Le Manuscrit

  • Depuis Amsterdam, Berlin et Paris, Etty Hillesum, Charlotte Salomon et Hélène Berr rêvaient de se réaliser en tant que femmes à travers l'amour, et en tant qu'artistes à travers l'écriture, la peinture et la musique. De ces promesses de vie et de créativités qui leur ont été confisquées à l'âge de tous les possibles, trois oeuvres magnifiques ont néanmoins émergé de leur nuit. Elles nous parlent de dépassement de soi par l'art, par la foi, par l'engagement, mais elles portent aussi la parole mémorielle de tous les autres partis sans laisser de trace. La vie qui était en elles triomphe ainsi du silence et de l'oubli et sillonne désormais le monde par-delà les langues, les religions et les âges grâce à l'implication sans réserve d'hommes et de femmes s'exprimant dans ce volume. Leurs interventions contribueront donc à offrir en partage, notamment à la jeune génération, l'héritage humain et artistique de ces trois jeunes femmes aux destins bouleversés par l'Histoire. Cette rencontre éphémère à travers leur oeuvre le temps d'un colloque, nous permet enfin de rester fidèles à la promesse faite et d'espérer l'inscrire dans une parcelle d'éternité.

  • Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, l'Amérique se lance dans l'aide à la reconstruction de la France. Les Juifs américains, à l'instar de leurs compatriotes, participent pleinement à cette mobilisation, avec, cependant, un objectif spécifique : reconstruire la vie juive après la Shoah. Paris devient, en conséquence, un centre pour un éventail d'organisations juives américaines, en particulier l'American Joint Distribution Committee (le Joint). Ces organisations orchestrent un projet philanthropique sans précédent, envoyant plus de 27 millions de dollars en France entre 1944 et 1954. Cette rencontre franco-américaine inédite, qualifiée de « Plan Marshall juif », permet une nouvelle réflexion sur la présence américaine dans la France de l'après-guerre et ouvre le débat de l'influence américaine sur la structure contemporaine de la vie juive française. Laura Hobson Faure est maîtresse de conférences à l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Cet ouvrage, issu de sa thèse soutenue en 2009 à l'École des hautes études en sciences sociales, a été initialement publié en 2013 par les éditions Armand Colin. Elle a co-dirigé son deuxième livre : L'OEuvre de Secours aux Enfants et les Populations juives au XXe siècle : prévenir et guérir dans un siècle de violences (Armand Colin 2014).

  • Voilà plus de vingt-cinq ans que Sarah Montard raconte inlassablement, en particulier aux jeunes, ce qu'elle a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale. Comment, avec sa mère, elle s'est évadée du Vél' d'Hiv au premier soir de la rafle, le 16 juillet 1942, comment une dénonciation les précipita en mai 1944 au coeur de la tourmente nazie: à Drancy, dans l'enfer d'Auschwitz-Birkenau puis au camp de Bergen-Belsen où elles seront libérées le 15 avril 1945.


    Livrant enfin aujourd'hui son témoignage écrit, Sarah a choisi de s'adresser tour à tour aux êtres chers à son coeur, entremêlant le récit de sa vie de femme et de mère profondément marquée par la Shoah, et celui de son adolescence brisée. Ce texte fort délivre un message de courage et d'espoir dont la portée est universelle.

  • Professeur de lycée strasbourgeois, réfugié à Nice en 1940, Lucien Dreyfus tient un journal. Il raconte le milieu des réfugiés alsaciens, juifs ou non, une expulsion de l'Education Nationale, la création d'une école ORT (Organisation - Reconstruction - Travail), les difficutés de la vie quotidienne et du ravitaillement, ainsi que ses très nombreuses lectures. Sous la plume de cet homme déjà âgé - il a 59 ans en 1940 - c'est une chronique intime et politique de la France occupée et de la persécution en Zone Sud qui est déroulée. Lucien Dreyfus pointe la petitesse de ses contemporains mais développe aussi une réflexion profonde sur les malheurs du temps. Ainsi voit-il dans l'abandon de la foi religieuse l'origine de la catastrophe européenne. Cynique, tragique, mais aussi souvent drôle, Lucien Dreyfus est un moraliste à la vaste culture, à la fois allemande et française. Il est déporté à Ausschwitz le 20 novembre 1943 (convoi n° 62), où il est assassiné.

