La guerre avait commencé en 66, et Flavius Josèphe, prêtre de Jérusalem, avait alors été envoyé les combattre en Galilée. Mais pourquoi, après avoir été capturé, a-t-il soudain été gracié et entretenu par ces mêmes Romains, qui lui ont ainsi permis de devenir écrivain ? Quelles furent les raisons de ce revirement ?
    De Massada au Colisée, voici enfin publiée la biographie de ce grand historien juif de l'Antiquité qui rêva follement d'être fidèle à Jérusalem et à Rome. Une destinée moderne au sein du monde ancien, à lire comme un roman.
    Une fresque étonnante sur l'histoire politique.

  • Après vingt-cinq ans passés à observer le vécu et le comportement des femmes dans des zones de conflit du monde entier (Bosnie, Afghanistan, RDC, Kurdistan...), Carol Mann, historienne et sociologue, a voulu étudier dans la même perspective « genrée » un sujet qui la touche personnellement : l'expérience des femmes pendant la Shoah en France, ce qui jusqu'ici n'avait pas été traité en profondeur. Elle l'a fait à partir de la lecture de journaux intimes (Hélène Berr, Tereska Torrès et d'autres inédits) et surtout des milliers de lettres, et cartes postales, écrites principalement dans le camp de Drancy et rassemblées au Mémorial de la Shoah, dont certaines n'avaient pas été ouvertes depuis la guerre.
    À côté d'une analyse rigoureuse de la sociologie des victimes (israélites françaises et réfugiées de l'Est, bourgeoises et femmes du peuple...), on a ici la présentation d'un matériau unique : la tragédie en direct, écrite dans l'urgence sur des cartes réglementaires ou des feuilles à carreaux cachées dans des paquets, voire sur des bouts de papier jetés des wagons plombés. Leurs autrices, obsédées jusqu'au bout par la survie de leurs proches, ignorent encore ce qui les attend dans les camps de la mort, ce qui rend la lecture de ces documents d'autant plus poignante.

  • Son originalité est d'avoir réuni deux histoires personnelles en une. La première est celle d'un jeune couple de Juifs polonais qui, fuyant la progression de l'armée hitlérienne en septembre 1939, part à l'Est, revient en 1941 à Varsovie dans le ghetto, arrive à survivre aux rafl es, aux déportations, aux camps, et en 1945, en négligeant les démons profondément enracinés dans la société polonaise, décide de revenir et vivre à Varsovie parce qu'il croit à la promesse d'un avenir meilleur... La deuxième histoire est celle de l'auteure à qui, enfant, on n'a rien dit, les uns pour la protéger, les autres pour façonner l'Histoire au service de l'auto-justifi cation d'un régime totalitaire.

  • Voici un livre qui, sans conteste, deviendra de référence. Écrit par d'éminents spécialistes, il donne à voir et à comprendre l'histoire du judaïsme et du peuple juif. Les origines, les évolutions, les constances ou les ruptures, mais surtout, parce qu'il s'agit de l'histoire d'une nation qui fut longtemps sans Etat, ni territoire géographique, parlant une grande diversité de langues et s'exprimant à travers des traditions très différentes, l'histoire de ses singularités : les cultures, la religion, la production intellectuelle, les institutions sociales, la force de ses symboles et de son imaginaire. Ainsi que l'illustrent les chapitres qui constituent le livre : Le monde de la Torah, les origines du midrash, les quatre coudées de la loi (Halakhah), l'interprétation talmudique, la philosophie dans la tradition, l'histoire de la kabbale, les origines du hassidisme, la liturgie dans la vie juive, les nations au miroir d'Israël, les dissidences, les naissances du judaïsme séfarade et ashkénaze, l'histoire des communautés et des institutions sociales, l'essor des modernités juives, le sionisme face au judaïsme , le judaïsme au présent.

