Ethnologie

  • Tristes tropiques

    Claude Lévi-Strauss

    • Pocket
    • 22 October 2001

    Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? Comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? C'est à ces questions que l'auteur, philosophe et moraliste autant qu'ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'Asie qu'à l'Amérique.

    Plus encore qu'un livre de voyage, il s'agit cette fois d'un livre sur le voyage. Sans renoncer aux détails pittoresques offerts par les sociétés indigènes du Brésil central, dont il a partagé l'existence et qui comptent parmi les plus primitives du globe, l'auteur entreprend, au cours d'une autobiographie intellectuelle, de situer celle-ci dans une perspective plus vaste : rapports entre l'Ancien et le Nouveau Monde ; place de l'homme dans la nature ; sens de la civilisation et du progrès.

    Claude Lévi-Strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du "voyage philosophique" illustrée par la littérature depuis le XVIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle, c'est-à-dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fart oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.

  • Dictionnaire Levi-Strauss

    Jean-Claude Monod

    • Bouquins
    • 14 April 2022

    Ce dictionnaire, d'une ampleur et d'une ambition sans équivalent, rassemble, sous la direction de Jean-Claude Monod, les éléments d'une pensée et d'une vie qui se trouvèrent au point de convergence, et parfois de friction, de nombreuses disciplines - philosophie, anthropologie, linguistique, sociologie, mythologie comparée, histoire de l'art, poétique... - et de plusieurs continents - Europe, Amériques du Sud et du Nord, Asie... L'oeuvre de Claude Lévi-Strauss transforma en profondeur non seulement les sciences sociales du xxe siècle, mais le regard que nos sociétés portent sur « les autres », d'abord sur ces peuples qu'on appela longtemps - avant Lévi-Strauss, justement - « primitifs » et, par là, sur nous-mêmes.
    L'ouvrage parcourt l'intégralité des livres du grand anthropologue, les concepts qu'il a marqués de son empreinte, et nous éclaire aussi sur les rencontres qui ont été déterminantes dans son existence intellectuelle et personnelle. Sa vie est traitée comme un « fait biographique total » où les noms des maîtres et des collaborateurs, des lieux et des textes, des peuples et des notions sont autant d'entrées vers une oeuvre-monde.
    Riche de multiples contributions françaises et étrangères, ce volume montre combien la pensée de Lévi-Strauss est animée par une quête de « sagesse » pratique visant à réformer notre civilisation et à réorienter le cours de nos sociétés. Ses réflexions engagent non seulement une idée de l'humanité - dans son unité et ses différences, dans ses liens vitaux avec la nature -, mais une conscience aiguë des conditions précaires de sa survie.

  • Race et histoire

    Claude Lévi-Strauss

    • Folio
    • 14 May 1987

    La diversité des cultures, la place de la civilisation occidentale dans le déroulement historique et le rôle du hasard, la relativité de l'idée de progrès, tels sont les thèmes majeurs de Race et histoire. Dans ce texte écrit dans une langue toujours claire et précise, et sans technicité exagérée, apparaissent quelques-uns des principes sur lesquels se fonde le structuralisme.

  • Masculin/féminin t.1 : la pensée de la différence

    Françoise Héritier

    • Odile jacob
    • 13 September 2012

    La différence des sexes structure la pensée humaine puisqu'elle en commande les deux concepts primordiaux : l'identique et le différent. La manière dont chaque culture construit cette différence met en branle toute sa conception du monde, sa sociologie et sa biologie, comme sa cosmologie. Changer le rapport du masculin et du féminin, c'est bouleverser nos ressorts intellectuels les plus profonds, élaborés au fil des millénaires. En démontant les mécanismes de la différence, ce livre offre des solutions pour parvenir à l'égalité.

