• Reconnaître le faux

    Umberto Eco

    • Grasset
    • 16 March 2022

    À l'ère des fake news et autres  faits alternatifs, il est revigorant de relire ce qu'Umberto Eco avait à dire sur le sujet. Avec sa clarté, et son gai savoir habituels, le grand écrivain italien déconstruit les notions de mensonge, de faux et de falsification, dont il a si souvent joué dans ses fictions. L'humaniste emprunte autant à l'histoire de la logique, à la philosophie du langage qu'à la littérature, pour nous parler d'éthique, de mauvaise foi, d'ironie et d'authenticité. Car encore faut-il connaître la vérité pour mentir tout en disant le faux.
    Eco nous rappelle que notre capacité à évoluer dans le monde avec sécurité se fonde sur le contrat social, et que notre meilleur allié contre les mensonges et les falsifications reste le temps puisque - presque toujours - celui qui ment ou falsifie finit par être découvert.
    Dans cet essai aussi bref que réjouissant, le grand intellectuel italien nous offre des clés pour démêler le vrai du faux.
    Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher

  • Marianne face aux faussaires

    Fatou Diomé

    • Albin michel
    • 2 March 2022

    « Vivant en France depuis 1994, française depuis 2002, j'ai constaté l'évolution du discours politique qui n'a cessé de dériver, jusqu'à la cristallisation actuelle autour de l'identité. Pour la binationale que je suis, construite par la langue et les valeurs humanistes, la tristesse va crescendo. Bien que consciente de mon impuissance, j'ai la faiblesse de ne pouvoir être indifférente aux voix qui s'élèvent, prônant la haine. » Fatou Diome
    Dans cet essai personnel et émouvant, Fatou Diome renvoie dos à dos les identitaires étriqués et les opportunistes victimaires, qui monopolisent le débat politique. Elle défend Marianne contre les faussaires des deux camps et dessine une France ouverte, laïque, lucide et généreuse, celle qui lui donne envie de se sentir française et sénégalaise.
    La romancière Fatou Diome s'est fait connaître en 2003 avec Le Ventre de l'Atlantique, grand succès traduit en une vingtaine de langues. Plus récemment, elle a publié aux éditions Albin Michel un roman, Les Veilleurs de Sangomar, et un recueil de nouvelles, De quoi aimer vivre. Elle est aussi l'auteure de plusieurs essais dont, en 2017, Marianne porte plainte !, auquel ce texte fait écho.

  • Ce livre est une enquête sur les pratiques et les voix des femmes dans le monde. Nourri d'entretiens avec des activistes, des artistes, des femmes engagées et des hommes concernés, de synthèses originales sur les grands problèmes qui se posent aux femmes aujourd'hui, il constitue un vade-mecum des pratiques féministes contemporaines.
    Le peuple des femmes manifeste une nouvelle exigence de justice qui est désormais la norme, la justice de genre : femmes, hommes, hétéros, homos, trans, tous sont concernés. Non seulement le peuple n'est plus le monopole des hommes, mais la justice sociale qui le sous-tendait et qui s'organisait selon la redistribution des richesses ne peut plus occulter de nouvelles redistributions. Le peuple des femmes n'est donc pas le symétrique du peuple des hommes. Il affirme qu'à la racine de tout monde commun se tient l'enjeu central d'égalité. Mais, par-delà la justice et l'égalité, c'est à une lutte pour le pouvoir que nous assistons. Ce pouvoir préempté par les hommes leur est désormais disputé par les femmes. Renouvelées par les pays du Sud, portées par la puissance des femmes, les formes d'organisation sociale évoluent. Écoféminisme, féminisme du care, féminisme queer : le peuple des femmes, transnational et inclusif, s'affirme comme antidote aux nationalismes virilistes.

  • Apocalypse cognitive

    Gerald Bronner

    • Presses universitaires de france
    • 6 January 2021

    La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison. Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle. C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner. Gérald Bronner est professeur de sociologie à l'Université de Paris, membre de l'Académie des technologies et de l'Académie nationale de médecine. Il a publié plusieurs ouvrages couronnés par de nombreux prix. Son dernier ouvrage paru est Cabinet de curiosités sociales (collection « Quadrige », Puf, 2020).

