• Le fantome de philippe petain

    Philippe Collin

    • Flammarion
    • 2 March 2022

    Pourquoi un peuple s'est-il livré à un seul homme en juin 1940 ? Comment cet homme est-il parvenu à s'emparer d'un navire sombrant au milieu de la tempête ? Pourquoi la faiblesse des hommes au pouvoir dans l'entre-deux-guerres lui a-t-elle été si propice ? Quelle France a pactisé avec l'Allemagne nazie ? De quoi Pétain est-il le nom ? Faut-il craindre son fantôme ?
    Ces questions hantent la psyché collective française depuis 1945.
    Dans une enquête inédite, le journaliste Philippe Collin interroge douze historiens, parmi les plus importants sur cette période, pour comprendre le rôle et la vie hors normes de Philippe Pétain.

    Éric Alary, Stéphane Audoin-Rouzeau, Fabrice Bouthillon, Olivier Dard, Laurent Joly, Nicolas Offenstadt, Pascal Ory, Denis Peschanski, Yves Pourcher, Henry Rousso, Bénédicte Vergez-Chaignon, Annette Wieviorka.

  • L'art de la guerre

    Sun Tzu

    • Fayard/mille et une nuits
    • 13 April 2022

    Si tu veux que la gloire et les succès t'accompagnent, ne perds jamais de vue la doctrine, le commandement, la discipline, la prévoyance. Car celui qui excelle à résoudre les difficultés le fait avant qu'elles ne surviennent  ; celui qui maîtrise autant l'approche directe et indirecte que la ruse triomphera. Voilà l'art de l'affrontement.
    Connais-toi toi-même et connais ton ennemi, ta victoire ne sera jamais mise en danger. Connais le terrain, connais le temps, ta victoire sera alors totale.
    Traduit du chinois par le père Amiot

  • La désobéissance civile

    Henry David Thoreau

    • Éditions gallmeister
    • 30 March 2017

    En juillet 1846, Henry David Thoreau est emprisonné pour avoir refusé de payer un impôt à l'État américain, en signe d'opposition à l'esclavage et à la guerre contre le Mexique. Cette expérience sera à l'origine de cet essai paru en 1849 et qui fonde le concept de désobéissance civile. Ce texte influença Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela et il ne cesse d'inspirer philosophes et politiciens depuis plus de 150 ans.

  • Le siècle du populisme ; histoire, théorie, critique

    Pierre Rosanvallon

    • Seuil
    • 9 January 2020

    Le phénomène du populisme n'a pas encore été véritablement pensé. C'est en effet surtout à caractériser sociologiquement les électeurs populistes que se sont attachés la plupart des livres sur le sujet ; ou à discuter ce dont il est le symptôme (le désenchantement démocratique, les inégalités galopantes, la constitution d'un monde des invisibles, etc.) ; ou encore à sonner le tocsin sur la menace qu'il représenterait.
    Cet ouvrage propose de le comprendre en lui-même, comme une idéologie cohérente qui offre une vision puissante et attractive de la démocratie, de la société et de l'économie. S'il exprime une colère et un ressentiment, sa force tient au fait qu'il se présente comme la solution aux désordres du présent. Il est pour cela l'idéologie ascendante du xxie siècle, à l'heure où les mots hérités de la gauche semblent dorénavant résonner dans le vide.
    L'auteur en présente une théorie documentée, en retrace l'histoire dans celle de la modernité démocratique et en développe une critique approfondie et argumentée. Il permet ainsi d'en finir avec les stigmatisations impuissantes et dessine les grandes lignes de ce que pourrait être une alternative mobilisatrice à ce populisme.
    Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France. De L'Âge de l'autogestion (1976) au Bon Gouvernement (2015), il est l'auteur de nombreux ouvrages qui occupent une place majeure dans la théorie politique contemporaine et la réflexion sur la démocratie et la question

