9782707125200

  • Il n'est peut-être pas de réforme plus urgente que celle de l'Université.
    Mais pas de réforme non plus qui semble aussi irrémédiablement vouée à l'échec. N'est-ce pas là l'effet du profond fossé qui s'est creusé entre l'idéal sur lequel s'est édifié l'Université et sa réalité actuelle ? L'idéal était celui d'un lieu délivrant une culture désintéressée et un savoir ayant valeur universelle. La réalité est aujourd'hui celle d'un savoir " utilitaire ", dont on ne retient que l'efficacité pragmatique.
    S'abolit ainsi la différence entre science et technique, nature et société, être et devoir être. Si l'on veut une vraie réforme de l'Université, on ne fera donc pas l'économie d'une réflexion épistémologique approfondie sur cet écart béant entre l'idéal et la réalité.
    Tel est le propos de cet ouvrage, où l'auteur analyse le mécanisme de cette confusion du pouvoir et du savoir dans le savoir-faire.
    Les essais ici réunis visent à susciter une prise de conscience, nécessaire à la reconstruction raisonnée des sciences humaines et sociales comme disciplines de réflexion et de formation. Ce qu'elles étaient à l'origine, lorsqu'elles inscrivaient leur projet de connaissance et de formation dans le cadre des humanités. C'est cet esprit et cette dynamique qui doivent et qui peuvent, démontre l'auteur, être restaurés, tout en les adaptant aux exigences de notre époque.
    Michel Freitag est le sociologue et le philosophe par excellence de la société postmoderne.
    On connaît peu de réflexions contemporaines qui atteignent cette cohérence et cette puissance réflexive : on croit parfois lire un habermas dont l'inspiration serait plus hégélienne que kantienne.
    En dehors d'articles publiés dans la Revue du MAUSS, son oeuvre est pourtant mal connue en France : cette coédition franco-québécoise permet de réparer cet oubli et de présenter au lecteur français, à partir d'une analyse aiguë de la crise de l'Université, les principaux moments d'une théorie systématique de la postmodernité.

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