Pleine Page

  • L'homme qui penche

    Thierry Metz

    Présente-t-on encore l'un des meilleurs poètes de ces dernières années? Du Journal d'un manoeuvre à L'Homme qui penche, Thierry Metz a - et c'est nouveau - élaboré une poésie de la réalité qui fait du geste simple et du moment subtilisé à l'action des métaphores d'une lumineuse simplicité.
    L'Homme qui penche est son dernier texte, douloureux et superbe, posant sans le dire explicitement la question de la présence, présence à soi évidemment, dans le questionnement permanent de sa propre pertinence et de sa propre justification.
    Ecrit de chez les fous, quelques mois avant de porter un terme à sa vie, il nous ouvre la porte d'une maison dont nous n'aurons jamais fini de fouiller l'in

  • Thierry Metz. Révélé par Le Journal d'un manoeuvre (Gallimard-L'Arpenteur, 1990), considéré comme l'un des grands poètes français de la fin du xxe siècle, il publie plusieurs recueils aux éditions Jacques Brémond, Arfuyen, L'Arrière-Pays, Opales et Pleine Page jusqu'à l'écriture de son oeuvre testamentaire, L'Homme qui penche, parue chez Opales/Pleine Page après sa disparition en avril 1997.
    La poésie de Thierry Metz procède par évidement (« Ne rien emporter le matin, ne pas s'alourdir »), car il s'agit de s'atteindre et, pour cela, de se retirer, de trouver le point, l'angle d'attaque des mots, d'échapper à leur « directivité », à leur « empire », à leur charge, à leur passé. Le travail poétique se fait et se défait à ce carrefour, dans le conflit de l'outil et de son objet, qui est aussi sa source supposée (supposée parce qu'inatteinte et présente).
    La capacité de marcher tient à la disponibilité physique du marcheur, celle de parler rejoint un parler poétique originel dont les matériaux seraient élémentaires et acteurs (la terre, les arbres, l'eau ou le thé, les gestes, la main).
    Tout ce pourquoi est de sel est le fruit de sa rencontre avec Marc Feld. Resté inédit, il peut enfin paraître aujourd'hui et constituera l'un des ouvrages majeurs du poète tant « le travail de se simplifier » s'y manifeste dans la tension d'un dialogue avec des images qui en cisèlent le verbe.

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