• Zazie dans le métro

    Raymond Queneau

    • Gallimard
    • 1 March 2021

    "- Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t'y conduirai.
    - Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m'intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.
    - Qu'est-ce qui t'intéresse alors ?
    Zazie ne répond pas.
    - Oui, dit Charles avec une gentillesse inattendue, qu'est-ce qui t'intéresse ?
    - Le métro."

  • « J'ai été arrêté un jour dans une rue par un expert spécialisé en attributions de peintures du XIXe siècle. Il savait que j'avais parlé des "Arts incohérents" dans l'un de mes livres et voulait me dire qu'il avait trouvé dans une malle vingt-deux oeuvres de ces fameux "anartistes" ! Pendant plus d'une dizaine d'années, ces Incohérents ont réalisé des expositions à Paris où l'humour, la drôlerie, la farce, l'ironie, la dérision ont mené le bal en générant la révolution qu'effectue un jour Marcel Duchamp. Car les premiers ready-made, ce sont eux - un rideau de fiacre exposé par Alphonse Allais. Le premier monochrome, c'est eux - Alphonse Allais et Pierre Bilhaud signent une Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige (1883) qui est un simple bristol blanc...
    Les premiers happenings, ou les premières oeuvres conceptuelles, ce sont aussi eux. Duchamp et Breton connaissaient ce courant esthétique révolutionnaire dont seuls subsistent les catalogues dont on aurait même pu penser, tant leur délire était grand, qu'ils étaient eux-mêmes des oeuvres conceptuelles d'expositions n'ayant jamais eu lieu ! Nous savons désormais que ça n'est pas le cas. » Michel Onfray

  • Le musée national

    Diane Mazloum

    • Stock
    • 16 March 2022

      Quelle idée d'aller passer une nuit de décembre 2020 dans ce musée-là !
      Le Musée National de Beyrouth se situe sur la ligne de démarcation qui fut la frontière visible, meurtrière, dite « la ligne verte » par la luxuriance de la végétation, entre Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest, tout au long de la guerre civile, laquelle dura 15 ans, si l'on admet même que la guerre est aujourd'hui achevée.
      Diane Mazloum est une  romancière qui aime l'imagination et le passé récent. Elle n'aurait sans doute pas dû se frotter à la matière historique, sédimentée, confetti d'empires disparus, qui veille sous les murs et s'agrippe aux cryptes du seul musée qui fait office de mémoire au Liban.
      Musée d'une nation ou de l'absence d'une nation ? 
      Par quel miracle ce temple qui abrite les trésors des civilisations disparues, des Égyptiens aux Babyloniens, des Byzantins aux Mamelouks, a-t-il pu survivre aux assauts de la brutalité des hommes ? 
      Ici, c'est un franc-tireur qui creusa un trou dans le mur pour y viser le passant dont la tête éclatera. Là, ce sont les soldats israéliens qui se réchauffèrent à un brasier aux pieds noircis du Colosse. Ici, c'est une statuette en équilibre que le souffle de l'explosion du 4 août 2020 a fait dévier de son axe ? Là, ce sont les 31 statues aux yeux tournés vers l'intérieur qui semblent plus vivantes que les vivants du dehors ? 
      La romancière n'aime pas le passé lointain. Mais elle se rend compte, dans cet émouvant récit griffé de vérités, que de Rome à Beyrouth, c'est le passé qui fait le présent, c'est l'ombre des morts qui recouvre la pauvre existence des vivants et l'illumine. 
      « Le Liban est celui à qui l'avenir arrive le premier » écrit Dominique Eddé. 
      Alors, si cette phrase est vraie, cette nuit au musée, une nuit qui s'étend jusqu'au jour, sera peut-être le livre que la romancière ne voulait pas écrire sur la fin de nos civilisations. Mais qui s'est imposé à elle.