  • Comment vaincre l'islamisme

    ,

    • Editions du cerf
    • 17 March 2022

    Comment combattre l'islamisme, ce phénomène multiforme et grandissant qui menace la France dans ses fondations ? Mohammed Sifaoui s'est entouré des meilleurs spécialistes français sur la question. Un grand livre citoyen à la veille des présidentielles. Le livre vérité et programmatique pour le prochain quinquennat. Qu'est-ce véritablement que l'islamisme ? En quoi constitue-t-il une menace planétaire qu'il faut combattre ? Comment progresse-t-il en France, mine-t-il la République, gagne-t-il les banlieues et par-delà ? Quels sont ses protecteurs étrangers et ses relais hexagonaux ? Quels sont ses moyens et ses méthodes ? La réponse de l'État à cette menace est-elle efficace ? Qu'est-ce qui a été bien fait ? Mal fait ? Reste à faire ? Et pourquoi revient-il à l'entière société de vaincre ce fléau ?
    Renvoyant dos à dos tabous et préjugés, récusant les mainmises idéologiques de toutes sortes, ce livre sans précédent est aussi sans concession. Attentif au devenir de nos compatriotes musulmans, au maintien de l'État de droit, mais aussi à la nécessaire remobilisation des appareils politique, sécuritaire et diplomatique, il instruit la riposte que réclame l'urgence. Et réunit, à cette fin, parmi les meilleurs experts français.
    À la fois théoriciens et praticiens, engagés sur le front des idées et sur le terrain des réalités, ces spécialistes exposent ici clairement le plan indispensable et stratégique, concret et pratique, qui faisait jusqu'à présent défaut.
    Le livre-vérité sur aujourd'hui, le livre-programme pour demain.

  • Capital et Idéologie

    Thomas Piketty

    • Seuil
    • 12 September 2019

    Toutes les sociétés humaines ont besoin de justifier leurs inégalités : il faut leur trouver des raisons, faute de quoi c'est l'ensemble de l'édifice politique et social qui menace de s'effondrer. Les idéologies du passé, si on les étudie de près, ne sont à cet égard pas toujours plus folles que celles du présent. C'est en montrant la multiplicité des trajectoires et des bifurcations possibles que l'on peut interroger les fondements de nos propres institutions et envisager les conditions de leur transformation.
    À partir de données comparatives d'une ampleur et d'une profondeur inédites, ce livre retrace dans une perspective tout à la fois économique, sociale, intellectuelle et politique l'histoire et le devenir des régimes inégalitaires, depuis les sociétés trifonctionnelles et esclavagistes anciennes jusqu'aux sociétés postcoloniales et hypercapitalistes modernes, en passant par les sociétés propriétaristes, coloniales, communistes et sociales-démocrates. À l'encontre du récit hyperinégalitaire qui s'est imposé depuis les années 1980-1990, il montre que c'est le combat pour l'égalité et l'éducation, et non pas la sacralisation de la propriété, qui a permis le développement économique et le progrès humain.
    En s'appuyant sur les leçons de l'histoire globale, il est possible de rompre avec le fatalisme qui nourrit les dérives identitaires actuelles et d'imaginer un socialisme participatif pour le XXIe siècle : un nouvel horizon égalitaire à visée universelle, une nouvelle idéologie de l'égalité, de la propriété sociale, de l'éducation et du partage des savoirs et des pouvoirs.
    Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et professeur à l'École d'économie de Paris, Thomas Piketty est l'auteur du Capital au XXIe siècle (2013), traduit en 40 langues et vendu à plus de 2,5 millions d'exemplaires, dont le présent livre est le prolongement.

  • Homo domesticus ; une histoire profonde des premiers Etats

    James C. Scott

    • La découverte
    • 7 January 2021

    Aucun ouvrage n'avait jusqu'à présent réussi à restituer toute la profondeur et l'extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l'émergence de l'agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
    C'est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire
    Homo domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l'État antique comme étape cruciale de la " civilisation " humaine.
    Ce faisant, il nous offre une véritable écologie politique des formes primitives d'aménagement du territoire, de l'" auto-domestication " paradoxale de l'animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la sédentarisation et des logiques de la servitude et de la guerre dans le monde antique.
    Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l'évolution de l'humanité et sur ce que Rousseau appelait " l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes ".