  • En groupe, notre capacité d'être et de faire avec les autres est d'emblée sollicitée. Confronté à la multiplicité des altérités et des malentendus, même si l'on n'est pas trop défensif, l'expérience du groupe est une épreuve. De ce fait plutôt banal, nombre de gens se sentent meurtris voire annulés par le différent, et empêchés de penser ce qu'ils ressentent, ou de formuler ce qu'ils pensent, tout en le discutant, car ne parvenant pas à apprendre des autres ou des événements de leur vie, ni à développer leurs capacités de penser. Cet ouvrage propose une relance de la réflexion sur ce que veut dire penser, ainsi que sur la conduite des groupes qui rendent possible et fécond le travail de penser avec les autres. De nombreux récits sont donnés au plus près des « observables » à l'oreille ou à l'oeil nu. La formation psychologique par l'expérience du groupe est sans doute un incontournable. Elle conduit à bien des découvertes essentielles qui déniaisent sur soi et les autres. Elle éclaire sur les enjeux inconscients ou non qui entravent la perception des réalités externes ou internes, dont font partie les processus psychiques collectifs et cognitifs et pas seulement socioaffectifs, auxquels chacun contribue, à son insu ou non.

  • Cet ouvrage traite d'un sujet d'une extrême actualité : la destruction et le rapt culturel, véritable appropriation des biens et des oeuvres de l'esprit. La domination n'est pas que matérielle ou reposant sur la gestion du sol, mais est aussi intellectuelle. Elle sert à falsifier l'histoire et déposséder un peuple de son passé, tout en l'infériorisant. A partir du XVIIIe siècle, nous avons assisté dans l'histoire à un réel déplacement des biens culturels, à l'instar de ceux des êtres humains et des matières premières. La puissance d'un Etat est représentée par la mise à disposition de l'autre, provoquant chez les pays dominés un traumatisme social dans la formation de l'identité. Faire table rase du passé, de ce passé qui dérange. Cela démontre la façon dont le passé culturel fait peur. Se l'approprier ou le détruire sont des façons d'attaquer l'intime de la formation de l'identité de l'autre, afin que celui-ci ne puisse pas s'exprimer ou se révolter pour atteindre son autonomie.

  • "Une adolescence volée par le nazisme, ainsi pourrait être résumée celle de Nicolas Rosenthal, exilé des siens dès 1938, en apprentissage alors qu'il n'a pas quinze ans, avant de franchir clandestinement la ligne de démarcation en juillet 1942. Le Journal qu'il écrivit en français à partir de 1940, choix de rupture avec sa patrie d'origine empoisonnée par le national-socialisme, s'adresse à ses parents qui paradoxale-ment méconnaissent cette langue, comme un pont spirituel constituant un défi aux bourreaux. Sans doute, ses parents ont-ils pu le feuilleter, en parler à leur enfant qui les rejoignit dans la déportation après un aller-retour tragique d'à peine deux mois entre Paris, les camps d'internement de zone " libre " et celui de Drancy. Manuscrit impressionnant par ses qualités descriptives d'une France encore largement rurale, du monde du travail et de démarches légalistes dans le Paris de l'Occupation, le Journal de Nicolas Rosenthal est plus que cela. Ses qualités littéraires, les résonances d'un coeur en mouvement en font un des grands textes d'introspection écrits à vif par les témoins de la Shoah." Michel Laffitte

  • L'objet joue un rôle aussi important dans la construction des relations sociales que dans leur révélation. Le téléphone portable devient aujourd'hui un outil de communication omniprésent dans notre vie quotidienne et dans nos relations avec les autres. Bien que le téléphone ait des fonctions prédéfinies par des designers, celles-ci sont actualisées et développés au cours de son utilisation qui peut varier d'une culture à l'autre.
    Cet ouvrage est le résultat d'une étude basée sur des enquêtes de terrain menées à Changsha, en Chine. L'auteure examine les implications sociales du téléphone portable et des différences entre les Chinois et les Français observées tant dans les pratiques que dans les représentations de cet objet. Elle s'interroge sur les valeurs sociales attachées au téléphone portable, les significations symboliques que porte le numéro de téléphone, l'utilisation de l'appareil dans les lieux publics et dans les interactions interpersonnelles.