  •  "L'art contemporain est une langue à laquelle il faut être initié de la même manière qu'il faut l'être à toute oeuvre d'art quelle qu'elle soit, quel qu'en soit le siècle. On ne comprend pas plus facilement le portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud si l'on ignore la symbolique de l'époque que le bouquet de tulipes de Jeff Koons si l'on ne se sait rien de son combat LGBTQ+ dans notre temps.  
       Je voudrais effectuer le chemin qui va des premières traces d'art (Lascaux 20.000 ans environ) jusqu'au fameux bouquet de Jeff Koons (2019), autrement dit de la préhistoire à nos jours, afin de lutter contre les oiseaux de malheur pour qui l'art est mort, le Beau y aurait toujours fait la loi et ne le ferait plus, à quoi il faudrait ajouter que, selon eux, la totalité de l'art contemporain mériterait la poubelle. Le Beau a été un souci récent dans l'histoire de l'art et il a cessé de l'être assez rapidement - quelques décennies entre l'invention du mot esthétique en 1750 sous la plume de Baumgarten et celle de la photographie en 1826. Arguer, donc, que l'art contemporain ayant cessé d'être Beau, il ne serait pas légitime de parler d'art, s'avère une sottise."Michel ONFRAY
    Une brève - mais magistrale - histoire de l'art, de la préhistoire à nos jours, par Michel Onfray, qui donne les principales clés pour comprendre et s'initier à l'art.

  • L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique

    Walter Benjamin

    • Editions allia
    • 14 November 2013

    L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique annonce, dès son titre, le tournant opéré par la modernité : Benjamin montre dans cet essai lumineux que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". L'auteur met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique. Un texte fondamental, dont les échos ne cessent de se prolonger dans les réflexions contemporaines.

  • écrire

    Marguerite Duras

    • Gallimard
    • 8 February 2013

    À partir de ses échanges avec Benoît Jacquot en 1993, Marguerite Duras a écrit deux textes, « Écrire » et « La Mort du jeune aviateur anglais », auxquels s'ajoute ici la nouvelle « Roma ». Fanny Ardant leur redonne corps et voix. De la voix de l'autrice à la voix du texte.

    « Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit des livres. C'est une solitude. C'est la solitude de l'auteur, celle de l'écrit. Pour débuter la chose, on se demande ce que c'était ce silence autour de soi. Et pratiquement à chaque pas que l'on fait dans une maison et à toutes les heures de la journée, dans toutes les lumières, qu'elles soient du dehors ou des lampes allumées dans le jour. Cette solitude réelle du corps devient celle, inviolable, de l'écrit. » M. D.

    Le livre audio, accompagné en coffret d'un DVD de films réalisés par Benoît Jacquot, a reçu un Coup de coeur 2010 de l'Académie Charles Cros et le Prix du public 2011 de La Plume de Paon.

  • LES CAHIERS DE L'HERNE ; cahier Pascal Quignard

    Collectif

    • L'herne
    • 20 October 2021

    L'oeuvre de Pascal Quignard est multiple par la diversité des domaines artistiques dans lesquels il excelle ; musique, dessin, cinéma, littérature... Le Cahier de L'Herne se propose d'explorer ces différentes facettes en retraçant l'itinéraire artistique de Pascal Quignard ; son parcours de musicien et ses nombreuses créations originales, ses collaborations avec compositeurs, scénaristes, musiciens et metteurs en scène dans le cadre de performances artistiques, son oeuvre littéraire tout à fait inclassable, qui oscille entre roman, essais philosophique, autobiographie, écrits historiques, poésie... Nous dévoilons par ailleurs dans ce volume, le manuscrit inédit du Petit Cupidon, plusieurs textes inédits et de nombreux dessins en couleur de Pascal Quignard.

  • Bernar Venet : toute une vie pour l'art

    Catherine Francblin

    • Gallimard
    • 14 April 2022

    Bernar Venet est un artiste français célèbre dans le monde entier, en particulier pour ses gigantesques sculptures d'acier installées dans l'espace public.
    Né en 1941 à Saint-Auban dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans une famille modeste, son histoire est celle d'un jeune garçon très tôt passionné par l'art qui, petit à petit, se hisse au sommet de son métier, tout d'abord à Nice où il entre en contact avec les artistes comme Ben ou César, puis aux États-Unis où il arrive en 1966 et où il deviendra l'un des inventeurs de l'art conceptuel.
    Catherine Francblin a eu accès aux archives de l'artiste conservées dans sa Fondation du Muy dans le Var, et en particulier aux innombrables lettres que Bernard, devenu Bernar, a adressées à sa mère tout au long de sa vie et dans lesquelles il décrit les développements de sa carrière, ses rencontres avec de nombreux artistes majeurs, de Marcel Duchamp à Andy Warhol et Robert Rauschenberg.
    En se fondant sur de très nombreuses sources et sur ses entretiens avec l'artiste, l'autrice met en évidence et explique les différents tournants dans l'art et la vie d'un homme qui, nourrissant l'ambition de se surpasser sans cesse, se réinvente en permanence - créant des sculptures capables d'atteindre soixante mètres de hauteur et des dizaines de tonnes.