  • Les mots qui fâchent : contre le maccarthysme intellectuel

    , ,

    • Editions de l'aube
    • 7 April 2022

    "Il est temps de mettre un coup d'arrêt à la dégradation des échanges intellectuels et aux controverses toxiques pour la démocratie qui touchent désormais l'université et le monde de la recherche en France. Désormais, pour certains, il s'agit moins de débattre que d'abolir le débat lui-même, et de disqualifier à coup d'invectives et de délation : ad hominem, ad nauseam. On ne compte plus les tribunes se réclamant d'observatoires, comités, groupes et collectifs en tous genres qui dressent des listes de personnes jugées indésirables voire indignes d'enseigner ou de conduire des recherches. Plutôt que d'échanger avec leurs pairs avec un minimum d'exigence scientifique, ils réclament une politique d'épuration du monde académique français."

    Cet ouvrage est dirigé par les universitaires Nonna Mayer, Philippe Corcuff et Alain Policar. Il rassemble les contributions d'une trentaine d'intellectuels, parmi lesquels Pascal Blanchard, Martine Storti, Nicolas Lebourg, Myriam Revault d'Allonnes ou encore Gilles Boetsch.

  • Quelques pistes pour sentir venir le fascisme avant qu'il ne s'impose

    Pascal Dibie

    • Editions de l'aube
    • 3 September 2020

    "La différence des temps fait que les choses ne se répètent jamais à l'identique. Aucun événement historique ne se reproduit sous la forme et dans les circonstances où il est advenu une première fois. Les défilés de chemises noires, brunes, vertes, en ordre martial alors que la rue constituait l'unique espace de mobilisation générale, n'est plus, du moins ainsi que nous le connaissions sous forme de défilés à bruits de bottes. Bien sûr il y a de drôles de voix qui nous parviennent aujourd'hui... des voix qui malgré tout - et c'est aussi là qu'est notre interrogation sur « demain » - prononcent encore le mot « démocratie » même si elles tendent à le remplacer par « peuple ». En avons-nous fini avec le fascisme, comme nous savons qu'il a existé ?"

    Pascal Dibie est professeur d'éthnologie à l'Université Paris Diderot-Paris 7, où il co-dirige le pôle des sciences de la ville. Il est notamment l'auteur de Éthnologie de la chambre à coucher (traduit en 15 langues et vendu à 30 000 exemplaires ; Grasset, reprise en Suite Métailié), La Tribu sacrée, ethnologie des prêtres (Grasset, reprise en Suite Métailié), et La Passion du regard, essai contre les sciences froides (Métailié).

  • L'esprit du macronisme ou l'art de dévoyer les concepts

    Myriam Revault D'Allonnes

    • Seuil
    • 21 January 2021

    Emmanuel Macron avait invité les chômeurs à « traverser la rue » pour trouver un travail. Il définissait alors l'individu comme un acteur non seulement solitaire mais aussi rationnel et calculateur, tout à fait informé des conséquences de ses actes. Or cet individu n'existe pas, personne n'est le coach de soi-même et la nation n'est pas une « start up », sinon dans ce certain discours managérial et comptable qu'Emmanuel Macron a repris à son compte et qui le rend dupe du mirage d'un « nouveau monde ».

    Car le sujet-citoyen n'est pas celui qui se montre « capable » seul, mais celui qui, avec d'autres, oeuvre à rendre possible telle ou telle option, pour chacun ; l'individu autonome n'est pas un bloc d'intérêts et de concurrence mais celui qui sait ce qui le relie aux autres. L'autonomie, la responsabilité ou la capacité sont des notions qui n'ont de sens que comprises comme porteuses d'une tension : elles relèvent la discordance entre une problématique de séparation (l'indépendance des individus) et d'intégration dans la communauté. Autrement dit, il existe un endettement réciproque entre l'homme et le social. C'est pourquoi, loin d'être anodin, ce propos sur les chômeurs ou celui sur le « pognon de dingue » trahissent, et engendrent, des lectures simplifiantes et univoques du monde social.

