9782348040801

  • En science politique, l'analyse des comportements politiques attentive au sexe est désormais systématisée et problématisée, comme le rappelle le parcours de recherche de Janine Mossuz-Lavau en ouverture de ce dossier. On sait ainsi que les différences historiquement constatées entre les femmes et les hommes dans l'usage et l'orientation du vote sont davantage contingentes, voire tendent à disparaître. Les écarts demeurent en revanche marqués en ce qui concerne le rapport à la politique instituée, et notamment l'intérêt pour la politique et le sentiment de compétence. Le « gender gap », ce concept qui désigne la différence de comportement entre les sexes en de nombreux domaines, est devenu une catégorie routinisée pour commenter les résultats électoraux, qu'il convient alors d'interroger à nouveaux frais.
    Pour son premier numéro consacré au vote, et en l'occurrence aux votes pour l'élection présidentielle de 2017 en France, Travail, genre et sociétés publie les premiers résultats d'une recherche collective, ALCoV (analyses localisées comparatives du vote), financée par l'Agence nationale de la recherche. Elle s'appuie sur une analyse longitudinale, fine et intensive du vote sur plusieurs scènes territorialisées, croisant questionnaires à la sortie des urnes, dépouillement des listes d'émargement, entretiens panélisés et observations de la campagne électorale. Cette démarche permet d'analyser les attitudes des citoyenne·s face aux transformations structurelles de la démocratie en France (crise du consentement, abstentionnisme, choix « radicaux »), dans la configuration politique inédite de l'élection présidentielle de 2017. Elle privilégie une analyse des comportements politiques ancrée dans les logiques sociales qui les produisent et permet ainsi de renouveler la compréhension des dimensions genrées de la formation des choix électoraux.

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