• Il y aura bientôt trente ans que j'ai eu la première intuition dont je livre ici la teneur et le texte : l'existence insoupçonnée, l'émouvante survie jusqu'à nous d'un inédit remarquable de Voltaire.
    La muse Postérité, dans cette rencontre, aura été plus que favorable et généreuse : magnifique. Il ne s'agissait pas d'un petit écrit de circonstance, d'une facétie d'humeur, de rogatons comme on en retrouvera toujours, sortis de la plume irritable d'un auteur prolixe, mais d'une oeuvre méditée et composée, d'un projet singulier, d'une forme inouïe, et d'un texte du meilleur Voltaire : de bonne époque (entre cour et jardin, juste avant les Mémoires et Candide), de main brillante et sûre (on en jugera), d'intense passion (la liberté, l'amour, le défi, la revanche), d'intérêt vital enfin, après la grande crise qui en avait provoqué le sursaut - se relever, se reconnaître, s'inventer un avenir dans le désastre des dernières illusions.

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