  • Chefs d'oeuvre de l'art égyptien

    Bénédicte Lhoyer

    • Larousse
    • 23 March 2022

    « Je le répète encore : l'art égyptien ne doit qu' à lui-même tout ce qu'il a produit de grand, de pur et de beau. »
    Jean-François Champollion
    Surgie des sables du désert, la civilisation égyptienne, établie le long du Nil à la fertilité légendaire, n'en finit pas fasciner. À travers les siècles, l'Égypte nous a légué de son histoire hors norme un art somptueux et encore mystérieux qu'elle consacre à des dieux qu'elle adorait, à ses insondables pharaons, de Khéops à Toutânkhamon en passant par Akhenaton, à ses reines à la beauté majestueuse, de Néfertiti à Cléopâtre. Elle nous a également transmis une écriture géniale que Champollion mit au jour à l'aube du xixe siècle, contribuant ainsi à décrypter un univers aussi riche que foisonnant !
    Des fantastiques pyramides, des fresques remarquablement conservées aux merveilles découvertes dans les tombes, cet album magnifiquement illustré dévoile des trésors inestimables, témoignages uniques d'un monde dont le raffinement et l'inventivité demeurent encore aujourd'hui inégalés.

  • Et si l'on vendait la Joconde ?

    ,

    • Jc lattès
    • 19 January 2022

    «  Et si on vendait la Joconde ? C'est la question que je me suis posée,  face au Louvre, un matin du printemps 2020, alors que le monde entier  s'était presque arrêté de respirer et se préparait à connaître une crise  économique sans précédent. Publiée dans la presse, ma proposition  a été reprise aux quatre coins du globe sous des airs de scandale.
    Je venais d'ouvrir la boîte de Pandore. Pourtant, j'étais animé par une  seule préoccupation : comment trouver de l'argent pour sauver le monde  de la culture et permettre aux artistes de continuer à écrire notre futur. »
    À partir d'une question aussi aberrante que sérieuse, Stéphane Distinguin  nous propose un voyage enthousiaste et curieux de la Florence  des Médicis au San Francisco des start-up, de la technique du sfumato à la blockchain, de Charlemagne à Dan Brown. Il nous raconte l'histoire  passionnante du marché de l'art, de son économie, de l'évolution  de ses pratiques et parvient à nous faire reconsidérer ce qui semblait  être l'évidente réponse à sa question.
     

  • L'autre art contemporain ; vrais artistes et fausses valeurs

    Benjamin Olivennes

    • Grasset
    • 20 January 2021

    Ecrit par un non-spécialiste passionné, ce petit livre vif et brillant s'adresse à tous, et entend fournir un manuel de résistance au discours sur l'art contemporain. Ce dernier fonde son emprise sur une vision mythifiée de l'histoire de l'art  : le XXe siècle aurait été avant tout le siècle des avant-gardes, chacune ayant été plus loin que la précédente dans la remise en cause de notions comme la figuration, la beauté, et même l'oeuvre. Or non seulement ces notions anciennes ont continué d'exister dans les arts dits mineurs, mais surtout, il y a eu un autre XXe siècle artistique, une tradition de peinture qui s'est obstinée à représenter la réalité et qui réémerge aujourd'hui, de Bonnard à Balthus, de Morandi à Hopper, de Giacometti à Lucian Freud.
    Cet essai présente cette autre histoire de l'art, dont l'existence infirme le discours, le mythe ... et le marché de l'art contemporain. Cette histoire s'est prolongée secrètement jusqu'à nous  : il y a eu en France, au cours du dernier demi-siècle, de très grands artistes, dont certains sont encore vivants, qui ont continué de représenter le monde et de chercher la beauté. Connus d'un petit milieu de collectionneurs, de critiques, de poètes, mais ignorés des institutions culturelles et du grand public, ces artistes sont les sacrifiés de l'art contemporain, les véritables artistes maudits de notre époque. Comme les artistes maudits de jadis, ce sont eux pourtant qui rendent notre modernité digne d'être aimée et sauvée. Ils sont la gloire de l'art français.