  • Le geste et la parole t.1 : technique et langage

    André Leroi-Gourhan

    • Albin michel
    • 30 March 2022

    Après les deux volumes d'Evolution et Techniques (L'Homme et la Matière et Milieu et Techniques) qui donnaient le cadre systématique d'une étude générale des techniques, de la préhistoire au début de la période industrielle, André Leroi-Gourhan dans Le Geste et la Parole, dont Technique et langage est le premier volume, donne une synthèse sur le comportement matériel de l'homme.
    Partant des observations de la neuro-physiologie, il montre que l'emploi simultané de la main et de la face mûrit dans le comportement d'un nombre important d'espèces depuis les origines. L'évolution du corps et du cerveau et celle des manifestations techniques et esthétiques permettent de dégager une véritable "paléontologie du langage". La notion zoologique du territoire est ensuite exploitée pour définir l'économie des sociétés de chasseurs-ramasseurs, les modalités de l'apparition de l'élevage et de l'agriculture, puis l'enchaînement des conséquences techno-économiques qui conduit aux techniques du feu (céramique, métallurgie), à la formation des classes sociales et au développement du dispositif urbain.
    Technique, économie, langage se coordonnent ici depuis le plus lointain passé jusqu'à l'examen des chances biologiques de l'homme futur, dans la recherche d'une image totale du développement humain.

  • Le geste et la parole t.2 : la mémoire et les rythmes

    André Leroi-Gourhan

    • Albin michel
    • 30 March 2022

    Prolongeant Technique et langage, premier volume du Geste et la Parole, dans une perspective sociologique et esthétique, André Leroi-Gourhan continue d'explorer sa vision biologique du phénomène social sous deux aspects, l'un consacré à la mémoire et au geste technique, l'autre au symbolisme des rythmes et des formes.
    Dans une première partie, geste et mémoire sont considérés dans leur évolution, du silex taillé à la machine automatique, des recettes orales à la programmation électronique. La seconde partie débute par une "introduction à une paléontologie des symboles", où sont définis les rapports du comportement esthétique avec les attitudes de l'espèce et la personnalisation du groupe ethnique. L'auteur donne ici les éléments d'une analyse esthétique qui se développe progressivement des perceptions viscérales à l'art figuratif. D'une esthétique physiologique sans symbolisation, le lecteur passe à l'esthétique des formes fonctionnelles, puis aux "symboles de la société" où l'évolution spatio-temporelle du groupe aboutit à la domestication urbaine de l'espace et du temps.
    Revenant sur le langage des formes dans lequel l'art figuratif est pris comme témoin d'une expression abstraite du langage, antécédente puis parallèle à l'écriture, l'auteur tire le bilan des libérations successives de l'espèce humaine, pour poser le problème de l'évolution technique comme substitut et prolongement de l'évolution biologique.

  • La pensée sauvage

    Claude Lévi-Strauss

    • Pocket
    • 1 June 1990

    " la pensée sauvage " et non " la pensée des sauvages ".
    Car ce livre s'écarte de l'ethnologie traditionnelle en prenant pour thème un attribut universel de l'esprit humain : la pensée à l'état sauvage qui est présente dans tout homme - contemporain ou ancien, proche ou lointain - tant qu'elle n'a pas été cultivée et domestiquée à des fins de rendement.
    Lévi-strauss aborde donc les mythes, les rites, les croyances et les autres faits de culture comme autant d'êtres " sauvages " comparables à tous ceux que la nature engendre sous d'innombrables formes, animales, végétales et minérales.
    Publiée au milieu des années cinquante, " la pensée sauvage " est aujourd'hui considérée comme l'un des classiques de l'ethnologie contemporaine dont l'influence fut décisive sur l'ensemble des disciplines qui forment le domaine des sciences sociales.

