• Édition enrichie de Katrina Kalda comportant une préface de Richard Millet et un dossier sur l'oeuvre. Dans cet essai - qui se lit comme un roman -, le grand historien de la Révolution désensorcelle la sorcière : il la réhabilite, en montrant qu'elle n'est que le résultat d'une époque. Dans la société féodale du Moyen Âge, elle est l'expression du désespoir du peuple. À travers la sorcière, c'est à la femme que Michelet s'intéresse : elle dont la servitude absolue la conduit à transgresser les règles établies par l'Église et le pouvoir. Il met en avant sa féminité, son humanité, son innocence : ce par quoi elle subvertit tout discours visant à la cerner. En l'arrachant aux terrifiants manuels d'Inquisition et aux insupportables comptes rendus de procès, en faisant sentir ce qu'il y a d'insaisissable dans la figure de la sorcière, il la rend à sa dimension poétique.

    2 Autres éditions :

  • En 1832 à Paris, les funérailles du général Lamarque, icône populaire victime du choléra, déclenchent l'insurrection des 5 et 6 juin. Alors que Victor Hugo choisissait ce décor pour hisser Gavroche sur les barricades, Thomas Bouchet livre une chronique de cette année exceptionnelle à travers les voix de quatre femmes que tout oppose.
    1832 : tandis que Paris vibre, vacille et gronde sous les coups redoublés de l'épidémie et de la guerre des rues,
    Adélaïde s'ennuie. Elle frémit dans son salon à la lecture des journaux, se délecte du chocolat que sa domestique lui rapporte de chez Marquis, s'émerveille en recluse des oiseaux du Jardin des Plantes où elle vit, loin des barricades (où Gavroche meurt). Émilie la saint-simonienne se bat du côté de Ménilmontant pour faire entendre la cause féministe. Louise, marchande ambulante du centre de Paris, atteinte du choléra et soupçonnée d'avoir participé à l'insurrection, est soumise à l'interrogatoire du commissaire, du juge et du médecin. Lucie, la mystique en extase, jouit du corps de Jésus, derrière les murs d'un couvent puis le choléra l'emporte.
    Comment situer ce texte inclassable ? " Tout est vrai, mais rien n'est vrai " nous dit Thomas Bouchet, historien talentueux du sensible et amoureux rigoureux de littérature. Ces femmes sont fictives, mais leur incarnation aux accents hyperréalistes se développe à travers l'usage minutieux des archives. Ce sont le corps et ses humeurs, l'expérience sexuelle, les maux de dents, le goût du chocolat ou celui de l'eau de vie dans les estaminets. La girafe du Jardin des Plantes, les indigènes qui traversent le paysage ou la rubrique des faits divers sont autant d'éclats de réel. Mais le tour de force littéraire et politique réside aussi et surtout dans la voix des femmes. Toutes sont recluses, c'est leur condition, que ce soit dans " l'île " du Jardin des Plantes, le couvent de la rue Neuve Sainte-Geneviève, la colline de Ménilmontant et la prison la vraie, Saint-Lazare, pour Louise. Thomas Bouchet relaie la parole des femmes, alors que les voix des hommes sont ici inaudibles. Chacune a un mode d'expression qui s'accorde avec sa condition : la bourgeoise a accès à la correspondance et se prête à des essais littéraires, pour la religieuse c'est le journal intime, pour la militante, le discours, la harangue, et la marchande, la plus précaire de toutes, parle à travers les minutes des interrogatoires.
    L'effet de réel est saisissant.

  • Nommé en 1949 attaché de presse à l'ambassade de Sa Très Gracieuse Majesté britannique à Belgrade, Lawrence Durrell va y rester trois ans. Trois ans durant lesquels il observera tel un entomologiste le petit monde de la vie diplomatique. Tandis que la Yougoslavie tremble de peur sous la main de fer du maréchal Tito, les gaffes s'accumulent autour du narrateur : les coquilles foisonnent dans le Central Balkan Herald - un quotidien qui n'est jamais parvenu à rattraper un retard de vingt-quatre heures sur l'actualité -, le train des délégations étrangères se mue en convoi de la mort, la fête champêtre finit en naufrage, les repas cuisinés à l'ail virent à l'incident diplomatique...
    Dans ce bouquet de chroniques, il n'y a que du tordant, du loufoque et de l'impertinent. Et quand elle est britannique, l'impertinence est sans limites.
    " Ce livre est au sens propre désopilant, il est le parfait, le plus sûr antidote aux pluviosités, ventosités, mucosités et morosités des longs hivers, diplomatiques ou non. " Jacques Lacarrière