  • Quel est le point commun entre la série Mad Men, le film Madame Doubtfire, et le best-seller La magie du rangement de Marie Kondo  ? Tous abordent, avec un angle évidemment différent, des questions liées à la place et au rôle des femmes dans notre société.
    Clémentine Gallot, l'animatrice du podcast Quoi de meuf, revisite dans cet ouvrage nos références culturelles populaires sous le prisme du féminisme. Séries, films, chansons, peintures, BD, romans... C'est l'occasion de redécouvrir avec plaisir des oeuvres cultes, mais aussi de comprendre notre héritage culturel sur les questions féministes, de prendre conscience des discriminations subies par les femmes et de mesurer les combats qu'il reste à mener...

  • Le regard

    Georges Salles

    • Réunion des musées nationaux - grand palais (réédition numérique fenixx)
    • 22 August 2020

    C'est en faisant vibrer notre rétine et en la maintenant à un certain diapason que l'oeuvre d'art affirme sa présence, prend corps et vie, nous retient captifs et soumis à toutes les possibilités dont elle est chargée. Sa plus ou moins grande spiritualité ne sera jamais que le prolongement poétique d'une jouissance organique.

  • Talisman à l'usage des mères et des filles

    Nathalie Rykiel

    • Flammarion
    • 12 May 2021

    Comment se construire avec une mère omniprésente ? Comment conquérir sa liberté ?
    De cet amour dévorant, Nathalie Rykiel a fait une force et elle en a conservé toutes les traces, des mots, des dessins, autant de talismans.
    En une cinquantaine de dessins de Sonia Rykiel inédits, auxquels répondent les mots et jeux de mots de Nathalie, voici le récit d'une relation unique entre deux femmes hors du commun, qui évoque de façon universelle les mystères de la transmission. Un émouvant cri d'amour à toutes les mères, à toutes les filles...

  • De la couleur

    Claude Romano

    • Gallimard
    • 14 January 2021

    Les couleurs existent-elles dans les choses ou n'ont-elles de réalité que dans notre regard ? Sont-elles matière ou idée ? Entretiennent-elles les unes avec les autres des rapports nécessaires ou sont-elles seulement connues de manière empirique ? Y a-t-il une logique de notre monde chromatique ? Pour répondre à ces questions, Claude Romano convoque l'optique, la physique, les neurosciences, la philosophie et la peinture.
    En retraversant certaines étapes décisives de la réflexion sur ces problèmes (de Descartes à Newton, de Goethe à Wittgenstein, de Schopenhauer à Merleau-Ponty), il développe une conception réaliste qui replace le phénomène de la couleur dans le monde de la vie et le conçoit comme mettant en jeu notre rapport à l'être en totalité : perceptif, émotionnel et esthétique. L'auteur fait ainsi dialoguer la réflexion théorique et la pratique artistique.
    C'est parce que la couleur touche à l'être même des choses, en révèle l'épaisseur sensible, que la peinture, qui fait d'elle son élément, est une opération de dévoilement.

  • Le pouvoir de l'art

    Markus Gabriel

    • Flammarion
    • 22 September 2021

    Le regard exercé ou curieux, vous pensiez peut-être qu'en vous rendant à une exposition vous alliez voir des oeuvres d'art exposées à votre attention.
    C'était vrai jusqu'à ce que Markus Gabriel s'en mêle.
    Le jeune prodige de la philosophie allemande le démontre avec virtuosité : ce n'est pas vous qui décidez si ce que vous voyez est une oeuvre d'art, ni même l'artiste ou les collectionneurs, encore moins les critiques d'art ou de cinéma. C'est l'oeuvre elle-même qui prend possession de vous. Car c'est vous qui vous exposez à elle et non l'inverse. Le Penseur de Rodin vous fait penser et Alien fait de vous l'hôte du film étrange que vous regardez.
    Par cet essai incisif, l'auteur bouscule notre rapport à l'art, en nous révélant son immense pouvoir, pour le meilleur et pour le pire.