  • En 1971, Linda Nochlin s'interrogeait sur la visibilité des femmes dans le monde de l'art. À travers ce travail de recherches effectué lors de mon doctorat, il est question de reprendre ce questionnement fondateur afin d'analyser les diverses étapes que la femme a dû traverser du xixe siècle jusqu'à nos jours. De par un discours centré essentiellement sur Camille Claudel et Louise Bourgeois, d'autres artistes femmes vont être sollicitées afin de comparer leurs parcours. Ceci pour comprendre la démarche artistique de ces femmes dont l'intimité surgit au travers de leurs oeuvres. L'intime, sous diverses formes et médiums proposés, est le moteur de leurs créations. À cela, vient s'ajouter la possible interrogation sur l'existence d'un « art féminin » ou d'un art des femmes dont le noyau central serait l'éclosion de cet intime qu'elles font partager au public. L'analyse des oeuvres et leur réception par le public seront des éléments clés de ce discours. La redécouverte et la reconnaissance dite tardive de Camille Claudel et Louise Bourgeois dans les années quatre-vingt est l'un des éléments importants étudiés dans ce travail. Ces deux artistes, sculptrices, sont liées par le temps - 1982 - et par la vie dont le passé est la source majeure de leurs oeuvres.

  • L'oeuvre de Pierre Michon, contemporain majuscule, rencontre un public toujours grandissant. Mais alors que
    l'importance du sacré y est manifeste, elle n'avait encore jamais été étudiée pour elle-même. C'est à quoi s'attache
    cet ouvrage, parcourant les différents textes de Pierre Michon pour y mettre en évidence la nature et la fonction
    du sacré. Sacré chrétien et sacré archaïque s'y rencontrent, s'y affrontent, dans un tressage de références qui irrigue
    la prose de Michon et participe à son identité même.
    Essentiel à l'élaboration d'une écriture qui voit en Dieu le dédicataire de l'art, le sacré ne saurait pourtant se réduire
    à la littérature : le traitement que lui réserve Michon le fait apparaître comme l'un des centres de gravité de sa vision
    du monde.

  • Le Comité de bienfaisance israélite de Paris constitue, à la fin du xixe siècle, le bras armé des institutions juives parisiennes en matière de charité, s'occupant de secourir les pauvres de confession juive de la capitale. Depuis 1887, il dispose d'un conseil d'administration composé de notables qui participent à sa direction et organisent ses activités. L'étude de ces administrateurs et de leur implication dans la vie du Comité de bienfaisance éclaire la manière dont celui-ci fait l'expérience des transformations à l'oeuvre dans la capitale dans les milieux de la réforme sociale et de la bienfaisance privée. Alors que le Comité de bienfaisance israélite de Paris est progressivement modernisé et laïcisé, qu'il doit faire face à l'immigration juive et de la montée de l'antisémitisme, l'analyse de ses membres questionne également la place de la pratique de la philanthropie dans le processus d'émancipation des juifs de France à l'époque de l'affaire Dreyfus.

  • Francfort 1931. Hans Callmann, jeune banquier d'origine juive, mène une agréable vie mondaine quand un rêve prémonitoire le décide à quitter brusquement avec sa famille l'Allemagne dont il devine les noirs desseins. Après quelques années à Paris, la déclaration de guerre l'envoie dans différents camps (camps pour ressortissants étrangers, Légion étrangère...). Après une période de clandestinité, aidé en particulier par l'abbé Glasberg, il est arrêté à Lyon le 16 mai 1944, puis déporté du camp de Drancy à celui d'Auschwitz par le convoi n° 75, le 30 mai 1944. Mais au camp, sous les coups, il découvre aussi la bonté et la générosité. Il y entre athée et en sort profondément croyant. Le chemin dans l'enfer d'Auschwitz I sera pour lui le chemin de la foi. Par son témoignage, Hans Callmann, revenu vivant du camp de concentration nazi, rend grâce à Dieu et tente de ne pas succomber à la tentation de la haine, prônant la sagesse de la tolérance au nom de l'humanité. Hans, pendant ces années de détresse, a gardé en mémoire les mythes allemands qui avaient bercé son enfance et particulièrement celui de la Lorelei qui, aujourd'hui encore, d'après la légende, coiffe ses longs cheveux blonds sur un rocher au-dessus du Rhin. Mais ce n'est plus une fière jeune femme : comme lui, elle a pleuré de voir son pays, sa culture, sa langue avilis par le nazisme.