  • «  Nous ne traversons pas un moment de crise anodin, nous vivons un moment décisif pour l'avenir de l'humanité. Comment s'extraire d'une dynamique qui nous échappe et d'un système qui nous conduit dans une impasse ? Nous avons chacun éprouvé combien les résistances au changement - en nous, comme dans le monde politique et économique - sont grandes. Nous avons vu la beauté de notre planète, la richesse de l'humanité, et nous avons souffert de les voir saccagées.
    Pourtant, comme tant d'autres, nous refusons de nous résigner.
    Un autre monde est à notre portée. Un monde fondé sur l'humilité, la sobriété et le partage. Un monde où les joies profondes seraient plus désirées que les plaisirs éphémères. Un monde plus équitable, plus fraternel, davantage relié à la Terre. Ce monde n'est pas une utopie. Nous pouvons tous contribuer à le faire advenir.
    Mais cela ne sera possible que par une révolution des consciences.
    C'est à cette conversion de notre esprit et de nos modes de vie qu'aimerait contribuer modestement ce livre, fruit du partage de nos réflexions et de nos expériences.  »
     
    Nicolas Hulot et Frédéric Lenoir
     
    Nicolas Hulot a passé une partie de sa vie à voyager dans les zones les plus reculées du monde au fil de son émission télévisée Ushuaïa. Engagé depuis trente ans dans la protection de l'environnement, il fut ministre d'Etat de la Transition écologique et solidaire de mai 2017  à août 2018. Auteur de nombreux ouvrages, il a créé la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme.
     
     
    Frédéric Lenoir est philosophe et sociologue, auteur de nombreux essais et romans traduits dans une vingtaine de langues. Il est notamment l'auteur des best-sellers  : Du Bonheur, un voyage philosophique  ; La Puissance de la joie, ou Le Miracle Spinoza, aux éditions Fayard. Il est cofondateur de la fondation SEVE (Savoir Etre et Vivre Ensemble) qui propose des ateliers de philosophie avec les enfants.

  • La chute du Mur a laissé les gauches européennes en plein désarroi. Sur le champ de bataille des idées, le progrès, la liberté et l'universel ont cédé la place à une nouvelle triade directement importée des USA : le genre, l'identité et la race.
    On se battait hier au nom du prolétariat, du Tiers-monde et des damnés de la terre ; on condamne aujourd'hui l'homme blanc, coupable du colonialisme, de l'esclavage et de la domination des femmes. Trois discours - néo-féministe, antiraciste et décolonial - le désignent comme l'ennemi commun de l'humanité. Il est devenu le nouveau Satan, celui que son anatomie même désigne comme violeur ontologique, sa couleur de peau comme raciste,   sa puissance comme  exploiteur de tous les « dominés » et   « racisés ».
    Tout l'enjeu de cet essai est  d'analyser comment, sous l'impulsion d'une américanisation caricaturale de l'Europe, la lutte des genres et celle des races sont en train de remplacer la lutte des classes, de balayer la méritocratie et de détruire l'idée d'humanité commune. Faire de l'homme blanc le bouc émissaire par excellence, ce n'est jamais que remplacer un racisme par un autre ; avec, comme horizon funeste, des sociétés tribalisées, crispées sur leur trésor identitaire et en proie à la guerre de tous contre tous.