  • On doit à Yves Michaud une analyse fondamentale de l'évolution contemporaine de l'Art.
    Dans le domaine des arts visuels qu'on appelle Art, nous sommes passés d'oeuvres (traditionnellement tableaux et sculptures) à des installations, des environnements, des dispositifs multimédias qui enveloppent le spectateur dans des expériences multi-sensorielles. Telle est la "vaporisation de l'art", son passage à l'état gazeux.
    La seconde évolution, que décrit cet ouvrage, "le triomphe de l'esthétique", c'est le mouvement d'esthétisation générale de nos milieux de vie.
    Il faut que tout soit "luxe, calme et volupté", plaisant, charmant, lisse, agréable, ou encore excitant, intéressant dans le registre couramment appelé "esthétique".
    L'apparition au cours du XVIIIe siècle du concept d'esthétique fut indissociable du changement des expériences que donnaient les arts et de nouvelles formes de la sensibilité.
    Il en va de même aujourd'hui.
    L'expérience esthétique a changé : de frontale elle est devenue atmosphérique et se fait sous le signe du plaisir, du sensible et de l'éprouvé.
    Nous sommes en présence d'une révolution sensible qui rend indispensable une révolution dans "la théorie esthétique", mais la révolution de la sensibilité hyper-esthétique est encore plus importante que celle de la théorie.
    Le monde des atmosphères n'est plus celui de la perception esthétique.
    Le monde du Grand Art est mort et bien mort.

  • Les ruines du ciel

    Christian Bobin

    • Gallimard
    • 21 December 2015

    C'est autour d'un événement - la destruction de Port-Royal par Louis XIV - et d'une idée : retrouver dans les ruines de la société actuelle "les signes d'une vie heureuse, toujours possible", que l'auteur fait s'entrecroiser des portraits du XVIIe (saint François de Sales, Saint-Cyran, Pascal, Racine, etc.) et du XXe siècle (Dhôtel, un clochard, Genet, le grand-père de l'auteur, etc.). Leurs rencontres, leurs paroles, leurs visions tissent une tapisserie lumineuse, pleine d'espérance pour notre siècle en ruine.

  • Le culte moderne des monuments

    Alois Riegl

    • Editions allia
    • 1 October 2021

    Le terme de "monument" est ici à comprendre dans son sens élargi, soit toute oeuvre humaine qui nous vient du passé, édifice, peinture, sculpture ou parchemin. L'auteur distingue notamment sa valeur historique proprement dite de sa valeur artistique. Surtout, il est le premier à différencier sa valeur historique, voire documentaire, et sa durée, qu'il associe à notre faculté de remémoration, c'est-à-dire l'écho qu'il fait résonner en nous, au présent, par sa patine, les traces du vieillissement ou encore l'étrangeté d'un mot ou d'une tournure de phrase. Il s'agit, en un mot, de la valeur accordée au passage du temps. Ainsi maints objets deviennent des "monuments" en raison de notre goût actuel, sans qu'ils aient été initialement imaginés, à l'époque de leur conception, comme tels.

    Historien de l'art autrichien, Aloïs Riegl (1858-1905) a dirigé le département des textiles du Musée des arts industrielsSon oeuvre fondamentale, Questions de style, est centrée sur la question de l'ornement. Il a contribué à ouvrir le champ de l'histoire de l'art à des périodes, des supports ou des genres alors jugés "mineurs". Il pose le concept de Kunstvollen, de "vouloir d'art" et avance l'idée que l'oeuvre d'art est comprise comme une forme de pensée et l'expression d'une conception du monde.

  • Histoires de musées : souvenirs d'un conservateur Nouv.

    Histoires de musées : souvenirs d'un conservateur

    Michel Laclotte

    • Éditions scala
    • 5 May 2022

    Historien de l'art, conservateur, directeur de musées, Michel Laclotte a été une figure majeure de la vie culturelle française. Après plus de vingt ans passés au Louvre, il a en effet participé à la création du Petit Palais d'Avignon, puis à celle du musée d'Orsay, avant de devenir directeur du musée du Louvre : une fonction qui l'a conduit à être l'un des acteurs essentiels du projet Grand Louvre.

    Ce remarquable « chef d'orchestre » nous raconte dans ce livre sur un ton léger, volontiers anecdotique mais très professionnel, les différentes facettes d'un métier passionnant et méconnu : l'aménagement complexe des salles, les délicats problèmes d'éclairage, de restauration, l'organisation d'une exposition et la joie d'enrichir les collections d'un musée...

    Historien de l'art, conservateur, directeur de musées, Michel Laclotte a été une figure majeure de la vie culturelle française. Après plus de vingt ans passés au département des Peintures du Louvre, il a en effet participé à la création du Petit Palais d'Avignon, puis à celle du musée d'Orsay, avant de devenir directeur du musée du Louvre : une fonction qui l'a conduit à être l'un des acteurs essentiels du projet Grand Louvre.

