• Cet ouvrage présente, décrits et illustrés, la plupart des champignons vénéneux que l'on peut rencontrer en Europe. Il y en a de bien connus : la terrible amanite phalloïde bien sûr (responsable d'environ 90% des accidents mortels dus à la consommation de champignons), ses deux soeurs blanches aussi funestes (l'amanite printanière et l'amanite vireuse), l'entolome livide, le bolet satan, le cortinaire « des montagnes », et le champignon sans doute le plus célèbre au monde, celui de Blanche-Neige, « chapeau rouge, points blancs» : l'amanite tue-mouches.
    Le lecteur trouvera, en regard de chaque planche, la description concise mais précise des espèces, insistant beaucoup sur l'habitat et les risques de confusion avec des espèces réputées comestibles. Il trouvera également une rubrique « toxicité », particulièrement renseignée -intégrant les derniers résultats de la recherche en myco-toxicologie -, décrivant en détails la symptomatologie ainsi que les traitements. Il s'agit du premier ouvrage, du moins en Europe, consacré exclusivement aux champignons vénéneux. L'importance de ce travail est évidente. Les pharmaciens qui n'ont besoin de connaître que les espèces vénéneuses, ne disposaient jusqu'à présent d'aucun ouvrage présentant celles-ci avec l'exhaustivité nécessaire à la bonne « prise de décision ».
    La consultation de cet ouvrage, ou du moins celle des planches en couleurs, permettra au pharmacien de repérer, dans les paniers, les ressemblances inquiétantes et d'écarter tout danger. Concernant les champignons comestibles, tout pharmacien les connaît : il y en a peu, ils sont très célèbres, et leur connaissance fait partie de la formation pharmacologique. Les champignons mortels d'Europe constituent aussi un outil précieux pour le « cueilleur lambda ». Malgré les efforts toujours croissants en matière d'information et de prévention, les empoisonnements fongiques ne diminuent pas. Le soin apporté, en particulier, à la confection des planches en couleurs, devrait permettre de réduire les risques de méprise. C'est la peur viscérale d'être tué par la consommation de champignons sauvages qu'il faut parvenir à faire naître. Les spécialistes de la myco-toxicologie soulignent que la conscience (même infime) de cette peur, loin de provoquer l'excitation du danger, détourne presque toujours la personne de l'idée de consommation. Si cet ouvrage permet de faire prendre conscience au lecteur du danger qu'il court et de lui éviter l'accident, alors il aura rempli son office.

  • Les champignons

    Xavier Carteret

    1 autre édition :

  • Michel Adanson (1727-1806) est un naturaliste français connu pour avoir laissé un immense projet encyclopédique, ainsi qu'une méthode naturelle de classification appliquée principalement aux végétaux. Ses Familles des plantes (1763-1764) posent toujours de redoutables problèmes d'interprétation. Lors du bicentenaire de la parution de l'ouvrage, les partisans de la taxinomie numérique s'« approprièrent Adanson », en voyant dans sa méthode un pur essai combinatoire déductif. Or, sa démarche n'a manifestement pas consisté à établir des groupements naturels au terme d'un gigantesque et exhaustif calcul. En étudiant la genèse et le développement de cette méthode, nous avons ainsi tenté d'en dégager les véritables principes.
    Et c'est en effectuant ce trajet que nous nous sommes aperçus du poids déterminant des influences subies par Adanson : influence de Buffon, de Linné, influence aussi des concepts dominants de la philosophie et de la physique du milieu du XVIIIe siècle. La méthode naturelle adansonienne, réputée pour son originalité, est d'abord la résultante d'une somme d'influences plus ou moins consciemment intégrées par l'auteur. Quoi qu'il en soit, le transfert de concepts physiques et philosophiques dans le champ de la taxinomie a finalement produit une oeuvre très singulière. Il y a, dans les Familles des plantes, des idées ayant incontestablement fait entrer la botanique dans la modernité.
    L'ensemble de notre étude nous a permis d'assigner à l'oeuvre botanique de Michel Adanson la place déterminante qui lui revient, entre le « système sexuel » de Linné (1735) et le Genera plantarum d'Antoine-Laurent de Jussieu (1789).

    Sur commande
  • On trouve sur les insectes d'excellents livres de vulgarisation agrémentés de planches en couleur ou d'étonnantes photographies. Dans ce domaine, les Coléoptères (les scarabées... sauf celui d'Edgar Poe), les Orthoptères (cf.
    Les Libellules d'Alain Cugno), les Lépidoptères, (papillons - on se souvient des Morpho d'Eugène Le Moult) se taillent la part du lion. Depuis la mort d'Eugène Séguy, excellent aquarelliste, artiste à lavallière, laborantin avant de devenir directeur du laboratoire d'Entomologie du Muséum, on cherchera en vain une iconographie sur les Diptères en général, et on ne trouvera rien, absolument rien, en France sur les Tabanides, malgré le nombre, la taille, la beauté (ou l'horreur) qu'inspirent les taons.
    Le présent Atlas - dû à l'exceptionnel talent d'illustrateur de Xavier Carteret - comble en partie cette lacune. S'il est loin d'être exhaustif, il se réfère pour chaque espèce à la description originale, éclaire les querelles des entomologistes qui aux prises avec les mouches à sang, ont débroussaillé la jungle de la nomenclature et, grâce aux clés dichotomiques, ouvre une chemin (illusoire ?) à une détermination précise des espèces.

