• Les Récits de maman Chine forment une quadrilogie publiés à l'époque en feuilletons dans La Prite Illustration. Ce premier tome est la mise en place de la narratrice et son expédition à Madurai, ville temple de l'Inde du Sud.

  • - Pékin vous a donc déçue quand vous l'avez vue la première fois ?
    - Déçue ? Pire. Mon coeur, de saisissement, faillit changer de place. J'arrivais de ma province natale et je croyais Pékin murée d'ivoire, dallée de nacre. Or, j'entrais dans une ville énorme aux maisons basses et grises entre des remparts noirâtres... Les toits fumaient, gris aussi, semblables à des ramiers au repos sous les arbres, les milliers d'arbres de Pékin. De cette métropole couleur de cendre, quelle cendre tomba sur ma joie ! De plus j'arrivais en pleine guerre civile. Ah ! ces heures terribles !
    Et, prise à la glu des souvenirs, ne pouvant leur échapper, pâle, agitée, Maman Chine nous fit les confidences auxquelles, dans les pages qu'on va lire, j'ai laissé leur forme familière et directe.

  • On a l'habitude de parler des négriers de l'Afrique et des plantations de coton américaines.
    Ici nous sommes en Asie, dans les colonies de l'Indochine en pleine exploitation des cultures d'hévéas produisant cet or blanc, le caoutchouc qui fera la fortune de grandes familles françaises. C'est là que nous suivons pas à pas la vie de Thi Minh, jeune Tonkinoise déportée littéralement comme du bétail humain ainsi que son mari et son bébé de quelques mois au sud de son pays. Dans son langage empli de métaphores empruntées directement au vietnamien, nous suivons Y.
    Schultz sur les traces de ce destin maudit.

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  • Le Céleste Empire est le pays des grandes familles réunies sous un même toit comme gerbes en grange. La plus célèbre de ces grangées fut, en l'an mille, la famille Tcheng, dont les membres, pendant treize générations, habitèrent ensemble. Ils étaient un millier et se rassemblaient, pour les repas, dans une vaste salle...
    Ah ! ces banquets quotidiens dans la vapeur de mille bols de riz m'ébahissent. Pour s'y plaire, il ne faut pas chérir l'intimité ni les conversations à voix feutrée autour d'une table ronde. Heureusement, dans ma famille, nous n'étions guère plus de quinze personnes, et si, nous assure la Chronique, la concorde respirait entre les mille membres de la famille Tcheng, chez nous, les fils de soie de la paix étaient bien souvent rompus. Tout, par la suite, se remmaillait et une entente animée, grondeuse, régnait au Palais des Cent Lacs, le plus grand de la Ville-du-Dragon-Bleu.

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  • C'est vrai, le nom de Hong-Kong ne chante pas aux oreilles comme celui de " Singapour " par exemple. Il résonne, brutal, tel un coup de gong. Et, pourtant, il signifie : port-des-parfums. Mots à vous embaumer la bouche ! Peut-être jadis, avant l'arrivée des Anglais colonisateurs, y avait-il sur le rivage des frangipaniers aux senteurs fines. Aujourd'hui, sur les quais, vous ne trouvez qu'odeurs de cales et de goudron. Jugez !
    Mais, dès qu'on s'éloigne du port, quel beau pays velouté ! C'est l'île-du-printemps-prolongé, un bouquet de montagnes fourrées d'arbres toujours feuillus, où les cascades tombent mollement.
    Un paravent de fleurs dérobe aux regards les deux fournaises de Hong-Kong. L'une a nom : Business et l'autre Erotisme.

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