  • Première Partie

    Incipit Hitler (Extraits)
    Incipit Hitler (Auszüge)

    " Ainsi, je suis dans l'incapacité de me souvenir quand j'ai entendu pour la première fois le nom d'Hitler, [...] le nom de l'homme qui a entraîné le plus de malheurs pour notre monde qu'aucun autre au cours de l'histoire. "
    Deuxième Partie

    L'Agonie de la paix (Extraits)
    Die Agonie des Friedens (Auszüge)

    " Il ne m'a été d'aucune aide d'avoir entraîné mon coeur durant presque un demi-siècle à battre au rythme universel d'un "citoyen du monde'. Non, le jour où l'on m'a retiré mon passeport, j'ai découvert, à 58 ans, qu'en perdant sa patrie, on perd bien davantage qu'un petit coin de terre délimité par des frontières. "
    La série BILINGUE propose :
    o une traduction fidèle et intégrale, accompagnée de nombreuses notes ;
    o une méthode originale de perfectionnement par un contact direct avec les oeuvres d'auteurs étrangers.

  • Jean-Marie Blas de Roblès nous invite à parcourir la Libye antique dans le sillage de Jean-Raimond Pacho, explorateur et homme de lettres du 19e siècle qui a redécouvert les ruines des civilisations antiques abandonnées. Un voyage qui nous conduit vers des sites archéologiques parmi les plus importants au monde tels Apollonia ou Leptis Magna. À observer les troubles qui agitent les tribus libyennes de 2016 et persistent, hélas, à maintenir dans le pays une anarchie politique et religieuse extrêmement nocive, on ne peut s'empêcher d'y reconnaître comme en miroir la Libye du tout début du XIXe siècle, celle que les premiers voyageurs occidentaux redécouvrirent, souvent au péril de leur vie, après plusieurs siècles d'effacement. Le niçois Jean-Raimond Pacho qui visita la Cyrénaïque de 1824 à 1825 est assurément le plus audacieux et le plus fiable d'entre eux. C'est dans son sillage que Jean-Marie Blas de Roblès nous invite à parcourir la Libye antique. Pacho, à la fois explorateur, archéologue et homme de lettres a parcouru seul le désert libyen et y a découvert les ruines des civilisations antiques abandonnées. Il a ainsi localisé des sites archéologiques tels Leptis Magna ou Apollonia qui comptent parmi les plus importants au monde. Son voyage lui aussi permis d'observer les moeurs et les langues des populations locales. Construit autour de larges extraits du Récit de voyage de Jean-Raimond Pacho (publié en 1827), que Jean-Marie Blas de Roblès commente et met en perspective, cet ouvrage nous conduit au coeur des racines grecques et carthaginoises de la Libye. Un texte littéraire à double voix, fidèle aux témoignages publiés dans la collection Terre Humaine.

  • « Ce récit n'est pas un roman ; l'imagination n'y tient aucune place ; c'est l'exposé sincère des heures sombres et parfois douloureuses que j'ai vécues de 1910 à 1912 au service de la France. »

    Le 3 décembre 1910, Charles Lux, chef du service de renseignements du gouvernement militaire de Belfort, est arrêté par la police allemande. Au terme d'un procès sévère, il est condamné pour espionnage à six ans de détention dans la forteresse de Glatz, véritable éperon rocheux d'où il semble impossible de s'évader. Mais c'est méconnaître l'opiniâtreté et l'ingéniosité de l'officier qui, très vite, trouve le moyen de communiquer avec les siens pour préparer sa fuite. Outre le désir de retrouver la liberté, Charles Lux est animé par la volonté de retrouver la France avant qu'il ne soit trop tard. Depuis son lieu de captivité, il ressent en effet toujours plus intensément les tensions entre les deux pays frontaliers et refuse d'être captif en Allemagne si un conflit doit éclater.

    L'évasion du capitaine Lux est le récit haletant d'une évasion exceptionnelle digne des plus grands romans d'aventure, il inspirera tous les passionnés d'espionnage.

  • "Courir, dérouler.
    Ne plus être qu'une mécanique.
    Pour tenir jusqu'au bout.
    Dérouler !
    Chez moi, ils ne m'appellent même plus Valérie, mais "la Gazelle" !
    J'aime bien."
    Valérie, I7 ans, participe au marathon de Buenos Aires. La jeune fille a du mal à faire le vide pour se concentrer sur sa course. Au gré des kilomètres engloutis, elle repasse dans sa tête le film mouvementé de ses dernières années...