  • Masculin / féminin t.2 ; dissoudre la hiérarchie

    Françoise Héritier

    • Odile jacob
    • 13 September 2012

    ?Ce livre qui fait suite à Masculin/féminin I, La pensée de la différence, pose deux questions : pourquoi la hiérarchie s'est-elle greffée sur la simple différence des sexes ? Est-il envisageable de la dissoudre ? À cette double question, Françoise Héritier répond en termes anthropologiques aussi bien que politiques. Comment les hommes se sont-ils assuré le contrôle de la fécondité des femmes, ce pouvoir exorbitant d'enfanter du différent, des fils, aussi bien que de l'identique, des filles ? Comment les hommes ont-ils exploité le corps des femmes dans la prostitution et l'entretien domestique ? Comment, en retour, les femmes n'ont-elles pu commencer à se libérer que du jour où, et seulement là, les moyens de contraception leur ont permis de reprendre le contrôle de leur fécondité ? Françoise Héritier examine la possibilité de changements, certains illusoires, d'autres bien réels, et cerne les obstacles qui leur font toujours implicitement barrage. Et pourtant, ces changements ne sont-ils pas la promesse d'une société où la différence et l'asymétrie seraient le fondement, non d'une hiérarchie, mais d'une véritable harmonie ? Françoise Héritier est professeur honoraire au Collège de France. Elle a publié Les Deux Soeurs et leur Mère et Masculin/féminin?I, aux Éditions Odile Jacob.

  • La société contre l'Etat

    Pierre Clastres

    • Minuit
    • 6 October 2011

    " Quand, dans la société primitive, l'économique se laisse repérer comme champ autonome et défini, quand l'activité de production devient travail aliéné, comptabilisé et imposé par ceux qui vont jouir des fruits de ce travail, c'est que la société n'est plus primitive, c'est qu'elle est devenue une société divisée en dominants et dominés, en maîtres et sujets, c'est qu'elle a cessé d'exorciser ce qui est destiné à la tuer : le pouvoir et le respect du pouvoir. La division majeure de la société, celle qui fonde toutes les autres, y compris sans doute la division du travail, c'est la nouvelle disposition verticale entre la base et le sommet, c'est la grande coupure politique entre détenteurs de la force, qu'elle soit guerrière ou religieuse, et assujettis à cette force. La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d'exploitation. Avant d'être économique, l'aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l'économique est une dérive du politique, l'émergence de l'État détermine l'apparition des classes. " P. C.



    Anthropologue et ethnologue, Pierre Clastres (1934-1977) a effectué de nombreux séjours auprès des Indiens d'Amérique du Sud qui ont été le point de départ de sa réflexion et de ses différents travaux d'anthropologie politique, parmi lesquels Chroniques des Indiens Guayaki (Plon, 1972 ; Pocket, coll. " Terre Humaine ", 2001) et La Société contre l'État (Les Éditions de Minuit, 1974).

  • Franz Boas (1858-1942) est regardé comme le père fondateur de l'anthropologie américaine. Son oeuvre, extraordinairement foisonnante, reste pourtant notablement ignorée en France. Ce sont particulièrement ses collectes proprement colossales de textes indiens, la plupart recueillis sur la côte Nord-Ouest, qui ont fait sa renommée, et dont Claude Lévi-Strauss a su tirer parti.
    Cet ouvrage se propose d'élucider ses méthodes de travail en se focalisant sur l'attention portée à la translittération puis à la traduction du matériau collecté : comment entendre, comprendre, transcrire et traduire des langues et récits de tradition orales ? Les réponses multiples et pionnières adoptées par Boas dessinent une pensée singulière que l'ensemble des sciences-humaines a intérêt à méditer.

  • L'herbe du diable et la petite fumee

    Carlos Castaneda

    • 10/18
    • 2 February 2012

    Arizona, 1961.
    Alors qu'il est étudiant en anthropologie de l'université de Los Angeles, Carlos Castaneda rencontre don Juan Matus, un indien Yaqui de la province de Sonora.
    L'homme de savoir, étrange sorcier, l'initie au chamanisme en lui dévoilant l'envers du monde et la manière d'apprivoiser la racine Datura Inoxia : l'herbe du diable.

