9782707195272

  • Dès la fin du vie siècle avant notre ère, à l'aube de l'âge supposé être celui de la démocratie, les Athéniens s'approprient la figure du jeune Thésée pour en faire, sous les apparences du néo-initié, le modèle du futur citoyen. Assorti d'autres « travaux », le célèbre épisode du combat contre le Minotaure est dès lors recentré sur Athènes. Présentées comme des gestes premiers et civilisateurs, les actions du jeune héros permettent non seulement de reformuler le sens des rituels offerts aux divinités tutélaires de la cité, mais légitiment aussi une politique d'expansion économique et maritime, soutenue par un désir de domination culturelle. Se dessine ainsi un nouvel espace, fait de réalité historique et façonné par l'imaginaire, marqué par des actions héroïques fondatrices et habité par des gestes rituels qui entretiennent les relations avec les dieux.

    Le mythe et le rite constituent deux objets privilégiés de l'anthropologie culturelle et sociale, deux concepts dont l'origine est censée remonter aux Anciens. Si, de fait, il n'en est rien, les Grecs se sont pourtant montrés de véritables maîtres dans la création et la manipulation des récits héroïques que nous, modernes, identifions comme des mythes, et des pratiques cultuelles que nous dénommons rites. Mais, en régime polythéiste, ce qui importe ce sont les rapports pratiques entre ces productions d'un même processus symbolique : animé par de grands poètes et des cités puissantes, ses manifestations, dans leur dimension historique et politique, constituent un domaine d'enquête foisonnant.

    Ce livre est une réédition augmentée du volume paru chez Payot-Lausanne en 1996. Un classique de l'histoire culturelle grecque devenu quasiment introuvable.

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