    Il est frappant de constater que, si l'histoire du peuple juif est pour une bonne par-tie celle d'un exil politique, elle est aussi celle d'un exil existentiel : comment réconcilier le ciel et la terre, l'idéal qui s'exprime dans les livres et le réel souvent tragique. Mais égale-ment combien " la conception lacrymale de l'histoire juive " affleure à peine : si le ghetto et les persécutions marquent le quotidien des juifs, la " vraie vie " est bien davantage en-tre les lignes du Talmud, du Midrash ou de la kabbale.

    Le volume, en retour, déconstruit l'idée selon laquelle l'histoire juive serait une non-histoire, une vie hors du temps, suspendue à une attente passive : au contraire, les facettes de la vie de l'esprit juif s'exprime sur le mode d'une authentique progression his-torique et se réinvente constamment.

    Au moment où le peuple juif et l'histoire du judaïsme ont donné lieu à des ouvrages contestables et souvent lacunaires, ce livre, par sa grande érudition, sa hauteur de vue, arrive à point nommé. Rappelons que ce sont d'éminents spécialistes issus des plus presti-gieuses institutions et universités (Columbia, Yale, Jérusalem, Ehess, Cnrs..) qui l'ont conçu et rédigé.

  • L'historien Jean-Luc Pinol s'est plongé dans l'incroyable masse de données du Mé- morial établi par Serge Klarsfeld : la liste des Juifs déportés dans les camps depuis la France. Cette liste qui semble sans fin, Jean-Luc Pinol en a géolocalisé et analysé les données afin d'étudier ce que nous apprend la mise en espace de ces parcours.
    Carte après carte, il raconte l'histoire de la déportation des Juifs d'une manière iné- dite, montrant les interférences entre les différents acteurs : les autorités allemandes, les décisions de l'État français. Selon les lieux, Paris ou banlieue, Nord ou Sud, Al- sace-Lorraine, les ressorts de la déportation sont différents, et la chronologie elle même diffère. Sans oublier que les victimes elles-mêmes viennent d'horizons divers et déjà menaçants. Aux persécuteurs s'opposent les Justes et, surtout, les Juifs eux- mêmes qui luttent pour leur survie.

    L'ouvrage propose 120 cartes inédites, y compris celles de chacun des convois de la déportation accompagnées par une analyse de leur composition.

  • On prétend parfois que l'«  homme occidental  » serait le seul être humain pouvant vivre sans mythes. Il n'en est rien.
    À l'aune d'une lecture inédite de l'Ancien Testament, Ron Naiweld nous plonge dans ce grand mythe, support de la rencontre, fondatrice pour l'Occident, de la Bible et de la philosophie. Contre le récit traditionnel d'un dieu créateur unique et tout-puissant, sa lecture fait émerger une autre histoire. Son héros est un dieu motivé par le désir d'être reconnu comme tel par les hommes. Avec le temps et au contact des empires assyrien, babylonien et perse, le dieu développe son intelligence politique. Il apprend la puissance du peuple, l'utilité de l'ordre impérial et, de sa rencontre avec la pensée grecque, l'intérêt de l'idée monothéiste. Mais c'est avec saint Paul qu'il assouvit pleinement son désir.
    En suivant pas à pas l'histoire de ce dieu, cet essai fascinant montre comment, à force de torsions, de relectures, d'appropriations, le mythe d'un peuple marginal dans la fabrique culturelle du monde ancien est devenu l'un des mythes fondateurs de la civilisation occidentale. Comment Yahvé est devenu Dieu.
      Historien du judaïsme ancien au CNRS, Ron Naiweld a notamment publié Les antiphilosophes. Pratiques de soi et rapport à la loi morale dans la littérature rabbinique classique (Armand Colin, 2011).

