• L'usage des grands nombres dans le domaine de la santé n'est plus un secret pour personne. Les taux de mortalité, les courbes démographiques, les moyennes nationales comme les médianes par genre, profession ou âge ordonnancent nos vies biologiques. Nous sommes pris dès la naissance dans un système de mesure de l'espérance de vie, par lequel s'évaluent continûment nos chances de perdurer. En période de crise sanitaire, lorsque la connaissance scientifique fait défaut, les nombres prennent une place encore plus grande : la statistique médicale devient le principal outil d'aide à la décision des pouvoirs publics.
    Cette épistémè computationnelle a une histoire que Mathieu Corteel nous invite à découvrir. Elle trouve sa source dans l'interprétation des tables de mortalité au XVIIe siècle, et s'est transformée depuis, articulant différemment à chaque époque un état des connaissances mathématiques avec une pratique médicale et une vision politique de la santé publique.
    Mathieu Corteel est philosophe et historien des sciences. Il est membre du comité de rédaction de la revue Multitudes. Le hasard et le pathologique est son premier essai.

    Philosophe des sciences, Mathieu Corteel enseigne à l'Université de Strasbourg. Le hasard et le pathologique est son premier essai.

  • La découverte par Louis Pasteur des microbes dans les années 1870 fait partie des pages célèbres de l'histoire des sciences, et même de l'histoire de France. Loin des clichés et des mythes qu'elle a suscitées, Bruno Latour en propose dans ce livre une lecture originale. En étudiant le travail de Pasteur et des pastoriens entre 1870 et 1914, il montre comment la bactériologie et la société française se sont transformées ensemble. C'est ainsi l'invention proprement politique d'une science, d'un savant et d'une époque qui se trouve mise en évidence. Pasteur apparaît, dans les détails de son travail sur les microbes, comme un remarquable sociologue et comme un fin politique, puisqu'il parvient àajouter les microbes au corps social.

    Entre l'épistémologie, l'histoire et la sociologie des sciences, ce livre, initialement paru en 1984 (Éd. Anne-Marie Métailié), redonne aux grands hommes les forces minuscules qui les font grands et savants. Cet exemple, devenu classique en histoire sociale des sciences, invite à revenir sur la division entre rapports de force et rapports de raison, entre politique et savoir. C'est l'objet de la seconde partie du livre, qui se présente comme un petit précis de philosophie dans lequel l'auteur se propose de pratiquer, au lieu des réductions qu'impose la division entre science, nature et société, des irréductions. Celles-ci doivent permettre de rendre les sciences et les techniques moins opaques et peut-être moins périlleuses.
    En étudiant le travail de Pasteur et des pastoriens entre 1870 et 1914, Bruno Latour montre comment la bactériologie et la société française se sont transformées ensemble. C'est ainsi l'invention proprement politique d'une science, d'un savant et d'une époque qui se trouve mise en évidence. La seconde partie du livre se présente comme un petit précis de philosophie dans lequel l'auteur se propose de pratiquer, au lieu des réductions qu'impose la division entre science, nature et société, des irréductions.

  • Histoire de la lèpre

    Jean Vitaux

    Maladie infectieuse chronique, la lèpre est due à une simple bactérie : Mycobacterium leprae. Affectant les nerfs périphériques, la peau et les muqueuses, elle est pourtant à l'origine de lourds handicaps. Si elle n'a pas été l'un des grands tueurs en série de l'humanité, comme la variole ou la peste, elle a néanmoins durablement marqué l'histoire des hommes, tant par l'horreur qu'elle suscite que par ses conséquences sociales, religieuses et eschatologiques. C'est sur cette histoire de souffrance et d'exclusion que revient le docteur Jean Vitaux, qui n'en oublie pas pour autant que la lèpre touche encore 200 000 personnes dans le monde.

  • La krisis des anciens Grecs n'est pas notre concept moderne de crise, profondément modifié avec le temps. Que signifie-t-elle dès lors ? Il faut un retour aux sources de la notion, à savoir aux premiers textes grecs qui lui donnent une place majeure. La polysémie du mot grec, frappante, peut sembler faire obstacle à toute détermination d'une signification. Pourtant, l'enquête philologique proposée, attentive à la pluralité des sens en contexte, ne renonce pas à l'exigence de formuler une conception d'ensemble de la notion. C'est que la krisis des Grecs a bien, dans les textes où elle est analysée, poésie épique archaïque, médecine hippocratique, philosophie de Parménide et de Platon, des traits généraux qui la structurent. Elle peut se concevoir comme une décision génératrice, au sens physique du terme, dotée d'une temporalité de la rupture, savamment pensée et mise en scène.