  • Les documents manuscrits de la famille des Jussieu, professeurs de botanique au Jardin du Roy puis au Muséum d'histoire naturelle (1710-1853) ont été acquis en 1858 par le Muséum après la mort d'Adrien de Jussieu. Conservés à la Bibliothèque centrale du Muséum ils forment un fonds riche d'informations pour l'histoire des sciences, particulièrement celle du Jardin et celle de la Botanique.
    Parmi les plus anciens, se trouve un portefeuille contenant 98 dessins de champignons (en couleur), réalisés vers 1730, par Claude Aubriet (c. 1665-1742) sous la direction d'Antoine de Jussieu (1686-1758). Claude Aubriet, peintre miniaturiste au Jardin du Roy, est connu pour la réalisation des illustrations des Elémens de botanique que publie Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) en 1694. Ces dessins sont loués pour leur précision par Carl von Linné lui-même.
    Les dessins de champignons par Aubriet furent exécutés à une période « clé » dans l'histoire de la mycologie, puisqu'en 1729, Pier Antonio Micheli publie dans son ouvrage fondamental (Nova plantarum genera) une étude précise des champignons, accompagnée d'excellentes gravures en noir et blanc.
    Les réalisations d'Aubriet, souvent soignées et fidèles aux modèles, sont précieuses car les représentations en couleurs de champignons sont rarissimes avant la fin du xviiie siècle. Elles témoignent en outre du regard que l'on portait alors sur ces cryptogames, qui apparaissaient bien mystérieux du point de vue de leur organisation, de leur reproduction et, pour tout dire, de leur « existence » même.
    Cette publication intéressera vivement les mycologues et contribuera à faire connaître Claude Aubriet. En outre, elle souligne le rôle décisif que les illustrateurs scientifiques ont toujours joué au cours de l'histoire.
    Docteur en Histoire et Philosophie des sciences (École des Hautes Études en Sciences Sociales), Xavier Carteret a étudié les travaux du naturaliste Michel Adanson (1727-1806) et l'histoire des classifications botaniques jusqu'à la fin du xviiie siècle. Il est également connu dans le domaine de la mycologie et de l'illustration mycologique.
    Docteur en Histoire de l'art moderne, Aline Hamonou-Mahieu a étudié pendant près de dix ans les collections de dessins et de vélins d'histoire naturelle de Claude Aubriet au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, à la Royal Horticultural Society et au Natural History Museum à Londres. Successivement employée par les Ministères de la Culture, de l'Enseignement et de la Recherche, de l'Éducation nationale, Aline Hamonou- Mahieu a écrit de nombreux articles pour des revues d'histoire de l'art et des sciences.

    The handwritten documents of the Jussieu's, professors of botany at the Jardin du Roy and subsequently at the Muséum d'Histoire Naturelle from 1710 until 1853, were acquired by the Muséum in 1858 after the death of Adrien de Jussieu. Kept in the main library of the Muséum, these collections constitute a rich source of information for the study of the history of natural sciences, in particular the history of the garden and of botany.
    The oldest documents include, e. g., a folder containing 98 colour plates of mushrooms prepared around 1730 by Claude Aubriet (ca. 1665-1742) under the direction of Antoine de Jussieu (1686-1758). Claude Aubriet, painter and miniaturist at the Jardin du Roy, is known for his illustrations in the Elémens de botanique published by Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) in 1694. Because of their quality, these plates have been used, e. g., by Linnaeus.
    These mushroom paintings were prepared in a key period in the history of mycology when Pier Antonio Micheli published in his fundamental work (Nova plantarum genera, 1729) a fine study on the fungi, accompanied by excellent engravings in black and white.
    The artwork of Aubriet, usually carefully done and clearly depicting the species, is precious because colour illustrations of mushrooms dating from before the end of the 18th century are very rare. They also reflect the lack of understanding at that time of the cryptogams, whose structure, reproduction, and existence in general, remained mysterious.
    The present publication will be of considerably interest to mycologists and will contribute to our acquaintance with Claude Aubriet. Moreover, it will underline the decisive role that scientific illustrations have played in the course of history.
    Xavier Carteret, doctor in history and philosophy of sciences at the École des Hautes Études en Sciences Sociales, has studied the work of the naturalist Michel Adanson (1727-1806) and the history of botanical classifications until the end of the 18th century. He is also known in the field of mycology and mycological illustration.
    Aline Hamonou-Mahieu, doctor of modern art history, has studied during almost ten years the collections of natural history painting and vellums of Claude Aubriet at the Muséum national d'Histoire Naturelle of Paris, and at the Royal Horticultural Society and Natural History Museum in London. Employed, successively, by the Ministères de la Culture, de l'Enseignement et de la Recherche, de l'Education nationale, Aline Hamonou-Mahieu has written numerous articles in journals on the history of art and natural sciences.

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