  • Elle s'appelait Ida...
    Née en 1924 à Marseille dans une famille juive arrivée de Salonique (Grèce) au début du siècle, elle a vu sa jeunesse insouciante broyée par les menées exterminatrices nazies. Arrêtée le 9 mai 1944, déportée à Auschwitz II-Birkenau (convoi no 74), elle recouvra la liberté un an plus tard dans les Sudètes. Comme un signe, c'est un 9 mai, 68 ans plus tard, qu'elle nous a quittés.
    Elle a heureusement pu nous transmettre son témoignage, celui d'une femme énergique et courageuse, retranscrit après de nombreuses séances d'enregistrement et qui se révèle être un émouvant testament.
    Témoigner et transmettre ont été le combat de sa vie pour que ne se dispersent pas les cendres de la mémoire.

  • Irena, une petite fille juive perdue dans des orphelinats de Pologne, censée être née en juin 1938 à Czestochowa de parents tués sous les bombardements du début de la guerre. Au contact d'une famille varsovienne chaleureuse qui l'accueille régulièrement, elle retrouve quelques premières traces de ses parents disparus pendant la Shoah. Peu à peu, Irena en vient à se demander qui elle est vraiment et ce qu'ont vécu ses parents. Au fil des années, elle poursuit une quête identitaire angoissante qui se double, à partir de son installation en France en 1976, d'une enquête difficile dans diverses archives. C'est ainsi qu'elle peut découvrir le sort tragique de son père, celui de sa mère, et ceux des membres de sa famille, dont elle retrouve d'ailleurs quelques survivants. Varsovie, Paris, le nord de la France, l'Ukraine, Moscou, la Crimée, les États-Unis, autant de lieux porteurs de mémoire familiale. Que de découvertes_x001A_! Que de chocs émotionnels_x001A_! De joies et de tristesses mêlées... À présent, Irena, bien ancrée en France, mère et trois fois grand-mère, connaît une certaine sérénité en mettant, avec son livre, un point final à son « [en]quête ».

  • En 1998, Les Cahiers Albert Cohen (n° 8) faisaient paraître un « numéro anniversaire » pour les trente ans de Belle du Seigneur. Pour saluer les cinquante ans du chef-d'oeuvre, ce numéro des Cahiers publie une série d'études sous l'intitulé « nouvelles approches ». Certaines complètent, prolongent et enrichissent des recherches entamées depuis longtemps sur des dimensions cardinales de l'oeuvre (la violence et le sacré, l'imaginaire sexuel, l'intertextualité, l'humour, l'ironie, le lexique de l'amour ou la poétique des incipit), d'autres explorent des thèmes inédits (l'ennui, la figure du pervers narcissique, la mimicry des études postcoloniales) ou risquent des hypothèses nouvelles (faut-il postuler un « narrateur » dans Belle du Seigneur ?). Contributions de Carole Auroy, Baptiste Bohet, Jérome Cabot, Valeria Dei, Marc Hersant, Antonia Maestrali, Anne-Marie Paillet, Alain Schaffner, Anaëlle Touboul, Joëlle Zagury...

  • Le deuxième numéro de la revue de recherche-action de l'association UP for Humanness propose un ensemble d'analyse de chercheurs et d'acteurs de terrain spécialistes des questions d'inclusion et du thème essentiel de la Vulnérabilité. Découvrez la richesse de leurs témoignages et prises de recul à la veille d'une crise de l'emploi vertigineuse et dans une période où l'inclusion se doit d'être pensée ou repensée de façon globale.

  • « Ce sont eux, ces témoins qui ont vraiment écrit l'histoire, des Juifs de Tunisie entre novembre 1942 et mai 1943. Ce sont dans ces récits que quelques historiens ont puisé leurs sources depuis soixante-dix ans. Nous devions tous les éditer ou les rééditer pour les rendre disponibles. Ces témoignages sont particulièrement précieux pour celui qui veut monter dans la machine à remonter le temps et en ces lieux où les Juifs tunisiens étaient taillables et corvéables et où leurs persécuteurs rêvaient de massacres que seule leur victoire pouvait provoquer, ou de déportation rendue impossible par le manque de navires et par la domination de la Navy. À ces obstacles auxquels se heurtait la barbarie nazie, ajoutons la réserve de la population arabe encadrée par les forces de police de Vichy. « Ces récits sont éclairés par le remarquable appareil critique de Claude Nataf qui réussit brillamment à faire de ces pages de mémoire des pages d'histoire, car il corrige, il précise, il informe, et il renseigne partout où il faut se poser des questions. Sans Claude Nataf, on lirait ces centaines de pages dans le doute , il nous guide, nous éclaire d'un bout à l'autre de cette traversée du semestre où les Juifs de Tunisie ont frôlé de très près la Shoah, et dont leurs voisins, les Juifs de Libye, ont été victimes. »