  • L'incroyable odyssée de l'art de guérir de l'Antiquité à nos jours Avec ce panorama de l'histoire de la médecine, conçu de façon pédagogique et pratique, vous découvrirez l'évolution de la médecine depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours : dates clés, faits marquants, innovations médicales et chirurgicales, thérapeutiques disponibles et pratiques chirurgicales selon les époques, grandes épidémies... Du silex chirurgical à la bioéthique contemporaine, du premier traité des médecins datant du XVIIIe siècle avant notre ère aux recherches de pointes sur les grandes maladies du XXIe siècle, laissez-vous emporter dans cette incroyable odyssée de l'art de guérir !

  • La médecine personnalisée est le nouvel horizon des politiques de santé à l'échelle internationale. Il s'agit d'un grand programme qui doit mobiliser tous les acteurs de la santé - chercheurs, cliniciens, pouvoirs publics, industriels, associations de patients - autour d'un objectif commun : améliorer le diagnostic et la prise en charge des malades grâce aux nouvelles technologies du séquençage des génomes, de l'analyse des biomolécules et de la modélisation informatique. D'importants crédits lui sont consacrés, notamment dans la recherche en cancérologie et dans l'étude de certaines pathologies chroniques. La médecine personnalisée est ainsi la promesse d'une application massive des connaissances et des technologies biomédicales, au bénéfice des patients. Ses buts semblent indiscutables. Et pourtant... En quoi la médecine personnalisée se démarque-t-elle de ce que les médecins font depuis toujours, à savoir adapter leurs diagnostics et leurs prescriptions à chaque patient ? S'agit-il d'un nouveau paradigme médical ? En quoi une médecine fondée sur la capacité technologique à acquérir, à stocker et à traiter des données est-elle « personnalisée » ? Ne s'agit-il pas plutôt d'une intensification de la médecine scientifique qui repose plus que jamais sur de l'impersonnel : des technologies de pointe, des algorithmes statistiques, des modèles informatiques ? Que devient le patient dans cette démarche qui intéresse avant tout les industriels et les autorités de santé ? Les enjeux éthiques sont-ils suffisamment pris en considération ? L'ouvrage questionne cette tension entre une médecine ultra-technologique qui confère une signification moléculaire à la personne et une médecine du soin, centrée sur le patient. Entre les deux, le conflit est-il indépassable ? C'est ce que l'ouvrage entend discuter.

  • Ce livre est un état des lieux sans complaisance de la recherche en santé humaine dans les pays du Sud. L'auteur analyse d'abord le contexte singulier de la recherche en santé humaine et les différentes formes de cette recherche et ses thématiques prioritaires. Puis il examine les fondamentaux éthiques, le cadre conceptuel et opérationnel, le triptyque gouvernance-partenariat-financement, la problématique des priorités et capacités de recherche en santé, mais aussi l'évaluation considérée comme clé de voûte de la politique scientifique ?

  • Cette étude historique (publiée initialement en 1979) des épidémies est accompagnée de la description de leurs symptômes par deux médecins réanimateurs. Elle permet de revivre les difficultés que les pays doivent affronter pour se maintenir. Lors des guerres, les épidémies font souvent plus de morts que les armes. Les foyers d'origine des virus sont historiquement connus : choléra du Bengale, variole d'Éthiopie, peste de Malaisie et de Mongolie, lèpre de Perse et sarrasine. Il apparaît qu'une épidémie peut en chasser une autre : la peste fait disparaître la variole et la fièvre jaune par exemple. Les découvertes médicales ont identifié les agents vecteurs et trouvé des remèdes : en 1820, le paludisme transmis par le moustique ; en 1894, la peste transmise par la puce du rat ; en 1908, le typhus transmis par le pou ; et en 1914, le vaccin contre la typhoïde.

