9782707142580

  • De 1954 à 1962, au nom de la lutte contre la " subversion " du FLN, au nom du rattachement de l'Algérie à la France qui interdisait d'y appliquer le droit de la guerre et de considérer les nationalistes comme des combattants, la justice et son personnel prirent une part active à la guerre d'Algérie : instruction des affaires, condamnations par milliers infligées par les tribunaux correctionnels et militaires, rappel de magistrats sous les drapeaux, etc.
    Les seules condamnations à mort atteignirent les 1500, dont près de 200 furent exécutées. Dans ce livre passionnant et très documenté, Sylvie Thénault montre que cette insertion de la justice dans un vaste système de répression la priva de fait de son droit de regard sur les arrestations, les gardes à vue, les détentions et les interrogatoires pratiqués par l'armée. S'appuyant sur des archives jusque-là inaccessibles de l'Armée de terre - instructions, directives, fiches de renseignements, etc.
    - et du ministère de la Justice, elle met au jour une justice amputée et réformée par les législations d'exception. Une " drôle de justice ", à l'image de la " drôle de guerre ", cette guerre qui n'en était pas vraiment une.
    " Le livre important de Sylvie Thénault arrive à son heure pour remettre en perspective toute [une] période, qui affleure à nouveau dans la conscience française à propos de la guerre d'Algérie [.
    ]. Tel qu'il se présente, ce grand travail est appelé à faire date. " Le Monde des Livres.
    " Une étude minutieuse, argumentée, probe et convaincante du fonctionnement de la justice entre 1955 et 1962. Un ouvrage qui nous en dit beaucoup sur la manière dont deux Républiques ont géré la décolonisation de l'Algérie. " L'Histoire.

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