  • L'ère de l'individu tyran ; la fin d'un monde commun

    Eric Sadin

    • Grasset
    • 7 October 2020

    Protestations, manifestations, émeutes, grèves  ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux  ?
    Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique (aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics, mises à jour de scandales politiques...). Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau  : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique (applications donnant le sentiment que le monde est à nos pieds, réseaux sociaux où ma parole vaut celle de tous, mon image magnifiée...), c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses. C'est le I de Iphone, le You de Youtube. Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence... Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude".
    Dans cet essai brillant, mené tambour battant, Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble

  • Le grand enfumage : immigration et populisme dans sept pays européens

    Hervé Le Bras

    • Editions de l'aube
    • 3 February 2022

    Même si les partis populistes d'extrême droite ont connu un développement différent dans les pays étudiés dans cet ouvrage (Autriche, Allemagne, Angleterre, Espagne, France, Italie, Suisse), ils ont en commun de nombreux caractères. Parmi ceux-ci, l'un des plus inquiétants touche à l'évolution de leur ligne idéologique. La notion de grand remplacement prolongeant celle du rejet de l'immigration en est un indice, mais plus généralement, après s'être dégagés des groupuscules nostalgiques du nazisme, du franquisme ou du fascisme et avoir tenté de présenter une façade respectable, force est de constater que les partis populistes de ces pays évoluent vers une vision identitaire. Un livre admirablement construit et documenté.

    Hervé Le Bras est démographe et historien, auteur de plusieurs ouvrages dont récemment, chez le même éditeur, Se sentir bien dans une France qui va mal et Serons-nous submergés ?

  • Commencer à vivre humainement

    Rosa Luxemburg

    • Libertalia
    • 6 January 2022

    Ce recueil accessible à toutes et tous, propose une sélection de lettres où Rosa Luxemburg aborde des sujets très variés, toujours attentive au monde qui l'entoure, aux souffrances, aux événements qu'elle observe, et surtout gardant toujours l'espoir d'une révolution qui amènerait un monde meilleur. Elle voulait « vivre pleinement », et elle souhaitait changer la société afin que chacun·e puisse y vivre harmonieusement.

    Rosa Luxemburg (1871-1919) est une célèbre militante révolutionnaire, née en Pologne puis naturalisée allemande, active pendant trois décennies dans le mouvement socialiste international, puis cofondatrice du Parti communiste d'Allemagne peu avant d'être assassinée par des paramilitaires.

    Julien Chuzeville, historien du mouvement social, est notamment l'auteur de Léo Frankel, communard sans frontières (Libertalia, 2021) et Un court moment révolutionnaire (Libertalia, 2017).

  • Artiste et penseuse féministe, Kate Millett (1934-2017) est une figure majeure de la seconde vague du féminisme aux États-Unis.Ses combats contre le patriarcat, le racisme, la guerre du Vietnam, la violence instituée, l'homophobie, l'enfermement sont liés aux mouvements américains de contestation des années 1960-1970, aux luttes de l'IRA en Irlande, des femmes lors de la révolution iranienne ou de l'antipsychiatrie.

    Parler d'elle, c'est aussi rappeler tout un pan de l'histoire féministe et sociale.

    Marie-Hélène Dumas est traductrice et essayiste. Elle a publié, notamment, Sylvia Pankhurst, féministe, anticolonialiste, révolutionnaire (Libertalia, 2019).

  • Les révoltés d'Occident

    Laure Mandeville

    • Éditions de l'observatoire
    • 13 April 2022

    La journaliste propose une analyse de ce qu'elle nomme l'insurrection culturelle occidentale, incarnée par D. Trump, V. Orban, M. Salvini, le Brexit, les nationalistes scandinaves ou encore E. Zemmour.

  • Que faire du passé ? réflexions sur la cancel culture Nouv.