  • Ce deuxième tome aborde les maladies non transmissibles d'un être vivant à un autre être vivant, dont les maladies dites de la civilisation. Entrent ensuite en scène les "chirurgiens navigans", premiers médecins à l'Île Bourbon, puis viennent l'histoire des hôpitaux et des établissements de santé et l'histoire des relations médicales entre La Réunion, Madagascar et Pondichéry. Les auteurs s'interrogent enfin sur l'état de santé actuel des Réunionnais et sur la pérennité des installations médicales de l'île qui les soignent.

  • Les deux premiers siècles du peuplement de La Réunion ont laissé peu de documents traitant de la santé de la population et de l'exercice de la médecine. À compter du XIXe siècle, de solides témoignages ont vu le jour, émanant de médecins installés dans l'île ou de passage. L'accroissement de la population a été accompagné d'épidémies meurtrières. Mais depuis la départementalisation survenue en 1947, la société de plantation a laissé place à la société de consommation, avec des progrès médicaux considérables. Cet ouvrage retrace l'histoire de la médecine et de la santé à l'Île Bourbon - La Réunion, de l'origine à nos jours.

  • Jean Viguerie (1747-1802), fils de paysan illettré, est parti, encore adolescent, de son village natal des Hautes-Pyrénées pour se rendre à Montpellier, où avait été fondée en 1181 la première école française de médecine. Pourquoi a-t-il embrassé une carrière de chirurgien-barbier qui devait le conduire à la maîtrise en chirurgie, grade le plus élevé des chirurgiens de robe longue au XVIIIe siècle ? Son fils Charles Guillaume devint docteur en chirurgie et fut nommé à la mort de son père chirurgien en chef de l'Hotel-Dieu de Toulouse.

  • La salle de garde est un lieu "mythique". Malheureusement, avec l'évolution de la société, et le monde médical ne fait pas exception à la règle, les traditions se perdent. Ce petit ouvrage vous fait pénétrer au sein de coutumes et de rites qui remontent à la nuit des temps. Ces derniers sont souvent l'objet d'inexactes interprétations, voire de fantasmes. Cette description, vue "de l'intérieur", permet de faire connaissance avec un milieu où les traditions, les us et coutumes et les symboles, bien qu'ancrés depuis des siècles, sont en train de s'étioler voire de tomber en désuétude.

  • Plus que des vies parallèles comme les eût écrites Plutarque, on peut parler de destins croisés car Ambroise Paré et André Vésale verront leurs chemins se croiser à plusieurs reprises. Ils feront une partie de leur formation à Paris, en ayant les mêmes maîtres et les mêmes condisciples. Ils soigneront les blessés dans les armées des deux camps opposés et serviront les plus grands rois et empereurs de leur époque. L'anatomie fécondera la chirurgie, et de leurs interactions intellectuelles et pratiques naîtra la science médicale moderne.

  • Cet ouvrage propose de nous révéler l'histoire du défibrillateur, l'appareil de secours le plus présent et le plus indispensable en milieu hospitalier comme dans la vie publique. Au fil du récit, Michel Chauvin, cardiologue, nous dévoile à travers des anecdotes et une très riche documentation une des avancées technologique médicale majeure du XXe siècle.

  • Qui n'a jamais vu James Bond et ses gadgets, toujours vainqueur des méchants ? Et les dentistes, pourquoi n'auraient-ils pas pu être des espions ? Du premier Empire à notre époque, sans oublier les deux guerres mondiales du XXème siècle, les témoignages existent pourtant. Les récits se suivent, entre idéologie et aventure. Malgré l'évidence d'une fin rarement heureuse, certains se sont sacrifiés sans aucune hésitation, convaincus de la défense d'une juste cause.

  • Voici l'arsenal médicinal des praticiens d'autrefois ou leur Codex des médicaments, voire leur Officine de pharmacie pratique ou leur Vidal. Chaque notice comprend donc l'usage thérapeutique de chaque
    substance du XVIe au XIXe siècle, accompagnée d'une bibliographie précise. Ce dictionnaire est la dernière édition revue, corrigée et considérablement augmentée du Dictionnaire mémorable des remèdes
    d'autrefois paru dans la même collection en 2007.