  • L'écriture de l'histoire est un geste éminemment politique. Des chroniques royales au « roman national », c'est autour de l'écriture de l'histoire que s'est constituée l'histoire des nations.
    L'Émancipation des Juifs, initiée par la Révolution française et diffusée en Europe par les guerres révolutionnaires, a incité les Juifs à vouloir prendre place dans les cultures nationales. Confrontés à une société chrétienne qui les considérait comme « sortis de l'histoire » depuis près de deux millénaires, des intellectuels et rabbins juifs, érudits accomplis, se firent historiens pour promouvoir une approche scientifique du judaïsme qui devait leur permettre d'intégrer le panthéon culturel des nations. Quelles sont les méthodes et les pratiques mises en oeuvre par ces pionniers, quels étaient leurs objectifs affichés ou inavoués ? En quoi l'étude des fragments de la Geniza du Caire, de l'histoire de la dynastie hasmonéenne,  de l'attention portée à l'histoire des « Juifs de France » ou encore à la préservation et la transmission de la culture yiddish peut-elle être porteuse d'un projet de civilisation ? Et, dans quelle mesure le regard porté par ces constructions historiques s'exerce-t-il, sur l'histoire juive elle-même ? Autant de questions fondamentales pour la compréhension du présent auxquelles viennent répondre les auteurs réunis ici par Sylvie Anne Goldberg, parmi les plus éminents des études juives contemporaines.

  • Depuis la nuit des temps, les religions ont servi de justification aux pires crimes. Les trois monothéismes abrahamiques, en particulier, n'ont cessé de se jalouser et de s'entretuer. Faut-il se résoudre à cette fatalité ? Cette haine fratricide a-t-elle son fondement dans les textes sacrés eux-mêmes ? Telles sont les questions que pose sans fard Jonathan Sacks, Grand Rabbin émérite du Royaume-Uni et du Commonwealth et l'un des penseurs juifs les plus audacieux de notre époque.
    Pour y répondre, il choisit de se pencher sur les Écritures de sa propre tradition - reconnues comme telles également par les chrétiens. Oui, affirme-t-il, à un premier niveau de lecture, la Bible est bien porteuse de violence. Mais il est possible et nécessaire de la lire autrement : on s'aperçoit alors que sous la surface du texte se déploie un contre-récit puissant qui nous livre les clés théologiques et politiques pour sortir de cette spirale infernale. Dans ce livre très pédagogique, il nous invite tous, croyants et non-croyants, à de défendre cette lecture contre ces fondamentalismes qui prétendent parler - et tuer - au nom de Dieu.

  • En 1497, après une longue période de protection et de faste, les juifs portugais furent forcés de se convertir au christianisme, comme le voulait le roi dom Manuel. Cette date marque le début d'une histoire fascinante et double. D'un côté, l'histoire de la culture clandestine des marranes, sans cesse menacée par l'implacable et bureaucratique Inquisition, mais pourtant tenace, à tel point qu'on a pu en observer certaines survivances au xxe siècle dans des contrées reculées du pays. De l'autre, celle d'une fuite secrète du royaume, d'une diaspora éclatée aux quatre coins du monde, caractérisée par une homogénéité remarquable et cultivant une nostalgie étrange envers une patrie lointaine et irréversiblement disparue. L'avers et le revers d'une histoire confisquée, qui s'est prolongée durant plus de trois siècles, jusqu'à ce que la révolution libérale de 1820 permette à quelques petites communautés de revenir s'installer au Portugal.
    L'histoire des juifs portugais est celle d'un entêtement. Elle montre comment s'est construite et perpétuée l'identité d'une nation, en dépit des atteintes successives portées à sa religion, à son territoire, à sa langue et à ses traditions. Une nation dont les enfants se sont appelés Gracia Nasi, Samuel Usque, Pedro Nunes, Baruch Spinoza ou, plus près de nous, Pierre Mendès France et qui, avant l'émergence du nationalisme moderne, incarne l'une des plus étonnantes « victoires de l'histoire sur la géographie ».
    Ce livre, d'une lecture aisée, en donne pour la première fois un aperçu d'ensemble.