  • Sous le ciel immense selon O'Keeffe

    Catherine Guennec

    • Ateliers henry dougier
    • 26 August 2021

    Mêlant récit romanesque et enquête historique, chaque auteur raconte l'histoire d'un tableau célèbre.

    Une vision du désert ou une vision dans le désert, avec, comme en lévitation, une rose et un crâne de bélier... Intrigante, mystérieuse, cette toile de O'Keeffe de 1935 rassemble ses thèmes récurrents : les ossements, les fleurs, l'immensité du désert, du ciel... fantastiques et infinis espaces qui l'auront toujours fascinée.

    Cette peinture nous attire vers l'histoire singulière de cette légende, cette icône qui s'est imposée très tôt aux Etats-Unis mais qui reste aujourd'hui encore étrangement méconnue pour ne pas dire inconnue en Europe.

    Derrière O'Keeffe, bien cachée, il y a Georgia... Une femme libre, talentueuse, une grande amoureuse aussi, qui un beau jour va quitter New York pour trouver refuge au coeur des terres arides de l'Ouest américain. A Ghost Ranch, " sous le ciel immense " du Nouveau Mexique...

  • La déshumanisation de l'art

    José Ortega Y Gasset

    • Editions allia
    • 2 October 2014

    Jean Cassou disait d'Ortega y Gasset qu'il ne craignait pas la frivolité, voire la recherchait. Ce n'est pas le moindre des paradoxes, quand on lit ce texte-ci, mélange de critique "sérieuse" et de fascination-répulsion pour un art désormais futile aux yeux de l'auteur. Ortega y Gasset s'attaque en effet à une tendance de l'art de l'époque (ce texte est publié pour la première fois en 1925) à éliminer la figure humaine de ses sujets au point de devenir autocritique, voire un jeu entre artistes. Cela conduit à le rendre impopulaire. Dégagé du sérieux et de tout pathos, l'art perd sa transcendance au profit de la superficialité, du divertissement. Il est désormais élitiste, il exclut les masses. Il est le symptôme d'une crise culturelle, qui annonce la décadence d'une société de plus en plus tournée vers le spectacle. En effet, l'art finit par se vider de tout contenu: "Tout comme dans un système de miroirs qui se réfléchissent indéfiniment les uns dans les autres, aucune forme n'est la dernière. Toutes sont moquées et réduites à pure image."

  • L'art comme expérience

    John Dewey

    • Gallimard
    • 11 February 2014

    John Dewey (1859-1952) est un des piliers du pragmatisme. Au centre de cette tradition, il y a l'enquête, c'est-à-dire la conviction qu'aucune question n'est a priori étrangère à la discussion et à la justification rationnelle.
    Dewey a porté cette notion d'enquête le plus loin : à ses yeux, il n'y a pas de différence essentielle entre les questions que posent les choix éthiques, moraux ou esthétiques et celles qui ont une signification et une portée plus directement cognitives. Aussi aborde-t-il les questions morales et esthétiques dans un esprit d'expérimentation - ce qui tranche considérablement avec la manière dont la philosophie les aborde d'ordinaire, privilégiant soit la subjectivité et la vie morale, soit les conditions sociales et institutionnelles.
    Dans L'art comme expérience, la préoccupation de Dewey est l'éducation de l'homme ordinaire. Il développe une vision de l'art en société démocratique, qui libère quiconque des mythes intimidants qui font obstacles à l'expérience artistique.

  • L'art contemporain ; histoire et géographie

    Catherine Millet

    • Flammarion
    • 24 February 2021

    Des objets incongrus, des gestes excentriques, mais aussi des photographies, des vidéos et des peintures de facture traditionnelle, voilà ce qui constitue l'art contemporain. Quelquefois, ces oeuvres étonnent ou choquent. Elles suscitent en même temps la curiosité, au point de s'y perdre un peu. Aussi, pour qui s'aventure dans le monde de l'art, l'auteure de ce livre fournit des repères et suggère quelques pistes de réflexion. Depuis quand l'art « moderne » est-il devenu « contemporain » ? Pourquoi les artistes ont-ils voulu transformer le rapport des spectateurs avec les oeuvres ? Et quand les frontières avec la mode, l'architecture ou même des objets rituels deviennent floues, peut-on encore faire entrer cet art dans une définition ?

    Ce livre révèle en quoi l'art contemporain est avant tout un espace ouvert, une aire de liberté pour penser et agir différemment quand les idéologies et les systèmes philosophiques qui nous guident sont en crise.

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