• Quels sont les facteurs et les processus qui ont déterminé le succès de l'État moderne comme forme de domination politique centralisée ? Qu'est-ce qu'une nation ? Comment la conscience d'appartenir à cette « communauté imaginaire » que constitue l'État-nation a-t-elle émergé en Europe ? Comment les Français sont-ils devenus électeurs ? Quels sont les visages de la politisation ? Quelle est la pertinence des clivages électoraux nés dans le passé ?
    À l'ensemble de ces questions, la sociologie historique du politique apporte des réponses fondées sur une conviction forte : seule la prise en compte du passé des relations sociales et politiques permet de comprendre l'histoire présente. En redécouvrant l'histoire, la sociologie politique entend construire une histoire sociale du politique pour dégager les dynamiques qui donnent sens et cohérence à la vie politique ; elle entend aussi édifier une histoire politique du social apte à identifier l'empreinte profonde du politique sur le social.

  • L'école a toujours été au cur du débat politique français. L'enseignement qu'elle diffuse, le contenu des manuels scolaires qu'elle utilise, le statut de la morale qu'elle inculque sont quelques-uns des thèmes qui divisent partisans et adversaires de l'enseignement public. En faisant de l'institution scolaire laïque un véritable enjeu de fondation de la citoyenneté, les républicains en feront aussi le lieu où s'inscrivent prioritairement les oppositions et les résistances que provoque l'affirmation de ce mode de domination politique. En analysant les manuels de morale et d'instruction civique en usage dans les écoles publiques et catholiques, ainsi que des mobilisations collectives (mises l'Idex, autodafés, etc.) qui accompagnent leur diffusion, Yves Déloye a construit un modèle qui rend compte de la fracture culturelle qui divise durablement la France en deux.

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  • L'histoire - jusuq'à présent jamais entreprise - du "vote des curés" depuis la Révolution jusqu'à nos jours. Une importante contribution à l'étude des conflits religieux de la France contemporaine.

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  • Ce livre se veut une invitation à redécouvrir les savoirs et les pratiques qui façonnent notre expérience du vote.
    N'en déplaise aux commentateurs de nos soirées électorales, l'élection n'est pas seulement le moyen de faire valoir une opinion, c'est aussi un rituel social, une mise en scène codifiée en fonction de multiples enjeux. bulletin, scanner optique, carte électorale, urne, machine à voter : notre rapport aux instruments de la vie électorale se métamorphose. de nouvelles interrogations sur la façon d'élire et de se faire élire émergent, et l'histoire matérielle de la démocratie représentative ouvre à la réflexion de stimulantes pistes.
    Cet ouvrage de synthèse sur la dimension matérielle et socio-historique des opérations électorales rassemble les résultats de plusieurs enquêtes menées depuis une quinzaine d'années. une histoire qui révèle les défis de l'acte de vote, entre technique et politique, mises en scène et mobilisation, archaïsme et modernité

  • Rassemblant les contributions de spécialistes des questions électorales originaires de Belgique, France et Suisse, ce premier tome des Traités de science politique a pour ambition de dresser un bilan comparatif des travaux existants dans le domaine des analyses électorales et de pointer leurs avancées, tant sur le plan théorique que méthodologique. Fort de 19 chapitres, il est l'occasion de mettre les recherches francophones en perspective, en soulignant ce qui les distingue mais aussi ce qui les rapproche des recherches anglo-américaines. Largement ouvert aux approches quantitatives qui dominent ces dernières depuis l'origine, ce volume se veut aussi à l'écoute des méthodologies qualitatives, parfois empruntées à d'autres disciplines (histoire, géographie, anthropologie...). C'est donc un dense compte rendu du champ des analyses électorales qui est ici proposé aux lecteur.e.s. Y sont présentés non seulement les principaux paradigmes qui traversent ce champ de recherches depuis plus d'un siècle mais aussi les nombreux débats qui entourent l'explication du comportement électoral, notamment ceux liés à la montée de nouvelles divisions, plus labiles que celles des années 1950, portées par des valeurs et des affirmations identitaires (générations, genre, sexualité, ethnicité). La prise en compte du contexte institutionnel et partisan qui enserre le vote, et une mise en perspective historique, tant dans le temps long de la politisation que celui, plus court, du calendrier électoral, apportent un regard neuf sur l'acte électoral, qui reste au coeur du fonctionnement démocratique de nos sociétés.