    Devant un tel dévoiement, Myriam Revault d'Allonnes reprend à nouveaux frais ces notions fondamentales pour en montrer la profondeur, les paradoxes et la puissance. Dans la même veine que le travail qu'elle avait mené sur le sarkozysme dans L'homme compassionnel (2008), cette grande philosophe du politique donne, une fois de plus, une leçon de clarté et de rigueur sur un sujet d'actualité.

  • L'enracinement ; prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain

    Simone Weil

    • Éditions payot
    • 6 January 2021

    Quel est le plus important : avoir des droits ou des devoirs ? Chef-d'oeuvre de la pensée politique, L'Enracinement est un livre engagé sur le patriotisme, les déracinements et notre besoin vital d'appartenances, mais aussi - et surtout - de vérité. Il peut se lire comme un "manuel de citoyenneté" qui prône une société où l'épanouissement de chacun est la norme, où des principes moraux nous guident, et où l'argent et la technique ne font plus la loi.

  • Les reveurs de l'absolu

    Enzensberger H M.

    • Editions allia
    • 7 June 2018

    L'auteur du Bref Été de l'anarchie et de La Grande Migration retrace dans cet essai l'histoire des terroristes russes qui, de 1862 à 1917, inlassablement, ont sacrifié leur vie pour renverser le régime tsariste. C'est peu dire que ces personnages sont romanesques ou hors du commun : ils se sont volontairement situés, par l'absolu de leur révolte, hors de l'humanité, poussant à son extrême le mépris de soi, des autres et de la vie en général. Mépris qui culmine dans les figures de Netchaiev ou Asev, qui organisèrent des dizaines d'attentats terroristes et travaillaient en même temps pour la police secrète du tsar.

    Hans Magnus Enzensberger est né en 1929 à Kaufbeuren en Bavière. Docteur en philosophie et éminent représentant de la poésie allemande contemporaine, H. M. Enzensberger est aussi romancier, traducteur, journaliste et essayiste. Analyste critique des médias, il s'est notamment illustré par ses études consacrées aux liens qui unissent violence et politique.

  • « Celui qui ne sait pas garder le secret, ses affaires péricliteront à coup sûr, même si elles avaient d'abord réussi, comme un bateau désemparé sur l'océan. »
    Ce texte est le traité de politique par excellence de l'Inde ancienne. Son objet n'est pas de s'interroger sur la meilleure forme de gouvernement. Pour son auteur, la réponse à cette question est claire : le seul régime valable est la monarchie, le roi doit concentrer tous les pouvoirs et, sans un pouvoir fort, on tomberait dans la violence anarchique. Sur cette base, le texte est rédigé comme un manuel d'instruction princière : comment le souverain doit-il asseoir le pouvoir de l'État, comment doit-il réguler l'économie et comment doit-il se comporter en politique étrangère, avec ses alliés et ses ennemis ? Le titre sanskrit de cet ouvrage pourrait être traduit par « Traité du profit ».
    La politique occupe en effet la place essentielle dans la « science du profit » qui constitue, dans l'Inde classique, l'un des trois grands objets de l'activité humaine, les deux autres étant le devoir et le plaisir. L'Arthashatra, après des siècles d'oubli, n'a été redécouvert qu'en 1905 par Rudrapatna Shamasastry alors que ce chercheur effectuait le catalogage des manuscrits (sur feuilles de palmier) de la Mysore Oriental Library. Ceci pose la question des manuscrits et de la transmission du savoir en Inde, dont l'histoire est bien différente de la tradition occidentale. Pour donner quelques éléments de compréhension de ce contexte, l'ouvrage est illustré par les photos de manuscrits, d'archives et d'archivistes indiens réalisées par Anthony Cerulli dans le cadre de son projet « Manuscriptistan », ainsi que d'une notice présentant la tradition ecdotique indienne.

