• L´homme a rejoint la femme, s´est assis dos aux spectateurs, face à elle. Elle, ivre de désir et d´alcool, ivre d´envies et de mots, tourne autour de lui. Parle beaucoup. Crie, murmure, crache et avale son amour. Dégouline de mots quand lui en est avare.

    Elle va lui faire l´amour, c´est sûr. Le déshabiller, même s´il refuse.

    Mais avant, elle boira une bière supplémentaire.

  • Un fils et sa mère se retrouvent quarante ans après l´aventure commune de la naissance. Il est savant, marié, et père, à son tour, d´une petite fille qu´il ne se lasse pas d´admirer. Elle est âgée, maintenant, craint la mort et attend à chacune de ses visites qu´il lui apporte le comprimé miracle.

    Différents stades de la vie, l´occasion de revenir sur l´enfance, la famille, et de chanter à nouveau cette comptine qui calmait le fils, jeune.

  • Le Père et la Mère vont se séparer, l´Enfant va devenir fille de divorcés. Au milieu de conflits qui semblent lui échapper - le nouvel amour de la Mère, le Père qui lui fait la leçon - elle fait preuve d´une lucidité et d´une folie que les parents sont trop occupés pour prendre en compte. La laissant divisée, jusqu´à ce qu´elle n´ait plus d´autre choix que de commettre l´irréparable.

    Une oeuvre étrange et dérangeante.

  • La Mère franchit le seuil de sa maison. Ses enfants sont venus l´assister lors de son départ pour l´un de ces « foyers » où l´on rassemble les personnes âgées qui le désirent... ou pas. Elle croit ou feint de croire que l´un d´eux pourra encore la recueillir in extremis. Derrière elle, la demeure où elle vécut toute sa vie. « Là-bas », le foyer, irréel, improbable.

    La mise à mort du réalisme et du récit à rebondissements, une proposition d´écriture et de théâtre très forte.

  • L´Un et l´Autre viennent visiter Maman - en maison spécialisée, disons. Ce jour, en cachette l´un de l´autre, ils apportent arme et poison. Les voilà « en famille », à se guetter, se taire et se dire, à vivre un bout, croquer un gâteau moisi, se refiler ce qu´il y a encore en magasin, en mémoire.

    Mais passer à l´acte, donner un coup de pouce au destin, comment, quand l´arsenic c´est de l´huile de foie, les munitions, des balles à blanc ?.
    Sur un sujet grave, prenant la suite du Chant de la Baleine, Yves Lebeau propose un texte délirant pour le théâtre. Une véritable comédie de mouvement, de quiproquo. Une méchante fête. Du Feydeau dans l´univers de Céline, ou "Comment comment rire du pire ?"

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