  • Quand les espèces se rencontrent

    Donna Haraway

    • La decouverte
    • 30 September 2021

    « Il y a maintenant presque huit ans, je me suis retrouvée de façon inattendue éperdument amoureuse d'une chienne rouge piment que j'ai appelée Cayenne. » C'est en partant des gestes les plus ordinaires du quotidien et non pas de grands principes que Donna Haraway nous invite à penser notre relation aux espèces compagnes. Ces espèces avec lesquelles nous « partageons le pain », depuis les micro-organismes qui nous peuplent jusqu'aux animaux de compagnie. Cet enchevêtrement nous conduit auprès de bouledogues français à Paris, à des projets concernant les prisonniers du Midwest, à des analyses coûts-bénéfices dans la culture marchande autour des chiens, à des souris de laboratoire et des projets de recherche en génétique, sur des terrains de baseball et d'agility, auprès de baleines munies de caméras au large de l'Alaska, sur des sites industriels d'élevage de poulets, etc.
    Il s'agit ici non pas de domestication, de contrôle ou de rachat de la dette mais de contact. Quelle est la valeur ajoutée du contact ? Que nous apprennent à sentir et à faire les « zones de contact » ? Loin de tout retour romantique à une rencontre sauvage, dénuée d'intérêts et de contamination biopolitique, prendre soin du contact entre espèces « entraîne » à un perpétuel zigzag entre ce qui nous affecte, nous rattache, nous rend interdépendants, simultanément robustes et vulnérables.

  • Mythes sur l'origine du feu

    James G. Frazer

    • Payot
    • 6 April 2022
  • Les veines ouvertes de l'amerique latine

    Galeano E H.

    • Pocket
    • 13 November 2001

    Voici l'histoire implacable du pillage d'un continent. Nous suivons, siècle après siècle, et dans le moindre détail, la honte du mécanisme qui a conduit à une dépossession ruinant les nations d'un des espaces les plus prometteurs de l'univers.

    On ne s'étonnera pas que les multinationales, monstres hybrides des temps modernes, opèrent avec cohésion en cet ensemble d'îles solitaires qu'est l'Amérique latine. Chaque pays plie sous le poids conjugué de ses divisions sociales, de l'échec politico-économique et une plus profonde misère.

    Des forces nouvelles se lèvent. Phénomène de grande conséquence, l'Église, longtemps oppressive, reprend la tradition évangélique des premiers âges et devient porteuse d'espérance : elle est résolument aux côtés des pauvres et des persécutés.

    Cet ouvrage essentiel sur l'exploitation de l'homme par l'homme est à l'échelle d'un continent. Ce livre, un grand classique, est lu et commenté dans les universités nord-américaines ; il dénonce le talon d'Achille des États-Unis : l'Amérique centrale et du Sud.

  • Tuhami : portrait d'un Marocain

    Vincent Crapanzano

    • Anacharsis
    • 3 March 2022

    L'anthropologue Vincent Crapanzano a fréquenté Tuhami, un tuilier miséreux de Meknès au Maroc, dans les années 1970. Ce dernier se déclarait marié à une démone, une djinniya, laquelle lui menait la vie dure. Mais plutôt que de classer les récits littéralement extraordinaires de Tuhami au chapitre des fantasmagories et élucubrations, l'anthropologue s'est appliqué à les comprendre en profondeur, jusqu'à saisir ce qu'ils réverbéraient de la personnalité exceptionnelle du tuilier, de son monde, de son histoire.
    Le récit de l'enquête qui nous est ici livré heurte alors les limites de ce qui est considéré comme le « réel » et se fait la chronique d'une rencontre qui a bouleversé les modes d'écriture sur l'altérité.
    Cet ouvrage fondateur n'avait jamais été traduit en français.

  • Les lances du crépuscule

    Philippe Descola

    • Pocket
    • 7 September 2006

    On les appelle Jivaros. Ils préfèrent se dénommer Achuar, les Gens du palmier d'eau. Isolée dans la jungle de haute Amazonie, cette tribu légendaire fut protégée durant des siècles de l'incursion des Blancs par son inquiétante réputation de chasseurs de têtes. Plus qu'une condition de leur indépendance, la guerre est pour ces Indiens une vertu cardinale ; elle donne du prestige, renforce la solidarité, raffermit l'identité ethnique et permet le renouvellement rituel des âmes. Grâce à elle, les Achuar sont encore plusieurs milliers, fiers de leurs traditions et farouchement attachés à leur mode de vie.
    Ce livre est une chronique de leur découverte et un hommage à leur résistance. Philippe Descola y relate au quotidien les étapes d'une intimité affective et intellectuelle croissante avec ce peuple dont il a partagé l'existence pendant près de trois années en tant qu'anthropologue. Ce témoignage exceptionnel sur une manière libre et presque oubliée de vivre la condition humaine tire d'une expérience singulière un enseignement pour le temps présent.