  • Odette Spingarn décrit ici le fonctionnement des différents camps de la « Solution finale » par lesquels elle est passée à partir de son arrestation avec ses parents, le 31 mars 1944, dans un village de Corrèze : la caserne de Périgueux, le camp de transit de Drancy, le camp d'extermination d'Auschwitz II-Birkenau - sa mère y décède -, un de ses sous-camps, le Kanada, où elle trie des vêtements de déportés assassinés, et enfin le camp-usine de Zschopau (Saxe, Allemagne), destination de son transfert du début octobre 1944. À l'approche des Alliés, en avril 1945, les travailleuses forcées sont entassées dans un train à destination d'un camp de la mort. À ce moment-là, Odette prend son destin en main et s'évade en sautant du train. S'ensuit une longue odyssée qu'elle nous relate par le menu. En définitive, elle est sauvée par une femme allemande. À son retour, grâce à sa jeunesse et à son inébranlable optimisme, Odette a su se reconstruire, étudier, mener une carrière et fonder une famille.

  • Quatre-vingt lettres écrites à son épouse par le Dr Mass, interné au camp de transit de Drancy du 16 octobre 1941 au 31 juillet 1943, nous font entrer dans l´intimité d´un médecin de la cité ouvrière de Maisons-Alfort victime de la persécution antisémite. Pour sa femme Élisabeth et leur fille Gabrielle qu´il aime profondément, le Dr Mass nourrit l´espoir d´une libération, alors que planent parmi les internés juifs, la famine, la terreur d´être fusillé comme otage puis, à partir de mars 1942, la peur d´être déporté.

    Aucune des protections que pourraient lui valoir son passeport roumain, la Roumanie étant un allié du Reich, ni même son état de santé précaire ou sa volonté de tromper ses bourreaux ne lui épargnent la déportation. Envoyé dans les mines de charbon de Jaworzno, Zacharie Mass, à bout de force, est transféré à Auschwitz-Birkenau où il sera gazé et son cadavre brûlé.

    Cet ouvrage saisit de l´intérieur ce que fut la vie dans le camp de Drancy, où transitèrent la grande majorité des déportés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale.

  • À son arrivée à Auschwitz début août 1943, elle est projetée dans l´un des lieux les plus terrifiants et abjectes de cet enfer : le Block 10 où les nazis pratiquaient des « expérimentations médicales » sur des cobayes humains. Durant dix mois, elle parvient cependant à échapper au pire, physiquement et psychiquement.
    C´est encore grâce à sa force morale et aux complicités qu´elle suscite qu´avec quelques camarades, elle sort de cet enfer, puis de celui de Birkenau où s´achève alors l´extermination massive des Juifs de Hongrie. Après environ trois mois, Eva parvient à être transférée dans un camp annexe d´Auschwitz, Rajsko (ferme agricole expérimentale), dans lequel les conditions de survie sont relativement moins dures.
    En janvier 1945, devant l´avancée de l´Armée rouge, les nazis procèdent à l´évacuation des camps entraînant dans leur fuite éperdue les survivants de cet enfer. Avec ses deux camarades encore en vie, Eva aura survécu à trois « marches de la mort » qui la mèneront aux camps de Ravensbrück et de Malchof.
    Au-delà des horreurs dont elle témoigne dans son récit, Eva livre à ses fils et aux lecteurs un chant d´espoir empreint de cette foi en la vie dont elle ne s´est jamais départie.

  • Charles Palant a été arrêté à Lyon en août 1943, par la Gestapo, avec sa mère et sa soeur Lily âgée de 17 ans. Internés au Fort Montluc, ils sont déportés début octobre vers Auschwitz via Drancy , lui seul est revenu en 1945 après avoir connu la « marche

  • Dix études sur le roman et la loi ; hommages à Norman David Thau (1959-2005) Nouv.

    Comment le roman se situe-t-il par rapport à la Loi ? Comment la conteste-t-il ? Que devient-il quand disparaît la transcendance religieuse et morale ? La modernité occidentale semble liée au refus, voire à la disparition de la Loi, entendue comme absolu,

  • Les Juifs de Tunisie sont les seuls Juifs au monde à être tombés massivement sous le pouvoir de l´Allemagne hitlérienne et à avoir échappé à la Shoah. Pourtant l´anéantissement de cette Communauté était prévu, comme le prouve la présence à la tête des for

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