  • émancipation

    Federico Tarragoni

    • Anamosa
    • 2 September 2021

    " Nous nous trouvons à un carrefour. Plus nous banaliserons les états d'urgence démocratiques, plus nous assimilerons la liberté à la consommation, plus nous trouverons confortable l'état de léthargie civique engendré par la gestion gouvernementale des risques sociaux (sanitaires, financiers, sécuritaires, climatiques...), plus l'émancipation s'effacera. " F. Tarragoni
    Aujourd'hui comme avant, l'émancipation suscite chez certains la méfiance. Le réflexe est bien connu : que ce soit dans le domaine du politique, de la famille, de la sexualité ou du travail, les processus d'émancipation conduisent, depuis l'avènement des sociétés modernes, à rompre avec un ordre, avec une tradition pourvoyeuse de sécurités et de confort, et à les remplacer par un saut dans l'incertain). Mais, notre actualité se singularise sur un point : à ce discours anti-émancipation s'en conjugue désormais un autre, qui vise au contraire à s'emparer du mot pour le détourner de son sens originaire. C'est ainsi que l'émancipation est devenue l'un des maîtres-mots des programmes de réformes néolibérales, que l'on trouve derrière l'éloge des émancipés de la
    start-up Nation, la nécessité pour chacun de " se prendre en main ", de devenir l'entrepreneur de sa vie, de se responsabiliser face à ses échecs et d'assumer les risques de ses choix. Le danger existe donc que l'émancipation devienne le maître-mot du retournement de la démocratie contre elle-même, la clef-de-voûte de la novlangue exprimant la volonté de gouverner sans le peuple.
    Dans cet essai brillant, le sociologue Federico Tarragoni, après être revenu aux origines latines du mot (l'
    emancipatio du mineur et de l'esclave) et à ses évolutions sémantiques (émanciper/s'émanciper) au cours des XVIIIe et XIXe siècles en particulier, tente d'arracher l'émancipation à l'oubli et au dévoiement, afin que le mot demeure la quintessence de l'humanité, qu'il continue à désigner ses aspirations vers un monde meilleur.

  • Mérite

    Annabelle Allouch

    • Anamosa
    • 2 September 2021

    Alors que les inégalités sociales (notamment face à l'école) ont été aggravées ces vingt dernières années par les crises économiques, pourquoi continue-t-on de croire au mérite ? " Yes, we can ! ", " Qui veut, peut ", " premiers de cordées "... Défendu autant par les partis progressistes que conservateurs, peu de notions font l'objet d'un consensus politique aussi complet que le mérite. Il est ainsi investi comme un principe " juste " de distribution des ressources rares. De la même façon, l'école s'est imposée dans de nombreuses sociétés comme l'espace de construction de l'émancipation des individus par le mérite par excellence. Pourtant qui définit le mérite aujourd'hui, et surtout comment le définit-on ?
    Cet essai incarné et sensible vise, à partir de l'apport d'études récentes en sciences sociales, à réhabiliter les luttes (ordinaires ou politiques) qui structurent les usages de la rhétorique méritocratique comme principe de justice. Car loin d'être univoque, le mérite fait l'objet d'une reconfiguration perpétuelle, autant dans l'espace public, que dans nos relations ordinaires aux institutions. De la même manière, à rebours d'une lecture qui ferait du mérite un principe abstrait de la justice sociale hérité de la Révolution française, la sociologue Annabelle Allouch propose de comprendre le mérite comme une morale sensible de la reconnaissance qui structure notre quotidien, ce qui permet de comprendre notre attachement à cette notion, malgré les critiques dont elle fait l'objet. Pour ce faire, elle mobilise avec talent un ensemble de saynètes tirées de l'actualité ou bien ses propres enquêtes autour de la sociologie du concours et des effets de la discrimination positive dans l'accès à l'enseignement supérieur.

