Publie.net

  • Nos usages du réseau changent notre rapport à l'identité, à la spatialité, à la documentation et au savoir. Leur implication dans la définition de ce qui nous constitue comme homme est à la fois renouvelée, et ravivée dans ses origines, sa permanence.
    Comment, alors, dans ce contexte, lier ces usages qui déplacent notre quotidien à une réflexion de fond sur le monde dont on hérite, et que nous aurons à léguer ?
    Thierry Crouzet a publié deux livres amorçant ces réflexions : Le peuple des connecteurs en 2006, Le cinquième pouvoir en 2007 - L'alternative nomadeen est le prolongement dans l'urgence de maintenant.
    Comment déplacer notre perception du monde et l'ancrer sur ces notions d'échange et de partage ? Qu'est-ce qui s'en induit pour la société, la culture, et nos pratiques économiques ou artistiques ?
    Pas de recette miracle à l'horizon, juste réfléchir, tenter, essayer. Tout au long de L'Alternative nomade, Thierry Crouzet replace les formulations de cette rupture, flux, propulseurs dans une perspective de pensée bien plus ancienne - y compris la culture aborigène...
    Aucun de nous n'est indemne de ce que change à notre façon d'être homme le développement des usages numériques. On a le droit de ne pas suivre Crouzet dans toutes ses thèses et idées : mais trop rare ce bonheur d'une pensée ouverte qui réveille et élargit la nôtre.

  • Au départ, une démarche parallèle à celle que Perec reprend de Jo Brainard, et qui deviendra le fabuleux Je me souviens : choses qui circulent, qu'on se passe comme un relais secret.
    Ténacité du carnet, quel qu'il soit, numérique inclus : dans cette myriade profuse qu'est notre contact au monde, la pensée heurte, il y a écart, paradoxe, intuition parfois toute fragile, mais collecter la trace.
    On y croisera bien des des auteurs, et la tentative interroge sans cesse l'écriture même. Mais c'est cette façon de tendre la pensée, et qu'elle y atteigne par le langage. Et que ce jeu d'expérience où nous sommes c'est aujourd'hui, avec nos villes, avec la politique, les langues étrangères, l'argent, avec nos machines et ce qu'elles changent à notre perception du ciel comme à notre table d'écriture ?
    Et si c'était précisément parce que cela est si mêlé, est si lourd, que prend puissance l'écriture à contrainte, et son jeu d'incises, de variations ?
    Alors ça devient progressivement un jeu, une insolence, autant qu'un hommage radicale à notre propre curiosité et invention.

  • Ya Basta

    Thierry Crouzet

    Thierry Crouzet mène depuis longtemps une réflexion sur la société (voirL'Alternative nomade) où les changements - économie, partage, mode de pensée - induits par le numérique et ses réseaux ont la part déterminante.
    Pendant 6 mois, été et automne 2011, le pionnier du web va faire l'expérience inverse : déconnexion totale. Lui qui était au coeur de toute une activité où se mêlent le politique, la réflexion sociale, mais bien sûr le récit et la littérature, une expérience qui peut paraître singulière : pendant six mois, se couper de toute connexion, examiner en soi-même les gênes, les rages et impatiences.
    De l'exact milieu de cette traversée sans connexion, mais pas sans lecture ni écriture, Crouzet donne de la voix : le monde, voilà comment il le voit. Mouvement des indignés, révolution arabe, jeux écrasants des banques. La sociologie du hacker tient dans cette réflexion à voix criée à nouveau sa juste place.

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