    Un extraordinaire paradoxe caractérise notre époque.
    D'une part, jamais la connaissance du passé n'a été aussi faible, aussi dévalorisée, y compris par les gouvernements  : en témoignent le lieu commun selon lequel la connaissance du passé ne sert à rien dans une société moderne, le dégraissement progressif des programmes scolaires en histoire.
    Mais, d'autre part, jamais le passé n'a été autant investi symboliquement. Depuis une vingtaine d'années, cet investissement était surtout le fait des pouvoirs publics, sans oublier la vigilance extrême avec laquelle les régimes autoritaires, de la Chine à la Russie en passant par la Turquie ou la Hongrie, etc., cherchent à contrôler la mémoire publique. Mais depuis quelques années, avec le phénomène de la cancel culture et du wokisme, cet investissement vient de la société elle-même. Le débat fait rage depuis lors, entre deux minorités  : celle des militants qui veulent tout changer, celle des gens de pouvoir, naturellement conservateurs. Les polémiques fleurissent, les noms d'oiseaux aussi, à proportion de l'ignorance.
    Pierre Vesperini cherche à comprendre ce que signifie le mouvement de la cancel culture, les questions qu'il nous pose, et nous propose des solutions. Comme à son habitude, il travaille à partir de l'expérience historique concrète, et non de préjugés idéologiques ou d'abstractions théoriques. Le livre est donc constitué de trois enquêtes très précises, qui permettent d'aborder avec toute la clarté et la lucidité requise trois questions générales  brûlantes aujourd'hui :Celle de la mémoire historique, à propos des statues qu'on déboulonne ou des noms qu'on supprime des institutions, monuments, etc.Celle de la culture esthétique (littérature, art, musique, etc.), à propos de la présence grandissante des trigger warnings  ;Celle de la place de l'Antiquité classique aujourd'hui, à propos de la fin de l'enseignement obligatoire du latin et du grec au département de Classics de Princeton.

  • Les dindons de la farce

    Malika Sorel-Sutter

    • Albin michel
    • 23 February 2022

    L'immigration qui monte ? Une réalité.
    L'intégration ? Un passage obligé.
    L'assimilation ? Un idéal qui tend à s'éloigner.

    Comme beaucoup de Français, Malika Sorel-Sutter est choquée par ce qu'il faut bien appeler la désagrégation des valeurs qui ont fait la France. Le déni du réel des uns a fini par doper le sectarisme des autres.
    L'auteur s'inquiète de l'indifférence des élites face à la montée en puissance de l'idéologie islamiste, dont elle a été témoin. De surcroit, le clientélisme nourrit le communautarisme. Elle se désole du goût obsessionnel de la repentance nationale et de la mauvaise conscience de la France vis-à-vis de ses anciennes colonies.
    Mais face à l'ampleur des défis, elle trouve indigne la querelle sur les prénoms qui vise les enfants de l'immigration musulmane. Ce qui ne l'empêche pas de tenir un langage de vérité : tous n'ont pas la même volonté de s'intégrer, et encore moins de s'assimiler. Certains passages feront grincer des dents.
    Dans ce contexte, les Français éprouvent le pénible sentiment d'être les dindons de la farce. Et ils en ont assez.
    Sans langue de bois, Malika Sorel-Sutter, qui a fait le choix de la France par amour de sa culture et de son histoire, renouvelle le débat sur un sujet qui est au coeur de la campagne présidentielle.

  • La fin des choses - bouleversements du monde de la vie

    Byung-Chul Han

    • Éditions actes sud
    • 12 January 2022

    C'est à la disparition du monde des "choses" ou des "objets" que Byung-Chul Han consacre ce nouveau livre. Les choses stabilisent la vie humaine, lui confèrent une continuité. Pôles de repos du monde, les choses sont aujourd'hui totalement recouvertes par les informations. Mais il n'est pas possible de séjourner auprès des informations... Quel rapport entretenons-nous désormais avec les choses ? Que deviennent-elles lorsque, pénétrées par les informations, elles deviennent elles-mêmes des informations et s'immatérialisent ? Han poursuit sa critique de la rationalité technique et numérique en s'interrogeant sur la signification des objets et leur effet dans notre existence. Sans doute le plus nostalgique, le plus touchant et le plus polémique des livres de Han parus en langue française.

  • Une certaine idée de la France

    ,

    • Editions du rocher
    • 2 March 2022

    « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France », écrivait le général de Gaulle au début de ses Mémoires de guerre.Pour sonder les coeurs et les intelligences sur « l'idée » que l'on se fait de la France en ce premier quart de XXIe siècle, sur son passé, son présent et son avenir, Yves Thréard a interrogé, dans le cadre de Grands Entretiens sur La Chaîne parlementaire (LCP), douze personnalités très différentes. Essayistes, journalistes, écrivains, comédiens, réalisateurs, historiens, hauts fonctionnaires... Hommes ou femmes, jeunes ou plus âgés, de droite ou de gauche, voire sans parti pris affiché, tous ont accepté l'exercice, sans filet ni reprise.Ils s'expriment donc librement, forts de leur réflexion et de leurs références culturelles, de leur mémoire et de leurs souvenirs personnels. Seul le thème leur est imposé : avez-vous une certaine idée de la France ?
    Directeur adjoint de la rédaction du Figaro, éditorialiste, Yves Thréard participe régulièrement à des émissions sur France 5 (C dans l'air), LCI, LCP et Public Sénat.