  • Le populisme

    Pascal Perrineau

    • Que sais-je ?
    • 17 February 2021

    Souvent confondu avec la démagogie, le populisme n'a pas bonne presse. De fait, si le mot renvoie à l'origine à un mouvement politico-social russe de la seconde moitié du XIXe siècle, qui s'était donné pour objectif de soulever la paysannerie contre le pouvoir tsariste, il désigne aujourd'hui, dans le débat, les discours et les doctrines qui en appellent au « peuple » comme s'il était un corps politique indifférencié. Le populiste, c'est celui qui flatte les masses dans ses aspirations les moins louables. Or, les crises multiples que traversent nos démocraties libérales (crises économiques, mondialisation, crises migratoires, crise de la représentation) réactivent un spectre qu'on a cru disparu avec les idéologies du XXe siècle. Le populisme est-il une dérive inévitable de la démocratie ? En quoi n'est-il justement pas le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ? Quel en est le moteur ? Pascal Perrineau tente de circonscrire un concept flou, fait le point sur les études les plus récentes et montre quelles sont les formes nouvelles du populisme à l'heure des réseaux sociaux et des fake news.

  • Dix questions sur l'anarchisme

    Guillaume Davranche

    • Libertalia
    • 16 January 2020

    Qu'est-ce que l'anarchisme ? Ce livre répond à cette question en 10 chapitres courts et concis qui s'intéressent à toutes les facettes de l'anarchisme, pour en comprendre les fondements et les aspirations. Tous les thèmes importants y sont abordés : la religion, le féminisme, le projet économique, l'approche écologiste, les stratégies d'action, etc. En fin d'ouvrage, on trouvera également une galerie de portraits des figures emblématiques du mouvement anarchiste, d'Emma Goldman ou Bakounine à Emile Pouget, Nestor Makhno ou Voltairine de Cleyre.

    Ce petit livre de vulgarisation, facile d'accès et à petit prix, donne des outils pour mieux appréhender des notions comme la lutte des classes, l'autogestion, l'anarcho-syndicalisme, qui sont les bases essentielles du mouvement anarchiste.

  • Du libéralisme autoritaire

    ,

    • Zones
    • 29 October 2020

    Le 23 novembre 1932, quelques semaines avant l'accession de Hitler au pouvoir, le philosophe Carl Schmitt prononce un discours devant le patronat allemand. Sur fond de crise économique, son titre annonce le programme : " État fort et économie saine ".
    Mobilisant des " moyens de puissance inouïs ", le nouvel État fort, promet-il, ne tolérera plus l'" émergence en son sein de forces subversives ". Ce pouvoir autoritaire musèlera les revendications sociales et verticalisera la présidence en arguant d'un " état d'urgence économique ".
    Lorsqu'il lit ce texte de Schmitt, son adversaire de toujours, le juriste antifasciste Hermann Heller, ne saisit que trop bien de quoi il s'agit. Peu avant de prendre le chemin de l'exil (il mourra en Espagne l'année suivante), il laisse un court article qui compte parmi les plus clairvoyants de la période. Nous assistons là, analyse-t-il, à l'invention d'une nouvelle catégorie, un " libéralisme autoritaire ".
    Ce recueil rassemble ces deux textes majeurs de la pensée politique, encore inédits en français, assortis d'une présentation qui éclaire les rapports méconnus entre Schmitt et les pères fondateurs du néolibéralisme.

  • Les larmes de Kaboul

    Jean-Marie Montali

    • Editions du cerf
    • 13 January 2022

    Grand parmi les grands reporters sur l'Afghanistan, intime du commandant Massoud, savant sur les Talibans, Jean-Marie Montali raconte avec une plume informée et passionnée le martyre d'un peuple plongé dans la guerre depuis un demi-siècle. Un cri du coeur, une épopée compassionnelle. Grand reporter, Jean-Marie Montali a couvert l'Afghanistan en guerre depuis la fin des années 1980. Il a vu partir les Soviétiques puis les Américains. Il a connu un grand nombre de chefs et les clans rebelles toujours prêts à se dévorer dans des luttes intestines sans fin. Il a vécu avec les humbles de ce pays splendide, en a partagé les vertus et les malheurs, l'extrême abandon et l'indéracinable espérance. Il a partagé l'intimité, la conversation et le combat du Commandant Massoud. Et il a assisté à la naissance puis à l'essor des talibans.
    Ce livre est tout à la fois un traité de géopolitique, un carnet de voyage, une chronique historique, un récit d'aventure, un précis de civilisation, un hommage vibrant à des hommes, des femmes et des enfants aux noms propres et aux visages singuliers, une investigation sur les erreurs de l'Occident, un éloge de l'humanité concrète et un appel à la conscience universelle.
    On le lira comme on verrait un documentaire en technicolor tant les Afghanes et les Afghans y sont restitués dans leur vérité existentielle. Celle, depuis quarante ans, du conflit le plus long que le monde ait connu. Celle, pour longtemps, de la dictature la plus fanatique que l'islamisme ait produite. Et l'on versera alors, à son tour, des larmes sur Kaboul engloutie par la nuit.

