• Alors que la traduction assistée par ordinateur est sur le point de provoquer une mutation majeure dans nos façons de communiquer et dans notre relation aux langues, cet essai veut renouveler la pensée de la traduction. La sortir de l'éloge ou du consensus implique de ne plus voir en elle le seul espace de la rencontre heureuse entre les cultures mais de la comprendre comme une opération ambiguë, complexe, parfois négative.
    Tiphaine Samoyault étudie les histoires de violence dans lesquelles la traduction a pu jouer un rôle (la domination coloniale, les camps d'extermination, les sociétés d'apartheid, les régimes totalitaires), ainsi que des cas littéraires qui illustrent les violences propres à l'espace du traduire. Mais parce que la traduction a aussi à voir avec la justice et la justesse, avec l'imprévisibilité de la rencontre et les transformations dans l'espace et le temps, la séparation qu'elle entraîne peut s'inverser en réparation de la violence commise.
    Au-delà de la question de la traduction, ce livre s'adresse à toutes celles et à tous ceux qu'intéressent les dialogues entre les cultures, les littératures et les langues, et la possibilité politique de faire des mondes communs.

  • Figure centrale de la pensée de son temps, Roland Barthes (1915-1980) était aussi un être à la marge. Un père mort à la Première Guerre, l'amour inaltérable d'une mère, de longues années passées en sanatorium, la découverte précoce de son homosexualité lui donnent très tôt le sentiment de sa différence. Il a vécu à distance les grands événements de l'histoire contemporaine. Pourtant sa vie est prise dans le mouvement précipité, violent et intense de ce siècle qu'il a contribué à rendre intelligible.Fondée sur un matériau inédit jamais exploré jusqu'ici (archives, journaux, agendas), cette biographie de Barthes éclaire d'un jour nouveau ses engagements, ses refus, ses désirs. Elle détaille la quantité des objets dont il a parlé, les auteurs qu'il a défendus, les mythes qu'il a épinglés, les polémiques qui ont fait sa célébrité, l'écoute des langages de son temps. Et sa puissance d'anticipation : si on aime tant le lire encore, c'est qu'il a exploré des territoires originaux et qui sont aujourd'hui les nôtres.Le récit de sa vie donne de la substance et de la cohérence à la trajectoire de Barthes, conduite par le désir, la perspicacité et une extrême sensibilité à la matière du monde. À quoi on peut ajouter une forte réticence à tout discours d'autorité. En faisant reposer la pensée sur le fantasme, il a fait d'elle à la fois un art et une aventure. Entrer dans sa vie, approcher la forme de son existence aident à comprendre comment il fut écrivain et comment il fit de la littérature la vie même.

  • «Camarades-manifestants, vous occupez déjà la partie sud-est du Quartier latin ; il s'agit maintenant pour vous d'étendre la révolution. Vous disposez d'une paire de dés, de plus de mille barricades, de trois cents pièces représentant des immeubles, des tronçons d'artères, des pâtés de maisons. Après avoir lancé les dés et avancé vos barricades d'autant de points, vous gagnez des quartiers, grâce aux pièces du puzzle remportées.» Comme l'utopie politique, la vie amoureuse se joue aux dés : Merlin et Garance, depuis qu'ils se sont rencontrés, en font l'expérience jour après jour. En jouant, ils retrouvent le souvenir de leur première rencontre : en mai 1968, Garance est encore dans le ventre de sa mère, tandis que Merlin, photo-reporter, est au centre des émeutes. Depuis, c'est comme s'ils voyaient le monde à travers un écran. Ainsi change le temps, au gré des rêves, au gré d'un jeu. Les chapitres suivent, hasard après hasard, toutes les combinaisons réalisables avec deux dés. Ces coups de pavés jamais n'aboliront le lecteur qui, au fur et à mesure de ses lancers, composera une histoire aussi variable que le temps est changeant.

  • Barthes

    Tiphaine Samoyault

    • Polity
    • 13 January 2017

    Roland Barthes (1915-1980) was a central figure in the thought of his time, but he was also something of an outsider. His father died in the First World War, he enjoyed his mother's unfailing love, he spent long years in the sanatorium, and he was aware of his homosexuality from an early age: all this soon gave him a sense of his own difference. He experienced the great events of contemporary history from a distance. However, his life was caught up in the violent, intense sweep of the twentieth century, a century that he helped to make intelligible. This major new biography of Barthes, based on unpublished material never before explored (archives, journals and notebooks), sheds new light on his intellectual positions, his political commitments and his ideas, beliefs and desires. It details the many themes he discussed, the authors he defended, the myths he castigated, the polemics that made him famous and his acute ear for the languages of his day. It also underscores his remarkable ability to see which way the wind was blowing Ð and he is still a compelling author to read in part because his path-breaking explorations uncovered themes that continue to preoccupy us today. Barthes's life story gives substance and cohesion to his career, which was guided by desire, perspicacity and an extreme sensitivity to the material from which the world is shaped Ð as well as a powerful refusal to accept any authoritarian discourse. By allowing thought to be based on imagination, he turned thinking into both an art and an adventure. This remarkable biography enables the reader to enter into Barthes's life and grasp the shape of his existence, and thus understand the kind of writer he became and how he turned literature into life itself.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • "Un chagrin, ça ne dure pas." La mort de sa meilleure amie, réveillant les souvenirs de plusieurs autres morts, conduit Marie à chercher dans la vie le souvenir de ses amis perdus. Dans un cimetière de campagne, devant la mer en Sicile, sur un pont de Paris, Marie explique comment elle s'en sort, comment elle se sent, comment elle survit. Et plusieurs aventures (un voyage en Italie, notamment, où elle choisit de visiter toutes les îles; quelques rencontres plus ou moins occasionnelles aussi), au cours desquelles elle écoute battre le monde et les manifestations d'une religion qui n'est plus appliquée à rien, lui permettent à la fois de se souvenir des morts et de se sentir en vie.

    Elle passe des contrats avec des personnes de son entourage afin de régler son existence comme de la musique, jusqu'au jour où elle s'aperçoit que certaines choses ne se mesurent pas: la mer, les sentiments, la poésie, la nuit.

    Elle apprend peu à peu à délivrer aux vivants l'indulgence qu'on a d'habitude pour les morts.

  • De la bête de cirque, elle offre le spectacle et elle ressent la honte qui est au fond des yeux : spectacle de ses engagements frénétiques, de son agitation vaine et de ses expériences ratées qui font d'elle un objet de suspicion, de curiosité ou de rejet

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