• «La politique est un milieu à part. On n'y vieillit pas. Jusqu'au bout, même diminué, même après un accident vasculaire, on reste droit dans ses bottes, le regard vaillant, le pas alerte, la mémoire intacte, l'ouïe fine et le parler sûr. L'entourage forme une chape de verre qui ne laisse passer la lumière que si la scène est jolie. Seules les images flatteuses peuvent sortir. Le reste, la vérité d'un homme dont les faiblesses dues à l'âge ne diminuent pourtant pas la grandeur, doit demeurer caché. Je n'avais pas compris que les paroles de mon messager devaient rester sous scellés. Ni que, pour les voir acceptées du sérail, j'aurais dû les maquiller, les raboter, ne garder que des moignons de phrases. Je n'avais pas compris que les mots "usé", "vieillard", "fatigué" étaient des gros mots qui me vaudraient les foudres de mon messager, lequel se dit aujourd'hui trahi».
    Recueil de confidences qu'un « messager » aurait faites à l'auteure, mettant en scène Jacques Chirac de juillet 2009 à juin 2010. Ces indiscrétions reviennent notamment sur l'état de santé de l'ancien Président et les non-dits qui l'entourent.


  • Au coeur d'un collège catholique, une mère raconte l'année scolaire cauchemardesque de son fils. Derrière les valeurs chrétiennes revendiquées par l'établissement, une autre réalité apparaît. Ce récit en rapporte les faits et gestes.

    Septembre 2012 : T., 13 ans, fait sa rentrée en classe de 4ème dans un collège catholique des beaux-quartiers. C'est sa troisième rentrée dans cet établissement. Après une première année supportable et une deuxième plus difficile, cette dernière année va ressembler à un enfer.
    Tout avait pourtant bien commencé. Le collège se présentait comme un lieu ouvert et accueillant, où apprentissage se conjuguait avec plaisir et modernité. On y vantait l'attention portée à chaque élève. Des arguments auxquels la mère de T. est particulièrement sensible : son fils, dyslexique, connaît quelques difficultés scolaires.
    Mais au fur et à mesure des semaines et des mois qui passent, la bonté et la charité chrétiennes vont montrer un autre visage : humiliations, punitions injustes ou excessives, professeurs psychorigides, communication désastreuse, devoirs et contrôles pléthoriques... Un gouffre sépare les promesses et la réalité.
    C'est sur un ton vivant et enlevé que Véronique de Bure raconte cette année particulière, choisissant l'humour ou l'ironie pour raconter des épisodes parfois tragiques.

  • « Tout dire. Pendant un an, j'ai noirci plus de deux cents pages de notes recopiées dans mon ordinateur en lignes serrées, enregistré des réflexions ou des pense-bêtes sur mon dictaphone. Pendant un an, à la maison, j'ai rassemblé les courriers, les emails, les articles de presse, les cassettes vidéos, les DVD, les compte rendus de mes réunions chez les juges, j'ai griffonné et dicté les souvenirs, d'un ton monocorde, m'interdisant toujours la moindre émotion. Une larme, une seule, et ce serait l'effondrement. La seule émotion que je m'autorise, c'est la colère. Une colère froide, une révolte calme. Le reste, je n'ai pas le droit. Pas le droit de flancher, de m'attendrir sur moi-même. Il y a tant à faire, encore. On ne peut à la fois faire et être. Depuis le premier jour, j'ai choisi de faire. Et j'ai étouffé l'être. Depuis le soir du 9 janvier, je ne suis plus. »Le 9 janvier 2003, entre 18h30 et 18h45, disparaissait Estelle Mouzin, neuf ans, sur le chemin du retour de l'école. Depuis, rien. Qu'est-il arrivé à Estelle ? Bientôt huit ans que l'on est sans nouvelles, malgré le travail des enquêteurs et le combat incessant d'un père. Pour la première fois, Éric Mouzin accepte de se confier. Un récit sans pathos, bouleversant. Et entre les lignes, une colère sourde, une douleur muette qui n'en est que plus forte.

empty