  • Notre histoire intellectuelle et politique ; 1968-2018

    Pierre Rosanvallon

    • Seuil
    • 6 September 2018

    Comment les enthousiasmes de Mai 68 ont-ils cédé le pas au désarroi des années 1980 et 1990 puis au fatalisme qui, depuis les années 2000, barre notre horizon politique et intellectuel ? Pourquoi la gauche s'est-elle enlisée dans un réalisme d'impuissance ou dans des radicalités de posture, au point de laisser le souverainisme républicain et le national-populisme conquérir les esprits ?
    Pierre Rosanvallon se confronte ici à ces questions d'une double manière. En tant qu'historien des idées et philosophe politique, il s'attache à réinscrire les cinquante dernières années dans l'histoire longue du projet moderne d'émancipation, avec ses réalisations, ses promesses non tenues et ses régressions. Mais c'est également en tant qu'acteur et témoin qu'il aborde la lecture rétrospective de la séquence dont Mai 68 a symbolisé l'amorce. Son itinéraire personnel, les entreprises intellectuelles et politiques qui l'ont jalonné et les personnalités qui l'ont accompagné renvoient plus largement à l'histoire de la deuxième gauche, avec laquelle sa trajectoire s'est pratiquement confondue, et, au-delà, à celle de la gauche en général, dont l'agonie actuelle vient de loin.
    À travers le retour sincère et lucide sur son cheminement, avec ses idées forces et ses doutes, ses perplexités et ses aveuglements, c'est une histoire politique et intellectuelle du présent que Pierre Rosanvallon retrace, dans des termes qui conduisent à esquisser de nouvelles perspectives à l'idéal d'émancipation.
    Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France. De L'Âge de l'autogestion (1976) au Bon Gouvernement (2015), il est l'auteur de nombreux ouvrages qui occupent une place majeure dans la théorie politique contemporaine et la réflexion sur la démocratie et la question sociale.

  • Leur écologie et la nôtre ; anthologie d'écologie politique

    André Gorz

    • Seuil
    • 29 October 2020

    La crise climatique et la question écologique occupent désormais le devant de la scène, mais la profondeur des questionnements nécessaires, sur nos façons de produire, de travailler, de consommer et de nous épanouir, manque souvent à ce brouhaha médiatique. Cette anthologie, la première réunissant les principaux textes d'un des plus grands penseurs de l'écologie et du capitalisme tardif, décédé en 2007, comble ce vide.
    Elle offrira des repères et des perspectives solides pour les tempêtes en cours : pensée de l'autonomie et de la liberté prolongeant l'existentialisme, lecture critique des derniers avatars du capitalisme et de sa crise écosystémique. Pour Gorz, loin de mesures gestionnaires et technocratiques, l'écologie est d'emblée politique impliquant une critique radicale des formes de domination, tant par le travail que sur la nature ou via le consumérisme.