    L'auteur : Carsten L. Wilke, docteur de l'Université de Cologne et élève diplômé de l'EPHE, est professeur associé en Études juives à l'Université d'Europe Centrale de Budapest. Consacrant sa recherche à l'histoire religieuse et intellectuelle des juifs dans une perspective européenne, il a publié plusieurs ouvrages sur histoire des nouveaux-chrétiens ibériques, dont une Histoire des juifs portugais (Chandeigne, 2007; Prix Georges Attali du livre d'Histoire et de Recherche juives) et plus récemment, The Marrakesh Dialogues: A Gospel Critique and Jewish Apology from the Spanish Renaissance (Leyde, Brill, 2014).

  • Les Juifs ont souvent entretenu un rapport singulier à la modernité. C'est particulièrement vrai en France où, très tôt émancipés, ils prirent pleinement part à l'épanouissement du pays. En même temps qu'elle leur accorde la citoyenneté, la Révolution française leur ouvre l'accès à la science.
    Héritiers d'une culture où sacré et profane, loin d'être opposés, s'entremêlent, ils sont les premiers à s'engager dans l'aventure des sciences de l'homme qui marque le XIXe siècle. En effet, les savants juifs conservent de la tradition une conception du temps et de l'histoire qui leur permet d'échapper aux dilemmes auxquels sont confrontés les érudits protestants ou catholiques. Leur familiarité avec l'Orient et l'absence de dogmes, autorisant l'inclusion du religieux dans leurs objets d'étude, expliquent leur rôle fondateur dans l'essor de la science des religions mais aussi de la philologie, de la linguistique, de la mythologie comparée ou de la sémantique. Salomon Munk, Michel Bréal, Adolphe Franck, James et Arsène Darmesteter sont les grands ancêtres des intellectuels du XXe siècle.
    Cette rencontre entre judaïsme et modernité éclaire d'un jour nouveau l'histoire politique et intellectuelle française, restituant au religieux la part qui lui revient. Elle permet de saisir comment, depuis leurs disciplines respectives, les savants juifs contribuent à poser l'une des questions centrales de la modernité : celle de l'identité.Directrice de recherches au CNRS, Perrine Simon-Nahum est professeur attaché au département de Philosophie à l'École normale supérieure. Elle a publié en 2017 une nouvelle édition du Journal de Michelet.

  • Hérode, auteur du massacre des Innocents ? Voici une grande étude sur l'une des figures les plus énigmatiques de l'Évangile et de l'Antiquité. Roi de Judée pour le compte de Rome de 37 à 4 avant notre ère, Hérode le Grand fait toujours l'objet de nombreuses controverses. Alors que les Romains confient généralement un pouvoir de délégation à des chefs populaires, ils choisissent cette fois un représentant à la légitimité contestée. Issu par son père d'une noble famille iduméenne convertie au judaïsme, d'origine nabatéenne par sa mère, et citoyen romain, Hérode est porteur d'identités multiples qui influent sur sa politique.
    Cet ouvrage entend réexaminer le personnage d'Hérode sous l'angle de son action au cours de son règne. Avec méthode, Jonathan Bourgel analyse la façon dont les diverses facettes de son identité se sont manifestées dans ses réalisations notamment politiques et architecturales.
    Une contribution majeure à la connaissance du monde de l'Évangile.

  • Figure majeure de l'histoire de France, Saint Louis constitue pour les juifs un symbole ambigu. D'un côté, il représente la bigoterie antijuive puisqu'il fait brûler le Talmud, impose le port de la rouelle (l'ancêtre de l'étoile jaune), et cherche à expulser les juifs du royaume de France. D'un autre côté, le XIIIe siècle qu'il incarne constitue pour les juifs de France un certain âge d'or.
    Au-delà de la figure personnelle de Louis IX - du reste plus pragmatique qu'on ne le pense traditionnellement - Juliette Sibon dresse un portrait clair de la société juive d'alors, abordant tant son rapport au pouvoir politique que son insertion socio-économique en cette ère de naissance du capitalisme ou sa vie culturelle très riche.
    Cet ouvrage de synthèse, très accessible, nous ouvre à une époque clé de l'histoire juive mais aussi à un aspect méconnu de l'histoire de France.

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