  • Afropea ; utopie post-occidentale et post-raciste

    Léonora Miano

    • Grasset
    • 30 September 2020

    Léonora Miano n'est pas une Afropéenne (afro-européenne). Ceux qui se définissent ainsi ont grandi en Europe.
    Marquée par l'Afrique subsaharienne, la sensibilité de l'auteur se distingue de celle des Afropéens. Ceux-ci se sont construits en situation de minorité. Ce qui détermine la perception de soi, complique l'identification et la solidarité entre Afropéens et Subsahariens.
    La France identifie à l'Afrique tous ses citoyens d'ascendance subsaharienne, privilégiant les natifs de ce continent. Cela ne favorise pas l'ancrage des Afropéens dans leur pays, leur capacité à se sentir responsables de son destin.
    Pourtant, ceux qui se sont donné un nom - Afropéens - dans lequel Afrique et Europe fusionnent, s'ils sont fidèles aux implications de cette association plus qu'à leur amertume, peuvent incarner un projet de société fraternel, anti-impérialiste et anti-raciste. Dans une France en proie aux crispations identitaires, la perspective afropéenne apparaît encore comme une utopie. De part et d'autre, la tentation du rejet est puissante.

  • La révolution démographique : populismes, migrations et identités

    Eric Kaufmann

    • Jc lattès
    • 16 February 2022

    Le XXIe siècle sera le siècle des bouleversements démographiques, avec, en particulier, l'essor des populations métissées.
    La révolution démographique étudie ces transformations et leurs conséquences politiques. Eric Kaufmann nous fait traverser l'histoire démographique et migratoire des États-Unis et d'une grande partie de l'Europe occidentale, pour nous expliquer le monde d'aujourd'hui et de demain. Il analyse les phénomènes de repli, de peur, les idées fausses aussi sur le communautarisme et la flambée des discours d'extrême droite et des populismes. Il s'agit de comprendre l'origine de ces bouleversements et la naissance possible d'une nouvelle majorité
    métissée, dotée d'une histoire commune, qui balayera les peurs et évitera la balkanisation du monde.
    Traduit de l'anglais  par Étienne Gomez

  • Bien au-delà de nos repas quotidiens, notre assiette raconte les idéologies qui nous traversent. Nos manières de manger disent nos manières d'être ensemble ou de ne plus l'être. Depuis la Libération, nous avons vécu le mirage de l'électroménager et le sacre de l'agroalimentaire, l'invention des terroirs et la planète food, la gloire des grands chefs et l'avènement du burger, la quête sans fin du produit bio, éthique et local... Loin d'être anecdotiques, ces changements sont l'écho des aspirations - mais aussi des tensions - de la société française. Un récit passionnant, à la croisée de la mémoire et de l'histoire, qui prouve que manger est tout sauf anodin dans une France en recomposition permanente. Jean-Louis André est normalien, il a collaboré au Monde et travaille comme reporter pour le magazine Saveurs. Réalisateur de documentaires diffusés sur Arte et France Télévisions, il décrypte nos modes de vie à travers l'architecture et l'alimentation. Outre des récits de voyages culinaires, il a publié chez Odile Jacob Au coeur des villes et, avec Ricardo Bofill, Espaces d'une vie. 