    Textes rassemblés et présentés par Françoise Gollain et Willy Gianinazzi

  • Pourquoi, malgré des intentions parfois sincères et orientées vers le bien-être de leurs populations, les États modernes les ont-ils si souvent malmenées, voire meurtries ? Pourquoi, malgré les moyens colossaux mis en oeuvre, les grands projets de développement ont-ils si tragiquement échoué et ravagé l'environnement ? Dans cette recherche foisonnante, James Scott démonte les logiques bureaucratiques et scientifiques au fondement de ces projets " haut-modernistes ", poussant à toujours plus de lisibilité et de contrôle sur la nature et les sociétés humaines.
    À partir d'une large palette d'études de cas allant de la foresterie scientifique à la création des premiers recensements et des noms propres, de la doctrine révolutionnaire de Lénine à celle de Le Corbusier en matière d'urbanisme, et de la collectivisation de l'agriculture soviétique aux politiques de villagisation en Tanzanie et ailleurs, Scott dénonce ces entreprises de planification autoritaire qui finissent par appauvrir et étouffer le monde physique et social.
    En appuyant leur pouvoir sur des formes de classification, de standardisation et d'abstraction, ces projets tendent tous à négliger les mécanismes et les processus informels d'ajustement pourtant essentiels à la préservation d'ordres sociaux viables. Ils échouent aussi car ils marginalisent les savoirs locaux de celles et ceux qu'ils ciblent. À l'encontre de ces approches autoritaires centralisées et surplombantes, Scott défend le rôle de formes de savoirs plus modestes, étroitement liées à l'expérience pratique et davantage capables d'adaptation au gré des circonstances.

  • Zapatistes, Indignés, Occupy, Printemps érable et Gilets jaunes. Alors que certains érigent ces mouvements populaires en idéal de la démocratie directe, d'autres n'y voient que des mobilisations certes sympathiques mais insignifiantes, quand ils ne tentent pas de les discréditer en les associant à la violence.

    S'appuyant sur une grande diversité d'expériences des pratiques démocratiques d'hier et d'aujourd'hui, y compris hors de l'Occident, Francis Dupuis-Déri propose une réflexion inspirée et critique. Ce récit de la lutte historique entre agoraphobie et agoraphilie, entre la haine et l'amour de la démocratie directe, offre une analyse approfondie des arguments et des manoeuvres des deux camps et du rapport délicat entre le peuple assemblé à l'agora pour délibérer (le dêmos) et celui qui descend dans la rue (la plèbe).

    D'abord paru en 2016, cet ouvrage à la fois original et provocateur est d'autant plus stimulant qu'il se situe à la croisée des chemins de la philosophie politique, de l'anthropologie et de la sociologie.

  • L'obscurantisme vert : la véritable histoire de la condition humaine Nouv.

    Le corps, la cité, l'humanité contre la nature, la planète, le cosmos : en 70 courts chapitres le philosophe Yves Roucaute dénonce les dogmes et les croyances de la nouvelle religion écologiste. Et en dévoile le nihilisme. Polémique, vrai, jubilatoire. Sauver la planète ? Sauver l'humanité, voilà l'urgence pour le philosophe Yves Roucaute !
    Aux obscurantistes verts qui font grand commerce de l'idolâtrie, de la culpabilité et de l'apocalypse, il oppose les faits. Et, au tribunal du bon sens et de la lucidité, il convoque ses témoins : l'histoire de la Terre, la grande aventure humaine, les sciences et les technologies.
    Avec humour, Yves Roucaute démonte une par une les idées fausses. Les cyclones, séismes et variations climatiques ? Pires hier qu'aujourd'hui. Peut-on vivre en harmonie avec la nature sans la dominer ? Non. Le CO2 ? Rien de diabolique. L'éolien ? Beaucoup de vent pour rien. Le nucléaire ? Une alternative. Les produits bio ? Tous chimiques. La " Transition écologique " ? Une chimère. Le productivisme ? Une évidence. Et la société de consommation ? Une espérance. L'écologie ? Yves Roucaute est pour, mais une écologie non punitive, alimentée par le savoir, tournée vers l'avenir.
    Réaliste, la vraie écologie rappelle aux nations que puissance rime avec croissance et décroissance avec décadence. Métaphysique, elle appelle à briser les spiritualismes d'occasion. Morale, elle remet l'humain au centre de l'univers. Voici une ode à la créativité, à la liberté, à la vie apte, enfin, à réenchanter le monde.

empty