  • Dispositif contribuant à mettre en scène le pouvoir, le protocole constitue un objet de réflexion fondamental pour le politique. Quelles que soient leurs traditions culturelles et nationales, les gouvernants ont recours à l'apparat pour renforcer leur légitimité. Mode de répartition des corps dans l'espace, le protocole classe, partage, hiérarchise, rassemble, agrège, institue. Il instaure et préserve ainsi un ordre qu'il rend visible. La réflexion entreprise ici relève de l'anthropologique, du sociologique, de l'historique, du juridique et du politique. On s'intéresse aussi bien aux monarchies d'Ancien Régime qu'aux démocraties contemporaines, aux régimes autoritaires, fasciste qu'aux expériences des régimes théocratiques.

  • Auteur réputé, tant pour son oeuvre considérable de sociologie politique (sociologie de l'État, étude sur l'imaginaire politique moderne, etc.) que sur l'histoire des Juifs de France (en particulier l'Affaire Dreyfus), Pierre Birnbaum est un acteur important du monde intellectuel français. Le livre commence par un rappel biographique : la double origine juive de Pierre Birnbaum et sa naissance à Lourdes, en 1940, alors que ses parents fuient les persécutions. Mis à l'abri dans les Pyrénées, il garde de cette époque une psychologie d'enfant caché. C'est ainsi qu'il interprète son souci d'affiliation à une collectivité, en l'occurrence son adhésion à l'État. Après Sciences Po, et quelques voyages (notamment à Cuba), il s'oriente vers la sociologie politique. Son intérêt pour la double question de la citoyenneté et du nationalisme, conjugué à celui pour l'État et les élites orientent ses recherches vers l'histoire du modèle français par rapport aux Juifs.

    Un livre très stimulant, rendu vivant par la complicité intellectuelle qui unit les trois auteurs. Les rappels biographiques montrent toute l'incarnation d'un chercheur. On suit le fil d'une carrière, le déploiement d'une pensée, on mesure l'importance des rencontres, notamment avec Raymond Aron, et des lectures qui ont nourri Pierre Birnbaum, on entre dans le détail des doctrines, qui sont mises à la portée du non-spécialiste. La sociologie politique de Pierre Birnbaum devient accessible et le lecteur apprend à chaque page.

  • Qu'est-ce que le sentiment d'humiliation ? Sous quelles formes s'exprime-t-il ? Quels sont ses origines, ses effets politiques, les processus qui le sous-tendent, les situations qui le provoquent ? Cet ouvrage entreprend d'éclairer la genèse de l'humiliation dans la modernité, les formes d'expression et les effets de ce sentiment dans les processus d'individualisation du XVIIIe siècle à nos jours.
    Les sentiments et le politique sont en effet étroitement imbriqués dans la construction de l'individu moderne ; et l'humiliation, au coeur des sensibilités et du politique, touche au plus profond de l'individu : à son être, son identité, son sentiment même d'existence. L'analyse de ce sentiment nécessite donc une approche transversale. C'est pourquoi les auteurs adoptent tour à tour un angle historique, politique, philosophique, anthropologique et psychanalytique : capitalisme et humiliation, politique coloniale et humiliation, humiliation et insoumission, ou encore humiliation et amour-propre...
    Sont aussi examinées les formes extrêmes d'individualisation de nos sociétés contemporaines qui génèrent une indifférence généralisée, provoquant chez les individus délaissés un sentiment d'humiliation radical. L'humiliation relèverait ainsi de l'accumulation d'éléments - apparemment insignifiants et quotidiens -, de leur répétition, tout autant que de leur intensité de type traumatique. Fractures sociales, violences urbaines, révoltes de jeunes...
    L'élucidation du sentiment d'humiliation apparaît alors comme un enjeu déterminant pour comprendre les évènements majeurs du présent.

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