  • Consacré aux événements et aux personnages marquants de l'histoire de la Méditerranée au XIXe siècle, ce récit s'ouvre sur une bénédiction religieuse qui inaugure la saison de la sériciculture au Mont-Liban et se termine par deux événements symboliques qui concluent un périple historique entre les deux rives de la Méditerranée : la nationalisation du canal de Suez par Nasser en 1956 et le retour des cendres de Lady Esther Stanhope en 2004 au Liban.
    Un récit historique sans équivalent, dans sa forme et dans son propos. Ni fiction, ni chronique
    historique, il garde de l'une un sens narratif aigu et de l'autre la densité de la trame documentaire.

  • Zwazo

    ,

    Récit de vie d'un prêtre hindou commandeur d'habitation à la Martinique.
    Cet ouvrage est le récit de vie d'Antoine Tangamen, dit Zwazo (1902-1992). Sa compétence
    en matière d'hindouisme à la Martinique en fit l'interlocuteur principal de ceux qui s'intéressaient à cette religion. De ceux qui, ethnologues ou non, pressentaient qu'avec lui disparaîtrait tout un monde. Et surtout de ces dévots qui se pressaient la semaine devant sa porte pour le prier d'organiser leurs cérémonies. Car le dimanche, quand s'arrêtaient les tambours cultuels, l'homme dialoguait avec des dieux. Il a également vécu un siècle de reconfiguration hindoue, de condition indienne, de créolisation indienne dans un espace plantationnaire, une habitation du nord de l'île dont il fut un rouage essentiel : un commandeur, contremaître des récoltes de canne à sucre. Grand témoin d'un siècle et de ses mutations, il nous laisse ce document.

  • " La nouvelle court les rues, les pas de porte et les métiers, on entend l'autre dire qu'il est mort, le poète. Vient alors cette étrange collision des mots et de la vie, qui produit du silence puis des gestes ralentis au travail. L'homme qui leur a tendu un miroir n'est plus là. Tout s'amplifie, tout s'accélère. On dirait qu'en mourant, qu'en glissant vers l'abîme, il creuse un grand trou et y aspire son temps, sa ville... " La mort de Victor Hugo puis les funérailles d'Etat qui s'annoncent déclenchent une véritable bataille. Paris est pris de fièvre. D'un évènement historique naît

  • " J'ai peur. Je ne suis plus Apollon, ni le roi de France, je ne suis plus que Louis consumé de terreur. " Il signait " Nous, Louis, roi " et il rêvait d'éternité. La gagrène ronge sa jambe. Ses ennemis ont parié qu'il ne passerait pas la fin du mois d'août. A Versailles, on pleure et on prépare l'avenir. A Paris, on fête déjà la mort du tyran. Cloué sur son lit, celui qui s'est voulu le plus grand roi du monde est seul avec lui-même. C'est l'heure des comptes, des adieux, de la vérité. Il reste à Louis XIV dix-sept jours pour quitter sa peau de dieu. Dix-sept nuits pour se découvrir homme.

  • « Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre,
    Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés. »

    Charles Péguy, Ève


    La guerre peut-elle être juste ?... Morts, victoires et défaites font l'histoire d'un pays, façonnent une patrie et forgent sa nation en faisant naître l'unité d'un peuple.
    La guerre est faite de batailles, perdues ou gagnées, d'invasions et de destructions, d'alliances, de divisions et autres aventures entraînant misères, haines, et puis oublis. Combats de soldats bien sûr, mais aussi combats fratricides de religions, de civilisations, d'idéologies, de cultures, d'économies, d'ambitions, etc. Les politiques préparent et déclarent les guerres, les stratèges les étudient, les financiers les « boursicotent », les médiatiques les expliquent, les historiens tentent de leur trouver un sens, mais ce sont des soldats de vingt ans qui mettent leur peau au bout des idées de ceux qui pensent la guerre ; l'histoire s'est nourrie de leur sueur et de leur sang !

    Tout au long de ce vingtième siècle, le meilleur sang de France a coulé sur les champs de bataille : 14/18 ; 1940 ; Indochine ; Algérie ; Kolwezi ; Tchad ; Liban ; Golfe, les événements ici contés ne sont qu'un bref aperçu de l'infernal théâtre d'exterminations sur lequel ont été engagés les soldats de France.

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