  • Qu'est-ce qu'un chirurgien ou plus même, un "neurochirurgien", au XVIIe siècle ? Cette présentation de l'oeuvre de Maître Antoine Boirel, lieutenant des Maîtres-Chirurgiens de la ville d'Argentan, nous fait pénétrer dans un monde où le talent et le savoir de certains côtoient l'incompétence et le charlatanisme des autres. En publiant son Traité des Playes de Teste, Antoine Boirel fait connaître sa pratique quotidienne et offre un exemple à suivre aux jeunes chirurgiens. Parcourant pendant quarante ans la campagne normande pour soigner avec pragmatisme ses concitoyens, il apporte, sur la vie des familles normandes, du corps de santé « des chirurgiens, médecins, apothicaires » de province, au temps de Louis XIV, un témoignage d'une riche signification sociale et humaine.

  • Cet ouvrage reconstitue l'histoire contemporaine de la pharmacie du Burkina Faso et, par ricochet, celle de l'Afrique occidentale francophone. L'art pharmaceutique burkinabè a connu de grandes étapes d'évolution, tirant sa source de l'administration coloniale française à partir des années 1900. Les auteurs ont retracé les évolutions historiques de l'administration pharmaceutique, du cadre juridique, de la démographie et de la pratique professionnelle. Ils ont également mis en lumière les oeuvres indélébiles des héros et héroïnes de la profession de pharmacien du pays des Hommes intègres.

  • Ces courtes chroniques font suite au tome 1 paru simultanément. Destinées initialement aux « professionnels de la profession », elles se proposent de témoigner du passé récent de la vie asilaire. Elles ont pour but de restituer leur charge sensible à ces objets singuliers qui ont contribué plus qu'il n'y parait à modeler les pratiques.

  • Environ 60 millions de personnes sont mortes pendant la Seconde Guerre mondiale. la majorité des corps n'a pas pu être identifiée, laissant des familles dans l'impossibilité de faire le moindre deuil ; Mélanie Decobert s'est attachée à démontrer que les techniques utilisées en odontologie médico-légale pouvaient apporter une aide considérable à cette fin, dans la connaissance de cette période et dans la résolution des problèmes consécutifs à toute disparition. L'auteur est parvenu également à attester du bon usage des analyses ADN dans l'identification de restes humains (civils ou militaires).

  • Écrits sous la forme de rapports, les comptes rendus détaillés des travaux du Docteur Xavier Riaud nous emmènent à la rencontre de l'histoire, celle de rois français (Louis XI et Henri IV) et celle de 68 soldats français morts pendant la guerre de Crimée (1853-1856) et exhumés lors d'une fouille archéologique récente en Ukraine. L'auteur fait ici appel à des notions abouties en odontologie médico-légale mais aussi à une iconographie et une approche historique remarquable qui complètent judicieusement l'étude sur site.

  • La médecine est intimement liée à la philosophie en un dialogue permanent. Ce rapport n'est pas exclusif car bien d'autres composantes des sciences humaines, la sociologie, l'anthropologie, le droit, la psychologie, entre autres, côtoient la médecine. Cependant, médecine et philosophie demeurent autonomes, même si la pratique médicale rend les deux nécessaires. Cet ouvrage revient sur les perspectives du devenir de la condition humaine, qui, transformées par les nouvelles technologies, vont bouleverser l'approche philosophique de la médecine, la rendant plus indispensable que jamais.

  • Cet ouvrage tente une amorce de réponse à la problématique de la santé liée à la pauvreté et des moyens pour parvenir à sortir de cette impasse. Comment peut-on apporter à ce pays des soins médicaux peu coûteux et de qualité dont l'accès est ouvert à tous ? Comment soumettre des recommandations sanitaires dans un environnement dont les préoccupations écologiques sont réelles ? Quels sont les moyens pratiques pour les populations les plus vulnérables, éloignées des centres de santé, d'accéder à des soins médicaux de qualité ? Comment renforcer les prestations sanitaires là où les ressources humaines sont déficientes ?

  • Ce livre traite des missions et des expéditions en Afrique noire et à Madagascar, pacifiques ou guerrières, menées par la France au cours des trente dernières années du XIXe siècle, en mettant en exergue les médecins qui les ont accompagnées, médecins de la Marine, puis médecins des Colonies. Plusieurs de ces médecins y ont laissé leur vie, soit au cours des combats, soit victimes des épidémies.

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