  • La vallée des rubis

    Joseph Kessel

    • Folio
    • 24 February 1994

    Plus secrète que la mecque, plus difficile d'accès que lhassa, il existe au coeur de la jungle birmane une petite cité inconnue des hommes et qui règne pourtant sur eux par ses fabuleuses richesses depuis des siècles : c'est mogok, citadelle du rubis, la pierre précieuse la plus rare, la plus chère, la plus ensorcelante.
    Mogok, perdue dans un dédale de collines sauvages par-delà mandalay. mogok autour de laquelle rôdent les tigres. la légende assure qu'aux temps immémoriaux un aigle géant, survolant le monde, trouva dans les environs de mogok une pierre énorme, qu'il prit d'abord pour un quartier de chair vive tant elle avait la couleur du sang le plus généreux, le plus pur. c'était une sorte de soleil empourpré. l'aigle emporta le premier rubis de l'univers vers la cime la plus aiguë de la vallée.
    Ainsi naquit mogok...

  • Les âmes sauvages

    Nastassja Martin

    • La decouverte
    • 28 April 2016

    C'est l'hiver et la température avoisine les moins quarante degrés. Les yeux levés vers les aurores boréales qui animent le ciel arctique, nous écoutons. Le chasseur commence à siffler dans leur direction. C'est un son continu, aigu mais contenu, qui résonne dans le silence de la nuit polaire. Qui appelles-tu ? Elles, les aurores, et ceux qui transitent avec elles, les esprits des disparus, des hommes, des animaux, des plantes, qui courent sur un ciel glacial dans les explosions de couleurs.
    Qui sont ces hommes qui se nomment eux-mêmes les Gwich'in et peuplent les forêts subarctiques ? Sont-ils encore de fiers guerriers qui poursuivent les caribous jusque sur l'échine arctique de la Terre, ou ressemblent-ils plutôt à des humains dévastés par la colonisation occidentale qui titubent dans les rues verglacées des villes du Nord sous les effets de l'alcool ? Et que dire du territoire qu'ils habitent, l'Alaska contemporaine ? Cette terre demeure-t-elle fidèle aux images de nature sublime et préservée qui peuplent nos esprits d'Occidentaux, ou disparaît-elle face aux réalités énergétiques, politiques et économiques qui la transforment en un champ de bataille jonché de mines à ciel ouvert et d'exploitations pétrolières ?
    À l'heure du réchauffement climatique, aucun de ces clivages ne subsiste. Les mutations écologiques du Grand Nord sont telles qu'elles brouillent le sens commun et balayent toutes les tentatives de stabilisation, de normalisation et d'administration des écosystèmes arctiques et de leurs habitants. Loin de toute folklorisation indigéniste et de tout manifeste écologiste, ce livre s'attache à retranscrire les réalités des hommes qui parlent encore à l'ombre des arbres et sous le sceau de leur secret. Les âmes sauvages de l'Alaska sont celles qui se meuvent dans les plis d'un monde en révolution, et qui font de la métamorphose continuelle des choses et de l'incertitude des êtres un mode d'existence à part entière.

  • La grande aventure du pôle Nord, les expéditions, les découvertes, l'évolution de la vie des Esquimaux du XIXe siècle à nos jours.

  • La rayure et les étoffes rayées sont longtemps restées en Occident des marques d'exclusion ou d'infamie. En furent notamment vêtus tous ce qui, à un titre ou à un autre, se situaient sur les marges de la société chrétienne ou bien en dehors : jongleurs, musiciens, bouffons, bourreaux, prostituées, condamnés, hérétiques, juifs, musulmans ainsi que, dans les images, le Diable et toutes ses créatures. Sans faire aucunement disparaître ces rayures très négatives, l'époque romantique voit apparaître une nouvelle forme de rayures, positives et liées aux idées nouvelles de liberté, de jeunesse, de plaisir et de progrès. Dans les sociétés contemporaines, ces deux types de rayures cohabitent : celles des vêtements de prisonniers, de la pègre, des lieux dangereux et mortifères, et celles du jeu, du sport, de l'hygiène, de la mer et de la plage.