  • Et si nous ? comment relever ensemble les défis du XXIe siècle

    François Taddei

    • Calmann-lévy
    • 12 January 2022

    Un virus a transformé nos vies et ébranlé nos sociétés. Il a dramatiquement aggravé la situation des plus fragiles (les jeunes, les personnes âgées, les femmes et les plus pauvres). Il nous a fait prendre conscience de ce que science et philosophie essayaient de nous enseigner  : notre interdépendance vis-à-vis des autres membres de notre espèce et de toutes les composantes de la biosphère.
    Ce livre, porteur d'espoir, est une invitation à passer à l'action, à faire ensemble ce que nous ne pourrions faire seuls. Et  si nous apprenions à prendre soin de nous, des autres et de la planète  ? Et  si nous étions capables de repenser l'héritage d'Athènes et des Lumières (dont la démocratie, le débat, la citoyenneté et l'éducation) pour le rendre plus inclusif, plus écologique, plus à même de relever les défis des jeunes générations  ?
    En s'appuyant sur des initiatives existantes et sur les développements de l'intelligence collective et de l'intelligence artificielle, François Taddei nous invite à repenser le partage des connaissances, l'exercice de la citoyenneté et à inventer ensemble des futurs souhaitables.

  • Rarement une nouvelle technologie aura soulevé autant de passions, avant même son implantation, que le développement de la téléphonie mobile de cinquième génération, dite 5G. Suscitant les pires craintes sur les plans sanitaire et écologique ou en matière de sécurité et de surveillance pour les uns, elle constitue pour les autres une véritable révolution ouvrant tout un monde de possibilités. Comment faire la part des choses? C'est là l'exercice auquel s'est prêté le collectif Atécopol, pour qui la 5G est d'abord et avant tout un cas d'école de la course en avant technologique et de l'obsolescence programmée. En montrant les limites d'une approche strictement technocratique pour évaluer cette technologie imposée, le collectif nous rappelle que le débat entourant la 5G soulève l'enjeu de la nécessaire appropriation démocratique des choix technologiques. La question de la technique est d'abord une question politique.

  • La liberte ou rien : contre l'etat, le capitalisme et le patriarcat

    Emma Goldman

    • Lux éditeur
    • 14 October 2021

    Regroupant le plus grand nombre de textes d'Emma Goldman traduits en français, cette anthologie compose un vibrant plaidoyer en faveur du syndicalisme révolutionnaire, de l'athéisme et de l'égalité entre les sexes, ainsi qu'une charge implacable contre le patriotisme et le puritanisme. Emma Goldman y prend entre autres la défense de la pédagogie anti-autoritaire de Francisco Ferrer, elle critique sévèrement le pouvoir bolchevique en Russie et s'en prend au système carcéral, preuve d'un échec social collectif.

  • Blues et féminisme noir

    Angela Davis

    • Libertalia
    • 9 June 2020

    Blues et féminisme noir s'intéresse à trois chanteuses de blues qui incarnent les racines et l'identité de la culture musicale noire américaine : Gertrude « Ma » Rainey, Bessie Smith et Billie Holiday. Angela Davis, universitaire et féministe, analyse les paroles des chansons pour en extraire la substance revendicative : autonomie - qu'elle soit sexuelle, géographique ou financière - et égalité - de sexe et de race. En croisant contexte historique, social et politique de cette époque, qui va des années 1920 aux années 1940, elle démontre que sous des aspects sous-culturels véhiculés par la culture dominante, le blues reste « la » musique de l'émancipation, des Noirs et, plus encore, des femmes noires.

    Angela Davis, née en 1944, est une auteure et activiste noire nord-américaine.

  • Le ventre des femmes ; capitalisme, racialisation, féminisme

    Françoise Vergès

    • Albin michel
    • 1 March 2017

    Dans les années 1960-1970, l'état français encourage l'avortement et la contraception dans les départements d'outre-mer alors même qu'il les interdit et les criminalise en France métropolitaine.
    Comment expliquer de telles disparités ?
    Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d'avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
    Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l'état français prône le contrôle des naissances et l'organisation de l'émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l'espace de la République, provoquant un repli progressif sur l'Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient.
    Françoise Vergès s'interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s'appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l'auteure entend faire la lumière sur l'histoire mutilée de ces femmes, héritée d'un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd'hui.

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