  • Le monde magique

    Ernesto De Martino

    • Bartillat
    • 3 February 2022

    Maléfices, conjurations, sorcellerie, communication avec les esprits, voyance, télépathie : cet essai qui relate d'innombrables pratiques de magie, repose sur une documentation ethnologique de premier plan. Mais son importance, soulignée par des esprits aussi éminents que Benedetto Croce ou Mircea Eliade, tient à l'attitude originale de l'auteur face au problème des pouvoirs magiques, de leur réalité et de leur signification culturelle. Au refus des positivistes, au désintérêt des ethnologues, comme aux illusions qu'ont pu entretenir la parapsychologie et l'irrationalisme, de Martino réplique par une interprétation historique qui assigne à la magie sa place dans le développement de l'esprit humain : celle d'une culture où l'homme doit encore accomplir un effort intellectuel et spirituel pour s'affirmer et s'imposer au monde.

  • L'ete grec

    Jacques Lacarrière

    • Pocket
    • 6 December 2001

    C'est sous les portiques de l'agora d'athènes qu'on aimerait lire ou entendre lire ''l'été grec", témoignage passionné, approche vivante de la grèce, chronique heureuse de vingt années d'amour avec une terre, un peuple et une histoire.
    Toutes les grèce sont contenues ici : celle d'hésiode et de sophocle, celle des hymnes byzantins et des chants médiévaux de digénis, celle des mémoires de makryannis et des kleftika, ces chants épiques de la guerre d'indépendance, et celle des poètes et des écrivains d'aujourd'hui. il fallait bien ces vingt années de mémoire grecque pour que cette terre si visitée retrouve enfin son vrai visage et nous révèle en sa vie quotidienne, ses gestes, sa langue et ses passions, le fil secret qui relie eschyle à séféris, homère à elytis, et pindare à ritsos.
    Mais le plus rare peut-être en ce beau livre où passe un souffle libertaire est que l'érudition de l'auteur n'ait en rien entamé l'étonnement, la jeunesse et l'acuité de son regard.

  • Le culte moderne des monuments

    Alois Riegl

    • Allia
    • 1 October 2021

    Le terme de «monument» est ici à comprendre dans son sens élargi, soit toute oeuvre humaine qui nous vient du passé, édifice, peinture, sculpture ou parchemin. L'auteur distingue notamment sa valeur historique proprement dite de sa valeur artistique. Surtout, il est le premier à différencier sa valeur historique, voire documentaire, et sa durée, qu'il associe à notre faculté de remémoration, c'est-à-dire l'écho qu'il fait résonner en nous, au présent, par sa patine, les traces du vieillissement ou encore l'étrangeté d'un mot ou d'une tournure de phrase. Il s'agit, en un mot, de la valeur accordée au passage du temps. Ainsi maints objets deviennent des «monuments» en raison de notre goût actuel, sans qu'ils aient été initialement imaginés, à l'époque de leur conception, comme tels.

  • La dimension cachee

    Edward T. Hall

    • Points
    • 14 May 2014

    La dimension cachée, c'est celle du territoire de tout être vivant, animal ou humain, de l'espace nécessaire à son équilibre. Mais, chez l'homme, cette dimension devient culturelle. Ainsi, chaque civilisation a sa manière de concevoir les déplacements du corps, l'agencement des maisons, les conditions de la conversation, les frontières de l'intimité. Ces études comparatives jettent une lumière neuve sur la connaissance que nous pouvons avoir d'autrui et sur le danger que nous courons, dans nos cités modernes, à ignorer cette dimension cachée : peut-être est - ce moins le surpeuplement qui nous menace que la perte de notre identité.

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